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« À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. » Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul.»(Jn 6,14-15 ; évangile du vendredi 28 avril).
Les gens de l’Évangile ont-ils un trou de mémoire? Vous savez, comme quand on commence à dire quelque chose et qu’on perd le fil de ses idées. Face au signe accompli par Jésus − une distribution sans limites de pain et de poisson − ils ont compris quelque d’important : Jésus agit comme un prophète. C’est ce qu’ils disent en tout cas. Mais ils semblent l’oublier aussitôt puisqu’ils veulent faire de Jésus leur roi. Un prophète, ça ne se couronne pas, ça s’écoute. Un roi, par contre, c’est bon à courtiser parce que ça peut accorder des faveurs, en l’occurrence dispenser d’avoir à gagner son pain à la sueur de son front. À notre époque aussi, malheureusement, la puissance et la fortune attirent plus facilement que la voix dérangeante des prophètes. Dans la suite du texte, Jésus dira des choses tout à fait étonnantes sur sa chair donnée à manger pour la vie du monde. Beaucoup tourneront alors les talons, car on ne peut recevoir en vérité une telle parole sans en être ébranlé. Comme aussi peut ébranler la voix prophétique du pape François qui invite l’humanité à une profonde conversion écologique si elle veut survivre (encyclique Laudato Si’). Qui l’écoute vraiment?

Réflexion précédente :
Réflexion du 11 avril 2017
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