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1-4
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Luc simplifie cette scène qu'il reprend
de la tradition; il souligne davantage l'opposition
entre les gens riches et la pauvre veuve. Il
témoigne ainsi de sa prédilection
pour ceux qui étaient à
l'époque les méprisés et les
laissés pour compte: les petits, les
pauvres, les femmes. Sur les détails du
récit, voir les notes jointes à Mc
12,41-44.
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2-4
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Jésus ne s'en prend pas aux riches
qui ont donné de leur superflu (v.
4). Mais il apprécie particulièrement
l'offrande de la pauvre veuve. Car il va au
coeur des personnes (11,39), au-delà
des gestes posés. Or la pauvre veuve
témoigne d'un abandon à
Dieu de première valeur: elle cherche
d'abord le Royaume de Dieu en collaborant comme
elle le fait à la vie du culte (12,31). Le
détachement qu'elle manifeste contraste avec
la cupidité des scribes (20,47).
Déjà la parabole des vignerons
meurtriers, où scribes et grands
prêtres s'étaient reconnus (20,19),
avait laissé voir leurs calculs
égoïstes (20,14). Le geste de la
pauvre veuve illustre des points importants
de l'enseignement de Jésus.
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6
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Dans la tradition des prophètes,
l'abandon du Temple par Dieu (13,35) et sa
désolation étaient regardés
comme la conséquence de la rupture de
l'alliance qu'avait opérée le peuple.
Tout au long de l'évangile, il a
été question d'accueil et de rejet du
Christ. L'annonce de la destruction du Temple, qui
représente chez Luc le coeur du
judaïsme (1,9; 2,22.49; 19,41), se
présente comme une parole prophétique
qui déclare que, par le rejet du Christ,
l'alliance est rompue et le temps du jugement est
venu.
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7-11
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Pour le commentaire de ce discours, voir les
notes de Marc 13. Luc a déjà
traité de la fin des temps (17,22-37). Ici,
il insère entre des paroles sur le retour du
Christ (vv. 10-11.25-27) des enseignements sur la
persécution des chrétiens (vv. 12-19)
et sur la ruine de Jérusalem (vv. 20-24). Au
moment où Luc écrit, ce dernier
événement a eu lieu et les
persécutions continuent sous diverses
formes. Au cours des premières grandes
persécutions, en particulier celle de
Néron en 64-66, et lors de la destruction de
Jérusalem en 70, les chrétiens ont
cru que la fin était imminente et que le
jugement définitif était sur le point
d'arriver. Luc rassure les chrétiens: la fin
n'est pas aussi prochaine; il n'y a pas lieu
d'être troublé (v. 8)
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8
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En ces temps agités, des exaltés
ou des illuminés mêlaient volontiers
les esprits en unissant dans la même
perspective la délivrance messianique
(surtout politique), la chute de Jérusalem
et la fin du monde. Des exaltés voulaient se
faire prendre pour les libérateurs ou
sauveurs des derniers temps (Is 43,10-13; voir Ac
5,36.37). - Qu'il y ait eu des
événements terribles (v. 11; voir Is
8,21; Jr 21,9; Ez 5,12) avant la destruction de
Jérusalem (qui a déjà eu
lieu), ou qu'il doive y en avoir avant la fin du
monde, la chose est assurée; mais
Jésus ne précise pas du tout
quand viendront ces signes avant-coureurs. -
Luc a déjà fait écho à
la fièvre messianique ou eschatologique qui
hantait alors les esprits, en ce pays occupé
dont la situation politique créait une
instabilité profonde (17,23; 19,11).
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12-19
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Jésus pouvait prédire, à
voir la haine des autorités juives qui le
pourchassaient depuis le début de sa
prédication, que ses disciples seraient eux
aussi en butte à la persécution.
Jésus leur annonce des poursuites
religieuses et judiciaires, devant les instances
juives et romaines, en les situant dans le plan
divin du salut. Il les assure de la protection
incessante de Dieu. Ces paroles soutiendront les
disciples au cours des événements
pénibles qu'ils auraient à
supporter.
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13
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Voici un des thèmes majeurs du livre des
Actes des Apôtres: la persécution
permet de rendre témoignage et devient ainsi
un des leviers de l'expansion de l'Évangile.
Elle exige du chrétien qu'il prenne
position, qu'il affirme nettement sa foi et, de la
sorte, qu'il annonce le Christ.
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15
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Pour Luc, c'est le Christ ressuscité qui
soutient ses fidèles. D'autres auteurs du
Nouveau Testament confient cette tâche
à l'Esprit Saint (voir Jn 14,16-17;
16,14-15).
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16
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Les divisions qui s'établissent à
l'intérieur des familles (lieu d'amour et
d'unité) sont l'indice d'une situation
profondément troublée. De telles
scissions apparaissent selon Isaïe comme un
châtiment de Dieu (Is 19,1-2). Michée
y voit un signe de la perversion incroyable
d'Israël (Mi 7,6). Ce devait être la
tâche du prophète Élie, lors de
son retour sur terre, de « ramener le
coeur des pères vers leurs fils, celui des
fils vers leurs pères » (Mi
3,24).- Jésus laisse donc entendre
jusqu'où ira la haine que ses disciples
soulèveront contre eux.
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17
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Jésus sera la cause de telles
difficultés. Les chrétiens seront
persécutés parce qu'ils avaient
été « baptisés au
nom du Seigneur Jésus » (Ac 8,16)
auquel ils disent appartenir. Parce qu'ils ont
accompli un miracle dont ils dévoilent ainsi
la signification: « Il n'y a sous le ciel
aucun autre nom offert aux hommes qui soit
nécessaire à notre salut »
(Ac 4,12), les apôtres sont convoqués
devant le sanhédrin de Jérusalem. Ils
s'y font « interdire formellement de
prononcer ou d'enseigner le nom de
Jésus » (Ac 4,18). Les
apôtres ne cessèrent pas pour autant
de prêcher le nom de Jésus,
devant les Juifs et les païens (Ac 5,28;
8,12), ce qui leur valait une persécution
incessante.
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18
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Dans le contexte de la persécution,
où certains seront mis à mort, ce
verset rappelle aux disciples que Dieu s'occupera
d'eux, qu'aucune de leurs épreuves ne lui
échappera (12,7).
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19
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La vie de foi consiste à attendre avec
persévérance les biens
espérés, ceux qu'on ne voit pas (Rm
8,25; He 11,1). C'est la
persévérance à bien faire
qui vaudra la vie éternelle (Rm 2,7)
à celui qui aura donné à Dieu
des preuves de sa grande fidélité (Rm
5,3).
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20-24
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L'événement politique de la
destruction de Jérusalem devient un fait
religieux: la colère de Dieu (vv.
22-23) s'exerce contre ce peuple qui avait eu un
long temps de répit (13,8-9). - La
destruction de Jérusalem est sûre
(21,21). Plutôt que de venir se mettre
à l'abri dans cette ville (Jr 4,5-6),
mieux vaut fuir dans les montagnes (Lc 21,21).
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24
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Luc présente le sens de la destruction de
Jérusalem. C'est un jugement de Dieu sur le
peuple juif (v. 23). Après cet
événement commence le temps des
païens, c'est-à-dire le temps où
les païens constituent le peuple de Dieu
(24,47).
La situation est renversée, au moment
où la ruine de Jérusalem accomplit un
bon nombre de prophéties (1 R 9,6-8; Mi
3,12; Jr 5,29; Os 9,7; Ez 9, 1; Dn 9,26).
Israël dominait orgueilleusement les
« nations » païennes:
« Toi qui es convaincu d'être le
guide des aveugles, la lumière de ceux qui
sont dans les ténèbres,
l'éducateur des ignorants ... »
(Rm 2,19-20). - Ce sont maintenant les
nations, elles qui ne connaissaient pas le
vrai Dieu auparavant (Ps 79,6; Jr 10,25; Ep
2,11-12; 1 Th 4,5), qui remplaceront Israël au
sein même de l'Église (Ac 28,28). Les
nations deviendront les vignerons du
Royaume de Dieu et lui feront produire
des fruits (Mt 21,41.43). - Luc laisse entendre
que le temps des nations aura une fin
(21,24b). Serait-ce une allusion à la
conversion que connaîtra un jour Israël,
selon saint Paul (Rm 11,25-27)? Le Dieu qui
exercera bientôt sa vengeance et sa
colère (Lc 21,22-23) montrera alors
qu'il demeure un Dieu fidèle (Rm
11,29).
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27
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Citation de Dn 7,13.
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28
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Luc est le seul évangéliste
à parler de la délivrance attendue
par Israël, croit-on, pour ce moment. Le mot
qu'il emploie dans le présent texte se
retrouve fréquemment chez Paul. On pourrait
le rendre par le terme salut, pris au sens fort et
global. Cette perspective explique que l'attitude
du chrétien devant sa propre fin ou celle du
monde soit faite d'espérance plutôt
que de crainte. - La délivrance
annoncée touchera probablement tous
ceux qui mériteront alors d'être
comptés parmi les saints du Très-Haut
(Dn 7,18.25).
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29-33
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Ces versets n'ont sûrement pas pour but de
fixer le moment précis (fût-ce dans
l'espace d'une
« génération »
d'hommes) où se produiront les
événements décrits dans les
vv. 25-28, ou l'ensemble des faits au travers
desquels l'histoire du salut (notre
délivrance, v. 28) se
réalisera parfaitement. - Jésus
annonce certains faits d'une importance
capitale - telle la venue du Fils de l'homme, v. 27
- et des signes avant-coureurs de ces
moments importants qui marquent l'histoire
du salut (19,44; 20,10; 21,8.24). - Dans ces vv.
29-33, Jésus veut assurer ses disciples
qu'ils ne seront pas pris au dépourvu.
À la question des disciples:
« Quand donc cela
arrivera-t-il? » (21,7), Jésus
répond en donnant l'assurance que les signes
marquant la fin de l'histoire du salut se
produiront et qu'ils les verront.
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34-36
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Ces derniers versets, propres à Luc,
reprennent plusieurs thèmes mis en valeur
par cet évangéliste: les
chrétiens doivent résister à
la tentation qui vient de l'usure du temps; ils
doivent veiller à garder intacte leur
fidélité, car eux aussi seront soumis
au jugement (8,14; 12,42-46; 18, 1).
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35
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Paul comparait à la venue d'un
voleur l'irruption soudaine du Jour du
Seigneur où se tiendra le jugement
universel (1 Th 5,2.4). Lue compare à un
filet ce jour où le Fils de
l'homme viendra avec puissance et gloire
(Lc 21,26.34). Le filet est l'arme du
diable (1 Tm 3,7; 2 Tm 2,26), une arme qui
lui sert à tenir l'homme captif dans des
situations compliquées ou sans issue
(1 Tm 6,9). - Tous les hommes sont susceptibles
d'être pris à l'improviste (Lc
21,34) dans les filets du diable.
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36
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La vigilance est de rigueur pour tous.
Elle consiste à éviter
l'étourdissement du jouisseur qui se dit:
« Repose-toi, mange, bois, fais la
fête » (12,19). Le serviteur attend
à toute heure le retour de son maître
(12,37). Comme si l'homme ne pouvait seul
parvenir à vivre dans une telle
vigilance, Jésus demande de prier
(21,36). « Priez pour ne pas entrer en
tentation » (22,40.46).
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