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Le verset du jour

 

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réflexion du 5 mars 2013
 

« Azarias priait debout, au milieu de la fournaise : Seigneur, nous sommes devenus le plus petit de tous les peuples, et aujourd'hui nous sommes humiliés sur toute la terre à cause de nos péchés. » (Daniel 3, 25.37)

 

Comme pour le peuple juif déporté à Babylone (entre 597 et 538 avant J-C), il arrive fréquemment que certaines nations sentent dominées, écrasées, sans espoir. En des temps semblables, un peuple a tendance à se replier sur lui-même et se plaindre de son sort. Le Livre de Daniel présente une interprétation qui peut surprendre. En effet, le mauvais sort qui s’abat sur le peuple n’est peut-être pas seulement le fait du dehors, par exemple de dominations étrangères ou d’une dictature inhumaine. On peut voir dans l’expression « à cause de nos péchés » une façon de considérer que, dans certaines situations de victimisation, il peut aussi y avoir une part de responsabilité liée à l’attitude et aux comportements des victimes elles-mêmes…

Appliquons ceci aux chrétiens et aux catholiques en particulier. Un grand nombre de baptisés se plaignent de leur situation pénible : on ne peut plus exprimer sa foi, on est comme en terre hostile, les symboles religieux sont écartés, c’est humiliant de se dire catholique par les temps qui courent, avec tous ces scandales. La renonciation de Benoît XVI, d’une ampleur médiatique sans précédent, a vu surgir toutes sortes de commentaires souvent difficiles à supporter lorsqu’on se dit « encore » de cette Église. Ce n’est plus bien vu d’y être associé de quelque façon. « Aujourd’hui nous sommes humiliés sur toute la terre… » La prière d’Azarias invite à reconnaître ce qui revient en propre au peuple. Dans cette crise de crédibilité et de confiance, l’Église et ceux qui y demeurent sont attaqués, certes, mais une telle remise en question peut aider à revenir à l’essentiel. Si les chrétiens sont mis au ban de la société, ne serait-ce pas parce qu’ils ont le jugement facile et ne voient pas la poutre qu’ils ont dans l’œil? L’Église qui sortira de cette crise sera plus humble, plus authentique, plus pauvre aussi. C’est peut-être au terme de son propre exil qu’elle redeviendra un peu plus crédible. Ainsi pourra-t-elle de nouveau jouer son rôle de servante de l’humanité qu’elle a pour mission de conduire à Dieu, à l’image du Fils qui – et c’est la bonne nouvelle – est venu planter sa tente parmi les humains « à cause de leurs péchés ».

 

 Jocelyn Girard, agent de pastorale

 

Réflexion précédente :

Réflexion du 26 février 2013