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1-12
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La confrontation entre Jésus et les Juifs
incroyants se poursuit dans ce magnifique chapitre
que l'on pourrait intituler: « Le
procès et le rejet de la
révélation par les Juifs, et le
véritable jugement opéré par
la venue de la lumière dans le
monde. »
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1-7
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Les sept premiers versets rapportent là
guérison d'un aveugle, opérée
par Jésus, et précisent le sens de ce
signe: Jésus est la lumière du
monde.
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2
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La question des disciples reflète une
croyance assez répandue dans le
judaïsme: la maladie et la mort seraient une
conséquence du péché. Les
disciples proposent deux hypothèses: ou bien
l'aveugle lui-même a péché
avant de naître, ou bien il est puni pour les
péchés de ses parents. Dans sa
réponse, Jésus situe le
problème à un autre plan. Il ne dit
pas d'où vient le mal physique; il dit
seulement à quoi il sert dans ce cas
précis. L'homme est né aveugle pour
que sa guérison soit un exemple des oeuvres
que Dieu accomplit dans le monde en Jésus
qui guérit les corps et qui, lumière
du monde, permet aux hommes de trouver dans la foi
le sens véritable de leur vie (voir 8,12
note).
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4-5
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Le jour est le temps de la vie de
Jésus, celui de sa carrière
terrestre; la nuit, au cours de laquelle nul
ne peut travailler, sera pour lui la nuit de sa
mort. Le temps de sa mission comme lumière
du monde, comme révélateur de Dieu
aux hommes, est limité. Il lui faut donc se
hâter d'accomplir les oeuvres du Père
tant qu'il est dans le monde: guérir les
corps et indiquer aux hommes, par sa pratique et
par son enseignement, où ils trouveront
l'accomplissement de leur vie et la vie
éternelle.
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6
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La salive était parfois
utilisée comme un remède dans
l'antiquité. Mais la boue n'a pas même
l'apparence d'un remède. L'onction de boue
que Jésus fait sur les yeux de l'aveugle a
pour but d'obliger l'aveugle à aller se
laver à la piscine de Siloé ou de
l'Envoyé (v. 7). L'aveugle symbolise donc
ici l'homme incroyant qui n'arrive à la
lumière qu'en se purifiant au contact de
l'eau vive, de la Parole de Jésus (4,14
note; 15,3). En faisant de la boue, Jésus,
d'autre part, viole le sabbat (v. 14). Des
pharisiens en concluront que Jésus ne vient
pas de Dieu (v. 16).
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7
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La piscine de Siloé se trouve au sud du
Temple, dans la vallée du Tyropéon.
Le nom « Siloé »
signifie étymologiquement
« émission d'eau »; mais
si on le lit comme un passif, il signifie
« envoyé ».
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8-12
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Les versets 8-12 rapportent les réactions
des gens du voisinage. Leurs attitudes symbolisent
la réaction première des hommes
à la révélation de
Jésus, leur première question:
« Est-ce bien vrai, tout
ça? » Et d'aucuns de se montrer
favorables, d'autres de douter, et tous de
demander: « Où est-il? »
Mais Jésus ne se laisse percevoir
qu'à travers les chrétiens,
symbolisés par l'aveugle
guéri. Et de même que le
procès de Jésus est institué
ici par personne interposée,
c'est-à-dire dans la personne de l'aveugle
guéri (vv. 13-34), de même
Jésus est jugé au tribunal du monde
par la conduite de ceux qui se déclarent
chrétiens.
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9
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C'est bien moi, littéralement:
« Je (le) suis. » Cette
expression est toujours mise ailleurs dans
l'évangile sur les lèvres de
Jésus. L'évangéliste veut
signifier ainsi que l'aveugle guéri incarne
maintenant pour ses voisins, ses parents et les
Juifs l'oeuvre même de la
révélation accomplie par
Jésus.
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13-34
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Les versets 13-34 rapportent le procès de
Jésus ou plus exactement de son oeuvre. Ce
procès se déroule en trois actes.
L'acte premier (vv. 13-17) est constitué par
le premier interrogatoire de l'aveugle
guéri.
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14-15
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Les voisins de l'ancien aveugle le mènent
aux pharisiens, ces gardiens scrupuleux de la Loi
mosaïque, adversaires officiels de
Jésus dans le quatrième
évangile. Il fallait les prévenir que
Jésus avait enfreint la loi du repos
sabbatique à un double chef: en
guérissant un malade et en faisant de la
boue un jour de sabbat. Pour juger du cas, les
pharisiens interrogent l'aveugle, et celui-ci,
moins décontenancé que ses voisins,
leur rappelle, dans un style
télégraphique, les faits.
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16
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Les uns mettent l'accent sur le fait
lui-même: Jésus a violé le
sabbat; les autres sur une idée
préconçue d'après laquelle ils
jugent du fait: un pécheur ne peut pas faire
de tels signes.
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17
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L'aveugle guéri qui a d'abord
parlé de « l'homme qu'on appelle
Jésus » déclare maintenant
qu'il est un prophète. Sa foi ira
s'approfondissant jusqu'à la fin du
récit.
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18-23
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Les versets 18-23 constituent l'acte
deuxième du procès. Cet acte
révèle une autre attitude des hommes
devant la révélation: la peur de se
compromettre ou de se mouiller.
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21
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L'attitude des parents reflète celle des
familles juives qui, au temps où fut
écrit l'évangile, ont peur de
paraître solidaires de ceux des leurs qui se
sont convertis au christianisme: on avoue les liens
de parenté, mais on fait semblant d'ignorer
les motifs et les circonstances de la
conversion.
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22
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L'expulsion de la synagogue signifie l'exclusion
de la communauté civile et religieuse. Elle
fut pratiquée à l'égard des
chrétiens à compter de 90; elle
était donc en vigueur au temps où fut
écrit l'évangile, mais pas au temps
de Jésus. La « malédiction
des hérétiques », qui fut
insérée à cette époque
dans la prière juive, était ainsi
formulée: « Que pour les apostats
il n'y ait pas d'espérance; et les
nazôréens et hérétiques
(c'est-à-dire les chrétiens), qu'en
un instant ils périssent, qu'ils soient
effacés du livre des vivants et qu'avec les
justes ils ne soient pas inscrits. »
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24-34
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Les versets 24-34 constituent le
troisième et dernier acte du procès.
Les pharisiens interrogent de nouveau l'aveugle
guéri; mais de mauvaise foi, aveuglés
par leurs propres convictions religieuses, ils
expulsent l'ancien aveugle, c'est-à-dire
rejettent l'oeuvre de révélation
qu'opère Jésus.
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24
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Rends gloire à Dieu,
c'est-à-dire: « Jure de dire toute
la vérité » (Jos 7,19).
Cette formule d'adjuration laisse croire que les
Juifs n'ont pas encore entendu la
vérité qu'ils souhaitaient entendre;
ils voudraient que l'aveugle guéri
modifiât son témoignage.
Nous, nous
savons. Les autorités juives
n'hésitent pas à mettre en avant leur
qualité de docteurs.
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25-27
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Les Juifs sont désappointés:
l'aveugle s'est déclaré
incompétent pour qualifier de pécheur
un homme qu'il ne connaît que par un
bienfait. Ils insistent, espérant sans doute
que dans une seconde déposition il pourra
varier, se contredire. L'aveugle guéri prend
un malin plaisir à se moquer de ceux qui
refusent l'évidence. Il leur a dit comment
Jésus l'avait guéri. N'auraient-ils
pas écouté? Ou peut-être - et
là l'impatience fait place au sarcasme - que
cette insistance signifierait que les Juifs sont
prêts à devenir disciples de
Jésus!
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28
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Il n'y a pas lieu de supposer d'autres
injures que celle qui est rapportée.
Car traiter quelqu'un de chrétien est une
véritable injure pour ces fervents disciples
de Moïse. Un Juif qui abandonne Moïse
pour Jésus est à leurs yeux un
misérable apostat.
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29
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Comme ils disent vrai quand ils affirment avec
mépris qu'ils ignorent d'où vient
Jésus, même s'ils savent qu'il est
Galiléen (7,52)! Car pour connaître
l'origine de Jésus, il faudrait qu'ils
croient en lui (7,27-29).
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30-33
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L'aveugle guéri s'indigne que des
docteurs d'Israël ne sachent pas d'où
vient ce Jésus qui, pourtant, lui a ouvert
les yeux. Eh bien! lui et les chrétiens le
savent. Dieu - et c'est là une donnée
de l'Écriture - n'exauce pas les
pécheurs. Cet homme vient donc de Dieu. Le
discours qui avait commencé sur un ton
narquois s'achève sur un ton grave, sur une
profession courageuse de la
vérité.
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34
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Le péché impardonnable de
l'aveugle fut de naître à la foi et de
la professer courageusement: c'est la
véritable preuve qu'il est tout
entier aveugle et pécheur!
L'aveugle
guéri n'est pas seulement expulsé de
la salle; il est exclu de la communauté
israélite, comme l'était au temps de
Jean tout Juif qui s'affichait chrétien
(16,2). En colère, les Juifs jettent
l'aveugle dehors et se renferment sur
eux-mêmes, sur leurs propres convictions
religieuses; ils se ferment à
Jésus.
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35-41
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L'oeuvre de Jésus a été
jugée, trouvée illégale et
condamnée. Mais Jésus, qui fut
condamné par personne interposée, va
se révéler maintenant pour manifester
qu'il est, lui, le véritable juge venu pour
opérer un discernement parmi les hommes. La
situation est renversée. En trouvant
Jésus coupable, les Juifs se sont
eux-mêmes condamnés.
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35
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Jésus le rencontra. Jésus
trouve l'homme qui, dans la foi, l'avait
déjà trouvé.
Le titre de Fils
de l'homme souligne l'origine divine de la mission
de Jésus et sa fonction de juge.
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38
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L'aveugle guéri qui a parlé de
l'homme qu'on appelle Jésus (v. 11), qui a
déclaré que Jésus était
un prophète (v. 17) et confessé qu'il
venait de Dieu (v. 33) reconnaît maintenant
avec vénération que Jésus est
envoyé de Dieu et juge.
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39
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Jésus ne s'adresse à personne
directement: il interprète seulement la
scène qui vient de se dérouler.
L'aveugle, qui au départ représentait
l'homme incroyant (voir vv. 6-7 notes), est
passé peu à peu des
ténèbres à la lumière
de la foi, tandis que les Juifs qui, un instant
divisés sur la signification du miracle (v.
16), ont clamé ensuite avec arrogance:
« Nous, nous savons « (vv.
24.29), ont laissé voir peu à peu que
leur prétendue science, loin de les
éclairer, les aveuglait. C'est en
interprétant l'action même de
Jésus, que le non-voyant est devenu croyant
et que les Juifs se sont aveuglés. C'est
face à l'oeuvre ou à la parole de
Jésus que s'opère le véritable
jugement.
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40
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Les pharisiens, indignés, demandent si
Jésus se permettrait de les traiter
d'ignorants.
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41
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C'est-à-dire: « Si vous ne vous
flattiez pas de posséder la
vérité, vous n'auriez pas de
péché. » « Le
péché, sur ce point, ne commence que
lorsqu'on prétend n'avoir pas besoin de
lumière... Le péché
d'aveuglement, cette fausse prétention de
croire qu'on possède la
vérité, demeure, parce qu'il
détruit la racine même du salut: le
désir de recevoir la
lumière » (M.-J. Lagrange).
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