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1-2
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En modelant ces deux premiers versets sur les
introductions que l'Ancien Testament donnait aux
écrits prophétiques, Luc
présente Jean-Baptiste comme un authentique
prophète d'Israël. En mentionnant des
dirigeants politiques non juifs, Luc ne veut pas
tant évoquer la situation politique de
l'époque, que montrer dans la série
d'événements qui commence une
intervention divine qui devrait profiter au monde
entier (2,14; 2,31). Les renseignements
apportés par Luc permettent de dater des
années 27 ou 28 après
Jésus-Christ la prédication de Jean
Baptiste. Le mot
« tétrarque »
désigne un souverain qui a autorité
sur le quart d'une région, ici le quart du
royaume d'Hérode le Grand,
décédé en l'an 4 avant
Jésus-Christ.
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3
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Sur ce baptême, voir Mc 1,4 note.
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4-6
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Une citation d'Isaïe (40,3-5) décrit
la mission dû Baptiste et le contenu de sa
prédication. Il a pour tâche de
préparer le chemin du Seigneur en
redressant les attitudes intérieures des
hommes. Que rien de tortueux ne subsiste
dans leur conduite morale! - Pour inciter ses
auditeurs à la conversion, le Baptiste
annonce la venue du salut de Dieu, qui vient
d'abord par le pardon des
péchés. Le salut vient en
Jésus, comme les anges et Siméon
l'ont proclamé (Lc 2,11.30) et comme
l'Église primitive ne cessera de le rappeler
(Ac 5,31; 13,23). Enfin, ce sont tous les
hommes (littéralement, toute
chair) qui pourront bénéficier de
ce salut (Lc 3,6). L'interprétation
christologique et universaliste de la citation
d'Isaïe est nette chez Luc.
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7
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Le serpent symbolise la fausseté
et l'hypocrisie. Luc dénonce à l'aide
de cette image les mauvaises intentions des coeurs.
- La colère qui vient,
l'opposé du salut (1 Th 1,10; 5,9)
est celle du Juge des derniers temps (Lc 3,9).
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8
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Abraham est notre ancêtre: Au cours
de leur histoire, les Juifs ont souvent cru que le
fait d'appartenir par leur sang au peuple choisi
les mettrait à l'abri de toute condamnation
de Dieu. Comme les prophètes de l'Ancien
Testament, Jean dénonce une telle
sécurité comme une illusion, parce
qu'elle repose sur quelque chose d'extérieur
au coeur de l'homme. Ainsi, les chrétiens
sont toujours menacés par la tentation de se
croire automatiquement agréables à
Dieu parce qu'ils sont nés dans
l'Église.
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10
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Cette question exprime chez Luc la
réaction spontanée des nouveaux
convertis (voir Ac 2,37-38; 16,30; 22,10). La
conversion implique en effet un changement de vie.
Jean prêche ici que, si le changement
définitif du monde est proche, chacun doit
déjà commencer à changer sa
propre vie. Par le partage (v. 11), un des
thèmes favoris de Luc, il faut collaborer
pour supprimer les injustices et la violence.
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12
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Sur les collecteurs d'impôts ou
publicains, voir Mc 2,15 note.
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13-14
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Chez Luc, Jean-Baptiste est d'abord un
prédicateur qui parcourt toute la
région du Jourdain (3,3). Il administre
un baptême qui appelle à la
conversion et qui est susceptible de
conduire au pardon des péchés
(3,3). - Le Baptiste prêche une conversion en
profondeur, où le coeur de l'homme
décide d'aimer (en partageant son
bien avec ses frères dans le besoin, par
exemple, v. 11), de respecter la justice (en
n'exigeant pas plus que les impôts vraiment
dus, et en se contentant de son salaire, vv.
13-14). Jean-Baptiste exige que ses auditeurs
portent de bons fruits (vv. 8-9). - Il ne
peut lui-même accorder le pardon des
péchés. Ce sera le
privilège de celui dont il annonce la venue
et qui baptisera avec l'Esprit Saint, non
avec de l'eau (v. 16). Le Baptiste a pour fonction,
comme tous les prophètes de l'Ancien
Testament, de ramener à l'observance de la
volonté de Dieu (amour, justice, respect des
gens) un Israël toujours tenté de se
replier sur ses privilèges de peuple
élu (3,8) au lieu de réformer
radicalement sa conduite morale.
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15
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Jean-Baptiste fit sûrement une grande
impression sur le peuple, pour que le Nouveau
Testament doive si souvent rappeler qu'il
n'était pas le messie (Ac 13,25; Jn 1,6-34;
3,28-31; 5,33-36).
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16
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Jean-Baptiste répond à la question
des gens (3,15) en décrivant l'oeuvre et la
personne de Jésus. Celui-ci versera
l'Esprit Saint qui transforme et sauve les
hommes; il jugera dans le feu. Ce sauveur et juge
appartient à un autre ordre que celui
où se situe le Baptiste: sa puissance
ne peut être que divine.
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17
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Les paysans palestiniens séparaient de
son enveloppe le blé en utilisant une sorte
de pelle avec laquelle ils lançaient les
épis en l'air: le vent apportait au loin
l'enveloppe, et le blé retombait par terre;
puis on brûlait l'écorce. On retrouve
ainsi les thèmes du vent (esprit) et du feu
(v. 16).
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18
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Jean-Baptiste est un prophète terrible
(colère qui vient, 3,7; feu
vengeur, 3,9.17; hache, 3,9). Mais il
est en définitive un prophète de
salut: il prêche la conversion
pour que les péchés soient
pardonnés (v. 3); il parle de condamnation
pour que les auditeurs s'y soustraient; il annonce
le salut pour tous (v. 6), ou la
possibilité toute prochaine d'être
recueilli dans le grenier comme du bon grain
(v. 17). Luc résume la prédication du
Baptiste d'une manière positive:
« Jean annonçait la bonne nouvelle
au peuple » (v. 18b).
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19-20
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Voir Mc 6,17-18.
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21
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Quand Jean a terminé sa mission (v. 20),
quand « tout le peuple »
d'Israël « bien
disposé » (1,17) a
déjà reçu le baptême,
Jésus apparaît. La première
chose que Luc dit de lui, c'est qu'il prie.
Il relèvera souvent le même fait dans
la vie de Jésus (5,16; 6,12; 9,18.28-29;
11,1).
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22
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Luc affirme avec insistance la
réalité de la venue de l'Esprit Saint
sur Jésus sous une forme corporelle,
cependant, la façon dont il décrit la
venue nous invite à ne pas nous
représenter la scène d'une
façon trop précise ou trop
matérielle. - Au moment de commencer sa
carrière, Jésus reçoit
l'Esprit qui agira en lui et
l'« onction » divine: le Dieu
qui l'envoie comme son serviteur (Is 42, 1) le
nomme son fils unique. Voir Mt 17,5. - Ici,
Jésus n'est pas présenté comme
venant de Galilée, mais de Dieu. Sa mission
s'enracine en lui. Cette affirmation sera reprise
dans la généalogie (3,38). Voir Gn
22,2; Is 42,1.
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23-38
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Chez les Juifs du premier siècle, les
généalogies servaient à
justifier des droits ou des dignités. La
généalogie de Jésus, chez Luc,
compte onze fois sept générations (on
sait que le chiffre sept est lié à la
perfection, dans la Bible). Elle montre les liens
qui unissent le Christ non seulement au peuple
juif, mais à toute l'humanité. Ainsi
la généalogie, la mention des
gouverneurs non juifs au début du chapitre
trois, et l'addition (par rapport à Matthieu
et à Marc) de la parole d'Isaïe:
« Tous verront le salut de
Dieu » (3,6), enseignent qu'il s'agira,
dans l'évangile, du salut de tous les hommes
(2,32).
Cette généalogie de Luc et celle
de Matthieu (1,1-17) ont des ressemblances (entre
Abraham et David, les noms coïncident, sauf
Arni en Lc 3,33); mais elles diffèrent
aussi: 1. Luc remonte le cours du temps,
comme en Nb 27,1; 1 S 9,1; So 1,1), alors que
Matthieu le descend; 2. Luc va du Christ
jusqu'à Adam et Dieu, alors que
Matthieu ne remonte pas au-delà
d'Abraham; 3. Les noms qui figurent dans les
deux généalogies diffèrent
passablement. Entre Jésus et David (Lc
3,23-31), Luc nomme quatorze
générations ignorées de
Matthieu; les vingt-huit autres qu'il indique ne
rejoignent jamais les noms fournis par Matthieu. En
allant de la captivité de Babylonie
jusqu'à Joseph, seulement deux noms
identiques se retrouvent dans les
généalogies: Zorobabel et Joseph (Lc
3,23.27; Mt 1,13.16). Enfin, entre David et l'exil
de Babylonie, un seul nom se retrouve chez Luc et
Matthieu: celui de Salathiel (Lc 3,27; Mt 1,18). -
De telles généalogies ne paraissent
pas rigoureuses ou scientifiques. De fait, elles
« relèvent d'un genre
littéraire oriental qui a d'autres
intentions que la précision statistique...
Une histoire du Salut est une histoire qualitative,
une sagesse de l'histoire ou plutôt une
histoire-sagesse, beaucoup plus qu'une science
documentaire » (L. Ramlot). Les
généalogies de Luc et de Matthieu
sont une construction qu'ils élaborent, en
utilisant des noms et des événements
empruntés à l'histoire, pour traduire
leurs préoccupations théologiques.
Matthieu apparaît, dans sa
généalogie de Jésus,
préoccupé par les controverses
judéo-chrétiennes de son milieu,
alors que Luc songe plutôt à
l'universalisme chrétien qui voudrait voir
toutes les nations accepter le message
évangélique.- C'est pourquoi Matthieu
insère Jésus dans l'histoire
d'Israël comme « fils de David,
fils d'Abraham » (Mt 1,1). Luc est
d'abord désireux de rattacher Jésus
au père de l'humanité, pour que
Jésus apparaisse comme « le
dernier Adam, un être spirituel donnant la
vie » à une nouvelle
humanité (1 Co 15,45).
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