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Les chapitres 7 à 10 se déroulent
à Jérusalem. Ils sont
rattachés à deux fêtes juives:
la fête des Tabernacles (7,1-52) et celle de
la Dédicace (10,22-42). Le conflit entre le
révélateur et les Juifs,
annoncé au chapitre 2,13-22, poursuivi au
chapitre 5, s'accentue jusqu'à la rupture
définitive (10,22-42).
Le
chapitre 7 forme une unité, à
l'exception des versets 19-24 (voir 7,19 note). Le
cadre du récit est donné par la
fête des Tabernacles dont on mentionne
l'approche (v. 2), le milieu (v. 14) et la fin (v.
37). L'action se déroule à plusieurs
plans. Au premier plan, Jésus fait
plusieurs révélations (vv.
14.16-18.28-29.33-34.37) et demeure insaisissable
(vv. 30.44); sur le côté de la
scène, les Juifs, la foule et les
habitants de Jérusalem se livrent à
plusieurs apartés, faisant leurs
réflexions ou posant des questions au sujet
de Jésus ou sur ce qu'il a dit, commentant
l'attitude des autorités (vv.
11-12.15.25-27.31.35-36.40-42), cherchant
même à s'emparer de Jésus (vv.
30.44) et finalement se divisant à son sujet
(v. 43); à l'arrière-plan, les
autorités juives, dont on sent la menace
(vv. 11.13), complotent contre Jésus (v. 32)
et se prononcent contre lui (vv. 45-52). Ces divers
plans se fondent et s'enchaînent, donnant au
récit une grande force dramatique.
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1-10
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Les versets 1-10 forment l'introduction au ch.
7. Ils ont un double but: ils préparent,
d'une part, la montée de Jésus
à Jérusalem, et, d'autre part, ils
manifestent clairement que cette montée
à Jérusalem - et toute l'oeuvre de
Jésus - n'est pas causée par des
motifs humains; car le temps propice pour agir est
déterminé par le Père (voir
2,4 note).
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1
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Les projets homicides des Juifs (5,16.18)
avaient obligé Jésus à
s'éloigner de Jérusalem. Il ne veut
pas y retourner. La haine redoutable des Juifs, la
menace de mort planent sur tout ce chapitre (vv.
11. 13.19.20.25.30.32.44.45-52). Elles
représentent la puissance des
ténèbres qui veut faire échec
à la lumière, mais qui ne peut
finalement l'étouffer (1,5).
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2
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La fête des Tabernacles durait
primitivement une semaine, à laquelle avait
été ajouté par la suite un
jour de réjouissance, le huitième
jour (7,37). Elle se célébrait vers
la fin de septembre. Cette fête qui avait
été à l'origine une fête
agricole, celle de la récolte d'automne,
était demeurée au temps de
Jésus une fête très joyeuse.
Les thèmes de l'eau (7,37-39) et de la
lumière (8,12) jouaient un grand rôle
clans le rituel de cette fête.
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6
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Dans la tradition juive, chaque moment est
déterminé par Dieu. L'homme doit agir
au temps fixé par Dieu. Jésus dit que
le temps de répondre à l'appel de
Dieu, de se manifester à Jérusalem
n'est pas venu pour lui. Car le temps de sa
manifestation à Jérusalem sera celui
de sa mort et de sa glorification. Mais pour ses
frères le temps est toujours là,
c'est-à-dire qu'ils n'agissent pas selon la
volonté de Dieu. Leur disponibilité
apparente et permanente est en
réalité indifférence à
la volonté de Dieu qui appelle à la
décision en des moments précis.
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7
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Le monde ne peut haïr ceux qui lui
appartiennent (15,19), ceux qui partagent ses
idées, ses ignorances, ses
préjugés, et qui, indifférents
à l'appel de Dieu, se croient
libérés. Mais le monde hait
Jésus qui remet en question ses fausses
prétentions.
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8
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Jésus ne monte pas à cette
fête; mais il montera bientôt à
une autre fête, à la Pâque
(12,12), lorsque le temps fixé par Dieu sera
venu.
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10
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Comme Jésus avait mis une distance entre
sa mère et lui à Cana (2,4 note), de
même il s'écarte ici de ce que ses
frères lui demandaient. Au lieu de se
manifester ouvertement au monde, il monte à
la fête en secret. Même s'il se
manifeste plus tard publiquement (v. 14), son
enseignement reste pourtant voilé pour ceux
qui n'agissent pas selon la volonté de Dieu,
qui ne croient pas en lui (vv. 16-17).
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11-13
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Ces versets (11-13) décrivent
l'atmosphère de Jérusalem durant les
premiers jours de la fête. Les Juifs
recherchent Jésus pour le faire périr
(v. 11, cf. v. 1). La foule est divisée
à son sujet; mais, quelle que soit l'opinion
des uns et des autres, nul n'ose parler trop haut
par crainte des Juifs.
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14-18
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Ces versets veulent montrer l'origine de la
révélation divine advenue dans et par
Jésus. Aux Juifs qui sont tout surpris qu'un
Galiléen illettré possède si
bien la science des Écritures sans avoir
fréquenté les écoles,
Jésus oppose deux arguments. Son
enseignement ne vient pas de lui-même, mais
de celui qui l'a envoyé; pour comprendre
cela, il faut faire la volonté de Dieu. Mais
faire la volonté de Dieu, c'est croire
précisément en Jésus qu'il a
envoyé (6,29.40). Ce n'est que dans la foi
vivante, qui est tout à la fois don de Dieu
et décision humaine (6, 44-45.65), que l'on
parvient à la connaissance et à la
certitude que la révélation divine
advenue en Jésus a son origine en Dieu.
À cet argument péremptoire, un autre
vient s'ajouter, tiré de l'expérience
commune. Qui a une doctrine propre recherche sa
propre gloire ou la célébrité;
l'intérêt que cet homme a pour
lui-même peut faire suspecter sa
sincérité. Mais tel n'est pas le cas
pour Jésus, qui, lui, est seulement soucieux
de l'honneur de celui qui l'a envoyé. On n'a
donc aucune raison de tenir son témoignage
en défiance et il n'y a rien en lui de
répréhensible. L'argument est
complet, mais il n'est intelligible qu'aux yeux de
la foi.
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18
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À la différence des Juifs qui
cherchent à s'attirer des éloges de
la part des hommes (5,41-44), Jésus
recherche la gloire de celui qui l'a envoyé,
ne parlant pas de son propre chef. La foi voit en
lui le révélateur de Dieu, le
témoin véridique en qui il ne saurait
y avoir d'imposture.
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19-24
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Jean revient à plusieurs reprises sur des
faits déjà racontés. C'est
ainsi que la guérison de
l'aveugle-né, racontée au chapitre 9,
est rappelée en 10,21 et 11,37; la
résurrection de Lazare, narrée au
chapitre 11,1-46, est évoquée en
12,1s.9-11.17-18. Les versets 19-24 se
réfèrent à la guérison
du paralytique, qui a été
rapportée au chapitre 5,1-18.
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19
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Aucun de vous ne pratique la Loi. Il ne
s'agit pas d'un abandon total et universel de la
Loi, puisque Jésus va affirmer que les Juifs
pratiquent la circoncision même un jour de
sabbat pour ne pas violer la Loi de Moïse (v.
23). Jésus laisse entendre que la pratique
réelle de la Loi devrait aller
au-delà de cette violation apparente, et
qu'elle devrait normalement conduire les Juifs
à Jésus (5,39). Mais, au lieu de
croire en Jésus, les Juifs cherchent
à le tuer.
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20
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La foule semble ignorer les intentions
meurtrières des autorités juives et
se demande si Jésus n'est pas victime d'une
hallucination, s'il ne divague pas (voir
10,20).
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21
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L'oeuvre unique dont il s'agit est la
guérison du paralytique, accomplie durant le
dernier séjour de Jésus à
Jérusalem (5,1-18). Tout le monde est
déconcerté, scandalisé parce
que cette guérison a eu lieu un jour de
sabbat.
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22
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Jésus utilise ici un argument fort
prisé des rabbins, l'argument a
fortiori (voir 10,34-36). On circoncit, dit-il,
un enfant le jour du sabbat, quand le
huitième jour après sa naissance
tombe un samedi, pour ne pas violer la loi de
Moïse qui prescrit de circoncire le
huitième jour (Lv 12,3); pourquoi y
aurait-il du mal à guérir un homme
tout entier le jour du sabbat? Il est
sous-entendu que la circoncision était
considérée comme la guérison
d'un membre particulier du corps humain. Si donc il
est permis de guérir un membre, à
combien plus forte raison est-il permis de
guérir l'homme tout entier, corps et
âme (voir 5,14)!
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24
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Cette parole s'adresse aussi aux Juifs
contemporains de l'évangéliste, qui
reprochaient aux chrétiens de violer la loi
de Moïse. Le christianisme, leur répond
l'évangéliste par la bouche de
Jésus, n'est pas violation de la loi de
Moïse; il est son accomplissement et son
dépassement pour le salut de l'homme.
« Cessez de juger selon les
apparences! »
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25-30
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Les versets 25-30 ont pour thème
l'origine de Jésus. Tandis que quelques
habitants de Jérusalem s'interrogent en
aparté sur l'attitude de leurs chefs et
refusent de voir en Jésus le Messie attendu,
vu qu'il lui manque un des caractères
essentiels du Messie - celui d'apparaître
inopinément sans que l'on sache d'où
il vient -, Jésus, lui, déclare en
public qu'il est le véritable envoyé
de Dieu. On trouve ici un écho des
polémiques qui se sont poursuivies aux deux
premiers siècles entre Juifs et
chrétiens.
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26-27
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Quelques habitants de Jérusalem sont
intrigués: ils connaissent les projets du
sanhédrin et s'étonnent qu'on n'ait
pas fait arrêter Jésus. Une
idée leur vient à l'esprit: les
magistrats n'auraient-ils pas changé d'avis
au sujet de Jésus? Mais l'objection suit de
près la conjecture: impossible! Ils savent
que Jésus est de Nazareth en Galilée;
or, selon une croyance de l'époque, encore
attestée au 2e siècle par saint
Justin, le Messie devait apparaître à
l'improviste sans que l'on sût d'où il
venait. Le Juif Tryphon déclare à
Justin: « Mais le Messie, à
supposer qu'il soit né et qu'il existe
quelque part, c'est un inconnu; il ne se
connaît pas lui-même; il n'a aucune
puissance, tant qu'Élie ne sera pas venu
l'oindre et le manifester à
tous. »
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28
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Les Juifs ne connaissent pas Dieu, parce qu'ils
méconnaissent son envoyé (8,19),
parce qu'ils ne veulent pas reconnaître dans
la foi que Jésus est l'envoyé
authentique de Dieu.
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30
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L'attitude des Juifs symbolise leur incroyance.
Mais Jésus ne tombera aux mains de ses
ennemis qu'à l'heure marquée par
Dieu. Cette heure sera jugement pour les Juifs
incrédules (vv. 33-36; 8,21-30; 12,31).
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31-32
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Les versets 31-32 dessinent à
l'arrière-plan la réaction devant les
paroles et les actions de Jésus. La foi de
beaucoup, leurs bonnes dispositions à
l'égard de Jésus incitent les
autorités juives à envoyer des hommes
d'armes pour se saisir de lui. Mais ces gardes,
empêchés sans qu'ils sachent comment
d'arrêter Jésus (7,44), assisteront
néanmoins à son enseignement et
témoigneront de ce qu'ils ont
éprouvé en écoutant celui
qu'ils devaient prendre (7,45-46).
L'hostilité aveugle des
autorités juives contre Jésus n'en
sera que plus manifeste.
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33-34
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Les paroles de Jésus sont une
réponse indirecte à l'ordre qui vient
d'être donné contre lui et une
explication de la mention de l'heure (v. 30). La
mort de Jésus ne sera pas, à vrai
dire, l'oeuvre des Juifs; mais elle est le retour
de Jésus vers celui qui l'a envoyé.
Et alors il sera trop tard pour le trouver. Celui
qu'ils auront repoussé ne sera plus à
leur disposition. Son départ, sa mort seront
jugement pour le monde incroyant,
représenté par les Juifs. Seul le
croyant peut venir là où est
Jésus (12,26; 14,3; 17,24).
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35
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Les Juifs se méprennent sur ce que
Jésus vient de dire (voir 2,19 note). Les
paroles de Jésus sont pour eux une
énigme. Et pourtant leur propre discours est
plus significatif qu'ils ne le pensent
eux-mêmes: comme Caïphe (11,51), ils
prophétisent sans le savoir ni le vouloir,
annonçant qu'après la mort de
Jésus les Grecs se convertiront à
l'Évangile (voir 12,20-34).
La
Dispersion. Expression technique qui
désigne les pays où les Juifs sont
dispersés parmi les nations.
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37
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Comme jadis la Sagesse (Pr 9,3; Si 24, 1),
Jésus appelle, non pas à voix basse,
mais en criant, tous ceux qui ont soif, et il les
engage à venir à lui, la source d'eau
vive (4,14); il invite tout croyant à se
désaltérer de l'eau de sa parole qui
« est esprit et vie » (6,63).
« Venez donc, vous tous les
altérés, prenez la boisson qui
désaltère. Reposez-vous auprès
de la source du Seigneur... Heureux ceux qui y ont
bu et qui ont apaisé leur soif »
(Odes de Salomon, 30).
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38
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Jésus se compare « au rocher du
désert qui, frappé par Moïse,
laisse couler des fleuves d'eau qui pourront
désaltérer le peuple de Dieu
assoiffé (voir Ps 78,16.20; 1 Co 10,3-4). Il
se compare également au Temple de
Jérusalem d'où doit couler l'eau vive
des temps nouveaux, d'après Za 14,8 et
Éz 47,1 » (M.-É. Boismard).
Ces différents textes de l'Ancien Testament
étaient associés au rite de la
libation des eaux lors de la fête des
Tabernacles.
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39
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L'expression: « Il n'y avait pas
encore d'Esprit » est très
significative. Pour Jean, en effet, l'Esprit est
comme le substitut de Jésus. Les
apôtres ne le recevront qu'au soir de la
résurrection (20,22), lorsque Jésus
sera retourné vers le Père et aura
été glorifié (voir 1,33 note;
3,34 note; 6,63 note).
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40
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Les impressions de la foule devant
l'enseignement de Jésus sont très
variées. Les uns reconnaissent en lui le
Prophète annoncé par Moïse (voir
1,21 note; 6,14); d'autres voyaient en lui le
Messie. Mais les objections fondées sur
l'Écriture ne se faisaient pas attendre. Le
Messie devait être de la race de David (2 S
7,12-16) et naître à Bethléem
(Mi 5,1). Jean laisse dire d'un bout à
l'autre de l'Évangile que Jésus est
Galiléen (4,44; 7,41.52), qu'il est de
Nazareth (1,45s.; 18,5.7; 19,19), qu'il est le fils
de Joseph (1,45; 6,42). À toutes ces
allégations sur l'origine humaine de
Jésus, qui avaient cours dans le milieu
où parut le quatrième
évangile, Jean oppose l'assertion de la foi:
Jésus est l'envoyé de Dieu.
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42
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Voir 2 S 7,12; Ps 89,3-4; Mi 5,1-2.
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44
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Ce verset souligne encore une fois la souveraine
liberté de Jésus et l'impuissance de
ses ennemis. Jésus ira à la mort
librement, lorsque son
« heure » sera venue (voir 2,4
note).
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45-52
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Les versets 45-52 dépeignent la
réaction des autorités juives
à l'égard de Jésus. Les chefs
des prêtres - arbitres suprêmes dans
les choses de la religion - et les pharisiens - les
types mêmes de l'orthodoxie et de la
piété, les plus zélés
des Juifs pour la religion traditionnelle -
refusent de croire en lui. Ne lui sont favorables
que des ignorants, des gens qui ignorent la Loi,
des impurs, des maudits! Il y a pourtant une
exception, Nicodème, qui prend le parti de
Jésus. Mais à lui aussi l'on
reprochera d'être un ignare en matière
de Loi.
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49
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Cette phrase rend compte du mépris des
« purs » à
l'égard des « impurs ».
Ainsi attribue-t-on au grand rabbin Hillel, mort en
10 après Jésus-Christ, cette
sentence: « Celui qui n'est pas instruit
(de la Loi) n'a pas peur du péché, et
un homme du peuple n'est pas pieux. »
Mais cette réflexion des pharisiens
reflète aussi une objection que Jean a
certainement entendue autour de lui: Jésus,
que vous, chrétiens, dites être le
Messie, n'a recruté autour de lui qu'un
petit nombre de disciples de la dernière
classe du peuple, des ignorants, des
pécheurs, tandis que prêtres et
docteurs qui avaient qualité pour juger de
sa mission n'ont pas cru en lui!
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51
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Ainsi, ces docteurs qui reprochent au peuple
d'ignorer la Loi ne se font aucun scrupule de la
violer, quand cela fait leur affaire, pour
satisfaire leur haine et justifier leur
incroyance!
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52
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Aucun texte des Écritures, à vrai
dire, ne parle du lieu d'origine du Prophète
(voir 1,21 note; 7,40 note). Mais la tradition
populaire avait peut-être assimilé le
lieu d'origine du Prophète à celui du
Messie, c'est-à-dire Bethléem (voir
7,40-42).
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