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Ce dernier chapitre survient
après la conclusion de l'évangile; il
présente certaines particularités de
style qui ne sont pas johanniques; il est d'un
autre esprit que tout le reste et son orientation
est ecclésiale. Il est sans doute une
addition à l'évangile initial. Il fut
probablement composé par un membre de la
communauté johannique et ajouté lors
de la seconde ou même de la troisième
édition de l'évangile.
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1-14
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Ce récit d'apparition, encadré par
une formule d'introduction (v. 1) et une phrase de
conclusion (v. 14), comprend lui?même deux
épisodes: la pêche miraculeuse (vv.
2-8) et le repas sur la rive (vv. 9-13). Le
récit de la pêche miraculeuse, qui est
emprunté à la tradition (voir Lc 5,
1-11), peut être à son tour
subdivisé en deux parties: la pêche
infructueuse (vv. 2-3), puis l'apparition de
Jésus et la pêche miraculeuse (vv.
4-8).
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1
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Ce verset forme avec le v. 14 une inclusion qui
indique le début et la fin du récit.
Le verbe <se manifester" revient trois fois dans
ces deux versets; le titre " Seigneur" est
également attribué trois fois
à Jésus dans le corps du récit
(vv. 7.12). Ce récit est donc pour l'auteur
la manifestation de Jésus ressuscité
comme Seigneur.
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2
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La désignation des disciples Thomas et
Nathanaël est faite d'après ce qu'on
lit dans le reste de l'évangile (1,45-49;
11,16; 14,5; 20,24-29), bien que Cana n'ait pas
été expressément
désignée comme patrie de
Nathanaël et que l'on ignorât que ce
dernier fût pêcheur. La mention des
fils de Zébédée, Jacques et
Jean, qui ne sont cités nulle part ailleurs
dans le quatrième évangile, ne laisse
pas de surprendre. Le nombre des disciples, sept au
total, a valeur symbolique: ce petit groupe figure,
comme l'a bien vu saint Augustin, la
totalité des disciples, ceux de tous les
temps.
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4
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Voir 20,14 note.
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5
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La question laisse entendre que les disciples
auraient besoin de nourriture pour leur
déjeuner.
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6
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Le côté droit est, selon les
croyances populaires, le bon côté, le
côté propice ou de bon augure. Il
présage donc le succès que
Jésus garantit à ses disciples.
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7
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Le disciple bien?aimé est le premier
à reconnaître Jésus à
cause du miracle, comme il fut le premier à
croire à la résurrection en voyant le
tombeau vide (20,8 note). Il est le type du croyant
parfait qui sait interpréter les signes avec
les yeux de la foi. Mais Pierre semble plus
zélé, puisqu'il se jette à la
mer pour rejoindre plus promptement Jésus.
Et bientôt Jésus lui demandera:
"M'aimes-tu plus que ceux-ci?" (v. 15).
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11
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Ce chiffre 153 a sans doute valeur symbolique.
Saint Jérôme a observé que le
chiffre représente toutes les espèces
de poissons alors connues des naturalistes. Saint
Augustin note que 153 représente la somme de
tous les chiffres compris entre 1 et 17 (1 + 2 + 3
... + 17 = 153). Les commentateurs modernes y
voient symbolisées la conversion du genre
humain (A. Loisy), la foule des croyants
gagnés par la prédication apostolique
(R. Bultmann), l'universalité (R.
Schnackenburg), la totalité des
chrétiens de tous les temps et leur
multitude (M.-É. Boismard).
Le filet qui contient les poissons symbolise
l'Église universelle. Son
intégrité figure l'unité de
l'Église. "L'unité de l'Église
sera préservée malgré le grand
nombre de chrétiens qui en feront partie au
cours des âges (voir 17,11.22-23)"
(M.-É. Boismard). L'auteur fait tirer le
filet par Pierre seul, afin de souligner sa
primauté dans l'Église apostolique
(voir 21,15-17).
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12
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Les disciples ne peuvent pas douter que ce soit
Jésus, et pourtant leur surprise fait qu'ils
n'en croient pas leurs yeux. La certitude leur est
imposée par le coeur en même temps que
par les sens; mais le texte suggère qu'un
certain doute demeure et que les disciples
hésitent, par crainte ou par respect,
à poser une question.
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13
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Les gestes de Jésus semblent dissiper
tout doute. Ces gestes, qui rappellent le
récit de la multiplication des pains (voir
6,11), évoquent aussi l'eucharistie. C'est
lors de la célébration eucharistique
que tout disciple peut reconnaître le Christ
ressuscité (voir Le 24,30). La foi en la
résurrection et la foi en l'eucharistie se
sont affermies et développées en
même temps.
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15-19
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Dans cette scène, Jésus
réhabilite Pierre, le confirme dans sa
charge de guide du troupeau et lui annonce son
martyre. La triple question de Jésus
correspond certainement aux trois demandes que la
jeune servante et les serviteurs ont
adressées à Pierre lors du reniement
(18,17.25-26); la triple profession d'amour de
Pierre pour Jésus répond à son
triple reniement (voir 13,38; 18,17.25.27).
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15
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Simon, fils de Jean est le nom original du
disciple. L'énoncé du nom complet
marque la solennité de la question et de la
scène où Jésus va confirmer le
rôle prééminent de Pierre (voir
1,42 note).
La question de Jésus n'a rien de blessant
pour les autres disciples. Elle fait écho
à la déclaration de Pierre faite la
veille de la Passion: "Je donnerai ma vie pour toi"
(13,37); elle évoque le zèle dont
l'apôtre a déjà fait preuve
(voir 21,7 note).
Pierre, instruit par une douloureuse
expérience, ne se vante plus de ses
sentiments; mais il en appelle à la
connaissance que Jésus doit avoir: "Tu sais
que je t'aime".
Jésus confie à Pierre la direction de
son troupeau. Il lui faudra désormais
être le guide du peuple chrétien, le
garder uni dans la foi et l'amour envers
Jésus qui demeure l'unique pasteur du
troupeau (voir 10, 1-16).
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16
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La substitution des brebis aux agneaux, dans la
réponse de Jésus, ne paraît pas
avoir de signification particulière. Les
deux termes servent à désigner
l'ensemble du peuple chrétien. La
variété des termes peut laisser
entendre néanmoins qu'il n'y a pas
d'exception, que tous les chrétiens, quelle
que soit leur place dans la communauté, sont
confiés à la sollicitude de
Pierre.
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17
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Jésus réitère encore une
fois sa question, comme pour inviter son disciple
à un plus strict examen de soi?même et
à une plus exacte considération de
ses devoirs, afin de l'amener à la
perfection de l'amour et du dévouement qui
convient à quiconque détient
l'autorité dans l'Église.
Pierre, qui ne comprend pas l'intention de
Jésus, croit déceler dans ces
interrogations répétées une
certaine marque de défiance à son
égard. Il s'en attriste et adresse à
Jésus un appel plus pressant à la
connaissance qu'il doit avoir de ses sentiments:
"Tu connais tout ... "
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18
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Pierre, qui partage la sollicitude de
Jésus à l'égard du troupeau,
partagera aussi son destin dans la mort.
Jésus le lui annonce à l'aide d'une
comparaison.
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19
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Pierre mourra martyr à Rome durant la
persécution de Néron. Selon une
tradition rapportée par Eusèbe de
Césarée, "il fut crucifié la
tête en bas, après avoir
lui-même demandé de souffrir ainsi".
Il se peut dès lors que le geste
d'étendre les bras évoque
l'idée de crucifixion, et que la ceinture
rappelle les liens qui attachent le crucifié
à la poutre qu'il portait jusqu'au lieu du
supplice.
Suis-moi. Cet ordre doit se référer
à la parole que Jésus a dite à
Pierre dans l'évangile: "Tu suivras plus
tard" (13,36-37). Pierre suivra Jésus,
donnera sa vie pour lui (13,37); ainsi sera?t?il
là où est Jésus (12,26).
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20-23
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Ce court récit a un triple but. L'auteur
veut indiquer les destins différents qui
attendent Pierre et le disciple bien? aimé.
L'un suivra Jésus jusque dans la mort,
tandis que l'autre pourra demeurer jusqu'à
ce que Jésus revienne. L'auteur veut
également concilier avec l'autorité
de Pierre le grand crédit dont jouissait le
disciple bien?aimé dans le milieu
johannique. Il tient enfin à faire savoir
qu'une opinion qui avait cours dans son entourage
au sujet de ce disciple et qui prétendait
s'autoriser d'une parole de Jésus,
n'était pas fondée.
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20
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Cette allusion au dernier repas rappelle
discrètement au lecteur l'intimité de
Jésus et du disciple bien-aimé, la
prédilection de Jésus à son
égard. La condition de ce disciple, quoique
différente de celle de Pierre, ne lui est
pas inférieure, au contraire!
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22
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Jésus refuse de satisfaire la
curiosité de Pierre, censée
indiscrète. Pierre mourra avant que
Jésus ne revienne glorieux à la fin
des temps, tandis que le disciple bien-aimé
survivra à Pierre. Le disciple vivra-t-il
jusqu'au retour de Jésus? On ne l'affirme
pas. Leur destin est donc différent.
L'attente de la venue de Jésus, qui
était très vive au début de
l'Église (voir Mc 9, 1), subsistait encore
dans la communauté johannique (1 Jn 2,28;
3,2); d'où la fausse compréhension de
cette parole de Jésus.
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23
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Certains chrétiens de la
communauté johannique étaient
persuadés que le disciple bien-aimé
vivrait jusqu'à la venue de Jésus.
Mais ce disciple était mort, et sa mort
avait causé une grande surprise dans son
entourage. D'où l'explication de l'auteur.
La parole de Jésus n'était que
conditionnelle; ce qu'on avait pris pour une
prophétie absolue n'était qu'une
possibilité. Mais si ce disciple n'est pas
demeuré en vie jusqu'à la venue de
Jésus, du moins est-il demeuré
fidèle à Jésus, à sa
parole et à son amour (voir 8,31-32;
15,4-16), comme le verset suivant va le
montrer.
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24-25
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Ces deux derniers versets forment une nouvelle
conclusion de tout l'évangile. Ils ne sont
pas de la même main. Alors que le premier se
rattache à ce qui vient d'être dit, le
second copie en la modifiant la conclusion du livre
primitif (20,30): il est l'oeuvre d'un
éditeur.
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24
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Le témoignage du disciple
bien?aimé "est reconnu vrai par la
communauté qui se considère comme son
héritière. La continuité entre
le Jésus de l'histoire et le Jésus de
la foi est assurée, non seulement par le
disciple que Jésus aimait, témoin
oculaire, mais encore par la communauté
qu'il a fondée et qui reconnaît
l'authenticité de son témoignage"
(M.-É. Boismard).
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25
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Cette remarque finale due à un
éditeur de l'évangile est dans le
goût des auteurs du temps. On peut en excuser
l'exagération par l'enthousiasme de son
auteur, même si l'enthousiasme ne corrige pas
le mauvais goût. Mais tout commentateur de
l'évangile lui pardonnera volontiers; car il
sait lui aussi, après avoir achevé
son travail, qu'il y aurait bien d'autres choses
à dire. Néanmoins, à la suite
des grands théologiens de la
communauté johannique, ce qu'il a entendu,
ce qu'il a contemplé, ce que ses mains ont
touché du Verbe de vie, il le transmet
à son tour afin que la communion des
chrétiens soit communion avec le Père
et avec son Fils Jésus?Christ (voir 1 Jn
1,1-3).
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