« Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l’autel, si là, tu te souviens queton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande » (Mt 5, 24).
Les premiers dimanches de cette année liturgique « A » font retentir avec force l’enseignement de Jésus donné dans le Sermon sur la montagne. Le texte lu ce dimanche est une invitation à vivre selon la « justice de Dieu ». Jésus demande à ses disciples à dépasser ce qu’ils ont appris dans la loi mosaïque, pour vivre autrement, selon les principes du royaume inauguré par lui. Ainsi en Mt 5, il exprime sa pensée au sujet de la pratique de la Loi mosaïque à travers cette formule reprise plusieurs fois : Vous avez appris… Moi je vous dis… Jésus n’abolit rien, mais invite ses auditeurs à dépasser la lettre de la Loi, pour entre dans son esprit.
Je suis particulièrement sensible à ce qu’il ajoute à propos de l’interdit de tuer. Il ne suffit pas de respecter le seul Tu tueras pas ! , mais d’éviter tout ce qui conduit au rejet de l’autre, comme l’insulte ou l’injure. Et il ajoute alors ces mots : Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, va d’abord te rréconcilier avec ton frère…
Ces quelques mots remettent entièrement en cause notre manière de vivre la foi et la religion et indiquent une priorité. Dans sa vie, chacun de nous se contente souvent d’une pratique religieuse minimale. Vous connaissez l’expression populaire : J’ai pas tué, j’ai pas volé !, sous-entendu : Je suis donc en règle avec Dieu! Pour Jésus, la pratique minimale de la Loi ne suffit pas, parce que la Loi d’amour ne connaît pas de limite et que, nous dira Jean, on ne peut pas aimer Dieu sans aimer son frère ou sa soeur avec qui on vit parfois des relations conflictuelles. La plus belle offrande que l’on puisse offrir à Dieu est bien là, non dans une accumulation de prières ou de dons, mais dans l’effort pour vivre avec plus de vérité le commandement de l’amour. Va d’abord te réconcilier ou faire la paix avec ton frère ! dit-il et ensuite tu auras une véritable offrande à lui apporter. Trop de gestes religieux ne relèvent que de l’hypocrisie, parce que l’amour vrai en est absent.
Il revient à chacune et chacun d’examiner en vérité comment une telle parole vient interpeler son coeur.