Oui ! Chacune et chacun peut proclamer avec force ce cri de joie : Ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie pour toutes celles et tous ceux qui ont découvert et vécu l’impensable. Ils étaient restés prostrés dans leur trou durant tout le temps de la Pâque juive. Qui ? Les disciples de Jésus le Nazaréen. Ils pleuraient la mort odieuse et terrible de leur rabbi, crucifié sur une croix comme un brigand ou un assassin. Ils avaient cru en lui, l’avaient suivi laborieusement en pensant qu’il était le Messie attendu par tout un peuple. Mais après l’épisode du Temple, durant lequel il avait bousculé les marchands et renversé les tables des changeurs de monnaie en les traitant tous de voleurs, il avait accumulé sur sa tête la haine du pouvoir religieux. Son sort avait été scellé par le procurateur romain : la mort en croix. Tous ceux qui avaient cru en lui étaient depuis lors désespérés. Certains avaient déjà pris le chemin du retour chez eux,désireux d’oublier au plus vite.
Et voilà que Marie-Madeleine, courant comme une folle, surgit dans la chambre haute où sont réunis les disciples et crie son désespoir : Ils ont volé le corps du Seigneur ! La stupeur est générale. Mal réveillés, certains pensent qu’elle a perdu la tête alors que Pierre et Jean comprennent que quelque chose s’est passé. Ils décident d’aller voir, courent vers le tombeau, suivis par Marie-Madeleine. Tout s’enchaîne très vite. Pierre entre dans le tombeau vide, mais ne comprend pas, tandis que son compagnon entre à son tour et comprend tout. Pour lui plus de doute: Christ est vivant ! De son côté, Madeleine erre comme une âme en peine dans le jardin où se trouve le tombeau. Elle rencontre quelqu’un qu’elle prend pour un jardinier, lui demande de lui rendre le corps de son rabbi, qu’il a – pense-t-elle – peut-être caché. L’inconnu prononce alors son nom: Marie! D’un bond, elle se projette à ses pieds en l’appelant : Rabbouni ! Mon maître bien-aimé... Une lumière l’illumine de l’intérieur et la joie incommensurable succède au désespoir. Elle sait dans tout son être – parce qu’elle en fait l’expérience – et l’affirme partout où elle se retrouve : Jésus est vivant ! Il est ressuscité !
Depuis ce moment-là, un souffle sans pareil s’empare des disciples. Pierre, Jean, Jacques, Thomas font la même expérience. Ils rencontrent leur Seigneur et leur vie est transformée. Finis les pleurs ! Finie la vie clandestine. Ils osent parler au grand jour et inaugurent une communauté qui ne cessera de grandir et de vivre autour du message apporté par Jésus de Nazareth, proclamé depuis lors Christ et Seigneur.
Oui, vraiment : Ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie, alléluia !