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Le verset du jour

 

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réflexion du 31 décembre 2013
 

« Il a jeté les puissants de leurs trônes et a élevé les humbles; les affamés, il les a comblés de biens et les riches, il les a renvoyées les mains vides. » (Luc 1,52-53)

Aujourd’hui, la fête de Noël s’est désacralisée en devenant un congé, une occasion de rassemblement familiale et un événement économique majeur. Avec le temps, les récits de la naissance de Jésus ont été sortis de leur contexte socioculturel pour être transformés dans les histoires fantastiques et un peu quétaines. Pourtant les évangiles situent le premier Noël dans un climat d’une crise politique. L’image idyllique des crèches traditionnelles et des chants de Noël sont loin de représenter les récits des évangiles. Lorsqu’on retourne aux textes des évangiles, on voit que célébrer Noël, c’est aussi de remettre en question les structures d’oppressions et d’injustice de notre monde.

L’Évangile de Luc raconte que Joseph et Marie, à la veille d’accoucher, sont contraints de se rendre à l’autre bout du pays pour répondre aux exigences d’un recensement de l’empire. Arrivée à Bethléem, Marie doit accoucher là où les animaux mangent. Les bergers, ceux qui viennent les visiter, sont également des marginaux qui vivent en dehors de la société. Tout dans ce récit indique l’humilité de celui qui sera à l’opposé des rois de ce monde. Dans un cantique, Marie rend grâce à Dieu dans des termes très politisés : « Il a jeté les puissants de leurs trônes et a élevé les humbles; les affamés, il les a comblés de biens et les riches, il les a renvoyées les mains vides. »

Cette année, ne faisons pas qu’espérer que les affamés soient comblés. Célébrons Noël à la manière de Jésus, en remettant en question les structures d’oppression et d’injustice de notre monde.

 

 Sébastien Doane, bibliste

 

Réflexion précédente :

Réflexion du 24 décembre 2013