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Le verset du jour

 

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réflexion du 5 février 2013
 

« Comme Jésus remontait dans la barque, le possédé le suppliait de pouvoir être avec lui. Il n'y consentit pas, mais il lui dit : « Rentre chez toi, auprès des tiens, annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde. » Alors cet homme s'en alla, il se mit à proclamer dans la région de la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui, et tout le monde était dans l'admiration. Marc 5,19-20.

 

 

Parce que nous lisons souvent le texte de l’Évangile par petit bout, nous pouvons passer à côté du plan d’ensemble. Les premiers textes de l’évangile selon Marc n’étaient pas divisés en section ou péricopes, mais se lisaient d’une manière globale. La division par chapitre, puis par versets n’a été fixée qu’au Xième siècle. Bref, dans notre lecture de cette semaine, souvenons-nous que Marc 5 suit Marc 4. Le changement de chapitre ne doit pas nous faire oublier les événements du chapitre précédent. Dans notre cas, c’est justement le lien entre le chapitre 4 et le chapitre 5 qui nous intéresse. En effet, à la lumière du chapitre 5, nous comprenons mieux la fin du chapitre 4. Quand Jésus annonce à ses disciples la nécessité de passer sur l’autre rive (Mc 4, 35), c’est par anticipation de la délivrance d’un homme possédé d’un esprit impur. La tempête (Mc 4,37) trouve alors son sens quand elle est interprétée comme une tentative d’opposition aux événements libératoires de l’épisode suivant. Et quand Jésus calme d’un mot le vent et la mer, il montre son autorité qui sera confirmée en Mc 5, 7-8.

De plus, j’aimerais aussi porter à votre attention trois prières. La première est surprenante puisque ce sont des démons qui demandent à Jésus de ne pas être envoyé hors du pays, mais de pouvoir aller vers un troupeau de porcs. Chose remarquable, Jésus répond favorablement à leurs supplications : il le leur permit (Mc 5,13a). Ensuite ce sont les gens de la place qui prient Jésus de quitter leur territoire (Mc 5,17) et Jésus répond favorablement en remontant dans la barque. Enfin, c’est au tour de celui qui avait été démonique de prier Jésus (je souligne en passant que c’est le même verbe grec qui est utilisé dans ces trois supplications). La prière de cet homme est bonne, il demandait à être avec Jésus (Mc 5,18). Curieusement, Jésus ne le lui permit pas (Mc 5,19).

Peut-être avez-vous déjà vécu ce genre de situation où des prières illégitimes sont exaucées alors qu’une bonne prière n’obtient pas de réponse favorable. Si l’histoire se terminait là, nous aurions de quoi être perplexe, mais il y a une suite… Jésus confie à cet homme une mission auprès des siens, de sa ville et des environs (la décapole du verset 20 est un agglomérat de dix villes).

Notre conclusion de l’histoire est que si la réponse à une prière n’est pas favorable, cela ne veut pas dire pour autant qu’elle n’est pas bonne. En Mc 5,19-20, si Jésus n’offre pas à cet homme ce qu’il demande, c’est parce qu’il a un meilleur plan pour lui. N’est-ce pas là aussi le sens de « que ta volonté soit faite »? 

 

 Jonathan Bersot

 

Réflexion précédente :

Réflexion du 29 janvier 2013