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« Produisez donc du fruit qui témoigne de votre conversion; et ne vous avisez pas de dire en vous-mêmes : « Nous avons pour père Abraham ». Car je vous le dis, des pierres que voici, Dieu peut susciter des enfants à Abraham.» (Matthieu 3, 8-9)
Jean le Baptiste, les pieds dans l’eau, tance les hauts dignitaires de la société juive de l’époque, les Pharisiens et les Saducéens venus en curieux voir qui était ce gars qui remuait les foules en les appelant à la conversion. Même s’ils ne sont pas toujours d’accord entre eux, les Pharisiens et les Saducéens se considèrent comme des spécialistes des lois juives rabbiniques. Ils savent qu’en tant que « Fils d’Abraham », ils font partie du peuple élu de Dieu et leur connaissance de la loi et du péché les place forcément dans la catégorie des « justes aux yeux de Dieu ».
Jean les reprend vertement: certes ils sont du peuple de Dieu, mais cela ne justifie en rien leur conduite. Le mot « fruit » au singulier qu’il utilise ici désigne toute la conduite de l’homme et non pas une manifestation particulière de piéter ou de morale. L’amour de la loi et la préservation de la tradition, n’impliquent pas que leur conduite soit irréprochable. Etre juste, c’est faire la volonté de Dieu au quotidien, en actes et en paroles, selon la proclamation des prophètes.
A notre époque, la remarque de Jean reste d’actualité ! Sommes-nous chrétiens par amour de la tradition et du propre en ordre, ou sommes-nous chrétiens en posant des actes et des paroles, combattant pour la justice et la dignité de chaque être humain ? Sommes-nous chrétiens pour que rien ne change dans nos habitudes et nos privilèges ou pour nous mettre au service des plus pauvres, des rejetés, des souffrants ? Sommes-nous chrétiens pour juger du péché des autres à la place de Dieu ou sommes-nous chrétiens pour accueillir avec amour, à l’image du Christ ?
Dans son appel à la conversion, Jean dit : ce ne sont pas vos appartenances qui définissent votre foi, mais bien ce qui habite votre cœur. Et Dieu regarde les cœurs…

Réflexion précédente :
Réflexion du 22 novembre 2016
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