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« Et Raphaël fut envoyé pour les guérir tous deux : à Tobith pour enlever le voile blanchâtre qui couvrait ses yeux afin que, de ses yeux, il voie la lumière de Dieu, et à Sarra, fille de Ragouël, pour la donner en mariage à Tobie, fils de Tobith, et expulser d’elle Asmodée, le pire des démons ; en effet c’est à Tobie que revenait le droit de l’épouser plutôt qu’à tous ses prétendants ». (Tb 3,17a ; première lecture du mercredi 7 juin).
Qui aime perdre la face en public? Pas grand monde j’imagine! Et nous vivons à une époque qui, avec la multiplication des réseaux sociaux, fournit maintes occasions d’égratigner les égos. Sarra et Tobith, pour leur part, ont subi ce qu’ils appellent des « outrages ». Ça leur a fait mal au point de demander à Dieu de reprendre leur vie! Voilà donc l’ange Raphaël envoyé à leur secours. Pas question de les faire mourir, bien sûr. Ni non plus de faire cesser les outrages, ce qui demanderait d’agir sur les supposés outrageurs, c'est-à-dire sur « les autres ». Il s’agit de tout autre chose : les guérir. L’ange porte bien son nom puisque Raphaël » signifie « Dieu-a-guéri ». Tobith a certes besoin de guérir de sa cécité extérieure, mais surtout de cet aveuglement qui le pousse à vouloir observer si scrupuleusement la Loi qu’il fige Dieu sous des traits de législateur pointilleux. Sarra a besoin d’être libérée de l’emprise de son père et de son incapacité à assumer enfin sa vie de femme adulte. L’ange qui passe dans leur vie les conduit à la risquer enfin dans la confiance. M’est avis que ce beau conte pourrait nous inspirer à nous aussi quelque désir de secouer de vieux jougs!

Réflexion précédente :
Réflexion du 30 mai 2017
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