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1-3a
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Le Nouveau Testament appelle scandale
toute réalité qui fait tomber
le croyant ou une personne qui vient en contact
avec l'Évangile. Est scandaleux ce qui peut
faire sous-estimer, mal comprendre ou rejeter les
valeurs évangéliques. C'est
« une personne, une parole, une action,
un organe, un événement, quelque
chose; c'est un piège. La croix de
Jésus est l'obstacle par
excellence » ou le scandale par
excellence (1 Co 1,23; Ga 5,11) (X.
Léon-Dufour). - Le scandale dont
parle Lc 17,1-3a est un acte moralement mauvais que
pose un agent responsable et qui est susceptible
d'enlever la foi ou de conduire au
péché de quelque façon. Ainsi,
un riche chrétien qui ferait publiquement
profession de foi et qui, en même temps,
vivrait d'une façon égoïste
comme l'homme riche de la parabole (16,19-31), en
refusant tout secours aux pauvres, serait une
occasion de scandale: son comportement pourrait
inciter les gens à mal juger ou à
rejeter la foi dont ce mauvais riche ferait
profession.
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2
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Les petits sont ici les gens sans
ressources matérielles ou autres. Ils
peuvent plus difficilement que d'autres personnes
éviter la pierre d'achoppement qui fait
tomber; ils sont trop impressionnables; ils ont un
esprit critique insuffisant ou des connaissances
trop limitées pour résister aux
suggestions que le scandale en question
pourrait faire naître.
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3b-4
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Le frère dont il s'agit
désigne tout membre de la communauté
des croyants, mais encore tout homme avec lequel on
entre en contact, comme dans la parabole du bon
Samaritain (Lc 10,29-37). - Il importe de
réprimander d'abord le coupable, pour
qu'il prenne conscience de sa faute et se repente.
La charité ne supprime pas la règle
morale. - Si son frère se repent, qu'on lui
pardonne, et cela indéfiniment. Le chiffre
sept contient les idées d'abondance,
de plénitude, d'intensité ou de
fréquence (Gn 4,15; Lv 26,19; Mc 16,9; Ap
1,4.11-12.20).
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5-6
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Les apôtres reconnaissent que la naissance
et la croissance de la foi sont un don de
Dieu (Rm 3,27; 4,2.5; Ep 2,8-9). Jésus leur
rappelle la puissance de la foi, qui a la force de
Dieu. Qui penserait à déraciner l'un
de ces sycomores, dont les racines vivent
jusqu'à six cents ans, pour le transplanter
dans la mer? Une foi même minuscule accomplit
sur le plan spirituel des choses comparables.
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7-10
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Jésus parle de l'attitude que l'homme
doit avoir devant Dieu: peut-on avoir un
droit strict à recevoir de Dieu un
salaire, fût-ce celui de sa
reconnaissance (v. 9)? Jésus
répond en rappelant les rapports qui avaient
alors cours entre maître et serviteur. Il
était normal que le serviteur, même
fatigué par le travail des champs (v. 7),
prépare d'abord le repas du maître et
mange ensuite à son tour (v. 8b). Ce
serviteur respecte tout simplement son contrat. Il
n'a droit à aucune reconnaissance
spéciale, selon l'opinion commune des gens.
- Sans vouloir approuver de telles moeurs, ou
décrire le comportement du Père
céleste, Jésus enseigne que l'homme
est devant Dieu comme un serviteur sans droits
spéciaux dont il pourrait imposer à
Dieu le respect.
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10
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Chez Luc, Jésus insiste souvent sur le
caractère désintéressé
que le chrétien doit donner à ses
actes (6,32-35 et 14,12-14).
Paul parlera du Dieu qui nous a
créés et qui nous a
préparé des actions à faire
(Ep 2,10), qui commence et achève en nous
son oeuvre (Ph 1,6). Que pourrions-nous
réclamer comme salaire dû en
toute rigueur? « C'est Dieu qui fait en
vous et le vouloir et le faire selon son dessein
bienveillant » (Ph 2,13).
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11-19
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L'identification du Samaritain est
introduite brusquement au v. 16, puis l'idée
de la reconnaissance domine les versets suivants.
Seul un étranger eut assez de
foi pour reconnaître et confesser la
bonté de Dieu. La louange adressée au
Samaritain devenait un blâme
sévère à l'endroit
d'Israël.
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11
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Par ce rappel du voyage de Jésus vers
Jérusalem (9,51 note), Luc ramène le
lecteur au coeur d'une mission qui s'achemine vers
la ville où il recevra des siens, en
guise de reconnaissance pour toutes les
guérisons accomplies parmi eux, la
croix (23,23). - La mention de
Jérusalem offrait surtout l'occasion de
nommer la Samarie que Jésus
traversait et, ainsi, de présenter un
Samaritain au coeur du récit
(17,16).
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12
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Les lépreux étaient
regardés comme des pécheurs
frappés de Dieu. Ils devaient habiter
à part (Lv 13,46), éloigner d'eux
les passants en criant: « Impur,
impur » (Lv 13,45). Le jour où ils
étaient guéris, ils devaient demander
au prêtre de les réintroduire dans la
communauté cultuelle et sociale; ils
offraient aussi un sacrifice spécial pour le
péché (Lv 13-14).
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13-14
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L'appel à la pitié exprimait
déjà la foi des lépreux. Le
fait qu'ils aillent se montrer aux prêtres
sans avoir entendu de la part de Jésus
une seule parole de guérison témoigne
encore de leur foi. Aussi seront-ils
purifiés en cours de route.
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15-16
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La foi du Samaritain va plus loin: il
reconnaît l'oeuvre de Dieu; il se
prosterne aux pieds de Jésus.
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17-19
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On songe à certains non-Juifs qui donnent
des leçons à Israël: la
Cananéenne (Mc 7,24-30), le centurion (Le
7,1-10), le bon Samaritain (Lc 10,30-37),
l'officier royal de Cana (Jn 4,46-54).
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20
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La question qui était très
répandue chez les Juifs fut sans doute
reprise par certains chrétiens:
« Si le Christ est ressuscité et
si Dieu a répandu son Esprit, comment se
fait-il que le Règne ne soit pas encore
arrivé? » Luc répond que le
Règne de Dieu ne se laisse pas percevoir
comme un astre dont on pourrait observer
l'apparition. - De fait, la venue du Royaume de
Dieu est liée à la personne de
Jésus: il accomplit la bonne nouvelle du
Royaume (Lc 4,18-21); il manifeste par ses
exorcismes et ses miracles que le Royaume est
arrivé jusqu'à nous (Lc 11,20);
lors de sa venue, à la fin des temps,
Jésus viendra comme Seigneur établir
en plénitude le Royaume (1 Co 15,24).
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22
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Ce verset introduit le discours sur la
manifestation glorieuse du Christ. Au-delà
des disciples, Luc vise la communauté
chrétienne, inquiète du retard de
cette manifestation glorieuse.
Le Royaume de Dieu viendra (v. 20) lors
du jour du Fils de l'homme. La venue de ce
grand Jour sera soudaine; peu de personnes
échapperont à leur perte (vv.
27-29).
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23-24
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Le retour du Fils de l'homme sera aussi soudain,
visible et éclatant de gloire, qu'un
éclair qui traverse le ciel.
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25
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Auparavant devra venir la Passion, où
Jésus - le Fils de l'homme - connaîtra
la souffrance et le reniement des hommes.
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26-27
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La génération de Noé (Gn
7,1-6) était accaparée par
« les soucis, la richesse et les plaisirs
de la vie » (Lc 8,14).
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26
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La communauté doit continuer de vivre
fidèlement selon les exigences de la
conversion, même si le monde extérieur
laisse l'impression que rien ne se produira. Car
lorsque poindra « le Jour où le
Fils de l'homme se
révélera » (v. 30), il sera
trop tard pour se convertir.
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28-29
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Aux jours de Lot (Gn 18,16-19,29), on ne
fut pas moins surpris qu'aux jours de Noé.
L'histoire ne leur avait pas profité.
Même effet de saisissement; même
résultat terrifiant: « Une pluie
de feu et de souffre les fit tous
périr. » C'est le jugement par
le feu (3,16).
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30
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Le Fils de l'homme exercera la fonction
d'un juge terrible, en ce Jour dont la venue est
imprévisible. Un tel tableau était de
nature à graver dans les imaginations les
enseignements de Jésus touchant l'urgence de
se convertir (13,9), l'administration fidèle
des biens confiés à chacun
(12,41-44), la vigilance du serviteur toujours
prêt pour le retour du maître et la
reddition des comptes (12,19-21.35-48), la ligueur
du jugement à subir (12,58-59).
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31-33
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Celui qui sera surpris par ce Jour alors qu'il
est détaché des soucis et des
richesses de ce monde (12,22-34) échappera
au fléau. Heureux celui qui se sera enrichi
en vue de Dieu (12,21)!
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32
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La femme de Lot eut le malheur de
« regarder en arrière »
(Gn 19,26) pendant que Sodome et Gomorrhe
étaient ravagés. Elle ne plut pas au
Seigneur. Ainsi du disciple qui regarde en
arrière (Lc 9,62).
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34
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Pris, c'est-à-dire accueilli et
sauvé; l'autre, qui est laissé
là, dans la catastrophe.
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35
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Certains manuscrits portent un v. 36 qui se lit
ainsi: « Deux hommes seront dans un
champ; l'un sera pris et l'autre
laissé. » Nous ne retenons pas ce
verset, parce qu'il est absent d'un bon nombre
d'excellents manuscrits. Des copistes ont
probablement introduit le verset en question sous
l'influence de Matthieu 24,40.
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37
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Cette parole obscure semble dire que personne ne
peut échapper à ce jour de jugement,
pas plus que des cadavres ne peuvent
échapper en Orient aux oiseaux de proie qui
s'en nourrissent.
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