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1-31
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La mort de Jésus fut son retour vers le
Père, son élévation en gloire
(voir 3,14 note; 12,32-33 note). Et c'est dans la
foi que les chrétiens expérimentent
la vie de Jésus ressuscité (voir
14,15-24; 16,16-24 et notes). Que signifient dans
ce contexte les apparitions de Jésus
ressuscité? Elles sont des signes qui
illustrent la victoire de Jésus sur le monde
(16,33); elles peuvent donc susciter ou affermir la
foi en Jésus, Messie et Fils de Dieu (voir
20,30-31).
Ce chapitre 20 sur la résurrection comprend
quatre petits tableaux, groupés deux
à deux. Les deux premiers montrent Pierre et
le disciple bien?aimé au tombeau vide (vv.
1-10), puis l'apparition de Jésus à
Marie?Madeleine (vv. 11-18). Les deux suivants font
voir le Seigneur ressuscité en compagnie de
ses disciples; il les envoie en mission et leur
communique l'Esprit (vv. 19-23), puis il
reçoit la profession de foi de Thomas (vv.
24-29), qui prépare la conclusion de
l'auteur (vv. 30-31).
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1-10
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Voir Mt 28,1-10; Mc 16,1-8; Lc 24,1-12.
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1
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Le dimanche matin. Marie-Madeleine est
censée se rendre au tombeau pour le visiter,
pour y pleurer (voir 11,31).
La mention des ténèbres avant
l'apparition de Jésus rappelle le
récit de la marche sur les eaux (6,17). Les
hommes sont encore dans les ténèbres
tant que Jésus n'est pas venu à
eux.
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2
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Marie-Madeleine est persuadée qu'on a
volé le corps de Jésus. C'est une
accusation que les Juifs opposeront aux
affirmations des chrétiens, d'après
Mt 28,13. Mais si le corps avait été
volé, n'aurait-on pas emporté le
cadavre avec ses bandelettes et son suaire (vv.
6-7)?
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6
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L'empressement de ce disciple est une marque de
son zèle et de son amour pour Jésus.
Mais il s'arrête à l'entrée du
tombeau, et Pierre y pénètre avant
lui. Pierre a donc la prééminence sur
l'autre disciple (voir 21,15-18). Tous les deux
voient les bandelettes, mais c'est de l'autre
disciple seul qu'il est dit: " Il vit et il crut. "
Ainsi apparaît-il comme le modèle de
la foi.
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8
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Le disciple bien?aimé reconnaît que
les bandelettes abandonnées sont le signe
évident que Jésus est
ressuscité: "Il vit et il crut." Il sera le
premier à reconnaître Jésus
après la pêche miraculeuse (21,7). Il
est le type du parfait disciple qui sait lire les
signes avec les yeux de la foi.
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9
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Jean tient à faire remarquer que les
disciples ont cru d'abord pour avoir
vérifié l'état du tombeau et
avoir interprété correctement ce fait
(vv. 3-8). Mais la foi peut aussi être
indépendante à l'égard des
preuves extérieures. Si les disciples
avaient dès lors compris le sens des
Écritures, ils n'auraient pas eu besoin de
venir au sépulcre pour savoir que
Jésus était ressuscité (voir
20,29).
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11
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Le récit laisse supposer que
Marie-Madeleine avait suivi les deux disciples au
tombeau, ou encore qu'elle y était revenue
après le retour des deux disciples. Marie
est désolée de la mort de
Jésus et, plus encore, de l'accident qui lui
dérobe jusqu'à son cadavre. ? Voir Me
16,9?11.
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12
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Les anges sont mentionnés par
égard pour la tradition (voir Lc 24,4). Leur
position, à la tête et aux pieds, sert
à marquer le lieu où était le
cadavre de Jésus, tandis que leur question
à Marie Madeleine: "Pourquoi pleures-tu?"
laisse présager le mystère de la
résurrection. L'apparition angélique
est complètement subordonnée à
celle de Jésus ressuscité.
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14
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Jésus est debout, c'est-à-dire
ressuscité (voir Ac 7,55-56; Ap 5,6; 11,11;
20,12). Marie ne le reconnaît pas: ses yeux,
comme ceux des disciples d'Emmaüs, sont
provisoirement empêchés de
reconnaître Jésus ressuscité
(Lc 24,16; cf. Jn 21,4).
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16
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Jésus appelle Marie par son nom, comme le
pasteur qui connaît ses brebis et appelle
chacune par son nom (Jn 10,3-4). En entendant son
nom, Marie se tourne vers Jésus: son geste
exprime son attitude intérieure.
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17
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Jésus appelle maintenant les disciples
ses frères, renchérissant encore sur
le discours après la Cène où
il les a nommés ses "amis" (15,14-15),
laissant entendre qu'ils ont réellement Dieu
pour Père, que par sa mort et sa
glorification il a rassemblé les enfants de
Dieu dispersés (11,52; 12,32).
Jésus appelle Dieu son Père et son
Dieu en référence au Ps 89,27,
où le juste avec qui Dieu a fait une
alliance déclare: "Toi, mon Père, mon
Dieu, le rocher de mon salut. " Jésus
appelle Dieu son " Dieu ", parce que ce dernier fut
son protecteur qui l'a fait triompher de la mort.
En disant: "Mon Père et votre Père,
mon Dieu et votre Dieu", Jésus laisse
entendre que, grâce à sa mort et
à sa glorification, les disciples ont
maintenant Dieu pour Père et pour
protecteur, et qu'ils sont appelés à
aller un jour au Père (voir 14, 1-11).
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18
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Le message de Marie aux disciples: "J'ai vu le
Seigneur" exprime la foi des premiers
chrétiens. Jésus est devenu Seigneur
par suite de sa résurrection: il jouit
dès lors de la même
souveraineté que Dieu (voir Ac 2,34-36; 1 Co
8,6; Ap 17,14).
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19-23
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Ce récit d'apparition comprend deux
parties. Jésus se fait d'abord
reconnaître de ses disciples en leur montrant
ses mains percées et son côté
ouvert, leur laissant entendre que le
crucifié est aussi le ressuscité (vv.
19-20), puis il leur donne l'Esprit Saint et les
envoie en mission (vv. 21-23). - Voir Mt 28,16-20;
Mc 16,14-18; Lc 24,36-49.
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19
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Les portes étaient verrouillées.
Cette circonstance est destinée d'abord
à faire ressortir le caractère
miraculeux de l'apparition qui va suivre. Et Jean
ajoute que c'était par crainte des Juifs que
les portes étaient verrouillées.
Pourquoi les disciples craignent-ils les
autorités juives? Parce que Jésus
n'est pas encore venu à eux comme il l'avait
promis (14,18-19), parce qu'ils n'ont pas encore
reçu l'Esprit Saint qui rendra
témoignage à Jésus (15,26) et
prouvera la justice de sa cause (16,8-11), parce
qu'ils ne sont pas encore allés à
Jésus, eux, avec une foi parfaite.
Jésus adresse à ses disciples la
salutation ordinaire: "Paix à vous", qui
n'est pas sans rappeler la promesse qu'il a faite
aux siens (14,27). Jésus donne
réellement aux siens la paix qu'il leur
souhaite afin de les réconforter et de les
rassurer dans l'état d'angoisse où
ils se trouvent (voir 16,33).
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20
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Jésus montre ses mains percées par
les clous de la croix et son côté
ouvert par la lance du soldat afin que les
disciples sachent bien que le ressuscité
n'est pas autre que le crucifié et que le
crucifié est le glorifié.
Les disciples se réjouissent parce qu'ils
ont la certitude que Jésus est vivant (voir
14,18?19 note). Ainsi s'accomplit, pour la
première fois, la promesse que Jésus
a faite aux siens avant sa mort, en leur
annonçant que la joie suivra de près
la douleur, que de leurs douleurs, au sein du
monde, jaillira la joie lorsqu'ils
expérimenteront dans la foi la
présence de Jésus (16,20-24
notes).
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21
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Jésus répète le salut,
comme pour en marquer la haute signification. Ce
souhait de paix du ressuscité est un bien
spirituel, un don intérieur qui est
relié à la mission des disciples et
au don de l'Esprit.
Ce thème de l'envoi a déjà
été exprimé par Jésus
dans sa prière d'adieu (17,18).
L'idée fondamentale est que la mission
confiée aux disciples par Jésus
prolonge la mission confiée à
Jésus par le Père. Les disciples
devront poursuivre, c'est-à-dire rendre
présente dans le monde, l'oeuvre de salut
accomplie par Jésus. Les disciples
représentent dans ce passage, comme dans les
discours d'adieu, toute la communauté des
croyants.
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22
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Comme le créateur a soufflé sur le
premier homme afin de lui communiquer la vie
naturelle (Gn 2,7; Sg 15,11), Jésus
glorifié souffle sur ses disciples pour leur
donner l'Esprit Saint, principe d'une vie nouvelle
et d'une nouvelle création. Ce don de
l'Esprit est lié à la mission: comme
les paroles de Jésus sont esprit et vie,
c'est-à-dire source d'une vie nouvelle (3,34
note; 6,63 note), ainsi les paroles des disciples
permettront-elles à quiconque les
reçoit de devenir enfant de Dieu (voir
13,20).
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23
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L'oeuvre de salut et de jugement accomplie par
Jésus se prolonge dans l'oeuvre des
disciples qui ont reçu l'Esprit Saint. La
pratique de la rémission des
péchés s'exerce principalement par le
baptême auquel conduit la prédication.
Toutefois le pouvoir de rémission n'est pas
limité à la prédication et au
baptême. La communauté
chrétienne, par ses chefs, juge des fautes
commises. Il lui appartient donc de décider
si telle faute place un chrétien en dehors
de la société des saints et à
quelles conditions un coupable peut y être
réintégré. Cette pratique
d'exclusion de la société des saints
semble avoir été observée dans
les communautés johanniques (1 Jn 2,19;
5,16-17; 2 Jn 9-11; 3 Jn 9-11). On peut donc voir
dans ce texte une amorce de la pratique
pénitentielle de l'Église.
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24-29
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Le récit de l'apparition à Thomas
est conduit de façon à montrer que la
foi sans vision, la foi qui n'exige pas de miracles
et de preuves matérielles l'emporte sur
celle qui est commandée par des prodiges
extérieurs ou en réclame. La
situation des chrétiens de la fin du premier
siècle et de tous les temps n'est pas
inférieure à celle des disciples de
Jésus ou de ses contemporains: c'est dans
l'acte de foi que l'on devient contemporain de
Jésus.
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25
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Un compagnon de Jésus, un des Douze, ne
veut pas croire à la résurrection de
Jésus sur la parole des témoins
oculaires; mais il veut la vérifier par
lui-même. Il symbolise tous les disciples qui
ont hésité avant de croire à
la résurrection de Jésus (Mt 28,17;
Lc 24,11; Mc 16,11-14); il est le type même
de ceux qui, aujourd'hui sur le témoignage
matériel des miracles.
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26
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Une semaine plus tard, le dimanche qui suit la
première apparition. Jean veut
présenter l'institution du dimanche, du
premier jour de la semaine, comme le jour où
l'on commémorait la résurrection du
Seigneur (voir Ac 20,7; Ap 1,10).
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27
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Thomas était sur la pente de
l'incrédulité, parce qu'il refusait
de croire sur la parole des témoins et
exigeait des preuves palpables pour confesser la
résurrection de Jésus. On ne dit pas
que Thomas ait touché Jésus.
L'apparition de Jésus et ses paroles ont
été suffisantes pour changer les
dispositions de Thomas et lui donner la honte de
son attitude antérieure.
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28
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Cette confession de foi de Thomas, qui est la
dernière de l'évangile, est un des
sommets de la christologie johannique. Thomas croit
maintenant parce qu'il a vu Jésus vivant,
qu'il l'a entendu et qu'il a reçu de lui la
leçon dont il avait besoin. Il confesse donc
que Jésus ressuscité est pour lui
Seigneur et Dieu. Sa foi rencontre la doctrine
énoncée dès le commencement de
l'évangile: "Et le Verbe était Dieu";
la fin de l'évangile répond ainsi au
début.
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29
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Croire sans avoir vu, ce n'est pas croire sans
motif; c'est croire sur le témoignage de
l'Église, sur la parole même de Dieu
qu'elle annonce.
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30
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Jean a choisi parmi les signes ceux qu'on peut
dire les plus significatifs (voir 2,11 note). Il
range dans la catégorie de signes les
apparitions de Jésus ressuscité (voir
20,1 note). On peut dire que les discours se
rattachent aux signes, parce qu'ils en sont
l'explication et le commentaire. L'auteur veut
moins s'excuser de ne pas avoir tout raconté
que souligner la richesse inépuisable de son
sujet.
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31
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En écrivant son évangile, Jean
s'est donc proposé d'instruire, de fortifier
et d'approfondir la foi de ses premiers lecteurs,
les chrétiens de sa communauté, en
leur révélant le sens profond des
faits et des enseignements de Jésus. Il a
voulu confirmer à ses lecteurs, qui sont aux
prises avec les objections des Juifs, que
Jésus est vraiment le Messie et le Fils de
Dieu, afin qu'en demeurant dans la foi ils aient la
vie éternelle. Son but est donc
éminemment pastoral.
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