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1-4
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Un des besoins ressentis par les
chrétiens est celui de bien prier. C'est
sans doute en y songeant que Luc transmet la
tradition sur la prière de Jésus.
Jésus n'enseigne pas une formule qu'il
faudrait répéter mot à mot.
Une rapide comparaison avec Matthieu 6,9-13 montre
que les premiers chrétiens s'exprimaient
diversement. Jésus nous dit quels sont les
désirs et les préoccupations qui
doivent soutenir notre prière. Il nous
découvre ainsi les pensées qui
l'habitaient lui-même. La prière du
chrétien est celle d'un homme insatisfait
qui désire construire un monde
différent, dans lequel le mystère de
Dieu et son dessein sur l'humanité seront
reconnus.
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3
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Luc songe à l'Église qui
continuera dans le temps (il parlait de la croix
de chaque jour, 9,23). Il faudra du pain
chaque jour! À ce sujet, Luc ne
demande pas une assurance pour l'avenir. Le croyant
exprime plutôt sa confiance profonde dans le
Dieu qui, jour après jour,
fournissait la manne à son peuple dans le
désert (Ex 16). Une seule garantie suffit
pour le lendemain: l'amour de Dieu pour ses
enfants.
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5-8
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Continuant de répondre au disciple qui
veut apprendre à prier (v. 1), Jésus
imagine une scène dont on peut retirer un
double enseignement: 1. il faut prier avec
insistance; 2. on peut compter sur la
générosité de Dieu.
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5-6
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Quelqu'un désire emprunter d'un ami un
peu de pain pour nourrir un autre de ses amis.
Devant une demande aussi
désintéressée, qui touche au
devoir sacré de l'hospitalité, on
pourrait s'attendre à ce que le prêt
soit aisément consenti.
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7
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Par ailleurs, on conçoit qu'au milieu de
la nuit il soit peu agréable de
déranger toute sa famille pour aller
répondre à la porte.
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8
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Or, il arrive que cet homme si peu
généreux finit par donner à
celui qui insiste non seulement du pain,
mais tout ce qu'il lui faut. Le raisonnement
par a fortiori est clair: si un homme si peu
sensible à l'amitié en vient à
donner à l'importun tout ce qu'il lui
faut, à combien plus forte raison votre
Père (v. 2), qui n'oublie pas le
moindre moineau de la création (12,6), vous
donnera-t-il tout ce dont vous avez besoin!
L'attitude de confiance qui inspirait le
« Notre Père » (v. 3) se
trouve ainsi reprise par Jésus.
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9-13
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Pour assurer le croyant que son Père
céleste lui donnera de bonnes choses,
Jésus raisonne à partir de la
paternité qui s'exerce dans la
« génération »
pourtant pervertie (9,41) où il
vit.
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9
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Littéralement: il vous sera
donné, il vous sera ouvert. De tels
tours passifs permettent de parler de Dieu sans le
nommer. Dieu est en fait celui qui accomplit
les actions indiquées.- Le fait que les
verbes n'aient aucun complément qui en
restreigne la portée (Demandez, cherchez
... ) montre qu'il s'agit de toute
l'existence de l'homme et d'une attitude
quotidienne de confiance que Jésus
demande.
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11-12
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Sur le serpent et le scorpion, voir Lc 10,19
note.
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13
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Jésus prononce un jugement global, qui ne
vaut pas nécessairement de chaque individu
en Israël: « Vous qui êtes
mauvais. Les signes de
« méchanceté » ne
manquaient pas. Jésus parlait de la
« génération
incrédule et pervertie » au milieu
de laquelle il vivait (9, 41). Il a
été rejeté par des villes de
Galilée qui avaient pourtant
bénéficié de son enseignement
et de ses miracles (10,13-15). Un village de
Samarie a refusé de le recevoir (9,53). Il
voit venir sa Passion où les chefs
spirituels d'Israël le rejetteront (9,22),
où ce peuple demandera dans une clameur
unanime qu'il soit crucifié (23,18). Tous
les hommes, Juifs et païens, « ont
péché, sont privés de la
gloire de Dieu » (Rm 3,23). Or, en
dépit de cette méchanceté
généralisée, les
pères donnent de bonnes choses à
leurs enfants. D'où la réflexion
de Jésus: combien plus le Père
céleste qui est toute bonté
donnera-t-il l'Esprit Saint à qui le
lui demandera! - C'est l'Esprit Saint qu'il
faut d'abord demander. L'Esprit, en effet, donne
la vie en Jésus (Rm 8,2-10). Il fait des
hommes les fils adoptifs et les
héritiers de Dieu (Rm 8,15.17a). Le
don présent de l'Esprit constitue la
meilleure garantie de notre résurrection
à venir (Rm 8,11; Ep 1,19). Lors de sa
résurrection, Jésus recevra
l'Esprit Saint promis pour le
répandre (Ac 2,33; Jn 7,39).
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15
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Les miracles que Jésus accomplissait en y
donnant le sens de sa mission salvifique, et en
donnant une preuve de l'authenticité de sa
mission, étaient interprétés
de plusieurs façons par ses
contemporains.
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16
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Personne ne nie le fait: Jésus chasse les
démons. Mais par quelle puissance? Certains
le savent (Lc 11,15); d'autres cherchent encore.
Faudrait il que Jésus montre par un signe
venant du ciel (arrêt du soleil,
déplacement inusité des astres,
mutation de quelque cycle de la nature, etc.) qu'il
tient du ciel son pouvoir? Jésus sait bien
qu'il serait impossible de fournir à cette
génération mauvaise (11,29)
des signes qui leur ouvriraient les yeux: la
prédication de Jésus, les miracles et
les exorcismes qu'il opère, sa
sainteté de vie devraient leur
révéler suffisamment qu'il agit par
la force de Dieu.
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17-19
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Jésus, qui devine leurs pensées
(4,23; 5,22; 6,8; 9,47; 11,17), réfute leur
explication. Un principe d'abord: un Royaume
divisé va à la ruine. Ainsi, le
royaume de Satan croulera bientôt, si
Béelzéboul chasse par Jésus
les démons. Passant à l'attaque,
Jésus dresse contre ses adversaires leurs
fils, qui disent chasser les démons
grâce à une sagesse
particulière que Salomon leur a transmise
après l'avoir reçue de Dieu (voir
l'historien juif Josèphe). Leurs fils les
accuseront d'avoir méprisé Dieu et
Salomon.
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20-22
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Jésus donne la véritable
explication de ses exorcismes et de ses miracles.
C'est le doigt de Dieu (Ex 8,15) qui rend
Jésus plus fort (Lc 11, 22a) que le
démon bien armé qui tenait en
sûreté ses dépouilles,
c'est-à-dire toutes ces victimes qu'il
affligeait de diverses maladies ou qu'il
dépossédait d'elles-mêmes (v.
22b). - Les exorcismes et les miracles attestent
ainsi que le Royaume de Dieu est arrivé
(v. 20b). Que Jésus dispose de la
puissance de Béelzéboul ou de Dieu,
dans les deux cas le royaume des démons est
sur le point de disparaître. Les
écrits de Qumrân reprendront ce type
de réflexion en parlant des anges de la
lumière et des ténèbres qui se
disputent la domination des hommes.
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23
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Ce verset semble dire le contraire de 9,50. Le
contexte diffère dans chaque cas. Il s'agit
ici de l'importance qu'il y a de prendre une
décision nette et positive devant les signes
que pose le Christ. Ne pas reconnaître dans
les gestes du Christ une oeuvre de Dieu (v. 20),
c'est travailler à disperser les
hommes. Il n'est pas possible de rester
indéfiniment neutre. Et reconnaître
dans les gestes du Christ des signes de Dieu, cela
implique qu'on se compromet soi-même en
posant à son tour des gestes semblables. Ce
n'est pas suffisant de ne pas faire de mal; il faut
faire des actes positifs de salut, à
l'exemple du Christ.
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24
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La conversion demeure fragile et menacée.
Le démon aspire à revenir des
lieux arides (Is 13,21; Tb 8,3; Lv 16,10.22)
vers son ancienne demeure.
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25
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Le démon trouve une maison
balayée, mais vide. Il n'y a aucun
indice que son ancienne résidence soit
devenue en son absence le temple de Dieu ou de
l'Esprit (1 Co 3,17; 6,19). - Ce verset
pourrait illustrer le passage (v. 23) où
l'homme qui n'est pas franchement avec
Jésus devient nettement tourné
contre lui.
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27
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Mot à mot: « Heureux le ventre
qui t'a porté et les seins qui t'ont
allaité! » Cette scène
ressemble beaucoup à celle qui se lit en
8,19-21: les deux textes disent en quoi consiste la
vraie grandeur aux yeux de Dieu.
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28
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Marie écoutait et observait
la Parole de Dieu quand elle répondait
à l'ange de l'Annonciation: « Je
suis la servante du Seigneur » (Lc 1,38).
Si elle était si élevée, sur
le plan spirituel, c'était, selon
Élisabeth, parce qu'elle avait cru
aux paroles du Seigneur (1,45).- Marie, qui
médite dans son coeur les paroles et
les gestes de Jésus (2,19.51), fait penser
à ceux qui entendent la parole avec un
coeur noble et bon (8,15).
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29-32
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Le signe, ce sera la sagesse et la
résurrection de Jésus. Ce
serait une illusion de penser que la foi serait
plus facile si on était placé devant
des signes extraordinaires (voir 16,31).
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30
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Jésus refuse tout signe, en Marc 8,12,
aux pharisiens qui lui en demandaient. Chez
Matthieu (12,39; 16,4), Jésus ne leur promet
que le signe de Jonas. Ce prophète
« fut dans le ventre du gros poisson
trois jours et trois nuits » (Jon 2,1),
comme « le Fils de l'homme sera dans le
sein de la terre trois jours et trois
nuits » (Mt 12,40). Jésus
promettait donc le signe de sa résurrection.
- Chez Luc, aucune allusion aux trois jours et
trois nuits de Jonas ou de Jésus. Par
contre, on y parle de la prédication de
Jonas qui convertit les Ninivites. Toute
allusion à la résurrection de
Jésus serait-elle absente de cet
épisode de Luc? Si oui, le signe que
donne Jésus serait la
supériorité évidente de sa
prédication: si les païens de Ninive
ont reconnu la voix de Dieu dans celle de Jonas et
se sont convertis, combien plus les Juifs
auraient-ils dû se rendre à la
prédication de Jésus! Le raisonnement
ressemble à celui que l'on doit faire au
sujet de la reine du Midi qui, de fort loin,
vint admirer la sagesse de Salomon (1
R 10, 1-13). Mais on peut se demander si la
prédication de Jonas ne fut pas
efficace parce que les Ninivites avaient vu un
signe de Dieu (qui authentifiait son
message) dans le fait que Jonas était sorti
sain et sauf du gros poisson. - Ainsi, la
résurrection de Jésus viendra
authentiquer sa parole; mais cette
génération mauvaise n'en
acceptera pas davantage sa prédication et,
dès lors, encourra la condamnation de
la part des Ninivites qui s'étaient rendus
à un signe moins convaincant. - Il
apparaît donc difficile d'exclure tout
à fait du signe de Jonas, même
en Lc 11,29-32, toute allusion à la
résurrection de Jésus. Les deux
futurs « sera » (vv. 29-30)
prennent alors leur sens, et le choix de
Jonas plutôt que de tout autre
personnage de l'Ancien Testament s'expliquerait
bien (Jon 2,1).
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35
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Ce verset et le suivant sont
particulièrement difficiles. On peut les
rattacher au thème de la vision (10,23
note). Celui qui accueille Dieu dans ce signe
qu'est le Christ, il est dans la lumière;
celui qui le refuse reste tout entier dans
l'obscurité.
Quand l'oeil est sain (Lc 11,34), il peut
percevoir la lumière qui est Jésus.
L'oeil sain est le regard intérieur qui
guide l'homme, qui le maintient tout entier
nettement orienté vers la lumière
du monde (Jn 8,12), source de vie (Jn 1,4).
-Jésus brille comme la lumière dans
l'obscurité (Jn 1,5). Encore faut-il que les
dispositions de chacun - l'oeil intérieur -
permettent à la lumière de
pénétrer le corps tout entier, pour
que l'homme marche en direction de la vie.
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37-54
|
Ces violentes remarques de Jésus contre
les pharisiens (vv. 39-44), les légistes
(vv. 45-46) et ses contemporains en
général (vv. 47-51) sont
demeurées vivantes chez les premiers
chrétiens, à cause des objections que
leur faisaient les Juifs ou des chrétiens
qui tenaient à l'observance des coutumes
juives. Elles gardent une valeur permanente, dans
la mesure où elles dénoncent ceux qui
jugent d'après les apparences ou qui veulent
faire de la religion une question de rites et de
gestes extérieurs avant tout.
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38-39
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L'étonnement du pharisien, qui
naît du fait que Jésus n'a pas
respecté les prescriptions strictes touchant
les ablutions, vaudra à cet
insensé (Lc 11,40) une vigoureuse
remontrance.
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40-42
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Les pharisiens respectaient mille prescriptions
religieuses; mais ils « aimaient
l'argent » (Lc 16,14) et faisaient payer
cher leurs bons offices aux veuves qui leur
confiaient l'administration de leurs biens (Mc
12,40). Ils mériteront
l'épithète d'hypocrites (Mt
15,7; 23,13-15; Lc 13,15). Le respect des droits du
prochain et l'amour à rendre à Dieu
devraient, selon Jésus, l'emporter sur les
ablutions rituelles.
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42
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La rue dont il s'agit est une plante
sauvage. Non seulement veut on imposer la
dîme sur les plantes cultivées, comme
le prescrit le Deutéronome (14,22-23); mais
on inclut même les plantes sauvages. C'est
une illustration de l'esprit pharisien, qui ajoute
à la lettre de la Loi des préceptes
qui constituent comme une marge de
sécurité, pour qu'on soit sûr
de tout observer des prescriptions officielles de
la Loi.
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43
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Après une première semonce
où Jésus reprochait aux pharisiens de
substituer aux tables du décalogue (Lc
11,42b) les exigences de la dîme, vient une
attaque touchant leur vanité. Ces
gens quémandent des honneurs, plutôt
qu'ils ne servent (22,24-27).
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45
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Les légistes ou scribes
étaient les maîtres à penser
des pharisiens. Ils se sentent touchés par
les reproches que Jésus adresse aux
autorités dont ils sont les conseillers.
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46
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Les chefs religieux ne sont jamais à
l'abri de ces tentations. Ils risquent toujours de
faire de la loi un absolu ou de s'accrocher
à des principes qui ne tiennent plus compte
de la vie. Ils éviteront ces écueils
en devenant des petits (9,48) et des
serviteurs (17,10; 22,26-27).
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47
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Un premier reproche adressé aux
légistes les blâmait d'accabler les
Juifs avec leurs explications tatillonnes de la Loi
ou leur tradition des anciens qui
renchérissait sur les exigences de
Moïse (Mt 15,1-20). - Une deuxième
attaque de Jésus associe les légistes
à leurs ancêtres qui ont
assassiné les prophètes, tout le long
de l'Ancien Testament, d'Abel (Gn 4) à
Zacharie (2 Ch 24,20-21). Étienne tiendra
des propos semblables devant le grand prêtre
avant d'être lapidé (Ac 7,52).
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48
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Jésus répartit les tâches:
vos pères ont tué les
prophètes; vous complétez leur oeuvre
en érigeant des tombeaux à ces
prophètes. Jésus mettait volontiers
du côté des assassins des
prophètes ces légistes tatillons qui,
comme les pharisiens, avaient bien peu
d'intérêt pour la circoncision du
coeur (v. 42b) si chère aux
prophètes (Jr 4,4; 6,10; Dt 10, 12-22).
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49
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On ne peut établir à quel
écrit de la Sagesse de Dieu
Jésus se réfère. - La mention
des prophètes et des
apôtres dont cette
génération rendra compte (vv.
50-51) laisse entendre que Jésus se situait
parmi ces prophètes assassinés et
qu'il prévoyait un sort identique pour les
apôtres de la primitive Église.
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51
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Jésus fait allusion au premier et au
dernier des meurtres racontés dans le canon
juif des Écritures (2 Ch y figurait comme le
dernier livre).
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52
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Ces savants, qui conseillaient les chefs
religieux tels que les pharisiens, ont pris la
clé qui aurait permis d'entrer dans la
« maison de la Sagesse » (Pr 9,
1) où l'on apprend à connaître
Dieu. Or, Dieu a refusé de se
révéler à de tels esprits,
parce qu'ils se croyaient sages et
intelligents et parce qu'ils rejetaient le Fils
qui seul aurait pu leur faire connaître les
voies du Père (Mt 11,25-27). Disposant de la
clé de la connaissance, par leurs fonctions
officielles et leur influence, ils maintiennent le
peuple dans l'ignorance de la vraie Sagesse. - Paul
parlera ainsi des Juifs: « Ils ont
tué le Seigneur Jésus et les
prophètes ... ; ils nous empêchent de
prêcher aux païens pour les sauver et
mettent ainsi, en tout temps, le comble à
leur péché » (1 Th
2,14-16).
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