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« Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants » (Lc 20, 27.34-38)
Au temps de Jésus et des apôtres, la théologie judaïque n’était pas uniforme et deux grands groupes religieux s’opposaient sur différents sujets. Les sadducéens et les pharisiens sont certainement les deux groupes les plus cités dans les évangiles (avec les hérodiens à quelques occasions). Un des points de rupture était la résurrection. Les sadducéens ne croyaient pas aux anges et aux esprits ni à la résurrection alors que les pharisiens étaient plus ouverts aux miraculeux et à l’au-delà (Ac 23, 8).
C’est dans ce contexte que quelques sadducéens viennent pour piéger Jésus avec un cas insolvable. Ils proposent ainsi un scénario improbable où une veuve se marie à plusieurs reprises à cause de veuvages successifs et demandent à Jésus comment cela pourrait se résoudre dans l’au-delà. En effet, qui sera le mari de cette femme qui en a connu plusieurs? Mais Jésus leur répond d’une manière imprévue. Non seulement il enseigne qu’il n’y aura pas les mêmes repères sociaux après la résurrection : ni femme ni mari. Tous seront semblables aux anges, comme enfants de la résurrection. De plus, en faisant référence à Moïse, Jésus rappelle que Dieu s’est présenté lui-même dans le buisson ardent comme étant le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Alors que les patriarches sont techniquement morts à l’époque de Moïse, Jésus souligne le fait que Dieu se caractérise comme le Dieu de vivants et non pas de mort, soulignant ainsi la nécessité d’une résurrection. La conclusion est donc limpide : il y a une résurrection pour les enfants de Dieu.
Ceci dit, la formule « Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants » peut aussi être lue comme une mise en abyme. En effet, les vivants sont ceux qui vivent en lui (Lc 20, 38), non seulement dans l’au-delà, mais aussi dans ce monde. Celui qui confesse Dieu confesse le Dieu des vivants, c’est-à-dire des enfants de Dieu qui vivent en lui.
Les sadducéens qui cherchaient à piéger Jésus avec une question technique se retrouvent eux-mêmes dans l’eau chaude en devant implicitement répondre à une question vitale. Si tu es enfant en Dieu, alors tu vis pour Lui et par la même occasion Dieu est ton Dieu, le Dieu des vivants.

Réflexion précédente :
Réflexion du 25 octobre 2016
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