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1-9
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L'appel à la conversion se poursuit. Deux
événements historiques et une
parabole créée par Jésus lui
fournissent l'occasion d'appeler ses auditeurs
à réfléchir sur leurs
péchés.- On ne connaît pas par
les historiens les deux catastrophes auxquelles
Jésus fait allusion (vv. 1.4).
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3
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Les gens se demandent, à la vue de ces
catastrophes, si les victimes ne les auraient pas
méritées par leurs
péchés. Comme en d'autres passages de
Luc (10,29-37; 13,23), Jésus les arrache
à ces considérations
théoriques pour les interpeller
personnellement. Il les invite à s'occuper
de leur propre conversion plutôt que des
torts des autres (23,28). « Vous
périrez tous »: ces mots
rappellent le jugement dont vient de parler Lc
12,58. - Si les gens qui informent
Jésus (v. 1) sont des pharisiens, ils
attendaient probablement de lui qu'il condamne les
victimes. Car, selon la pensée pharisienne,
tout châtiment reçu est proportionnel
à la faute déjà commise. Si
les informateurs de Jésus étaient des
zélotes, ils voulaient peut-être
s'associer Jésus dans un mouvement de
vengeance. Jésus réagit en condamnant
ses « informateurs » par deux
fois (vv. 3.5): vous êtes tous
pécheurs, vous méritez tous de
périr; convertissez-vous!
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6
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Il s'agit encore de l'urgence de changer sa vie.
Mais Luc y introduit une idée qui lui est
chère, celle d'un temps donné
« pour porter du fruit à force de
persévérance » (8,15).
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7-8
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« Au temps de sa patience »,
Dieu « avait laissé impunis les
péchés d'autrefois » (Rm
3,25-26). Le temps de la justice où
l'on rend les comptes est venu. Jésus
intervient (Le 3,17). Il faut porter des fruits de
conversion (3,8-9) - tel celui de la
réconciliation avec Dieu et le
prochain (12,58) - pour se soustraire au jugement
de Dieu.- La venue de Jésus constitue le
dernier essai de conversion tenté par Dieu;
un léger répit est consenti au
pécheur.
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9
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Le temps qui sera laissé aux
chrétiens avant que ne revienne le Christ
est un don de la patience de Dieu, qui leur donne
encore l'occasion de « produire des
fruits qui manifestent la conversion »
(3,8).
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10-17
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Ce récit de miracle parle des chefs juifs
qui refusent d'accepter le Christ. En parlant de
Jésus qui délivre la femme (v. 12),
Luc révèle que Dieu visite et
libère (1, 68) son peuple (la
femme est appelée une « fille
d'Abraham »); mais les dirigeants du
peuple le rejettent à cause de leur
attachement à la Loi. En plus de ce
thème central, on retrouve ici l'attention
de Luc pour les femmes (4,38 note), ainsi que le
soin avec lequel il distingue de la foule les chefs
juifs qui persécutent Jésus.
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11-12
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Cette femme liée par Satan (v. 16)
ne sollicite pas sa guérison.
Jésus prend l'initiative de la
guérir. La bonté de Jésus
apparaît ainsi d'autant plus grande. De plus,
il faut rappeler que la femme était loin
d'être l'égale de l'homme dans le
culte juif (comme dans bien d'autres situations de
la vie juive du temps) et que la maladie diminuait
aux yeux des gens la femme que Jésus prend
l'initiative de guérir. Jésus
reconnaît la dignité de la femme en la
nommant fille d'Abraham (v. 16), titre dont
s'enorgueillissait tout bon Juif (Lc 3,8; 16,24; Jn
8,33; voir Lc 19,9, Zachée).
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13
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La femme, dont on ne connaissait pas encore les
sentiments, découvre en Jésus
l'intervention de Dieu (Ac 2,22; Mc 2,12).
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14
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Le chef de la synagogue manifeste que,
dans son échelle des valeurs, les
prescriptions touchant le repos sabbatique
l'emportent sur la guérison d'une pauvre
femme. On ne pourra pas dire de lui, comme de
Jésus, que la misère humaine le
« remuait (de compassion) dans ses
entrailles » (Lc 7,13; Mc 1,41; 6,34;
8,2). Une seule chose compte pour le chef juif. le
respect de la Loi (Dt 5,12-15; Ex 20,9-11).
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15-16
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Avec son autorité de Seigneur,
Jésus s'adresse à tous ceux qui
partagent les vues du eh chef de la synagogue
(noter le pluriel hypocrites). - Le boeuf et
l'âne - peuvent boire, le jour du sabbat; ce
n'est pas un travail de l'homme! Mais encore
faut-il les détacher de la mangeoire
pour qu'ils aillent boire. Ce travail (v.
14b), le chef de la synagogue ne le réprouve
pas. S'il est permis de détacher un
animal le jour du sabbat, Jésus croit
qu'à plus forte raison l'on peut, ce
jour-là, détacher le lien par
lequel Satan tenait en esclavage une fille
d'Abraham! - Ainsi, Jésus aidait,
même le jour du sabbat, à
l'accomplissement du salut; il rappelait que
« Dieu acheva au septième
jour l'oeuvre qu'il avait faite » (Gn
2,2).
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18-21
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La double parabole du grain de moutarde
et du levain évoque le fait qu'un
tout petit nombre de Juifs acceptèrent le
Christ et furent à l'origine de
l'Église. Mais ce petit nombre est la
promesse d'un grand peuple dont les païens
feront partie; l'arbre qu'est le nouvel Israël
accueillera une multitude d'oiseaux en recevant
tant de païens qui viendront vers lui.
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19
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Le grain de moutarde passait, dans la
pensée populaire, pour être la plus
petite de toutes les semences (Mt 13,32). C'est
ainsi que Jésus parle d'une foi grosse comme
un grain de moutarde, pour désigner une foi
très embryonnaire (Lc 17,6). La plante ne
devient pas aussi grande que le texte le laisse
supposer. Il faut voir l'intention de Jésus:
il veut annoncer que le groupe minuscule de ses
disciples finira par atteindre toutes les nations.
Jésus est le sauveur du monde (Jn
4,42; 1 Jn 4,14).
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20-21
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Le levain est non seulement minuscule, mais
puissant et caché. Il ressemble à la
parole de Jésus ou de l'Église, qui
ne cherche pas les coups d'éclat (Lc 4,1-13)
et qui transforme l'homme (1 Th 1,5; 2,13).
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22
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Chez Luc, Jérusalem est la ville
où meurent les prophètes (13,33),
où Jésus connaîtra sa
Passion-mort-résurrection, et d'où
l'Église s'étendra jusqu'aux
extrémités de la terre (Ac
1,8).
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23
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Les disciples de Jésus étaient peu
nombreux; la communauté de Luc n'est qu'un
« petit troupeau » (12,32).
D'où cette question théorique
à laquelle Jésus répond par
une interpellation (voir 13,3 note): que chacun se
préoccupe de sa propre conversion. Ceux qui
cherchent à entrer sans y réussir
sont les Juifs qui marchent sur le chemin de la Loi
plutôt que sur celui du Christ.
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24
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Jésus laisse soupçonner,
dès le début de sa réponse,
non seulement qu'il est difficile d'entrer dans le
Royaume, mais que ses auditeurs devront lutter (v.
24), qu'ils seront même exclus du Royaume en
grand nombre (v. 25).
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25
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Ils arriveront trop tard. Ils n'ont pas
su entrer au bon moment: quand Jésus est
venu leur annoncer le Royaume, ils l'ont
rejeté (la scène de Nazareth est
typique, à cet égard, Lc
4,16-30).
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26
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Le fait d'être contemporain du Christ ou
du même pays, tout comme les liens du sang,
ne dispense pas des exigences de la conversion
(8,21; 11,28).
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27
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Le fait d'avoir entendu la prédication de
Jésus (8, 1; 10, 1; 13,22) ou d'être
fils d'Abraham ne pèse pas lourd
à côté de ce verdict:
« Vous faites le mal » (Ps 6,9;
Rm 2,17-19); il fallait entendre et mettre en
pratique la parole de Jésus (Lc 6,46-49;
Mt 25,31-46).
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28
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Après avoir donné les raisons pour
lesquelles Israël sera rejeté (vv.
25-27), Jésus décrit la
déception terrible que connaîtra
à la porte du Royaume l'Israël qui aura
rejeté l'appel à la conversion. Cet
Israël pleurera de colère et de
révolte; il en grincera des dents, lui qui
croyait que des droits particuliers lui donneraient
accès au Royaume. « Tout
Israël aura part au monde à
venir », enseignaient les rabbins. - De
l'extérieur, ceux qui ne peuvent entrer
verront à la table du banquet messianique
(Is 25,6-8) les patriarches et les
prophètes. Ces malheureux pourront juger de
leur propre malheur. - De plus, ils verront arriver
de partout les peuples païens qui entreront,
eux, dans la salle du banquet (les prophètes
avaient prédit ce renversement des choses:
Is 2,2-3; 49,12; Mi 4,1-2).
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31
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Il est possible que les pharisiens, que Luc a
identifiés comme adversaires de
Jésus, veuillent lui tendre un piège
en le forçant à quitter la
Galilée, territoire d'Hérode, pour
aller se réfugier en Judée, une
région où ils sont plus influents. Il
se peut aussi qu'Hérode ait vraiment voulu
se débarrasser de ce prédicateur
gênant, et que la démarche des
pharisiens soit bienveillante.
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32-33
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Jésus s'en va de fait à
Jérusalem; mais ce n'est pas une
fuite. Jésus reçoit d'un autre
que d'Hérode ses directives. Il a
reçu la mission d'annoncer la bonne
nouvelle aux pauvres, esclaves du démon
ou de la maladie (4,18); il l'accomplira où
et quand il le doit (13,33). - Le
troisième jour, c'est fini pour moi,
c'est-à-dire: « Je serai
accompli », selon une formule passive
signifiant que Dieu portera à son terme la
mission de Jésus dans la mort (vv.
31b.33b). Et cette mort doit avoir lieu
à Jérusalem (Jésus est un
prophète: 4,24-27; 7,16.39;
24,19).
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34-35
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Cette parole, qui suppose un ministère de
Jésus à Jérusalem, montre que
le récit continu (1,3) de Luc ne suit pas
nécessairement l'ordre des
événements. En
déplaçant ce texte longtemps avant
l'arrivée à Jérusalem, Luc
veut déjà rendre son lecteur
conscient du drame qui va se dérouler.
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35
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Votre maison vous sera laissée. La
tournure passive invite à comprendre:
« Dieu abandonne votre
maison », c'est-à-dire le Temple.
C'est une allusion à la destruction de
Jérusalem. Dans le contexte qu'elle
reçoit chez Luc, la deuxième partie
du verset n'est pas claire. On pourrait penser
qu'il s'agit de la conversion future des Juifs: ils
ne « verront » plus (10,23
note) jusqu'à ce qu'ils reconnaissent en
Jésus « celui qui vient au nom du
Seigneur », le Messie. - Une pareille
perspective de la conversion finale des Juifs, qui
se présente à la fin d'un chapitre
où il est fait état de leur refus du
Christ, serait bien dans la ligne de la
pensée de Paul (Rm 9-11), dont Luc
était un compagnon. Voir Ps 118,26.
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