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1-6
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Une large section du chapitre (vv. 1-24) est
polarisée par le thème du repas: on
entre pour prendre un repas (v. 1); on choisit sa
place (v. 7); on parle de donner un dîner
(vv. 12-16); on évoque le repas qui sera
servi dans le Royaume de Dieu (v. 15). - Ce
n'est pas la première fois qu'on
épiera Jésus. Déjà on
l'avait fait à la synagogue « pour
voir s'il ferait une guérison le jour du
sabbat » (6,7). Luc rapporte une
scène typique où l'on envoie vers
Jésus des espions qui joueront aux
justes, qui questionneront Jésus pendant
qu'on le surveillera afin de le prendre en
défaut (20,20-26). Après que
Jésus les eut attaqués durement,
scribes et pharisiens avaient entrepris de le
guetter pour s'emparer d'un de ses
propos (11,54).
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3
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Comme en Le 13,12, Jésus prendra
l'initiative de guérir le malade. Il en
profitera aussi pour confondre ses adversaires.
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4
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Le silence des pharisiens ou de leurs
conseillers légistes (7,30; 10,25; 11,45-46)
s'explique surtout par le fait qu'ils ont peur de
perdre la sympathie des témoins du miracle
(13,17).
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5
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Des manuscrits parlent d'âne ou de
brebis (voir 13,15; Mt 12,11), plutôt
que de fils. Des copistes jugeaient
peut-être incongru de mentionner côte
à côte le fils et des animaux.
Peut-être étaient-ils conduits par
certains textes qui réunissaient l'âne
et le boeuf (Dt 5,14; 22,4; Is 32,20; Lc
13,15).
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6
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Sans grande humanité, les pharisiens
faisaient passer avant la guérison d'un
malade le respect du repos sabbatique. Le
légalisme (Mt 9,11.13; 12,2.7; 15,1-9)
reléguait ainsi au second rang l'amour du
prochain, l'un des deux commandements qui
résument la Loi et les prophètes (Mt
22,40; Lc 10,27).
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8
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Dans la bouche de Jésus, cette consigne
est une invitation à l'humilité et
vise les pharisiens (18,11-13) et les scribes
(20,46).
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9
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Dieu sait combien les gens haut gradés
aiment arriver à la dernière minute
(ou en retard) aux réunions! La honte
de celui qui devra leur rendre leur siège
n'en est que plus manifeste
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11
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Il s'agit du jugement de Dieu, comme les
formes passives le laissent entendre: Dieu
abaissera l'orgueilleux; Dieu
élèvera les humbles, lors du
banquet qui marquera l'ouverture du Royaume, selon
l'attente messianique du temps (Is 25,6; voir Mt
26,29; Lc 14,15-24; 22,30).- Celui qui
reconnaît sa propre faiblesse se montre
accueillant lorsque Dieu lui offre le don du salut.
Aussi Dieu a-t-il un faible pour les humbles, comme
le chante le Magnificat (Lc 1,48-52). Paul
remarquera que les Corinthiens qui ont
reçu l'appel de Dieu et qui l'ont bien
accueilli ne sont pas ceux que les hommes regardent
comme sages, puissants ou honorables (l Co 1,26).
L'échelle des valeurs, dirait-on, qui
oriente les choix de Dieu n'est pas celle du monde
présent (1 Co 1,28).
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12
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Jésus évoque la tendance si
courante à inviter pour un repas ceux qui
pourront rendre la politesse à leur
hôte de la veille. C'est un échange de
faveurs. Il n'y a rien de mal à se comporter
ainsi; mais on en reste au niveau naturel, sans
faire appel à quelque motivation qui tienne
de la vie de foi. Les pécheurs et les
païens en font autant (Mt 5,47; Lc
6,32-34).
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13
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À la place des invités qui
inviteront à leur tour (v. 12),
Jésus suggère de choisir un lot de
gens qui ne pourront que payer de reconnaissance ou
d'affection leur hôte. Celui-ci
témoignera alors d'un
désintéressement inspiré par
des vues de foi. - Il n'est pas sans
intérêt de rappeler qu'aveugles et
boiteux n'avaient pas accès au Temple, selon
2 S 5,8 (LXX). Nombreux étaient les infirmes
exclus du service du Temple (Lv 21,17-23), de peur
qu'ils ne profanent le sanctuaire et son
contenu (Lv 21,23). Jésus est venu
apporter une bonne nouvelle à ces
gens-là (Lc 4,18). Celui qui leur
témoignera des égards imitera le
Christ.
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14
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Cela te sera rendu, c'est-à-dire
Dieu te le rendra. - Quand Jésus
parle de la résurrection des justes,
il n'exclut pas la résurrection des
pécheurs, dont parlait
déjà le prophète Daniel: les
uns ressusciteront pour la vie
éternelle, les autres pour
l'opprobre, pour l'horreur éternelle (Dn
12,2). Comme il s'agit de récompense (Dieu
rend à l'hôte son geste
généreux), Jésus ne parle que
de la résurrection des justes.
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15-24
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À propos du repas du Royaume de
Dieu, Jésus annonce à l'avance
que les premiers invités se
récuseront, mais que les gens rejetés
par le judaïsme officiel (infirmes et
païens) empliront la salle.
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18
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La décision de suivre le Christ
entraîne des ruptures pénibles
(5,33.39; 9,23.57-61; 12,51-53). « Les
soucis, la richesse et les plaisirs de la
vie » (8,14) peuvent faire obstacle
à cette décision.
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20
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Les invités ne témoignent aucune
hostilité à l'endroit du messager ou
de l'hôte. Les vignerons meurtriers seront
plus rudes (20,15). Les invités sont
simplement occupés; « les soucis,
la richesse et les plaisirs de la vie »
prennent toutes leurs énergies (8,14).
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21
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Même énumération qu'en
14,13: ce qui est demandé aux
chrétiens, c'est d'imiter Dieu
lui-même (6,36), dont la
préférence se porte sur les petits et
les pauvres (1,46).
Le maître de maison est en colère
parce que ses invités font défaut
à la dernière minute: il comptait sur
eux, tout comme Jésus pouvait compter sur
l'accueil des chefs d'Israël quand il
proclamait que les Écritures (si bien
connues par ces gens) s'accomplissaient en lui
(4,21).
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23
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Il ne sera jamais question de forcer quelqu'un
à la foi. Il s'agit ici d'une insistance,
peut-être inspirée par le fait que
certains n'osent pas croire qu'ils sont vraiment
invités. C'est un aspect qui reviendra quand
il s'agira d'ouvrir l'Église aux non-Juifs,
qui n'avaient aucun droit à y entrer.
Le Dieu de Lue est préoccupé du salut
de tous les hommes (2,14 note; 2,25 note; 3,1
note).
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25-33
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Voici un autre des contrastes que Luc multiplie
dans son évangile: si l'invitation à
entrer dans le Royaume est un don de Dieu,
cet appel n'en comporte pas moins de grandes
exigences.
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26
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Comme l'a bien compris Matthieu (10,37),
« haïr » est une
expression sémitique qui signifie
« aimer moins ». Luc, qui tient
à rappeler à ses lecteurs les
exigences de leur état, n'a pas eu peur de
rendre littéralement le terme
araméen. Nous avons déjà vu
(12,51; 14,20) que l'attachement à la
famille pouvait être un obstacle à la
fidélité de certains
chrétiens. Lue ajoute qu'il faut même
être prêt à risquer sa propre
vie pour le service de Jésus, si l'on veut
être son disciple.
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28-32
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Il y a plusieurs façons d'être
disciple de Jésus. Il invite tous ses
auditeurs à se convertir,
c'est-à-dire à laisser la vie de
péché pour se soumettre à la
volonté de Dieu que la foi leur
révèle. Cette vie exigera, par
exemple, la pratique de la charité
fraternelle, le respect de la justice;
déjà le Baptiste le demandait
à ceux qu'il baptisait (Lc 3,10-14).
Jésus appellera à une telle vie de
disciple quand il s'écriera:
« Convertissez-vous et croyez à la
bonne nouvelle » (Mc 1,15). Cette
invitation est adressée à tous les
hommes, car Jésus désire les
sauver tous (Lc 2,30-31; Jn 3,17; 4,42). -
Par ailleurs, Jésus a voulu s'associer
certains disciples d'une manière exclusive
et définitive (Lc 6,12-16), pour qu'ils se
consacrent aux ministères que lui-même
remplit (Me 3,14-15). De la part de tels
disciples qu'il appelle à mener une
vie consacrée aux intérêts du
Royaume, ou qui prennent l'initiative de venir vers
lui avec l'intention de le suivre partout
où il ira (Lc 9,57), Jésus
demande davantage. Qu'ils s'assoient et
considèrent s'ils acceptent les
conditions de l'engagement, à commencer par
le renoncement à tous ses biens.
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33
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Luc va revenir sur cette exigence, surtout au
chapitre 16.
Dans certains récits de vocation, seul
Luc parle de tout abandonner (5,28; 18,22).
Il est également plus sensible que Matthieu,
par exemple, à la pratique de la
pauvreté qui implique la
privation de biens, et non seulement une
attitude intérieure de détachement
à l'endroit des biens matériels, ce
qui est la pauvreté d'esprit
(comparer Mt 5,3 et Lc 6,20).
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34-35
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Il ne faut pas qu'avec le temps les
chrétiens s'affaiblissent, deviennent
tièdes dans leur réponse à
l'appel de Dieu. C'est pour le signifier nettement
que Luc a placé ici cette courte
parabole.
Par leur vie de foi, les disciples de
Jésus rappellent aux autres hommes
l'existence et le primat des valeurs spirituelles
que révèle l'Évangile. Ils
constituent, par la grâce de Dieu, un appel
à vivre d'une manière plus noble et
plus spirituelle.
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