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1-42
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Il y a dans la Bible toute une histoire et toute
une poésie des points d'eau. C'est souvent
près d'une source ou d'un puits que se
nouent les premiers liens d'un mariage; ainsi en
est-il pour Isaac et Rébecca (Gn 24), Jacob
et Rachel (Gn 29,1-14), Moïse et Cippora (Ex
2,15-22). Les patriarches y donnaient à leur
future épouse (Jacob à Rachel,
Moïse à Cippora) l'eau qui bondissait
du puits. C'est à ce genre littéraire
de rencontre auprès d'un puits, que se
rattache l'entretien entre Jésus et la
Samaritaine. Cette rencontre préfigure la
conversion de la Samarie (Ac 8,5-25),
l'établissement de la nouvelle alliance
entre Dieu et le peuple qui s'était
détourné de lui, ou, pour emprunter
le langage biblique, les nouvelles
fiançailles entre Dieu et son peuple (voir
Os 2,16-25).
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1
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Bien que le passage forme un tout, on peut
néanmoins, pour en faciliter la lecture, le
subdiviser ainsi: a) L'introduction (vv.
1-4); b) Le don de l'eau vive (vv. 5-15);
c) Jésus dévoile la condition
de la femme (vv. 16-19); d) Le culte en
esprit et en vérité (vv. 20-24);
e) Jésus se révèle
Messie (vv. 25-26); f) La mission de
Jésus, celle de Jean-Baptiste, et celle des
disciples (vv. 27-38); g) De la foi
basée sur l'attestation d'un fait miraculeux
à la foi au Sauveur du monde, basée
sur la parole même de Jésus (vv.
39-42).
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5
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Sychar, l'actuel village de Askar, au
nord de l'ancienne Sichem, à 1 km au
nord-est du puits de Jacob.
À propos du
champ de Jacob, voir Gn 33,18-20 et Jos
24,32. Joseph, qui était l'ancêtre du
royaume d'Israël, devenu plus tard la Samarie,
était très
vénéré par les
Samaritains.
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6
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Ce puits n'est pas mentionné dans la
Bible, mais il est bien identifié. Il est
très profond (32 m), et son eau
alimentée par une source permanente est
toujours fraîche.
On comparera ce
verset avec ce qu'un historien juif du premier
siècle écrit au sujet de la rencontre
de Moïse et des filles de Réouël
(Ex 2,15): « Moïse s'assied au bord
d'un puits, à peu de distance de la ville,
et s'y repose de sa fatigue et de ses
misères; c'était vers le milieu du
jour. « Par ce rapprochement avec cette
tradition au sujet de Moïse, Jean veut
indiquer que Jésus est le Prophète
semblable à Moïse que les Samaritains
attendaient (voir Dt 18,18).
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9
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Les Juifs, depuis le retour de l'exil,
méprisaient les Samaritains, qu'ils
considéraient comme impurs et, par
conséquent, qu'ils évitaient. La
demande toute simple de Jésus brise cet
antagonisme vieux de cinq siècles et
bouleverse tout le système de pureté
qui le commande; d'où l'étonnement de
la femme.
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10
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Les rôles sont renversés! Le
voyageur fatigué qui quémandait un
peu d'eau offre maintenant de l'eau vive, de la
vraie eau de source, et la femme à qui il
vient de demander un peu d'eau aurait dû lui
en faire la demande qui aurait été
satisfaite. Mais ce changement suppose la
connaissance du don de Dieu, de l'eau vive et de
celui qui peut la donner, en un mot la foi.
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11-12
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Avec la même assurance naïve que
celle d'un Nicodème se demandant s'il est
possible qu'un homme rentre dans le sein de sa
mère pour naître de nouveau (3,4), la
Samaritaine cherche où Jésus pourrait
bien prendre l'eau vive dont il parle. Elle
paraît n'avoir rien compris du discours, si
ce n'est que Jésus, tout en lui demandant
à boire, prétend avoir le secret
d'une eau de source, autre que celle qui est dans
le puits. Où ira-t-il prendre cette eau?
Quant à celle du puits, mieux vaut ne pas y
compter; il n'a rien pour en tirer. Serait-il
plus grand que Jacob... ? La Samaritaine fait
ici allusion à la légende juive du
puits miraculeux dont les eaux venaient
d'elles-mêmes déborder devant
Jacob.
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14
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L'eau que Jésus donne, sa Parole qui est
esprit et vie (6,63), étanche la soif de la
vie véritable mieux que ne saurait le faire
aucune « eau » terrestre. Elle
devient pour celui qui la reçoit une source
débordante qui le conduit à la vie
éternelle.
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15
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Nouvelle méprise de la Samaritaine. Mais
sa méprise est précieuse pour le
lecteur. La Samaritaine croit que le don de l'eau
vive va la dispenser de sa corvée
quotidienne, lui faciliter sa vie de tous les
jours. Non! La foi ne soustrait pas aux exigences
de la vie quotidienne; elle s'inscrit dedans.
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16
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Jésus désire ne pas converser plus
longtemps avec la femme seule. Il l'invite donc
à aller chercher son mari. Cette invitation
permet, de fait, de poursuivre l'entretien.
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18
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La rencontre avec Jésus est d'abord
dévoilement de la situation de chacun et, en
même temps, appel à la foi:
« Dans la connaissance de
Jésus-Christ, nous trouvons et Dieu et notre
misère » (Pascal).
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19
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En dévoilant à la Samaritaine
qu'il connaît sa situation, Jésus
manifeste une connaissance prophétique (voir
Lc 7,39). La Samaritaine le reconnaît. Elle
le dit simplement et s'empresse de le faire parler
sur un point de religion qui oppose Juifs et
Samaritains: quel est le véritable lieu de
culte: la montagne du Garizim, qui se trouve
près du puits de Jacob, ou le Temple de
Jérusalem?
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20
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Le culte accompli sur le mont Garizim se fondait
sur le texte de Dt 27,4-8 que les Samaritains
lisaient en remplaçant le mot
« Ebal », par
« Garizim ». Après
l'exil, les Samaritains y bâtirent un temple
qui fut détruit, en 129 avant le Christ, par
Jean Hyrcan. Mais le mont Garizim était
toujours regardé par les Samaritains comme
le véritable lieu de culte; ils y avaient
localisé plusieurs épisodes marquants
de l'Ancien Testament, notamment le sacrifice
d'Isaac (Gn 22) et la vision de Jacob (Gn
28,10-22).
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21
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Le vrai culte n'est pas lié à un
lieu saint quelconque, mais il commence avec
Jésus (l'heure vient), lui qui est le
« lieu » même de la
présence de Dieu (voir 2,21).
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22
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À la différence de certains autres
textes (7,19.21-23; 8,17; 10,34; 15,25), celui-ci
compte Jésus parmi les Juifs et affirme
comme une chose incontestable en soi, sinon du
point de vue des Samaritains, que le salut vient
des Juifs. Ce verset, qui est peut-être une
addition, veut faire comprendre aux Samaritains
convertis, contemporains de
l'évangéliste, qu'eux-mêmes,
qui autrefois étaient schismatiques,
étrangers au salut, n'ont été
sauvés que par le Christ.
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23
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Adorer Dieu en esprit et en
vérité, c'est vivre en accord
avec la volonté de Dieu. Seuls les
chrétiens qui par la foi sont nés de
l'Esprit (3,3-8) et qui, ayant accepté la
parole de Jésus, ont été
purifiés (15,3) et sanctifiés dans la
vérité (17,17) sont les
véritables adorateurs du Père. Le
culte « en esprit et en
vérité n'est pas un culte
intérieur, spirituel, mais le culte de
« ceux qui, devenus enfants de
Dieu » (1,12), agissent en enfants de
Dieu (1 Jn 3,10; 5,1-5; 2 Jn 4; 3 Jn 4).
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24
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Dieu est esprit, c'est-à-dire
source de la vie véritable pour les hommes.
Le culte « en esprit et en
vérité » n'est possible que
pour celui qui est né de Dieu; il est
réponse au don de Dieu.
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25
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Les Samaritains attendaient un
Messie-prophète qui devait, lors de sa
venue, manifester la vérité. La femme
n'a pas compris que l'heure de l'accomplissement de
cette attente était arrivée; elle
espère encore la manifestation prochaine de
ce Messie.
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26
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Le Messie-prophète qu'attendaient les
Samaritains est là. C'est Jésus, qui
est le révélateur qui donne aux
hommes l'eau vive de sa parole et qui est le lieu
de la présence divine parlant aux
hommes.
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27-30
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La Samaritaine, voyant la conversation
interrompue par l'arrivée des disciples,
retourne en hâte à la ville pour y
raconter ce qui vient de lui arriver. Elle
déclare à ceux qu'elle rencontre:
« Venez voir un homme qui m'a dit tout
ce que j'ai fait. Ne serait-il pas le
Christ? » Elle n'affirme pas que
c'est le Christ. Elle demande à ses
compatriotes si la connaissance miraculeuse que
Jésus a manifestée à son
égard n'autoriserait pas à voir en
lui le Messie attendu. Ses récits
éveilleront la curiosité de plusieurs
de ses compatriotes qui crurent à cause du
fait étrange qu'elle racontait (vv. 30.39),
ce qui est bien différent, comme Jean le
soulignera, de croire en Jésus comme sauveur
du monde après avoir entendu sa parole (v.
42).
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32
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« La faim de Jésus, c'est de
donner la Parole, comme la soif de Jésus
c'était de distribuer l'eau vive.
Jésus a faim de nourrir et soif
d'abreuver » (A. Jaubert).
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34
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Jésus ne vit pas de lui-même ni
pour lui-même; sa vie et son oeuvre sont un
service. La nourriture de Jésus est de faire
la volonté du Père,
c'est-à-dire de sauver ceux que le
Père lui a donnés (6,38-39), de leur
permettre d'avoir accès à la vie
éternelle en leur faisant connaître
Dieu (17,2-4). Ainsi en est-il de ses disciples
(17,18).
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35
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Jésus va expliquer comment cette oeuvre
est plus avancée que ne le croient les
disciples. Ils disent à la manière
des paysans: « Il y a encore quatre mois
avant la moisson », c'est-à-dire
« Hâtons-nous
lentement ». Non, répond
Jésus, il n'y a pas à attendre; il
est là, le temps de la moisson; il est
là, préfiguré par les
Samaritains qui accourent (v. 30).
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36
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Le moissonneur est Jésus. Qui est le
semeur? Ce peut être Dieu qui attire les
hommes à Jésus (6,44), ou
Jean-Baptiste qui exerce son activité
à Aïnon en plein coeur de la Samarie
(3,23 note), lui dont la joie est à son
comble (3,29) et qui doit s'effacer devant
Jésus.
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38
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Les autres dont parle Jésus
seraient Jean-Baptiste et ses disciples. Ils ont
semé, c'est-à-dire
témoigné au sujet de Jésus, et
les disciples de Jésus sont venus pour
récolter les fruits de leurs peines.
Ce verset se
réfère à une période
postérieure à la vie de Jésus,
étant donné le temps du verbe
« je vous ai envoyés ».
- Certains commentateurs préfèrent
voir dans « les autres »
Philippe et les hellénistes qui ont
travaillé en Samarie et dont le travail
missionnaire fut sanctionné par Pierre et
Jean (Ac 8,1-25).
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42
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Jean oppose la foi fondée sur le
témoignage d'un fait miraculeux et la foi
qui est fondée sur la parole même de
Jésus. L'attestation d'un fait miraculeux
peut conduire à Jésus; mais la foi
véritable ne s'arrête pas à ce
témoignage humain, car elle se fonde sur la
parole même de Jésus, reçue
dans la prédication. Cette foi ne voit pas
seulement en Jésus le prophète qui
dévoile la misère de l'homme (voir
vv. 17-18 note), mais le sauveur qui permet de
trouver le sens véritable de la vie.
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43-54
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Voir Mt 8,5-13; Lc 7,1-10.
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44
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Ce verset est une parenthèse de
l'évangéliste qui reprend ici un
proverbe que Jésus avait utilisé
à Nazareth (Mc 6,4; Lc 4,24). Il veut
dénoncer par cette insertion l'accueil que
les Galiléens vont faire à
Jésus (v. 45). Ils ont été
frappés par les miracles que Jésus a
faits à Jérusalem et ils vont
l'accueillir en prophète, en héros.
Mais leur foi qui n'est fondée que sur les
« signes » n'est pas une foi
authentique (voir 2,23-25; 4,48; 6,26);
bientôt ils murmureront contre lui (6,41-42),
trouveront son enseignement trop dur (6,60) et
l'abandonneront (6,66).
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46-54
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Ce récit est très proche de la
guérison du jeune homme de Capharnaüm
qui est rapportée par Matthieu (8,5-13) et
Luc (7,1-10). Beaucoup d'interprètes
modernes, après Irénée et
d'autres Pères, admettent l'identité
des deux miracles.
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48
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Autre dénonciation de la foi
fondée uniquement sur le miraculeux (voir
4,44 note; 2,11 note).
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50
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C'est évidemment cette foi fondée
sur la parole de Jésus qui fait vivre, et
non la foi fondée sur les miracles, que
l'évangéliste entend recommander
(voir 20,29).
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53
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Il serait contraire à l'esprit du
récit que tous croient à cause du
miracle accompli, puisque Jésus a
dénoncé cette foi (v. 48) et que le
fonctionnaire a cru à la parole de
Jésus (v. 50). L'expression « Il
crut, lui et tous les siens » est
empruntée au langage missionnaire (Ac
10,44-48; 11,14; 16,15; 16,31s.; 18,8). Le
fonctionnaire royal et les siens
représentent donc les chrétiens qui
croient à la vie donnée par
Jésus, à la vie éternelle
qu'il apporte et qui est symbolisée ici par
la vie qu'il donne à l'enfant malade. Cette
foi ne repose pas sur le miracle; mais elle peut
être confirmée par le miracle. C'est
pourquoi l'évangéliste souligne que
le miracle a eu lieu à l'heure même
où Jésus a dit au fonctionnaire:
« Ton fils vit. »
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54
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Ce fut le second miracle que fit Jésus
à Cana (voir 2, 1. 11; 4,46); c'était
aussi la seconde fois qu'il faisait un miracle en
arrivant de Judée en Galilée (voir
1,43 et 2,1; 4,1-3 et 4,43.45). Jean
énumère ces deux miracles
galiléens sans tenir compte des signes
accomplis entre-temps à Jérusalem
(2,23-25). Il ne tient pas à insister sur
ces miracles qui n'ont engendré chez les
assistants qu'une foi imparfaite (2,23-25); s'il
décrit et énumère, par contre,
les deux signes de Cana (2,11; 4,54), c'est pour
souligner en ces deux occasions la foi
véritable manifestée soit par les
disciples (2,11), soit par le fonctionnaire royal
(4,50.53).
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