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1
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On retrouve les trois catégories de
membres du sanhédrin (9,22; Mc 8,31
note).
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2
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Quel comportement de Jésus intrigue les
chefs juifs? Chez Luc, l'enseignement de
Jésus est mis en évidence.
L'expulsion des vendeurs du Temple entre en ligne
de compte, de même que l'entrée
« messianique » à
Jérusalem et, en définitive, toute
l'activité que Jésus déploie
depuis longtemps sur le territoire juif
(prédication et miracles). Au-delà de
la question touchant l'autorité de
Jésus, il y a la question fondamentale sur
l'identité de Jésus:
« Qui es-tu? » Elle sera
clarifiée au cours de la Passion (22,67;
23,3).
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4
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Jésus se montrait habile en amenant les
chefs juifs à prendre position devant le
peuple, à propos du baptême de
Jean que le peuple avait accepté et que
pharisiens et légistes avaient
refusé (3,21; 7,30). Reconnaître que
le baptême de Jean venait du ciel,
c'est-à-dire de Dieu, c'était
accepter le témoignage de Jean sur
Jésus (3,16-18). - La question de
Jésus (v. 3) laissera voir surtout si les
chefs juifs étaient prêts à
comprendre la réponse que Jésus
pourrait leur fournir au sujet de sa propre
autorité.
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5-7
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Les ennemis de Jésus
révèlent le fond de leur coeur: ils
n'ont qu'un but, protéger leurs
intérêts personnels. Le pouvoir leur
tient plus à coeur que la
vérité. Jésus mettait en cause
l'autorité qu'ils exerçaient sur le
peuple; son sort était décidé
dès cet instant. - La sympathie que
Jésus et le Baptiste trouvaient dans le
peuple apparaît nettement. Mais tout cela est
bien fragile. Un sentiment (fût-ce
l'exaltation messianique) doit reposer sur des
convictions éclairées.
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9-19
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Cette parabole est fortement
allégorisée. Elle est si transparente
que le peuple et les chefs juifs (vv. 16b.
19) la comprirent bien. - Le texte a pour
objet l'histoire des rapports de Dieu avec
les chefs spirituels d'Israël. - La
portée de la parabole est
considérable. D'abord, Jésus
répond à la question que lui posent
les chefs juifs: « Par quelle
autorité fais-tu cela? » (v. 2).
Jésus se présente sous les traits du
fils bien-aimé (v. 13; voir 3,22;
9,35) que le maître de la vigne,
c'est-à-dire Dieu, envoie vers les
vignerons que sont les chefs spirituels
d'Israël. Son autorité est
fondée. De plus, la parabole met à nu
la méchanceté et la mesquinerie (v.
14) des chefs d'Israël.- Jésus annonce
pour la première fois devant le peuple (v.
9) le type de mort qu'il connaîtra (v. 15).-
Les événements qui suivront la mort
de Jésus sont esquissés: la ruine de
Jérusalem (v. 18), la transmission de la
vigne - le Royaume de Dieu - à d'autres
vignerons que les chefs d'Israël (v.
16). Jésus sera la pierre angulaire
sur laquelle s'édifiera un autre
« peuple de Dieu », que Sera
l'Église (v. 17b). - Le résultat
qu'atteignait Jésus est remarquable: il
instruisait le peuple et ses chefs spirituels sur
les événements dont ils seront les
héros et les victimes; il créait une
situation où se dévoileraient les
coeurs (vv. 16b.19).
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14-15
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Après avoir tué les
prophètes et lapidé les
envoyés de Dieu (Lc 13,34), les chefs
d'Israël tueront le fils unique de Dieu
(20,13). Ils le feront pour leur
intérêt personnel: ils voudront
s'approprier la vigne en éliminant l'unique
héritier. De fait, scribes et pharisiens se
comportent déjà comme des
propriétaires de la vigne d'Israël. -
Tué hors de la vigne, Jésus
apparaît comme la victime des sacrifices
offerts pour l'expiation du péché
(He 13,11-12; Lv 16,27). Le sens de la mort de
Jésus se trouve indiqué.
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16
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Le livre des Actes des Apôtres
montre comment les païens prennent en
charge le Royaume de Dieu (Ac 13,46; 18,6; 19,8-10;
28,28).
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17
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À l'aide d'une citation du Ps 118,22,
Jésus affirme que le plan de Dieu se
réalisera en dépit de ceux qui auront
tué son fils bien-aimé. Il y
aura d'autres bâtisseurs qui, sur le
fondement qu'est la personne de Jésus
crucifié, édifieront l'Église
(1 Co 2,2).
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18
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Cette parole rapportée seulement par Luc
reprend le thème de 2,34: le Christ est
salut pour ceux qui croient et condamnation pour
ceux qui refusent de croire. Ce thème sera
un des éléments majeurs de la
théologie de Jean (Jn 3,18-21). Quand
Jésus viendra, comme Seigneur des morts
et des vivants (Rm 14,9), exercer sa fonction
de juge, il brisera ses adversaires. Ceux qui,
dès maintenant, saisissent cette pierre
qu'est Jésus pour la rejeter se
briseront eux-mêmes (Is 8,14-15; Dn 2,44-45).
- Jésus proclame déjà des
jugements contre Israël et ses chefs
spirituels (Lc 20,16.18-19).
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19
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Scribes et grands prêtres auraient tout de
suite imité les vignerons qui voient venir
le fils bien-aimé (v. 13), si la peur
du peuple ne les avait de nouveau retenus (v. 6).
Ce n'est que partie remise.
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20-26
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Scribes et grands prêtres n'ont qu'un
objectif. traduire Jésus devant les
tribunaux romains, qui peuvent prononcer et
exécuter des condamnations à mort.
Tous les moyens, si fourbes soient-ils (v.
23), seront bons s'ils permettent de prendre
Jésus en défaut (v. 26).
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21
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Chez Luc, ce sont les scribes et les grands
prêtres (v. 19) qui posent la question
concernant l'impôt. Ils reprendront la
réponse de Jésus pour en faire le
principal chef d'accusation devant Pilate
(23,2).
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22
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Après la flatterie vient la question. Si
Jésus répond oui, il se met
à dos ce peuple qui vient d'exprimer avec
éclat son attente messianique (19,11), qui
avait sûrement pour objet la
libération des occupants romains (Si
36,1-22; Ac 5,36-37). Le mouvement
révolutionnaire des zélotes
alimentait une pareille aspiration populaire. -
Jésus répondra-t-il non? Alors
les autorités romaines le poursuivront
aussitôt.
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23-25
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L'habileté de Jésus fut de mettre
ses ennemis devant une pièce de monnaie
romaine. « Celui qui accepte une
pièce de monnaie et s'en sert
reconnaît implicitement la domination
de celui qui a fait frapper cette monnaie... et
donc, par voie de conséquence,
l'obligation de lui payer des
impôts » (A. Stöger).
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26
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Jésus a mis ses opposants dans
l'embarras. Non seulement il les a acculés
à répondre eux-mêmes à
leur question piégée, mais il leur a
donné un enseignement inattendu: il faut
distinguer le domaine de César et celui de
Dieu. Il enlevait à leur question tout
l'intérêt politique qu'ils voulaient y
mettre. De plus, il les obligeait à
définir ce qui est à Dieu.
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27-40
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Les sadducéens constituaient une secte
conservatrice, à l'intérieur du
judaïsme officiel. Les développements
de la révélation qui avaient pu
survenir après la formation du Pentateuque
rencontraient chez eux réticences ou refus.
Il en était ainsi de la doctrine de la
résurrection, pourtant
exprimée assez nettement dès le
début du deuxième siècle avant
notre ère (2 M 7,14; Dn 12,1-3): le martyre
des Maccabées avait été
l'occasion du développement de la
révélation sur ce point-là. -
La présente intervention des
sadducéens a pour but de ridiculiser la foi
en la résurrection des morts, en
présentant un cas grotesque. Si vraiment
Moïse avait cru en la résurrection des
morts, il n'aurait pu édicter une loi telle
que celle du lévirat (la loi qui obligeait
les beaux-frères à épouser la
femme de leur frère mort sans fils)
(Dt 25,5-10).
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28
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Citation libre de Dt 25,5. - Le but de cette loi
était de perpétuer le nom du
défunt (Dt 25,6) et, sans doute,
d'assurer la transmission de l'héritage dans
la famille. Dans le droit des débuts
d'Israël, seuls les fils
héritaient, comme en d'autres peuples
orientaux (Dt 21,15-17; Nb 27, 1-11; 36,6-9).
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34-36
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Jésus croit, comme les pharisiens et la
majorité du peuple juif d'alors, à la
résurrection des morts. Mais il ne
conçoit pas comme eux la vie des
ressuscités. Les pharisiens voyaient en
cette vie la somme de toutes les jouissances
terrestres, y compris celles de l'amour conjugal. -
Jésus révèle que les
ressuscités « ne prennent ni femme
ni mari » (v. 35b). En effet, les
ressuscités ne peuvent plus mourir
(Rm 6,9); il en est ainsi des anges. Le mariage
n'est plus nécessaire, dans la mesure
où il avait pour but d'assurer la
perpétuation du nom (Dt 25,6). De plus,
ressuscités à une vie toute nouvelle,
nous serons fils de Dieu (1 Jn 3,2; Rm
8,21): nous serons tous transformés
(1 Co 15,52); nous ressusciterons avec un corps
spirituel (1 Co 15,44). La vie divine alors
partagée par les ressuscités rendra
inutiles, voire impossibles, certaines
activités de la vie antérieure. - Ces
vues de Jésus enlèvent tout
intérêt à la question des
sadducéens. - Dans ces versets de Luc
(20,34-36), Jésus n'envisage explicitement
que les ressuscités qui seront
sauvés, ceux qui seront
égaux à des anges et fils de Dieu
(v. 36). La résurrection universelle
sera professée explicitement en d'autres
textes (Mt 25,32; Ap 20,11-15).
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37-38
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Le Dieu des vivants ne pourrait pas
être le Dieu des patriarches, comme le
dit Moïse en Ex 3,6, si ceux-ci, qui sont
pourtant morts, ne vivaient de quelque
façon, donc s'ils n'étaient
ressuscités.
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39
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Les scribes ne pouvaient que se réjouir
du fait que Jésus avait réduit au
silence leurs adversaires sadducéens.
Ceux-ci auraient pu toutefois observer que
Jésus ne partageait pas les idées des
scribes sur le genre de vie qui serait celui des
ressuscités. - On rencontre chez Marc une
autre scène où un scribe et
Jésus s'apprécient l'un l'autre (Mc
12,32-34).
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41
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Sur le titre Fils de David, voir 1,27.
Que le messie doive être Fils de
David, tout Israël le croyait. Lue a
souligné le fait que Jésus
était de descendance davidique (1,27.32.69;
2,4.11). Les évangiles attribuent souvent
à Jésus le titre de Fils de David
(Mt 9,27; 12,23; 15,22; 21,9.15; Lc 18,38-39).
C'est donc autant au sujet de sa propre personne
que de l'attente messianique prise en
général, que Jésus pose la
présente question, dans le contexte
évangélique.
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42-44
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Pourquoi Jésus cite-t-il le Ps 110,1? Ce
texte qui, selon la tradition juive, était
messianique ne peut contredire les autres textes,
également Parole de Dieu, qui
présentaient le messie comme un Fils de
David (1,27 note). Une anomalie force à
réfléchir: comment le messie est-il
à la fois fils et seigneur de David? Le
messie serait-il supérieur à David et
partagerait-il tous les pouvoirs et même la
vie du Seigneur qui le fait asseoir à sa
droite? C'était soulever des questions
que seule la résurrection de Jésus
résoudra. L'Église primitive
réfléchira et comprendra la situation
de Jésus, à la fois Fils de David et
Seigneur universel (Rm 1,3-4; Ac 2,29-36; Ph
2,6-11).
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45-47
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On lit en 11,37-54 une attaque semblable
tournée contre les pharisiens et les scribes
(11,39-44). Il était difficile de
stigmatiser plus durement la vanité, la
cupidité sans merci, enfin
l'égoïsme foncier des scribes, pour la
plupart membres de la secte des pharisiens. Ces
maîtres de la vie religieuse en Israël
tournaient tout à leur avantage, y compris
les réunions cultuelles et les
prières (Mt 6,5). Ils plastronnaient.
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