|
1-10
|
Comme la guérison de l'aveugle
(18,35-43), la conversion de Zachée montre
en Jésus le sauveur (18,42; 19, 10)
à l'oeuvre, qui va à la
recherche de la brebis perdue (15,4; 18,40;
19,5). - D'autre part, on voit en Zachée un
converti modèle. Mû d'abord par un
simple désir de voir Jésus par
curiosité, il accueille comme un
enfant (18,17) l'appel de Jésus, sans
poser de question; puis il se détache d'une
large partie de ses biens (18,22).
|
|
2
|
Jéricho était un centre douanier
important qui donnait accès à
l'Arabie. - Les douaniers pouvaient ajouter aux
taxes exigées par l'État, pour se
constituer des revenus personnels. Ainsi
s'expliquent la richesse et parfois la
malhonnêteté de certains
douaniers.
|
|
5
|
Il faut que Jésus aille chez
Zachée plutôt qu'ailleurs. C'est pour
cela que Dieu l'a envoyé (v. 10; 4,43).
Jésus va au devant de Zachée, en
interprétant et en faisant évoluer
ses dispositions secrètes. Jésus
appelle un riche (18,22). Zachée
répondra à cet appel avec une
spontanéité d'enfant; il en
éprouvera la joie du converti (Ac 8,8).
|
|
7
|
Réaction déjà
observée en 15,2.
|
|
8
|
Zachée pose aussitôt un geste qui
répondra au scandale
qu'éprouve la foule devant l'attitude de
Jésus (5,30; 7,23; 15,2). Il n'est plus le
pécheur qu'on pense: il donne la preuve de
sa conversion. Alors que la Loi demandait de rendre
à la personne qu'on avait
lésée cent vingt pour cent de la
somme dont on l'avait privée (Lv 5,20-26; Nb
5,6-7), Zachée en donnera quatre cents pour
cent. De même, le don de la moitié de
sa grande richesse en aumônes montre
jusqu'à quel point il se détache de
ses biens (Lc 16).
|
|
9
|
Aujourd'hui: voir 2,11 et 4,21.
Zachée est un fils d'Abraham (13,16),
membre du vrai peuple de Dieu. C'est une fois de
plus le thème lucanien de l'aujourd'hui
où le messie se manifeste et
sauve (2,11; 4,21; 5,26; 13,32; 23,43). -
Toute la famille de Zachée reçoit le
salut, comme il arrive souvent dans l'Église
primitive (Ac 10,2; 11,14; 16,15.31; 18,8; 1 Co
1,16).- Bien que collecteur d'impôts
(profession qui l'excluait de la secte des
pharisiens), Zachée n'en est pas moins un
fils d'Abraham, qui est appelé au
salut.
|
|
11-27
|
L'approche de Jérusalem réveille
l'attente d'un messianisme triomphal. Les disciples
n'ont pas encore compris les annonces de la Passion
(18,34). Jésus leur décrit, à
l'aide d'une parabole transparente, le jugement
auquel seront soumis tous les disciples.
|
|
12
|
Dans des perspectives qui rappellent 12,35-48 et
16,10, Lue se sert de cette parabole pour que les
lecteurs s'y reconnaissent. Le Christ est parti (au
ciel) pour recevoir la royauté. Il en
reviendra pour juger (2 Tm 4,1). En
attendant, la communauté de ses disciples a
une tâche à remplir, une
responsabilité dont elle doit s'acquitter
dans le monde.
|
|
13
|
Une mine représente environ 3 500
dollars. Il en fallait 60 pour faire un talent,
c'est-à-dire environ 200 000 dollars (Mt
25,15).
L'allégorie continue de se
développer. L'homme de haute
naissance décrit tantôt (v. 12)
est sans doute Jésus. Il se rendra dans un
pays lointain: il ira s'asseoir à la
droite de Dieu (Ps 110,1; Lc 22,69), pour y
être proclamé Seigneur de
l'univers (Ph 2,9-11). Il reviendra juger les
vivants et les morts (2 Tm 4,1).- Maintenant,
tous les disciples de Jésus apparaissent
derrière les serviteurs auxquels le
« prétendant au
trône » distribue de petites sommes
d'argent à faire fructifier. Il est
significatif qu'il s'agisse de petites sommes:
Jésus demandera la fidélité
dans l'administration de petites choses; sur cette
fidélité accessible à tous les
disciples sera fondé son jugement
(16,10-12). Les disciples disposent d'un certain
temps qui s'étendra entre le départ
prochain et le retour du maître, pour bien
administrer l'argent qui leur est confié:
ils n'en sont pas les propriétaires, mais
les administrateurs; ils auront des comptes
à rendre.
|
|
14
|
Tout Jérusalem demandera à Pilate
que soit crucifié le « roi des
Juifs » (23,21.38).
|
|
15-27
|
Même s'il est rejeté parmi les
hommes, Jésus sera proclamé roi, puis
il viendra juger ses sujets. - Lors de ce retour
(c'est la parousie du Christ aux derniers
temps), la justice sera exercée avec
rigueur. Chacun sera jugé d'après ses
actes; chacun rendra compte de la façon dont
il aura fait fructifier le bien confié
à ses soins.
|
|
20
|
C'est autre chose qu'une stricte observance de
la Loi que le Christ demande. L'opposition entre le
riche notable et Zachée l'a montré
(18,21 et 19,8). La menace d'un jugement
sévère plane sur les chrétiens
qui vivraient leur foi en se repliant sur
eux-mêmes, en oubliant qu'elle doit les
mettre au service du monde, en particulier des plus
pauvres.
|
|
22
|
L'attitude du maître est décrite en
termes durs. L'heure est à la justice.
À chacun reviendra ce qui lui est dû
en vertu de son comportement de bon ou de mauvais
administrateur. - Les invités qui ont
refusé au moment opportun l'invitation
reçue (14,17.18-20) seront témoins de
la colère (14,21) du maître de
maison. - Alors que les bons administrateurs se
verront associer à la gérance du
Royaume (12,32; 22,30), les autres se verront
priver même du bien qui leur avait
été confié.
|
|
23
|
Le maître fait allusion au profit minimum
qu'on aurait pu tirer de son argent. - Si le bien
suprême confié au disciple de
Jésus est l'amour, un dynamisme
incroyable devrait animer cet homme. L'amour n'a
pas de limites; il donne sans compter; il n'a
jamais fini de répondre à l'amour de
Dieu. Le disciple de Jésus devra aimer
jusqu'à l'extrême, comme
Jésus lui-même le fit (Jn 13, 1;
15,12).
|
|
24-26
|
On ne voit pas pourquoi le maître
laisserait au serviteur inactif le bien qu'il n'a
pas su faire fructifier.
|
|
27
|
Ce verset dur fait peut-être allusion
à la destruction de Jérusalem, dont
il sera souvent question dans la section
suivante.
On se rappellera qu'Archélaüs, fils
d'Hérode le Grand, s'était rendu
à Rome pour être couronné roi
de Judée, en l'an 4 avant notre ère.
Une délégation se rendit à
Rome pour s'opposer à cette nomination.
Archélaüs fut terrible quand il revint
comme ethnarque de Judée.- Le v. 27
constitue un lien entre le début de la
parabole (vv. 12-14) et la scène suivante
(vv. 28-40), où le
« prétendant au
trône » fait une entrée
triomphale qui annonce déjà la
royauté qu'il exercera lors de son retour
(vv. 12-13).
|
|
28
|
Ici s'achève la seconde partie de
l'évangile de Luc (9,51 note). La mission de
Jésus atteindra bientôt son
dénouement.
La partie suivante de l'évangile
comprendra trois sections où le sort de
Jésus sera étroitement lié
à l'histoire de Jérusalem: a. les
événements entourant l'entrée
de Jésus à Jérusalem
(19,28-48); b. les entretiens et les discussions
qui eurent lieu à Jérusalem
(20,1-21,4); c. le discours apocalyptique
(21,5-38).
|
|
29-39
|
La préparation du cortège fournit
à Luc l'occasion de laisser voir la
prescience de Jésus, qui se manifestera de
nouveau dans les vv. 43-44. - L'âne
était une monture des rois (Gn 49, 11) qui
entraient dans une ville, au milieu de la joie
populaire. Salomon avait choisi cette monture, lors
de son sacre (1 R 1,38). Zacharie prêtait au
roi messianique la même monture (Za 9,9). -
La joie de la foule (Lc 19,37) était
de circonstance. Quand Salomon fut sacré
roi, le peuple « exultait
d'allégresse au point que la terre craquait
sous ses clameurs » (1 R 1,40).- Les
manteaux étendus sur le chemin sont
un honneur royal, que les serviteurs de
Jéhu, par exemple, s'empressèrent de
lui rendre dès qu'il leur apprit qu'il avait
été sacré roi (2 R 9,13).
Jésus était investi roi comme par
avance; c'était une annonce symbolique de ce
qui se produirait lors de sa résurrection,
où Dieu le ferait Seigneur et Christ
(Ac 2,36), où l'univers proclamerait que
« le Seigneur, c'est Jésus
Christ » (Ph 2, 11).
|
|
36
|
Luc présente l'entrée de
Jésus à Jérusalem comme le
cortège d'un roi ou d'un
général vainqueur. Les miracles
mentionnés au v. 37 apparaissent comme des
victoires. - Les principaux artisans de la
fête sont chez Lue les disciples de
Jésus (vv. 37.39). Eux seuls, en effet,
peuvent comprendre le sens des miracles et
reconnaître leur véritable roi (vv.
12.15.38; voir 23,2) dans le Christ qui mourra
bientôt.
|
|
38
|
Le début du verset est emprunté au
Ps 118,26. L'expression celui qui vient
désigne le messie (Lc 7,19; 13,35). - La fin
du verset reprend, en le modifiant, le chant des
anges (2,14).
|
|
39
|
Dernière mention des pharisiens chez Lue,
qui évite de les associer à la
condamnation de Jésus (13,31). L'attitude
nuancée de Luc par rapport aux pharisiens
s'explique peut-être parle fait qu'il
était un compagnon de Paul, lui-même
pharisien. Inversement, les pharisiens auront une
image très noire chez Matthieu (Mt 3,7
note).
|
|
40
|
En réponse au conseil peut-être
amical que lui donnent certains pharisiens,
Jésus prononce une parole
prophétique: Si vous rejetez la
présente proclamation de ma royauté,
leur dit en substance Jésus, vous attirez
sur vous le châtiment de Dieu, qui fera
crier les pierres en renversant
Jérusalem. Il en sera ainsi.
|
|
41
|
Luc distinguera soigneusement la ville et le
Temple. La ville est le lieu du rejet de
Jésus. À ce titre, elle est l'objet
de la lamentation de Jésus (13,33-35).
|
|
42
|
À la naissance de Jésus, les anges
chantaient: « Paix sur la terre aux
hommes que (Dieu) aime » (Lc 2,14). En
ce jour de l'entrée de Jésus,
où ses disciples chantent encore la paix
(19,38-39), Jérusalem refuse le porteur de
la paix: par l'intermédiaire des pharisiens
(19,39), elle rejette la royauté que
célébrait le cortège triomphal
de Jésus. Le même refus se
répétera jusqu'à la croix.
|
|
43-44
|
Le jugement viendra. Il touchera la ville
assiégée, détruite; il
affectera les personnes, qui seront
écrasées. Jérusalem n'a
pas su voir dans le passage de Jésus une
visite bienveillante du Dieu qui lui
apportait la paix, c'est-à-dire le salut.
Zacharie, le père du Baptiste, avait reconnu
cette visite (1,68.78); la foule des petites gens
l'avait également reconnue et
proclamée, après la
résurrection d'un jeune homme à
Naïn (7,16). Jérusalem croyait
voir: son péché demeure (Jn
9,41).
|
|
45-48
|
Jésus accuse les changeurs d'avoir fait
du Temple une caverne de bandits (Jr 7,11;
voir Is 56,7). Il n'insiste pas sur ce fait. - Un
élément nouveau est apporté:
Jésus enseigne dans le Temple chaque
jour, comme il le faisait jusqu'ici dans le
pays environnant (4,43-44; 5,12; 8, 1; 9,6; 13,22).
- Luc parle du peuple en employant le terme
grec (laos) qui sert à
désigner le peuple de Dieu (Ac 4,10;
13,17). Auparavant, il parlait surtout de la
foule (ochlos) (Lc 12,1.13.54; 13,14.17 ...
).
|
|
48
|
Luc distingue encore plus soigneusement
qu'auparavant (6,12; 7,29; 13,14) le peuple et ses
dirigeants. Chez Luc, ce sont les dirigeants qui
seront responsables de la mort de Jésus.
Soulignant leur lâcheté, Luc dira
qu'ils ont peur du peuple (20,6.19; 22,2). Le
peuple, lui, est proche de ce Jésus qui
l'enseigne (20,1; 21,38); il sera même
affligé par la mort de Jésus
(23,48).
|
|