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La seconde partie de
l'évangile (13,1-20,31) a pour thème
la révélation de la gloire de
Jésus aux siens, c'est-à-dire aux
disciples et aux chrétiens, dans les
discours d'adieu (13-17) et dans la passion et la
résurrection (18-20).
L'unique thème des chapitres 13-17 est
l'adieu de Jésus aux siens. Ce morceau
comprend un chapitre d'introduction (13), le
premier discours d'adieu (14), le second discours
d'adieu (15-16), et finalement la prière
d'adieu de Jésus pour lui et pour les siens
(17).
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1-20
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Le signe du lavement des pieds remplace dans le
quatrième évangile le récit de
l'institution eucharistique. Ce signe est le
mémorial du Christ-serviteur vivant et
mourant pour les siens. Ce geste d'amour et de
service préfigure le sens de la mort de
Jésus (vv. 1-11); il fonde et inspire le
comportement des disciples (vv. 12-20).
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1
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Avant la fête de Pâque,
c'est-à-dire le soir qui
précéda la mort de Jésus. Jean
se plaît à rattacher la mort de
Jésus à la fête de la
Pâque (11,55; 12,1; 18,28.39; 19,14). Selon
une étymologie populaire connue du temps de
Jésus, le mot Pâque signifierait
"traversée, passage". La mort de
Jésus est "sa Pâque", son passage du
monde vers le Père, qui rendra possible
l'accès de tous au Père
(14,1-11).
Les deux grandes sections du ministère de
Jésus dans la première partie de
l'évangile contenaient à leur
début cette déclaration: "Mon heure
n'est pas encore venue" (2,4; 7,6). La seconde
partie va présenter la réalisation de
cette heure, celle où Jésus va
accomplir de façon définitive la
volonté du Père.
Ainsi, toute la vie de Jésus, son
ministère comme ses derniers instants, est
placée sous le signe de l'amour des siens.
Jésus aima les siens jusqu'à
l'extrême, c'est-à-dire jusqu'à
la fin de sa carrière terrestre et jusqu'au
dernier terme de l'amour: il mit le comble de
l'amour au terme de son existence.
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2
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La perspective de la trahison est mise tout
exprès à l'arrière-plan de la
scène pour laisser entrevoir l'attentat que
prépare la puissance des
ténèbres, Satan, par l'entremise de
Judas, tandis que l'amour de Jésus se
manifeste plus parfaitement que jamais aux
siens.
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5
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Laver les pieds d'un autre est, dans le monde
oriental, le travail d'un inférieur envers
son supérieur; c'est celui de l'esclave
envers son maître, de l'épouse envers
le mari, du fils et de la fille envers leur
père. Le sens du geste prophétique de
Jésus est clair: Jésus, dans sa mort,
s'est fait par amour le serviteur des hommes.
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7
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Pierre, ne comprenant pas la signification et la
portée du geste de Jésus, ne veut pas
que Jésus s'abaisse à lui rendre un
tel service. Il parle ici au nom des autres
disciples (v. 11); mais il représente aussi
tous les hommes qui ne comprennent pas pourquoi il
faudrait que Jésus leur rende service, qu'il
les sauve. Pierre ne comprendra que plus tard le
sens profond de cet acte, quand il acceptera pour
lui la nécessité de la croix; alors
il suivra Jésus (13,36; 21,18-19).
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8
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La nouvelle protestation de Pierre amène
la seconde réponse explicative de
Jésus. Si Jésus ne le lave pas,
Pierre ne pourra pas être là où
est Jésus (12,26; 14,3; 17,24). Jésus
étant venu pour servir, il faut se laisser
servir pour être admis en sa
société; c'est-à-dire qu'il
faut accepter que "le sang de Jésus nous
purifie de tout péché" (1 Jn
1,7).
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10
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Jésus répond que le lavement des
pieds est comparable à un bain qui rend
l'homme entièrement pur. Qu'est-ce à
dire? Que la mort de Jésus, dont le lavement
des pieds est le symbole, suffit à la
purification totale.
Le "vous" indique que Pierre parlait au nom de tous
les disciples, qui déjà sont purs,
parce qu'ils ont cru à la parole de
Jésus (15,3) et qu'ils accepteront
bientôt d'être purifiés par la
mort de Jésus, ayant déjà
consenti au lavement des pieds qui en est le
symbole.
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12-20
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Jésus, dans sa mort, s'est fait par amour
serviteur des hommes. Il faut accepter ce geste
d'amour et de service pour avoir part avec lui:
telle est la première explication du signe
du lavement des pieds (vv. 6-11). Jésus va
faire maintenant à ses disciples une
recommandation qui est fondée sur son geste
d'amour, qui l'actualisera et l'explicitera: que
les chrétiens se rendent les uns aux autres
et rendent à tous le même service
d'amour que lui-même a pratiqué
jusqu'à la croix (vv. 12-20).
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13
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Ces deux titres étaient donnés aux
rabbins par leurs élèves; mais
Jésus est docteur et seigneur dans un sens
bien plus vrai et plus élevé que les
maîtres juifs.
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14
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En qualité de Seigneur, Jésus
commande; en qualité de Maître, il
enseigne; ses disciples ne devront pas
hésiter à faire ce que Jésus
lui?même a fait avant de le prescrire: se
laver les pieds les uns aux autres,
c'est-à-dire être serviteurs des
autres jusqu'au don de leur vie.
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15
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Comme j'ai agi. Ce "comme" n'indique pas
seulement que le geste de Jésus demande
d'être imité; il veut dire aussi que
le geste de Jésus fonde le service du
chrétien. C'est parce que les
chrétiens ont accepté ce service de
Jésus, qu'ils sont obligés,
maintenant, au même service envers les
autres. Leur service des autres traduit le don
qu'ils ont reçu.
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18
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La pensée de Jésus revient au
traître (vv. 10-11). Et ce traître
était un familier de Jésus; il
appartenait au cercle des intimes! Pourquoi
Jésus l'a-t-il choisi comme disciple? La
réponse est fournie à l'aide d'une
référence au Ps 41,10: c'est afin que
l'Écriture fût accomplie.
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19
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Au lieu d'être déconcertée
par l'événement, lorsqu'il se
produira, la foi des disciples devra en être
plutôt affermie, puisque Jésus l'a
prédit. Alors les disciples devront
comprendre que la trahison de Judas a servi
à la révélation du Fils de
Dieu (voir 8,28; 18,6).
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21-30
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Voir Mt 26,20-25; Mc 14,17-21; Lc 22,21-23.
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21
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Cette déclaration de Jésus a
été habilement
préparée. Jésus a
commencé par dire: "Vous n'êtes pas
tous purs" (v. 10), puis ayant
précisé sa pensée: "Celui qui
mange mon pain s'est levé contre moi" (v.
18), il en vient à une dénonciation
formelle où il va démasquer le
traître et le déterminer à se
retirer.
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23
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C'est la première mention de ce
personnage anonyme. On le retrouvera encore en
18,15-16; 19,25-27.35; 20,2-10; 21,7.20-24. Il est
présenté dans l'évangile comme
le disciple par excellence, le type du croyant
parfait. C'est la raison pour laquelle il est
aimé de Jésus.
Suivant la coutume grecque et romaine,
adoptée en Palestine, les convives
étaient étendus sur des banquettes,
appuyés sur le bras gauche; ils se servaient
de la droite pour manger; la tête du second
convive se trouvait à la hauteur de la
poitrine du premier devant lui, et ainsi de suite.
Comme Jésus est sur le sein du Père
et nous le fait connaître (1, 18), de
même le disciple bien-aimé, qui est
allongé contre le sein de Jésus,
est-il l'interprète autorisé de
Jésus.
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24-25
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Chaque fois que Jean met en scène Pierre
et le disciple que Jésus aimait (18,15-16;
20,2-8; 21,7.20-22), il prête au disciple une
certaine supériorité dans la foi et
l'amour, même si, par ailleurs, il affirme la
primauté de Pierre (21,15-18).
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27
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Le geste de Jésus livre le traître
à Satan. Ce geste est en fait un jugement
divin qui révèle que Judas
était un démon (6,70-71; 13,2) et qui
montre, tout comme l'ordre qui l'accompagne, que le
diable, Judas et les Juifs auraient
été impuissants contre Jésus,
s'il n'eût consenti lui-même à
sa mort, s'il n'eût pris pour ainsi dire
l'initiative de ce qu'on devait faire contre
lui.
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30
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La nuit symbolise le domaine des
ténèbres, du mal dans lequel Judas
s'est enfoncé. La nuit marque pour
Jésus la fin de sa mission sur terre (9,4
note; 11,9-10 note).
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31-35
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Ce passage constitue l'introduction aux deux
discours d'adieu. Il contient trois thèmes
qui y seront développés. Le premier
est celui de la glorification du Fils de l'homme,
qui forme le cadre de la prière d'adieu
(17,1-5.22.24). Le deuxième, celui du
départ, est traité en 14,1?11 et en
16,16-22.28. Le troisième thème,
celui de l'amour fraternel, sera
développé en 15,12-17.
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31
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On dirait que Jésus entonne un chant de
triomphe. Maintenant que l'oeuvre du salut va
s'achever en cette heure suprême, le Fils de
l'homme est glorifié par l'oeuvre accomplie
et par le don de sa vie qu'il se dispose à
faire. Et puisque la gloire du Fils est celle du
Père, le Père a été
glorifié dans le Fils qui l'a fait
connaître. Et cette heure sera aussi celle de
la glorification du Fils, celle de son retour vers
le Père, celle donc où le Père
glorifiera le Fils. Ainsi l'oeuvre du salut
apparaît comme le jeu et l'enjeu de la gloire
de Dieu, dont "l'homme vivant" est le lieu
(17,2.10).
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33
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C'est en se séparant des siens que
Jésus entrera dans la gloire. Aussi
évoque-t-il son départ, son absence
prochaine. Jésus en a déjà
averti les Juifs (7,33-34 note; 8,21); il en avise
maintenant ses disciples avec un accent particulier
de tendresse, leur laissant entendre qu'ils devront
dans la foi supporter ce temps de
séparation.
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34
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Jésus laisse aux siens, par
manière de testament et comme signe, pour le
monde, de leur appartenance à sa Personne,
le commandement nouveau de l'amour mutuel. Ce
commandement n'est pas historiquement nouveau; il
est nouveau parce qu'il est fondé sur
l'amour même de Jésus qui renouvelle
les siens, fait d'eux des hommes nouveaux,
héritiers de l'alliance nouvelle.
Comme je vous ai aimés. Ce "comme" indique
que l'amour de Jésus fonde l'amour des
chrétiens (voir 13,15 note). "Il nous a donc
aimés pour que nous nous aimions les uns les
autres" (saint Augustin). Le commandement de
Jésus est aussi un don. C'est en aimant les
autres que les chrétiens demeurent dans
l'amour même de Jésus, et c'est en
raison de l'amour dont ils sont aimés,
qu'ils aiment et peuvent aimer.
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35
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C'est à l'amour qu'ils auront entre eux,
que le monde reconnaîtra les disciples de
Jésus. Cet amour ne peut être confondu
avec un quelconque amour humain. Il est, dans la
foi, réponse à l'amour de Dieu
manifesté en Jésus. Cet amour mutuel
des chrétiens, qu'il faut distinguer de
l'amour du prochain ou des ennemis, devrait
être le critère auquel on
reconnaît les disciples de Jésus et,
pour le monde incroyant, une invitation à la
foi. "Voyez, disait-on des chrétiens au
temps de Tertullien, comme ils s'aiment! "
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36-38
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Voir Mt 26,31-35; Mc 14,27?31; Lc 22,31-34.
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36
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Jésus va à sa gloire; pour aller
avec lui, il faudrait d'abord l'accompagner dans sa
passion et dans sa mort (voir 12,26 note). Pierre
le suivra plus tard dans la voie douloureuse
où Jésus va entrer; il parviendra
ainsi au terme glorieux où Jésus
l'aura précédé (21,18-19).
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37
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Pierre s'étonne de n'être pas
jugé capable d'effort et de sacrifice pour
l'amour de Jésus. Il comptait sans sa
faiblesse humaine. Pierre qui parle de donner sa
vie pour son Maître l'aura renié trois
fois avant le chant du coq.
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