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Le verset du jour

 

orant
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réflexion du 8 octobre 2013
 

« Ninive était une ville extraordinairement grande : il fallait trois jours pour la traverser. Jonas la parcourut une journée à peine en proclamant : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite! » Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu. Ils annoncèrent un jeûne, et tous, du plus grand au plus petit, prirent des vêtements de deuil.  » (Jonas 3, 3-5, 1ière lecture du mardi 8 octobre).

J’étais un dimanche à l’église et la première lecture comportait ces versets du livre de Jonas. Le lecteur qui en assurait la proclamation a lu ainsi la deuxième phrase : Jonas la parcourut en une journée à peine. Après la messe, je lui ai gentiment fait remarquer qu’il avait ajouté un mot. Il avait dit « parcourut en une journée » au lieu de « parcourut une journée ». Il m’a répondu qu’il croyait que le Lectionnaire comportait une erreur et que le texte voulait dire que même s’il fallait trois jours pour traverser Ninive, Jonas a procédé très rapidement, en une seule journée. Eh non! Il, ce monsieur, n’avait pas bien saisi. Le texte dit plutôt que le prophète n’a franchi que le tiers de la distance prévue et la population s’est tourné en bloc vers Dieu. Et pourtant, les habitants de Ninive avaient toute une réputation de pécheurs invétérés. Quel dénouement inattendu!

Le livre de Jonas est un conte, une fable, mais qui porte une grande vérité : Dieu ne ferme pas la porte à qui que ce soit, même aux plus grand impies, aux plus virulents mécréants.  Contrairement à nous parfois, il n’est pas porté à accoler des étiquettes aux gens. À l’époque de sa rédaction, il visait certains membres du peuple de Dieu convaincus d’être « du bon bord » parce qu’ils étaient de la lignée d’Abraham. Mais le message de Jonas va bien au-delà. Il met en garde contre la tentation de croire que Dieu nous appartient, que nous pouvons « acheter » sa bienveillance, qui est pourtant universelle.

 

 Jean Grou, bibliste

 

Réflexion précédente :

Réflexion du 1er octobre 2013