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1-11
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Le récit de la femme adultère
(7,53-8,11) manque dans les plus anciens manuscrits
grecs. Les Pères grecs ne l'ont pas connu ou
bien ne l'ont pas regardé comme authentique.
Plusieurs traductions anciennes (latine, syriaque,
copte ... ) ne le contenaient pas. On lisait
pourtant cette péricope en Occident et dans
l'Église de Syrie dès le IIIe
siècle. Mais la place de ce récit est
instable chez les témoins qui le rapportent:
on le retrouve en cinq endroits différents
soit dans l'évangile de Jean, soit dans
celui de Luc. De plus, ce passage tranche sur le
contexte et l'ensemble du texte johannique par son
contenu, son style et sa langue, qui rappellent par
contre beaucoup le style et la langue de Luc. On
admet donc généralement que ce
passage n'a pas été
rédigé par l'auteur du
quatrième évangile et qu'il
n'appartenait pas à l'édition
originale de cet évangile. Le concile de
Trente regarde ce texte comme un écrit
canonique; sa définition porte sur la
canonicité, non sur l'authenticité
johannique du passage.
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1
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Jésus, selon Luc, se rendait chaque soir
sur le mont des Oliviers pendant son séjour
à Jérusalem. Il passait le jour dans
le Temple à enseigner, et tout le peuple
venait à lui pour l'écouter (Lc
21,37-38).
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5
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La lapidation était le genre de supplice
infligé aux fiancées
infidèles, selon le Deutéronome
(22,23-24). Pour les femmes mariées, la
peine de mort est prescrite sans autre
détermination (Dt 22,22; Lv 20,10); mais il
est probable que, dans les temps anciens et encore
au temps de Jésus, la forme de supplice ait
été la même.
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6
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Si Jésus répondait qu'on ne devait
pas tuer cette femme, on pourrait l'accuser de
mépriser la loi de Moïse; s'il
déclarait que la loi devait suivre son
cours, et que cette femme devait donc être
lapidée, on n'aurait pas manqué de
l'accuser d'inconséquence, étant
donné sa façon habituelle de traiter
les pécheurs et sa pratique du pardon. On
était persuadé qu'il allait s'opposer
au supplice; là était le piège
qu'on lui tendait.
Comme un homme
ennuyé qui ne veut pas répondre ou
qui veut réfléchir et prendre le
temps de peser sa réponse avant de la
donner, Jésus se met à tracer avec
son doigt des signes sur le sol.
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7
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Jésus oblige les accusateurs à
rentrer au dedans d'eux-mêmes, à
s'asseoir au tribunal de leurs consciences et
à conclure, d'après leur conduite
passée, ce qu'il convient de faire en cette
circonstance. Quant à lui, sa réponse
est une fin de non-recevoir. Pour signifier
à ses interlocuteurs qu'il ne donnera pas
d'autre réponse et qu'ils n'ont plus
qu'à se retirer, il se remet à
écrire sur le sol.
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9
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« Frappés par ces paroles de
Jésus, les accusateurs se regardèrent
mutuellement et, se reconnaissant coupables, tous
se retirèrent l'un après l'autre.
Deux personnes seules restèrent: la
"misère" et la
"miséricorde" » (saint
Augustin).
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11
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Jésus, qui a refusé de prendre
parti pour ou contre la Loi, qui n'était pas
venu pour perdre ce qu'il avait trouvé, mais
« pour chercher et sauver ce qui
était perdu » (Lc 19,10), ne
saurait maintenant condamner la coupable; mais il
la met sur le chemin du salut en lui signifiant le
pardon de Dieu.
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12-59
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Les discours du chapitre 8,12-59 continuent ceux
que Jésus a tenus à Jérusalem
lors de la fête des Tabernacles (7,14-52). La
fête est finie, la foule a disparu; mais le
conflit entre Jésus et les Juifs
incrédules se continue et s'accentue,
mettant maintenant plus directement aux prises
Jésus et les autorités juives. Le
thème du chapitre est fourni par la question
que les Juifs adressent à Jésus:
« Qui es-tu? » (v. 25).
Jésus se révèle comme la
lumière du monde (v. 12), le
révélateur et le juge suprême
(vv. 24.28), préexistant même à
Abraham (v. 58).
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12
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Jésus est la lumière du
monde, c'est-à-dire « la
lumière qui vient pour éclairer tout
homme » (1,9), pour l'appeler et le
conduire des ténèbres de la mort vers
« la lumière de la
vie ». La révélation de
Dieu en Jésus est d'abord un appel à
quitter le monde des ténèbres
où l'homme, croyant trouver un sens à
sa vie, mais « ne sachant où il
va » (12,35), est finalement livré
à la puissance destructrice de la mort; elle
est aussi une promesse que l'homme trouvera dans la
foi le sens véritable de sa vie.
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14
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Le principe rappelé par les pharisiens ne
vaut pas, vu que Jésus sait qu'il vient du
Père et qu'il y retourne; connaissant son
origine et sa destinée, il peut donc parler
en connaissance de cause de ce qu'il est.
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15
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Les Juifs incrédules jugent Jésus
comme un homme ordinaire. « Ils voyaient
en lui l'homme, mais ils ne croyaient pas
qu'il fût Dieu... Ils voyaient le
vêtement et méprisaient celui qui le
portait; ils le méprisaient, parce qu'ils ne
le connaissaient pas; ils ne le connaissaient pas,
parce qu'ils ne le voyaient pas; ils ne le voyaient
pas, parce qu'ils étaient aveugles, et leur
cécité provenait de leur manque de
foi » (saint Augustin).
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16
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Jésus ne juge personne et pourtant, en un
sens, il juge: qu'est-ce à dire? Sa parole
est pour ceux qui la reçoivent parole de
salut, et, pour ceux qui la refusent, jugement
(voir 3,17-21 notes; 5,21s.24 note; 9,39; 12,48).
Ce jugement est juste (5,30) et valable (8,16),
parce que Jésus juge selon ce qu'il entend
(5,30) ou, autrement dit, parce que celui qui l'a
envoyé est avec lui et parle par lui
(8,16).
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17
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Voir Dt 17,6; 19,15; Nb 35,30.
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18
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La parole de Jésus est à la fois
jugement de salut ou de condamnation pour les
hommes, et témoignage qu'il se rend à
lui-même. Et ce témoignage est valable
selon la loi des Juifs, parce qu'il est rendu par
deux personnes: le Père et Jésus
lui-même.
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19
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La question: « Où est ton
Père? » procède de
l'incroyance des Juifs en Jésus, comme le
souligne la réponse de Jésus. Si les
Juifs reconnaissaient Jésus comme
envoyé de Dieu, ils connaîtraient
aussi son Père qui se révèle
en lui. Ils sauraient que le deuxième
témoin dont Jésus se prévaut
et qu'ils demandent à voir et à
entendre ne peut être vu et entendu que par
lui. Le témoingnage de Jésus est donc
à revevoir dans la foi sans autre
examen, comme étant le témoignage du
Père en lui.
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20
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Comme Jean attache une grande importance aux
déclarations qui viennent d'être
faites, il marque le lieu où elles ont
été données (voir 1,28; 6,59):
c'était dans le Temple, à
proximité de la salle du Trésor, ou
peut-être dans la cour des femmes,
près des troncs où l'on
déposait les offrandes en argent (Mc
12,41.43).
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21-30
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Le verset 20 a introduit la mention de l'heure
de Jésus. C'est cette heure même qui
va être envisagée dans ce discours
(vv. 21-30), comme elle l'a déjà
été en 7,33-36 (voir 7,30 note; 7,33
note). L'heure de Jésus sera celle de son
retour vers le Père, et celle du jugement
des Juifs incrédules.
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22
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Jésus ne se suicidera pas; mais c'est
librement et volontairement qu'il ira à la
mort (10,18; 13,1-3; 14,30; 18,4), et ce sont les
Juifs qui le mettront à mort (v. 28).
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24
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Les Juifs mourront dans leurs
péchés faute de croire que
Jésus vient d'en haut et qu'il est d'en
haut, parce que seule cette foi en Jésus,
révélateur de Dieu, pourrait les
sauver, les retirer de ce monde pécheur.
Je suis. La
déclaration de Jésus n'est pas
à compléter. « Jésus
n'a rien ajouté, remarque saint Augustin, et
parce qu'il n'a rien ajouté, il laisse
entendre beaucoup. » Le sens premier est:
je suis ce que je viens de vous dire que je suis.
Mais la phrase elliptique et énigmatique
à dessein, qui va provoquer la question des
Juifs: « Qui es-tu? »,
suggère plus. « Je
suis » est, dans l'Ancien Testament, la
formule par laquelle Dieu se fait connaître
à la fois comme transcendant et comme
agissant au milieu de son peuple pour le
sauver.
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25
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Jésus répond à la question
des Juifs par une déclaration qui est une
fin de non-recevoir en même temps qu'une
reprise de la difficulté qui a
provoqué la question. Seule la foi donnerait
aux Juifs l'intelligence de ce qu'est Jésus.
La phrase, difficile en grec, a suscité de
nombreuses traductions et
interprétations.
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26
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Jésus, qui ne veut rien dire d'autre sur
lui-même, aurait beaucoup à
révéler sur les Juifs, et cette
révélation serait un jugement
sévère. Mais telle n'est pas sa
mission; sa mission est de révéler au
monde ce qu'il a appris du Père qui l'a
envoyé. Ignorant qui est Jésus, les
Juifs ne savent pas qui est le Père (8,19).
Le fossé d'incompréhension se
creuse.
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27-28
|
Jésus donne un dernier avertissement aux
Juifs incrédules. Celui qu'ils refusent de
voir comme le révélateur deviendra
par sa mort leur juge. La structure de la phrase
« lorsque ... alors » et
la formule « alors vous saurez que moi,
Je suis » rappellent les textes
d'Ézéchiel dans lesquels Dieu annonce
la destruction d'Israël et scande ainsi ses
menaces: « Alors vous saurez que je suis
Yahvé » (6,8-10.13-14, etc.). -
« Lorsque vous aurez
élevé... » Les Juifs
sont, dans l'évangile de Jean, responsables
de l'élévation de Jésus sur la
croix (19,16). Et cette élévation
matérielle de Jésus sur la croix
figure son exaltation dans la gloire, son retour
vers le Père et son intronisation comme juge
(3,14; 12,23). En élevant Jésus sur
la croix et en ne reconnaissant pas qu'il
était le révélateur de Dieu,
les Juifs en ont fait leur juge. Car Jésus
fut tout à la fois, dans sa vie et dans sa
mort, révélateur, sauveur pour ceux
qui croient en lui et juge pour les incroyants.
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31-47
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Les versets 31-59 forment une unité
à laquelle on pourrait donner comme titre:
« L'esclavage de
l'incrédulité et la liberté de
la foi ». Pour en faciliter la lecture et
la compréhension, on peut néanmoins
découper le texte en quatre sections:
a) la liberté chrétienne et
l'esclavage des Juifs incrédules (vv.
31-37); b) un fils fait les oeuvres de son
père (vv. 38-41a); c)
l'incrédulité des Juifs et leurs
desseins meurtriers font d'eux des fils du diable
(vv. 41b-47); d) Jésus et Abraham
(vv. 48-59).
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31
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Qui sont ces Juifs convertis sans l'être,
ces croyants qui ne sont pas vraiment des
disciples, qui se réclament d'Abraham et
cherchent à tuer Jésus (vv.
33.37.39)? Ce sont les Juifs de Jérusalem
sur qui la parole de Jésus n'a fait qu'une
impression superficielle et passagère et
qui, selon la perspective de Jean,
représentent les chrétiens
judaïsants de son temps, enclins à
prêter audience aux polémiques des
Juifs contre la foi des chrétiens.
Jésus va indiquer à ces
chrétiens divisés et hésitants
le chemin de la foi authentique. Pour saper
à la base l'influence que pourraient avoir
les Juifs sur ces judéo-chrétiens, il
répond directement aux arguments des
autorités juives et démasque leur
vraie nature. D'où la substitution qui
s'opère dans le texte entre les Juifs qui
avaient cru en lui et les Juifs ennemis de
Jésus et des chrétiens (voir 12,42;
16,2).
« En
invitant à demeurer dans sa parole,
Jésus demande que sa parole
pénètre jusqu'au plus profond de
l'être et devienne la règle de toute
la vie. La parole de Jésus doit devenir pour
son disciple la règle de toutes les
pensées, la norme de tous les jugements,
l'inspiratrice de toutes les décisions. Cela
requiert évidemment un don total de
soi-même par la foi » (D.
Mollat).
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32
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Connaître la vérité,
c'est accepter intérieurement la
révélation du salut apportée
et accomplie par Jésus; c'est l'accueillir
en soi (1 Jn 1,8; 2,4) et la faire sienne (3,21
note).
La
révélation du salut
libère le chrétien de son
passé constitué par l'esclavage du
péché (v. 34) et de la mort (v. 51).
Cette libération est présentée
comme un futur permanent qui devient présent
ou s'actualise chaque fois que le chrétien
demeure fidèle à la parole de
Jésus et la fait être en lui et autour
de lui. Le chrétien, qui a reçu cette
liberté comme un don, doit être
à son tour un libérateur pour les
autres dans l'amour qui est service,
disponibilité, engagement et action en
faveur des autres (13,14-15). « Nous,
nous aimons, parce que Lui, le premier, nous a
aimés » (1 Jn 4,19).
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34
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Tout pécheur est esclave de son
péché, de son passé et du
monde. Il ne peut de lui-même
reconquérir sa liberté
intérieure; il lui faut l'attendre d'un
autre, du Fils.
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35
|
C'est par une petite parabole que Jésus
précise ce qu'est la liberté. Tout
comme l'esclave dans une famille n'a pas, à
la différence du fils de la maison, un droit
naturel à demeurer dans la maison, celui qui
est esclave du péché n'a pas
d'assurance pour l'avenir, tandis que le
fils, entendons le chrétien,
qui a été libéré par
Jésus, est assuré, lui, de l'avenir
dans la mesure où il vit ce don.
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36
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Le Fils nous affranchit en nous donnant la
connaissance de notre péché et le
moyen de nous en délivrer. L'homme ne
devient réellement libre que par un don de
Dieu, lorsque, face à la
révélation de l'amour de Dieu
manifesté en Jésus, il s'avoue
à lui-même qu'il est esclave et
s'engage sans condition à vivre et à
partager cette espérance de salut.
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37
|
Jésus ne conteste pas que les Juifs
soient descendants d'Abraham par la
génération naturelle; mais ils ne le
sont pas par la foi. Car la foi d'Abraham l'ouvrait
sur le futur, sur l'espérance de voir le
jour de Jésus (v. 56), tandis que les Juifs
ne veulent pas reconnaître que le jour du
salut est arrivé: la parole de Jésus
ne prend pas sur eux, et ils cherchent à le
tuer.
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38
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Ce père qui enseigne le meurtre aux
prétendus enfants d'Abraham n'est pas
l'ancêtre des Juifs, mais un autre,
désigné ici à mots couverts et
que Jésus appellera bientôt de son
nom: le diable (v. 44).
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39
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Jésus conteste, au plan spirituel, cette
filiation abrahamique que les Juifs affirment au
plan naturel. S'ils étaient enfants
d'Abraham, ils feraient les oeuvres d'Abraham: ils
imiteraient sa foi.
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41
|
Les Juifs se défendent contre
l'imputation de filiation diabolique qu'ils ont
soupçonnée au moins vaguement dans le
discours de Jésus. Selon une légende
juive qui avait cours à cette époque,
Caïn, qui tua Abel son frère,
n'était pas fils d'Adam, mais de
Sammaël, c'est-à-dire du diable.
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42-47
|
Jésus va montrer que
l'incrédulité des Juifs, leur
opposition à la vérité que
Jésus révèle comme
envoyé du Père et leur dessein
meurtrier font d'eux des fils du diable (vv.
42-47).
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42
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Jésus combat la prétention qu'ont
les Juifs d'être enfants de Dieu. S'ils
l'étaient vraiment, ils aimeraient celui que
Dieu envoie. Jésus est venu de Dieu par
l'incarnation; il n'est pas venu de lui-même:
c'est le Père qui l'a envoyé.
« La mission du Christ, c'est donc son
incarnation » (saint Augustin).
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43
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Les Juifs, symbole du monde incroyant, ne
comprennent pas la révélation de
Jésus, parce qu'ils ne peuvent pas entendre
sa parole. Et pourquoi sont-ils incapables de
l'entendre? Parce qu'ils ne veulent pas croire.
Quand le refus de croire est radical,
obstiné, définitif, on peut dire, en
utilisant le langage biblique, qu'il vient du
diable.
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44
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Le diable fut, dès le commencement, un
homicide: c'est lui qui a voué Adam
et Ève à la mort en les incitant
à désobéir (Gn 2,17;
3,19.22-24); son fils Caïn (voir 8,41 note) a
commis le premier meurtre de l'humanité en
tuant Abel son frère. Le diable est menteur,
car c'est par un mensonge qu'il a incité les
premiers parents à pécher (Gn
3,4-5).
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45-47
|
En regard du diable, maître d'erreur, de
haine et de meurtre, Jésus se pose en
témoin de la vérité. Il
révèle la vérité qu'il
a apprise auprès du Père (8,40).
C'est justement parce qu'il révèle
cette vérité que les Juifs, fils du
diable, exécutant ses volontés, ne
croient pas en lui. Ils seraient pourtant bien
embarrassés de le convaincre de
péché. Le mot péché
n'est pas à prendre au sens moral, puisque
Jésus, qui viole le sabbat, est aux yeux des
Juifs un pécheur (5,16; 9,16). Convaincre
Jésus de péché serait prouver
qu'il n'est pas l'envoyé authentique de
Dieu, qu'il ne vient pas d'auprès de Dieu,
qu'il n'accomplit pas, en tout, sa volonté.
Ne pouvant alléguer une bonne raison contre
l'autorité du témoignage de
Jésus, n'ayant rien à dire contre
l'authenticité de sa mission, les Juifs
devraient accepter le message de Jésus, et
reconnaître dans son enseignement la
révélation de Dieu. Pourquoi donc ne
croient-ils pas en lui qui leur dit la
vérité? Parce que n'étant pas
de Dieu, ils ne peuvent écouter les paroles
de Dieu. Leur refus obstiné de croire fait
d'eux les fils du diable (8,43-44).
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48
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C'est par des insultes que les Juifs
répondent à Jésus. Pour oser
affirmer qu'ils sont fils du diable, il faut
être hérétique comme les
Samaritains ou fou comme les
possédés.
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49-50
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Jésus s'abstient de répondre
à l'injure par l'injure. Il ne relève
pas l'accusation d'être un Samaritain,
d'être donc un hérétique aux
yeux des Juifs; mais il se défend
d'être démoniaque, comme il se
défend, dans les Synoptiques, de chasser les
démons par Béelzéboul (Mt
12,22-30). En parlant comme il le fait,
Jésus agit en conformité avec la
volonté de son Père, honore son
Père et ne recherche pas son propre honneur.
Mais que les Juifs ne s'y trompent pas! Qu'ils
sachent bien que quiconque le repousse ou le
méprise offense le Père qui l'a
envoyé (5,23), qui saura faire
éclater la gloire du Fils en temps opportun
et juger ceux qui l'accusent
d'hérésie et de folie.
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51
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Le jugement du Père se réalise en
fait par la parole du Fils (5,24; 12,48).
Jésus promet à ceux qui auront
gardé sa parole en la pratiquant qu'ils
seront exempts de la mort, parce que la mort
temporelle n'a plus de signification pour eux,
parce qu'ils ont déjà la
véritable vie qu'ils posséderont
éternellement. Cette promesse pour les
croyants est aussi une menace discrète aux
Juifs incrédules.
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52-53
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Les Juifs se méprennent sur la
portée des paroles de Jésus (voir
2,19 note). Ils prennent le mot mort au sens
ordinaire. Si Abraham est mort, comment
Jésus peut-il promettre aux chrétiens
de ne jamais voir la mort?
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54-56
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Sans répondre directement aux Juifs qui
lui demandaient pour qui il se prenait,
Jésus se défend pourtant du reproche
de vaine gloire et justifie la prétention,
blasphématoire aux yeux des Juifs, de
pouvoir donner la vie à ceux qui croient
à sa parole. S'il se vante, sa gloire n'est
rien; mais c'est le Père qui le glorifie,
lui dont il garde la parole. Aussi Jésus
peut-il promettre que quiconque sera fidèle
à sa parole, qui est celle du Père,
ne verra pas la mort.
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55
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Jésus décoche, au passage, une
flèche contre ses opposants: « Lui
dont vous dites: 'Il est notre Dieu', vous ne le
connaissez pas. « Connaître
Dieu, c'est mener une vie conforme à ses
commandements. Les Juifs ne connaissent pas Dieu,
puisqu'ils n'écoutent pas sa parole et
qu'ils refusent de reconnaître celui qu'il a
envoyé.
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56
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En quelle occasion Abraham s'est-il
réjoui de voir le jour de
Jésus? Lorsque Dieu lui annonça
qu'il aurait un fils, Isaac, « Abraham
tomba sur sa face et il se
réjouit » (Gn 17,17,
d'après une version araméenne). Il a
vu le jour de Jésus dans un
événement figuratif et par
révélation prophétique,
lorsque naquit Isaac, naissance qui
préfigurait la venue de Jésus.
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58
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Jésus n'est pas seulement plus ancien
qu'Abraham; il est antérieur à toute
créature. Il est la parole éternelle
de Dieu, qui était à l'origine
auprès de Dieu, qui était Dieu
(1,1).
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59
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Jésus se dérobe aux regards
des Juifs; mais leur incroyance l'avait
déjà caché à leurs
coeurs. « Comme homme, il se
dérobe à leurs pierres; mais malheur
à ceux à qui Dieu se dérobe
parce que leurs coeurs sont de pierre! »
(saint Augustin).
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