1-50

Jésus a prêché (8,4-21); il a fait de grands gestes de puissance (8,22-56). Il se tourne maintenant vers ses disciples pour leur révéler les mystères du Royaume de Dieu (8, 10a): il leur annoncera les deux phases du mystère pascal (9,18-27.43b-45), puis il leur révélera son mystère intime lors de la Transfiguration (9,28-36).

1-17

Ces versets sont comme une introduction à l'instruction particulière offerte aux disciples. Jésus envoie prêcher les Douze (vv. 1-6) et les reçoit à leur retour (vv. 10-17). Entre ces deux épisodes, on voit Hérode soulever sur l'identité de Jésus une question à laquelle répondront les vv. 18-36.

1

Jésus a déjà appelé des disciples (5,1-10) et choisi parmi eux les Douze (6,12-16), qu'il envoie maintenant à travers toute la Galilée (v. 6). - Jésus manifeste ainsi son désir de gagner tout Israël. La question des missions apostoliques dont discutera la primitive Église se trouve enracinée dans la vie de Jésus. - Jésus donne d'abord aux Douze la puissance voulue pour dominer les démons et guérir les maladies.

2

L'objet de la prédication des Douze sera la bonne nouvelle du Royaume de Dieu (v. 6). Jésus prêchait la même chose (4,43) et, comme il demande aux Douze de le faire, il guérissait les malades (9,11). Les soixante-douze disciples envoyés plus tard en mission en feront autant (10,9.11). Le Royaume de Dieu vient de toute évidence dans les exorcismes et les guérisons (10,9; 11,20).

3

L'équipement des prédicateurs devra laisser voir leur pauvreté et les amener surtout à pratiquer une confiance absolue en Dieu. Ils ne pourront pas toujours s'en tenir à un tel dénuement (22,35-38).

4-5

Les Douze ne devront pas courir d'une maison à l'autre (10,7). - Secouer la poussière: les Juifs pratiquaient ce geste en quittant un pays païen; les apôtres refusés le feront (10,11; Ac 13,51; 18,6).

7-9

Cette scène prépare de loin 13,31, ainsi que 23,7-12. Elle conduit à l'épisode de la profession de foi de Pierre (v. 18), qui en reprendra les éléments. Depuis le chapitre 7, Luc soulève régulièrement la question de l'identité de Jésus (en particulier 7,16-20.49; 8,25).

8

Élie, qui avait été enlevé au ciel (2 R 2,1-18), devait revenir apaiser la colère de Dieu avant que ne vienne le Jour du jugement (Ml 3,23-24; Si 48, 10). En prêchant la conversion à Dieu et la pratique de l'amour, Jésus semblait remplir la fonction d'Élie.

9

Comme les esprits marqués par la culture grecque de son temps (Ac 17,18.32), Hérode ne pouvait croire que le Baptiste était ressuscité. Il n'en demeurait pas moins intrigué par les actes de puissance qu'accomplissait Jésus (Lc 8,22-56). On comprend que ce prince se réjouira fort quand on lui enverra Jésus, et qu'il espérera alors lui voir faire quelques miracles (23,8).

10-17

Cet épisode présente d'abord un intérêt christologique. Hérode vient de soulever une question: « Quel est-il donc ce Jésus? (v. 9). La réponse viendra dans la confession de Pierre (vv. 18-21), l'annonce de la Passion (v. 22) et la Transfiguration (vv. 28-36). La multiplication des pains montre de nouveau à l'oeuvre, dans une situation fort significative, celui dont le mystère intime sera bientôt révélé. Le geste appelle la parole qui explique. - L'épisode de la multiplication des pains offre encore un intérêt ecclésiologique de première valeur. Jésus avait envoyé le groupe des Douze (pensons au collège apostolique) pour qu'ils poursuivent sa prédication du Royaume (9,2). Jésus les associera activement (9,13.15.16b) à l'organisation d'un repas qui évoque les célébrations eucharistiques de la primitive Église. La prédication de la Parole conduit au repas eucharistique; les Douze sont associés à Jésus aux deux moments de ce processus spirituel.

10

Jésus aimait laisser les foules pour aller rencontrer Dieu dans la prière. Il le faisait volontiers dans des lieux déserts (5,16), qui se prêtaient bien, d'ailleurs, aux conversations où il révélait aux siens les mystères du Royaume (8, 10). - Cette fois-ci, les foules l'empêcheront de trouver la solitude aussi tôt qu'il le voulait (9,18).

11

Jésus se laisse happer par les foules; il prêche et fait des guérisons. Le Royaume prêché vient de façon manifeste dans les guérisons. De nouveau Jésus apparaît comme celui qui sert (22,27).

12

Jésus devra servir d'une manière imprévue la foule de cinq mille personnes (v. 14) qui se presse pour entendre sa parole et obtenir des guérisons. - Il faut que ces gens mangent. Une première solution est présentée: que les gens aillent s'approvisionner dans les environs (v. 12). Jésus rejette l'idée. « Donnez-leur à manger vous-mêmes » (v. 13), dit-il aux Douze, qui n'ont ni les victuailles voulues ni l'argent pour en acheter (v. 13). Devant l'embarras des Douze, une troisième solution est proposée par Jésus: « Faites-les s'installer » (v. 14): Jésus nourrira tout le monde à même les cinq pains et les deux poissons des disciples (v. 16). - Jésus n'apparaît pas comme le pasteur du troupeau abandonné, mais comme le sauveur toujours prêt à secourir les siens, surtout par l'Eucharistie, évoquée au v. 16.

18-21

Cette scène que Lue introduit après avoir montré Jésus en train de prier marque le sommet de la première partie de son évangile. Chez Marc, cette scène était même la plaque tournante de tout l'évangile (Mc 8,29).

19

Ces interprétations populaires viennent comme le piédestal sur lequel la confession de Pierre prendra tout son relief. Le peuple s'en tient aux figures célèbres de son histoire.

20

Le Christ de Dieu est une expression rare, qui fait penser à l'expression plus biblique « le Messie du Seigneur » (2,26). Elle indique que Jésus est celui que Dieu envoie pour réaliser son dessein de salut.

21

Cette interdiction formulée ici en termes très sévères est motivée par la conviction de Lue (v. 22) que Jésus n'est le Messie de Dieu Que dans sa souffrance, sa mort et sa résurrection (24,26.46). Le peuple n'était pas prêt à comprendre ces vues (Jn 6,15; Mt 16,22-23). Il faudrait attendre la résurrection pour proclamer Jésus comme messie (Mc 9,9; Ac 2,36; 9,22).

22

Jésus ajoute aussitôt un complément et une correction à la confession de Pierre. - Il faut: Ce que Jésus va dire fait partie d'un plan divin à réaliser (17,25; 24,7.26). - Jésus précise que son sort (celui du Christ de Dieu, selon Pierre, 9,20) ne se comprend pas en dehors de la perspective de sa passion-mort-résurrection. Puis il hausse la confession de Pierre en s'identifiant au Fils de l'homme (Dn 7,13-14; Lc 22,66-71). Jésus accomplira deux figures bien différentes, celles du Fils de l'homme daniélique et du Serviteur souffrant (Is 40-55).

23-27

Les consignes que Jésus s'apprête à donner vaudront pour tous, et non pour quelques disciples de choix. - Aller à la suite de Jésus, ce sera choisir le chemin de la Passion (9,22), qui conduira jusqu'à la gloire de Jésus (v. 26b). La participation à la Passion prendra une seule forme, celle du renoncement quotidien à soi-même, qui conduira certains disciples au martyre (le v. 24 y fait peut-être allusion). - Le disciple qui, au lieu de chercher à s'accaparer le plus de biens terrestres possible (v. 25), proclame à sa façon et chaque jour les paroles de Jésus (v. 26); le disciple qui accepte les souffrances ou les dangers quotidiens que le service de Jésus lui amènera (Rm 9,36; 1 Co 15,31; 2 Co 4,10-11), celui-là semblera tout perdre (v. 24). De fait, il sauvera son bien le plus précieux, sa propre vie, qu'il verra glorifiée lors du jugement dernier (v. 26b). Ainsi chaque disciple revivra le mystère pascal (Rm 6,3.11; Ph 2,5-11).

28-36

Le centre de ce récit est le v. 35. - À la différence des scènes du baptême (3,21-22) et de la tentation (4,1-13), celle-ci montre le Fils dans sa gloire transparente qui, après l'annonce du mystère pascal (9,22), sera comprise d'une manière toute nouvelle. - La christologie est approfondie par Lue à l'aide de l'idée de gloire. Jésus se trouve comparé avec un Moïse qui est en gloire (9,31; Ex 34,29-30); c'est sa propre gloire - et non celle de Dieu - que Jésus manifeste en sa personne (Lc 9,32). Voir 9,26.

29

Pendant qu'il priait. La Transfiguration aura lieu sur une montagne (v. 28), là où Jésus vient dans la prière rencontrer Dieu, comme Moïse l'avait fait (Ex 24, 1). Dans la sphère du sacré se passera la scène. - La figure métamorphosée de Jésus et son vêtement étincelant comme celui des anges qui apparurent près du tombeau vide (Mt 28,3; Jn 20,12) laissent voir que Jésus appartient à un monde supérieur au nôtre. La figure de Moïse avait elle aussi rayonné d'une grande gloire, mais c'était celle de Dieu (Ex 34,29-30; 2 Co 3,13).

30

Moïse et Élie - représentant la Loi et les prophètes, sans doute (Le 16,29-31; 24,27) - venaient confirmer que « le Christ devait souffrir pour entrer dans sa gloire » (24,25-27.44-46; Ac 26,22-23), comme Jésus venait lui-même de l'apprendre à ses disciples (Lc 9,22).

31

Le départ - l'exode - que Jésus connaîtra bientôt faisait allusion surtout à sa mort; mais la résurrection ne pouvait être absente à l'horizon d'un texte centré sur la gloire de Jésus (v. 32).

34-35

Les tentes désirées par Pierre lui furent accordées (v. 33), mais sous la forme d'un nuage qui rendait visibles la présence et la gloire de Dieu (Ex 16,10; 19,9; 24,15-18; Ex 40,34). - Puis une voix sortit du nuage pour exprimer en paroles ce que la métamorphose de la figure de Jésus (Mt 17,2; Mc 9,2) avait déjà rendu visible. - Dieu présenta alors en Jésus son fils, l'Élu par excellence, que les hommes devaient écouter (Ps 2,7; Is 42, 1; Dt 18,15), en particulier quand il annonçait son mystère pascal (Lc 9,22.44).

36

En ces jours-là, c'est-à-dire avant la Passion et la Résurrection (voir 9,21 note).

La scène de la Transfiguration venait confirmer chez Marc la confession de Pierre (Mc 8,27-30). Chez Luc, la Transfiguration entre dans la trame des annonces du mystère pascal, clairement commencée en 9,22, puis reprise aux vv. 31.44.51. Le regard tourné vers Jérusalem (9,31) n'en sera pas distrait par les événements, pas même par la guérison qui suit aussitôt (v. 41b).

37-43a

Le contraste est marqué. Jésus, qui était allé dans la montagne pour prier à l'écart (v. 28), revient parmi les hommes. Il y rencontre aussitôt leurs misères, y compris celles que de mauvais esprits leur apportent. De nouveau s'affirmera la puissance souveraine de Jésus.

38

Troisième guérison d'un enfant unique chez Lue (7,12; 8,42). Ce ne sont pas des souffrances superficielles, mais des détresses profondes, que le Dieu miséricordieux rejoint en Jésus. Les chrétiens doivent à leur tour s'efforcer d'être présents aux aspirations les plus profondes de l'humanité et lutter contre les causes de sa souffrance.

40

L'impuissance des disciples met en relief la puissance de Jésus. Luc n'explique pas l'incapacité des disciples. Marc laisse entendre, dans un cas semblable, que seule la prière « peut faire sortir ce genre d'esprit » (Mc 9,29): la prière fait intervenir le pouvoir divin (Mc 6,41; Jn 11,41).

41

Quelle est la génération dont parle Jésus? Il la caractérise durement, avec des mots qui évoquent Dt 32,5 et Nb 14,27. Dans ce dernier texte, Dieu est lassé par l'incroyance du peuple d'Israël: « Jusqu'à quand refusera-t-il de croire en moi, en dépit de tous les signes que j'ai opérés au milieu d'eux? » (Nb 14,11). Jésus est probablement lassé par un Israël qui manifeste peu de foi véritable, ou par les disciples qui auraient trop peu de foi ou de goût pour la prière pour chasser le mauvais esprit (Mt 17,20; Mc 9,29).

42

Avec bonté, Jésus remet l'enfant à son père (voir Lc 7,15).

43b-44

Jésus ne veut pas que ses disciples se laissent tromper par l'étonnement des gens. En dépit d'un tel étonnement, Jésus sera livré aux mains d'hommes pécheurs qui le feront mourir (24,7). Le contraste est flagrant entre la bonté de Jésus et la méchanceté que manifesteront ceux-là pour lesquels il aura fait intervenir la grandeur de Dieu lors de guérisons de toutes sortes. - À vrai dire, il ne s'agit pas d'une nouvelle annonce de la Passion, mais d'un écho de l'annonce faite au v. 22. Luc parsèmera de tels échos son récit: 12,49-50; 13,31-33; 17,25. Il annoncera de nouveau, d'une manière explicite et solennelle, le mystère pascal de la Passion-mort-résurrection en 18,31-34.

45

Les disciples ne comprennent pas la parole de Jésus. Ils ne comprendront pas davantage la nouvelle annonce si claire faite en 18,31-34. Même ceux à qui Jésus révèle les mystères du Royaume (8, 10) ne comprennent pas. Jésus demeure solitaire, isolé, dans l'accomplissement de sa destinée douloureuse. Une telle solitude (au milieu de l'inintelligence des hommes, même de ses disciples) faisait partie du plan divin touchant la Passion. La formule passive « (Cette parole) leur était voilée » (v. 45a) prend ainsi un sens. Voir Rm 9,16-18 au sujet de l'endurcissement du Pharaon.

46-48

La question de savoir qui est le plus grand et la parole qui dénonce l'intolérance (vv. 49-50) laissent entrevoir des situations de conflit qui pourront toujours surgir à nouveau. La compétition pour les premières places (14,8 note) et la prétention de monopoliser l'Esprit Saint montrent clairement qu'on n'avait encore rien compris (v. 45) au mystère du Messie qui parvient à la gloire par la souffrance.

47

Jésus devine les sentiments et les pensées des gens (5,22; 6,8).- Il répond aux interrogations intérieures des disciples en posant un geste (9,47) dont il expliquera le sens (9,48). Il place près de lui un enfant.

48

Jésus s'est identifié aux déshérités de la terre, dont l'enfant est ici le représentant. La description du jugement dernier (Mt 25,40) ne laisse aucun doute là-dessus. Celui qui accueille, c'est-à-dire reçoit avec amour, les plus petits, avec lesquels Jésus ne fait qu'un, pratique un amour authentique; il ressemble à Jésus, qui est celui qui sert (Lc 22,27). Celui-là est grand.- Les disciples ne devraient pas chercher à paraître grands, mais se contenter de servir, d'accueillir les petits de la communauté. La vraie grandeur est celle du service.

50

Jean souffrait de l'esprit de caste: à son avis, les disciples de Jésus devaient posséder en exclusivité le droit d'utiliser le nom de Jésus pour chasser le démon. Mais la cause à servir, c'était la victoire de Jésus sur les démons. Que le but soit atteint effectivement par des disciples officiels, dirions-nous, qui suivent Jésus (v. 49b), ou par des exorcistes inconnus des disciples, la chose est peu importante. « Avec des arrière-pensées ou dans la vérité, Christ est annoncé. Et je m'en réjouis! » (Ph 1,18).

51

C'est par ce verset solennel que Luc introduit la seconde partie de l'évangile (9,51-19,27). - En rappelant souvent que Jésus va vers Jérusalem (9,53.57; 10,38; 13,22.33; 14,25, etc.), Luc veut montrer qu'il n'y a rien à comprendre aux exigences chrétiennes, si on n'a pas sous les yeux le mystère du Messie souffrant (9,23.44). C'est pourquoi cette section qui contient surtout des enseignements sur les exigences de la vie chrétienne est toute centrée sur Jérusalem, lieu de la Passion et de la mort de Jésus.

52

Les Samaritains étaient un peuple qui partageait fondamentalement la même foi que les Juifs; mais ils étaient d'origine étrangère. Les Juifs les rejetaient comme hérétiques, si bien qu'une vive hostilité régnait entre les deux peuples.

53

Tout comme la première partie de l'évangile (voir 4,16.28 note), la seconde commence par un refus qu'essuient Jésus et les siens.

54-56

Jacques et Jean veulent renouveler l'exploit d'Élie (2 R 1, 10-14). Jésus les réprimande. Il leur a demandé de simplement quitter les endroits qui leur seraient hostiles (Le 9,5; 10,10-11). L'esprit de revanche n'est pas celui de Jésus: il ne s'est pas vengé contre ceux qui lui faisaient des difficultés de toutes sortes. Une fois ressuscité, il viendra comme Seigneur et juge des vivants et des morts (Rm 14,9) rétablir toute justice.

57-58

Un « candidat » très décidé vient vers Jésus. Celui-ci l'éclaire sur certaines exigences de son régime de vie: la pauvreté complète et le travail incessant (8,1; 9,6).

57-62

Luc introduit le thème de la marche à la suite de Jésus. Celui-ci va vers l'accomplissement de son destin, et le chrétien marche sur ses traces. Comme le Christ, il doit n'avoir qu'un seul absolu, devant lequel tout le reste devient relatif. À des chrétiens qui trouvent difficiles les exigences qu'entraîne leur adhésion à Jésus (9,23; 14,27), Luc rappelle (v. 62) qu'il ne devrait pas être question de retour en arrière.

59-60

Cette fois, c'est Jésus qui prend l'initiative d'appeler à le suivre. L'homme accepte; mais il croit qu'il lui faut d'abord remplir un devoir de piété filiale jugé capital dans le judaïsme: enterrer son père (Ex 13,19; Tb 4,3; 6,15). Un Juif jugeait sûrement criminelle et sacrilège la réponse d'un Jésus qui empêchait le mort de rejoindre ses ancêtres dans l'au-delà (Ps 79,3).- Jésus veut enseigner ceci: il apporte la vraie vie qui ne connaît pas de déclin (Rm 6,9; Jn 4,13-14); toute autre vie conduit à la mort. - Jésus veut rappeler encore que le Royaume prend tout l'homme et sans délai.

62

Élie avait été moins exigeant que Jésus, quand il avait appelé Élisée (1 R 19,20). « L'élément fondamental que Jésus exige de ceux qui le suivent, c'est un abandon total, une docilité parfaite, inconditionnelle » (A. Stöger).