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1-18
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La proclamation de la Bonne Nouvelle selon Jean
commence sur le ton solennel de l'exaltation par un
magnifique chant d'entrée qu'on appelle le
Prologue (vv. 1-18). Le Prologue est le chant de
proclamation et de louange d'une communauté
qui confesse sa foi et rend grâces pour le
dessein salvifique de Dieu
révélé, réalisé
et présent en Jésus-Christ, Parole de
Dieu. En trois strophes bien différentes, le
Prologue - joignant l'éternité au
temps, le présent au passé - expose
le dessein éternel et salvifique de Dieu
réalisé et présent dans sa
Parole (vv. 1-5), décrit l'accomplissement
de ce dessein dans l'histoire par la venue de la
Parole dans le monde (vv. 6-13), puis fait
écho à l'acclamation de foi et
d'action de grâces de l'Église devant
la manifestation de la Parole de Dieu dans la chair
(vv. 14-18).
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1-5
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La première strophe de l'hymne (vv. 1-5)
considère premièrement le Verbe en
lui-même et dans son rapport avec Dieu (vv.
1-2), puis dans son rapport avec le monde
créé (v. 3), finalement dans son
rapport particulier, salvifique, avec les hommes
(vv. 4-5).
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1
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L'expression « Au
commencement » rappelle la
première phrase de la Bible: « Au
commencement Dieu créa ... » Mais
« Au commencement » n'indique
pas ici le point de départ d'un récit
de création. L'expression signifie
plutôt, dans le présent passage, que
de toute éternité la Parole de Dieu
était.
Le Verbe
était Dieu. Parce que Dieu seul est de
toute éternité, parce que sa Parole
est de toute éternité auprès
de lui, la Parole est Dieu au même
titre que ce Dieu vers lequel elle est
tournée.
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2
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Ce verset reprend l'enseignement des deux
premières phrases du verset 1, et souligne
l'origine divine de la mission salvifique de
Jésus, qui, en tant que Parole de Dieu, est
un avec le Père (10,38; 14,11), est sorti de
Dieu (8,42; 13,3; 16,27s.30; 17,8) et retournera,
sa mission accomplie, vers Dieu (13,1; 17,24).
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4
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« Dieu dit... et il en fut
ainsi » (Gn 1). Dieu crée
par sa parole; c'est là une
affirmation courante de l'A.T. (Ps 33,6.9; Is
40,26; Sg 9,1; etc.). Le Verbe de Dieu est donc
médiateur de toute la création. Mais
c'est en lui également qu'apparaît la
vie divine: « Ce qui fut fait en lui
était vie » (v. 4). La fin de la
création est donc finalement le don de la
vie divine manifestée et communiquée
aux hommes dans la Parole de Dieu (voir vv.
12.16).
Cette vie divine
manifestée aux hommes dans la Parole de Dieu
leur permettait d'avoir la lumière,
de s'orienter, de comprendre le sens de leur vie:
« elle était lumière pour
les hommes » .
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5
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Cette lumière pour les hommes brille
encore aujourd'hui, permettant à chacun de
s'orienter dans le milieu néfaste et hostile
(les ténèbres) où
peut-être il lui faut vivre. Car les
ténèbres n'ont pas
étouffé (saisi) la lumière.
L'oeuvre de la Révélation se
continue.
Le
développement de la première strophe
apparaît maintenant plus clairement. La
Parole de Dieu était à l'origine,
elle était près de Dieu, elle
était Dieu. Par elle, le monde fut fait, et
en elle la vie divine a été
manifestée. Cette révélation a
permis aux hommes de trouver un sens à leur
vie, et elle le leur permet encore, car la
lumière de la Révélation
continue de briller sans que les forces du mal ne
puissent la vaincre.
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6-13
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La seconde strophe de l'hymne (vv. 6-13)
introduit le lecteur dans le temps des hommes, dans
la réalité historique du monde. Elle
explique la mission de Jean-Baptiste, qui fut de
témoigner au sujet de Jésus, par
comparaison avec celle de Jésus qui, venu
comme lumière du monde, fut rejeté
par les uns, mais permit à ceux qui
l'accueillirent de devenir enfants de Dieu.
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6-7
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Jean-Baptiste est présenté
à la manière des héros de
l'A.T. (Jg 13,2; 19,1; 1 S 1,I). Le
quatrième évangile diffère ici
des évangiles synoptiques; il n'introduit
pas Jean-Baptiste comme le précurseur de
Jésus, mais comme son témoin qui
atteste ce qu'il a vu (1,32-34) et qui
révèle Jésus (1,29-31).
Bien que Jean
n'ait parlé qu'aux Juifs, son
témoignage vaut pour tous, car tous
les hommes ont besoin de foi. À tous
il peut révéler et il
révèle qui est Jésus.
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8
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Dire que Jean-Baptiste n'était pas la
lumière est une autre façon
d'affirmer que Jésus est la vraie
lumière. Et répéter que
Jean-Baptiste vint pour rendre témoignage
à la lumière, c'est attirer
l'attention sur celui à qui Jean rend
témoignage. Mais peut-être y a-t-il
derrière ce verset une intention
polémique contre les disciples de
Jean-Baptiste qui considéraient leur
maître comme le Messie.
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9
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Jean réaffirme ici que la Parole de Dieu
est la seule lumière authentique qui, en
venant dans le monde, éclaire les hommes.
Devant la Parole de Dieu incarnée,
révélée en Jésus,
l'homme peut donc trouver la lumière,
s'ouvrir à la vie divine et devenir enfant
de Dieu, ou bien se fermer à la vie divine
et ainsi se condamner. La venue de la
lumière dans le monde opère un
discernement entre les hommes; elle est jugement
(vv. 10-12; 3,19-21; 9,39-41).
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10
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Le monde désigne dans le
quatrième évangile soit le milieu
où se déroule l'existence humaine
(17,15), soit l'univers dans son ensemble
(17,5.24), soit, le plus souvent, le genre humain
qui en constitue la part la plus importante
(3,17.19; 9,39; etc.). Le monde des hommes est
considéré sous deux aspects qui sont
corrélatifs: il est, d'une part, objet de
l'amour de Dieu (3,16), appelé au salut
(1,29; 3,17; 4,42; 6,33.51; 12,47; 17,21.23); mais,
d'autre part, parce que les hommes refusent cet
appel, le mot monde prend souvent une nuance
péjorative et désigne l'ensemble des
forces mauvaises qui sont hostiles à Dieu,
au Christ et aux fidèles (7,7; 15,19; 17,14;
etc.).
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11
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Le monde qui, par la création,
était la propriété du Verbe,
ne l'a pas accueilli, c'est-à-dire
n'a pas cru en Jésus. Pour certains
commentateurs, le verset 10 ferait
référence au monde païen, et le
verset 11 aux Juifs, qui seraient dits les
familiers du Verbe, les gens de sa maison,
« les siens » , parce qu'ils
étaient le peuple de Dieu (Ex 19,5; Dt 7,6;
etc.).
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12
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Mais certains ont reçu le Verbe! Ils ont
cru en Jésus; ils l'ont reconnu pour
l'envoyé de Dieu. Et ceux-là ont
compris leur vie d'une façon nouvelle. Dans
la foi, ils ont découvert que Dieu
était leur Père: « ils sont
devenus enfants de Dieu » .
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13
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Ce verset précise en quoi consiste la
filiation divine des croyants. Les vrais enfants
de Dieu sont ceux qui naissent de lui. C'est un
don de Dieu que nul ne peut s'arroger, et qui n'a
rien de comparable avec la génération
charnelle (naître du sang, d'un vouloir de
chair ou d'un vouloir d'homme). L'ascendance
charnelle ne confère aucun droit à la
filiation divine (8,31-47). Mais c'est en
accueillant dans la foi Jésus comme Parole
de Dieu que le croyant est accueilli par Dieu comme
son enfant: il devient alors enfant de Dieu.
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14-18
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La troisième strophe (vv. 14-18) est le
cri d'acclamation et de louange de la
communauté chrétienne (voir les
« nous » ) qui, unie à
Jean-Baptiste, confesse sa foi et rend grâces
pour les bienfaits reçus du Verbe fait
chair, Jésus-Christ, le Fils unique, le seul
Révélateur de Dieu.
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14
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Le Verbe s'est fait chair: il est venu
dans la chair (l Jn 4,2); il fut homme. Le mot
chair désigne l'humanité
réelle sous son aspect de faiblesse et de
mortalité.
Il a
séjourné parmi nous.
C'est-à-dire qu'il a vécu comme un
homme parmi les hommes. Le mot
« nous » désigne les
contemporains de Jésus, mais aussi tous les
chrétiens qui, par la foi, sont
contemporains de Jésus (1 Jn 1,1-4).
La gloire de
Dieu, dans l'Ancien Testament, c'est Dieu
lui-même qui se rend présent, qui
manifeste sa présence. En Jésus, la
gloire divine n'était visible ni aux yeux du
corps, ni aux yeux de l'esprit qui cherchent le
merveilleux, mais seulement aux yeux de la foi. En
voyant Jésus avec les yeux (lu corps, les
Juifs disaient: « N'est-ce pas là
Jésus, le fils de Joseph? Ne
connaissons-nous pas son père et sa
mère? Comment peut-il déclarer
maintenant: 'Je suis descendu du ciel'? »
(6,42). Et Jésus ne se fie pas à ceux
qui croient uniquement à cause des miracles
(2,23s.); il leur en fait reproche: « Si
vous ne voyez signes et prodiges, vous ne croirez
donc jamais! » (4,48). Ceux-là
seuls voient sa gloire qui croient en lui.
Jésus dira à Marthe, qui est la
figure de la croyante parfaite (11,27):
« Si tu crois, tu verras la gloire de
Dieu » (11,40). Et quand bien même
cette gloire ou puissance divine transparaît
dans les miracles, elle exige, pour être
comprise justement, la foi (voir les notes sur 2,11
et 11,40).
La grâce
et la vérité, ou plus exactement
« l'amour et la
fidélité » ,
décrivent dans l'Ancien Testament Dieu en ce
qu'il est pour les hommes (Ex 34,6). Dieu est riche
en amour et fidélité parce qu'il
conserve son amour miséricordieux
« à des milliers de
générations » . Le Verbe
fait chair est dit plein de grâce et de
vérité parce qu'il communique aux
hommes les dons du salut. Le mot grâce
signifie don; et le mot vérité
désigne la révélation du salut
advenue en Jésus.
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15
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Jean-Baptiste est introduit à nouveau
comme témoin de Jésus. En rappelant
ici son témoignage passé
(C'était de lui... Voir 1,30),
l'auteur en fait le premier garant de la foi de la
communauté et le premier confesseur de la
foi, puisque Jean est assimilé au
« nous » de la
communauté. Son témoignage a valeur
permanente: il souligne que Jésus, en tant
que Parole de Dieu faite chair, l'emporte
radicalement sur lui. Après Jean, le
disciple bien-aimé garantira de son
témoignage la véracité de
l'Évangile (21,24). L'évangile
johannique est ainsi encadré entre le
témoignage de Jean qui, le premier, a
reçu et confessé Jésus, et
celui du croyant parfait qui se porte garant de la
vérité de l'Évangile.
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16
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Ainsi, la communauté des croyants affirme
sa foi: « Le Verbe s'est fait chair... il
était plein de grâce et de
vérité » et l'atteste:
« Nous avons vu sa gloire... c'est de la
plénitude qui est en lui que nous
tous avons reçu ... »
Grâce
après grâce, c'est-à-dire
une grâce de plus en plus abondante. On
pourrait encore comprendre « une
grâce (celle de la nouvelle alliance)
à la place d'une autre grâce
(celle de l'ancienne alliance) » (voir v.
17). Mais on peut également traduire
« une grâce correspondant à
sa grâce » , à celle qui est
dans le Fils unique; c'est-à-dire, comme
l'ont compris certains Pères de
l'Église, que nous sommes fils dans le Fils.
Ce sens convient bien au contexte (voir v. 12).
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18
|
Ce verset se rattache à un genre
littéraire sapientiel où il est dit
que nul n'aurait pu voir Dieu ou connaître
son dessein, si Dieu lui-même ne l'avait fait
connaître aux hommes (Si 43,31; Sg 9,13-18;
Ba 3,29-4,4). Pour le judaïsme, Dieu
s'était révélé dans la
Loi (Si 24,3; Ba 4,1-4). Jean affirme, lui, que
c'est le Fils unique, qui est dans
l'intimité du Père, qui l'a
révélé. Il est l'unique
révélateur du Père, comme il
est l'unique sauveur.
Ce verset
clôt le Prologue et ouvre le récit
évangélique. Le verbe « a
fait connaître » n'a pas de
destinataire, et cela est significatif. La
révélation accomplie dans le Fils
unique de Dieu commence par le récit
évangélique qui suit; elle est
destinée à tout lecteur ou auditeur
de l'évangile.
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19-34
|
Après l'hymne d'introduction, commence
maintenant la première partie de
l'évangile. Elle s'étend
jusqu'à la fin du chapitre 12. On pourra lui
donner comme titre général:
Jésus se révèle au monde.
L'acceptation ou le rejet de cette
révélation entraîne le salut ou
la condamnation. Les versets 19-51 constituent
l'introduction de cette partie. Ce passage se
divise clairement en deux parties: le
témoignage de Jean-Baptiste devant les
représentants officiels du judaïsme
(vv. 19-34) et, comme conséquence de ce
témoignage qui va être
répété (voir vv. 29 et 36), la
vocation des premiers disciples (vv. 35-51).
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19
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Jean a dit dans le Prologue que Jean-Baptiste
est venu pour rendre témoignage
à la lumière (v. 7). Il donne ici le
contenu de ce témoignage et il en
précise les circonstances. Une
première fois, devant les
représentants du judaïsme officiel, il
va confesser sans ambages qu'il n'est pas le
Christ, mais que le Christ est présent
déjà au milieu d'eux sans qu'ils le
connaissent (vv. 19-28). Puis le lendemain,
apercevant Jésus, il va le désigner
comme le Messie qui était attendu par
Israël (vv. 29-34).
Dans
l'évangile, le terme
« Juifs » désigne
souvent les autorités religieuses juives
hostiles à Jésus, qui, comme telles,
représentent le monde (voir 1,10 note).
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20
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Toi, qui es-tu? La question semble
posée à brûle-pourpoint. En
fait, tout le dialogue, qui est abrupt, sert
à déterminer pour les croyants le
rôle de Jean-Baptiste par rapport à
Jésus. Et déjà, en
répondant: « Moi, je ne suis pas
le Christ », Jean laisse entendre qu'un
autre est le Christ.
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21
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C'était une croyance commune, au premier
siècle, qu'Élie devait revenir
avant le jugement final pour prêcher la
réconciliation (Ml 3,23; Si 48,1-11; Mt
17,10s.).
Certains groupes,
dont les esséniens, attendaient
également pour la fin des temps la venue
d'un prophète semblable à
Moïse, dont il est parlé au livre du
Deutéronome: « Yahvé ton
Dieu suscitera pour toi, parmi ton peuple et tes
frères, un prophète comme moi, que
vous écouterez » (Dt 18,15).
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23
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Voir Is 40,3.
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28
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Cette Béthanie au-delà du
Jourdain est distincte de Béthanie
près de Jérusalem (11, 18). La
localisation en reste incertaine. Mais le lieu est
indiqué pour situer le témoignage de
Jean-Baptiste et lui donner plus de relief (voir
6,59; 8,20).
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29
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Le lendemain. Il s'agit d'une
donnée littéraire et didactique,
plutôt que chronologique. Jean-Baptiste a
tout d'abord témoigné sur
lui-même qu'il n'était pas le Christ
(vv. 19-28), puis il a
révélé Jésus et
attesté en publie que Jésus
était l'élu de Dieu (vv. 29-34),
puis il a désigné Jésus
à deux de ses disciples (vv. 35-39),
puis, etc. Le total de ces jours (vv.
29.35.43; 2, 1) forme une semaine complète
qui aboutit à la manifestation de la gloire
de Jésus (2, 11).
Le récit
est fortement stylisé (vv. 29-34). La
délégation venue de Jérusalem
a disparu, et aucun autre publie n'est
mentionné. Jésus se présente
sans que l'on sache d'où il vient. Seul
compte le témoignage que Jean rend à
Jésus pour Israël. Il atteste
solennellement que Jésus est l'élu de
Dieu, celui qui enlève le
péché du monde.
L'agneau de
Dieu. Les commentateurs ne s'accordent ni sur
l'origine ni sur le sens précis de cette
formule. On peut penser au sacrifice d'Isaac (Gn
22,1-19), ou à Moïse qui, dans la
tradition juive, est comparé à un
agneau qui va détruire
l'Égypte et libérer Israël, ou
encore à l'agneau pascal, symbole du
rachat d'Israël (Ex 12,1-28), ou bien au
Serviteur de Yahvé - que le
prophète Isaïe compare à
« l'agneau conduit à
l'abattoir », « à la
brebis muette devant ceux qui la
tondent » (53,7) et qui « a
porté les souffrances et supporté les
douleurs » d'Israël (53,4) - ou
enfin à l'agneau immolé et
vainqueur de l'Apocalypse (Ap 5,6.12). Le mot
agneau, dans tous ces textes, est
associé à l'idée du don ou de
la préservation de la vie. Jésus,
agneau de Dieu, enlève le
péché du monde. Le
péché du monde, dans Jean, est
essentiellement le fait de ne pas croire en
Jésus, de ne pas le reconnaître comme
l'envoyé de Dieu (15,22-24; 16,8-9;
9,40-41). Par sa venue dans le monde, Jésus
enlève le Péché du monde (1 Jn
3,5), Parce qu'il permet aux hommes qui
l'accueillent dans la foi comme Parole de Dieu ou
comme envoyé de Dieu (1,12) de
connaître Dieu (1,18; 14,9) et d'avoir aussi
la vie divine, de devenir enfant de Dieu (1,12;
17,3).
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30
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Jésus est agneau de Dieu pour
ceux-là mêmes qui reconnaissent en lui
l'envoyé de Dieu, la Parole éternelle
de Dieu. Voir 1,15.29.
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31
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La mission de Jean avait donc pour objet de
révéler à Israël que
Jésus était le Messie que Dieu lui
avait promis.
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32-34
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Ces versets 32-34 sont le commentaire et
l'explication théologique du récit du
baptême de Jésus, qui n'est pas
rapporté par Jean. La voix céleste
des récits synoptiques est remplacée
par la révélation particulière
qui a été faite auparavant à
Jean, ainsi que par le témoignage solennel
qu'il rend au sujet de Jésus.
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|
33
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Le prophète Isaïe avait
annoncé que l'Esprit de Dieu reposerait sur
le Messie (11,2). Parce que l'Esprit Saint
repose sur Jésus, il peut le
communiquer sans mesure (3,34),
c'est-à-dire que ses paroles sont pour les
croyants source de vie (6,63). Tel est
peut-être le sens de « c'est
celui-là qui baptise avec l'Esprit
Saint ». Mais disciples et croyants ne
recevront l'Esprit qu'après la
résurrection de Jésus (7,39; 20,22),
et Jésus dira bientôt à
Nicodème que nul, à moins de
naître d'eau et d'Esprit -
c'est-à-dire à moins d'être
baptisé - ne peut entrer dans le Royaume de
Dieu (3,3s.).
|
|
34
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Ce titre messianique renvoie à Isaïe
42,1: « Voici mon Serviteur que je
soutiens, mon Élu que j'ai moi-même en
faveur, j'ai mis mon Esprit sur
lui. »
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35-51
|
La vocation des premiers disciples est
présentée dans quatre petits
tableaux: a) la vocation d'André et
d'un disciple anonyme (vv. 35-39; b) la
vocation de Pierre (vv. 40-42); c) la
vocation de Philippe (vv. 43-44); d) la
vocation de Nathanaël (vv. 45-51). Sauf pour
Philippe (v. 43), Jésus n'appelle pas ses
disciples, mais ils viennent à lui
après qu'un autre (Jean-Baptiste,
André, Philippe) le leur a
révélé. C'est là un
trait significatif de l'évangile de Jean
(12,20-22) et qui garde toute sa valeur: on vient
à Jésus sur le témoignage d'un
autre.
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|
37
|
Le vrai disciple est celui qui marche à
la suite de Jésus. Pour ce disciple,
Jésus est la lumière (8,12), le
pasteur (10,4.11) et la porte (10,9). C'est en
Jésus qu'il trouve un sens à sa vie
(8,12) et le salut (10,9s.), c'est-à-dire
une liberté qui se tournera vers le service
des autres, dans un amour qui peut aller jusqu'au
sacrifice de sa vie (15,12-17). Car le disciple est
appelé à suivre Jésus jusque
dans la mort (12,26; 13,36s.; 21,19s.22) afin de
porter du fruit en abondance (12,24-26).
|
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38
|
Que cherchez-vous? C'est la
première parole que Jésus prononce
dans l'évangile. C'est la première
question qu'il adresse à quiconque vient
à lui pour être son disciple. Il faut
faire la lumière sur les raisons que l'on a
d'adhérer à Jésus, dès
que l'on veut se mettre à sa suite.
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39
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Quatre heures de l'après-midi.
Littéralement: « la dixième
heure ». Dix, dans certains textes
du judaïsme et de la littérature
hellénistique, était le chiffre
parfait. La mention de la dixième heure
pourrait donc souligner que le disciple parfait est
celui qui demeure avec Jésus, dans son
intimité (voir 13,23). La condition du
disciple ou du chrétien pourrait se
résumer ainsi: le chrétien, sur la
recommandation d'un autre, vient à
Jésus, se met à sa suite et cherche
où il habite, c'est-à-dire
d'où il vient et qui il est. Ayant
trouvé qui il était (1,41.45), il
demeure auprès de lui, dans sa parole
(8,31), puis, à son tour, il va l'annoncer
aux autres (1,41.45). Cet engagement est l'affaire
d'une vie; il peut exiger même le don de sa
vie (12,26; 13,36), mais il demeure après la
mort (14,1-3).
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40
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Jean anticipe et résume en ce bref
récit (vv. 40-42) toute l'histoire de la
vocation de Pierre comme apôtre et chef de
l'Église.
|
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42
|
Jésus porte sur Simon ce regard qui
pénètre au fond des coeurs et y
reconnaît les élus du Père:
« Tu es Simon, le fils de Jean; tu
t'appelleras Céphas. » Le terme de
Céphas est la transcription d'un mot
araméen qui signifie
« rocher ». C'est le nom que
porte Simon dans la tradition chrétienne
primitive (1 Co 15,5). Selon Marc, ce nom fut
attribué à Simon lorsque Jésus
choisit les douze apôtres (3,16). Selon Mt
16,18, ce serait lors de la confession de foi de
Pierre à Césarée que
Jésus aurait changé son nom. Jean,
soit qu'il connaisse une autre tradition, soit
qu'il anticipe et résume dans ce texte la
vocation de Pierre, préfère dire que
le surnom de Céphas ou Pierre fut
attribué à Simon lors de son appel
plutôt que lors de sa confession de foi
(6,68-69).
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44
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Bethsaïde était située
au nord du lac de Tibériade, sur la rive
gauche du Jourdain. Bethsaïde signifie
étymologiquement « lieu de
pêche ». Est-ce pour rappeler que
Pierre et André étaient
pêcheurs que l'auteur leur assigne
Bethsaïde comme lieu de résidence?
C'est possible. Mais peut?être veut-il aussi
évoquer l'idée de pêcheurs
d'hommes. André et Philippe mènent
les autres à Jésus pour en faire des
disciples (1,41s.45; 12,20-22).
|
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45
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Le nom Nathanaël signifie
« Dieu a donné ». On
pourrait le traduire en français par
« Dieu donné ».
Nathanaël était de Cana (21,2).
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47
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La remarque de Jésus signifie que
Nathanaël est vraiment digne du nom
d'Israélite, qu'il est digne de compter,
à la différence des Juifs
incrédules (8,39-47), parmi les enfants du
peuple élu, parce qu'il n'y a en lui aucun
déguisement. Jésus connaît le
coeur des hommes, c'est-à-dire les
dispositions réelles d'un chacun à
son égard (2,24s.; 4,17s.; 5,42;
6,15.61.64.70; 13,11.18.38; 17,12). Cette
connaissance est liée, dans
l'économie du récit
évangélique, à sa mission.
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48
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Que faisait Nathanaël sous le
figuier? L'évangéliste ne le dit
pas, et il est inutile de chercher à le
savoir. La connaissance miraculeuse de Jésus
n'a pour but que de provoquer la confession de foi
de Nathanaël.
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49
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Les deux titres sont équivalents et
désignent le Messie. Le premier le
désigne comme élu de Dieu; le second,
comme chef religieux et politique
d'Israël.
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51
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Vous verrez. Comme les autres disciples
et les chrétiens sont dans la même
situation que Nathanaël, Jésus utilise
le « vous ».
Jésus
invite Nathanaël, et avec lui tous les
chrétiens, à dépasser le
sensible ou le miraculeux pour voir dans la
foi de plus grandes choses, c'est-à-dire
pour voir dans toute la vie de Jésus son
union profonde et ininterrompue avec le
Père. Le titre « Fils de
l'homme » est utilisé pour
souligner l'origine céleste de la mission de
Jésus. Ce titre provient de Dn 7,13.
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