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1
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Par ces mots, l'objectif tout l'évangile
selon Marc est annoncé: soutenir la foi en
Jésus de Nazareth (1,9), reconnu
comme Christ (Messie, 8,29) et Fils de
Dieu (15,39). Le mot évangile
signifie « bonne nouvelle ».
Cette bonne nouvelle n'est pas d'abord
l'écrit de Marc (ou d'un autre
évangéliste); c'est d'abord
Jésus lui-même (8,35) et ce que Dieu,
par Jésus, a fait pour nous.
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2-3
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En unissant ces deux textes de l'Ancien
Testament (Mi 3,1; Is 40,3), Marc et les premiers
chrétiens nous signifient que la
prédication de Jean-Baptiste marque le
début du temps du salut. En effet,
Jean-Baptiste est ici identifié au
prophète Élie (voir Mc 1,6 note;
9,11) dont Malachie (3,1) annonçait la
venue. Or, la venue d'Élie devait
précéder la manifestation du Messie
sauveur. Le second texte cité par Marc (Is
40,3) annonçait la réalisation
prochaine du salut de Dieu en faveur de son peuple.
Voir Ex 23,20.
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4-5
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Jean pratiquait un rite baptismal qui exigeait
une conversion intérieure: celui qui
venait recevoir le baptême rejetait son
passé de pécheur (v. 5); il recevrait
le pardon des péchés,
grâce à sa foi en Jésus (2,5),
dans l'alliance nouvelle où « le
sang du Christ purifiera notre conscience des
oeuvres mortes » (He 9,13-14).
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6
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Jean est vêtu comme le prophète
Élie (2 R 1,8; voir Za 13,4), auquel
Jésus identifiera Jean-Baptiste (Mt 11,14;
17,10-13; Mc 9,11-13).
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7
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Devant celui qui vient (Mt 11,3), Jean se
reconnaît indigne de remplir même une
fonction que l'on jugeait trop humiliante pour un
esclave hébreu. Il était difficile
d'exalter davantage Jésus.
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8
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La différence de puissance (v. 7) entre
Jean et Jésus apparaît dans l'oeuvre
qu'ils réalisent: l'un opère avec
de l'eau une certaine purification,
extérieure, plus significative qu'efficace.
Jésus, lui, opérera avec l'Esprit
Saint une transformation profonde chez le
baptisé. Il réalisera ainsi le
rêve que depuis Moïse (Nb 11,29)
nourrissaient les prophètes en songeant aux
temps eschatologiques (Is 32,15; 44,3; Jl 3,1-5;
voir Ac 2,17-21), à l'alliance nouvelle (Jr
31,31-34; Ez 36,26-27; 39,29). Lors de sa
résurrection, Jésus recevra la
plénitude de l'Esprit pour le
répandre abondamment (Jn 7,37-39; Ac 2,33).
Ceux qui, par la suite, seraient
baptisés recevraient alors l'Esprit
(Ac 1,5; 2,38) répandant dans leur coeur
l'amour comme principe d'une ne nouvelle (Rm
5,5).
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10
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Les cieux déchirés
rappellent Isaïe 63,19, où l'image
évoquait l'intervention bienveillante de
Dieu pour son peuple. Dès que Jésus
apparaît, l'oeuvre de notre salut
commence.
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11
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Tout au long de l'évangile, les hommes
vont s'interroger sur la véritable
personnalité de Jésus. Pour aider le
lecteur à parvenir à la
réponse de foi qu'il veut lui faire partager
(1,1 note), Marc va faire connaître cette
réponse par des interventions venant d'un
autre monde que le nôtre: celui de Dieu (ici
et à la Transfiguration, 9,7) et celui des
démons (1,24; 3,11; 5,7). Enfin viendra le
cri du centurion (15,39).
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12
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Le désert, la tentation et
les bêtes sauvages sont autant de
réalités négatives que
Jésus affronte dès le début de
son oeuvre de salut. -Avant de baptiser dans
l'Esprit (1,8; Ac 1,5.8; 2,38), Jésus
reçoit l'Esprit (Mc 1,10; Ac 2,33), qui le
conduira. -Jésus rencontrera Dieu dans les
lieux déserts (Mc 1,35; 6,31.35), là
où Dieu avait aimé Israël (Ex
15,22-19,2; Os 2,16-22). -Dans l'âge
messianique, l'homme se réconciliera avec
les bêtes sauvages (Is 11,6-9; 65,25;
Os 2,18) et les anges serviront le messie
(Ps 91,11-13).
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15
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Ce verset nous livre l'essentiel de toute la
prédication de Jésus. C'est à
la lumière de ce verset que nous pouvons
comprendre son oeuvre et son enseignement. Le
moment où Dieu sera vraiment reconnu comme
tel et où les hommes vivront selon sa
volonté, ce moment est tout proche. C'est
pour accueillir ce grand jour qu'il faut se
« convertir »,
c'est-à-dire axer toute sa vie sur Dieu.
Telle est la vie de foi.
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16-20
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Après le précurseur (1,1-8), le
maître (1,9-13) et le kérygme
(1,14-15), viennent les apôtres que
Jésus s'attache avec une puissance
étonnante. Ils apprendront à
connaître la personne et la pensée de
Jésus, non pas la Loi comme telle. -Pierre
sera le premier et le dernier disciple (16,7)
nommé par Marc.
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17
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Jésus prend l'initiative d'appeler.
« On ne s'attribue pas à
soi-même cet honneur » d'être
disciple de Jésus, ou bien d'être
prêtre de la nouvelle Alliance (He 5,4). Tout
est grâce, bienveillance de la part de Dieu,
dans cet univers spirituel (Ep 1,3) où Dieu
« nous a choisis (dans le Christ)
avant la fondation du monde..., nous a
prédestinés à être
pour lui des fils adoptifs par Jésus
Christ » (Ep 1,4-5). -Venez avec
moi... Jésus appelle des hommes à
partager sa propre vie et sa tâche de
rassembleur d'hommes. Accompagner
Jésus (Mc 1,18), ou s'en aller avec
lui, ce sera vivre dans une communauté
de vie, de pensée, d'aspiration.
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18
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C'est aussitôt, sans
hésiter, que les appelés laissent
leur métier (v. 18) et leur famille (v. 20;
voir Lc 9,59; 14,33). L'appel de Jésus se
fait impérieux, catégorique.
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20
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La parole de Jésus transforme les coeurs
pour qu'ils répondent à son appel;
elle a l'efficacité de la parole divine (Is
55,10-11) qui opère ce qu'elle signifie.
Elle convertit (1,15).
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21-34
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Les versets 21-34 présentent un
Jésus puissant en paroles et en actes: il
étonne les gens; on s'attache à lui
parce que sa parole et ses actions libèrent.
Ce texte se présente comme une
première initiation des disciples à
la mission de Jésus.
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22
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C'est l'effet produit sur le peuple qui
intéresse ici: la parole de Jésus
ébranle; elle ne laisse personne
indifférent; l'auditeur trouve son salut ou
sa perte (Lc 2,34). La prédication de
Jésus opère un jugement (Jn
3,18-21).
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23
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C'est à l'influence directe de
« démons » ou
« esprits impurs » que l'on
attribuait alors bon nombre de maladies. Les
premiers chrétiens comprenaient que, dans
les guérisons qu'il opérait par
Jésus, Dieu commençait à faire
reculer les forces du mal en luttant contre elles
sur leur propre terrain. On disait esprit
impur, parce que la maladie rendait un Juif
« impur », c'est-à-dire
impropre à prendre part au culte.
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24-26
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Un conflit ouvert éclate entre
Jésus et le monde des esprits opposés
à l'établissement du Royaume de Dieu
(Mc 1,15). C'est un représentant de
ces esprits qui s'exprime (noter le nous, v.
24). L'esprit mauvais se sent menacé. Il
réagit en proclamant le nom de l'ennemi, en
révélant même le dessein que
celui-ci nourrit. Connaître et proclamer le
nom de quelqu'un, c'était pour le monde
antique le dominer: l'homme devient le
seigneur de tous les êtres vivants en leur
donnant un nom (Gn 2,19-20; voir 2 S 12,28;
Ps 49,12). Jésus contrecarrera l'offensive
de l'esprit mauvais en exerçant son propre
pouvoir d'une manière vigoureuse:
« Tais-toi! » Le succès
de l'exorcisme laissera deviner le pouvoir
supérieur de Jésus. Le Royaume de
Dieu est en train de s'établir (1,15).
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27
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L'autorité de Jésus
étonne: il se comporte comme un
envoyé de Dieu, qui connaît
lui-même la pensée de Dieu, qui ne
s'appuie sur aucune tradition humaine. Avec vigueur
il accule l'auditoire à choisir entre la
conversion et le refus net de Dieu (1,15). -Les
gens ne voyaient en Jésus, pour le moment,
que l'homme venu de Nazareth (6,3). L'esprit
mauvais allait plus loin lorsqu'il
découvrait en Jésus le Saint de
Dieu, celui qui vit dans l'intimité de
Dieu, qui dispose de la puissance divine. Il
arrivera à des esprits impurs de proclamer
nettement que Jésus est le Fils de
Dieu (3,11), ou le fils du Dieu
Très-Haut (5,7). Jésus chasse ou
fait taire ces esprits, plutôt qu'il ne les
contredit. Marc confirme en quelque sorte la
justesse de leurs vues qui concernent Jésus
(1,34).
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32-34
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La mention de tous les malades, de
toute la ville et de beaucoup de gens qui
sont guéris nous montre que nous sommes en
présence d'un
« sommaire »,
c'est-à-dire d'un texte qui
généralise pour créer une
image globale de l'activité de Jésus.
Dès le début de l'évangile,
Jésus est présenté comme celui
qui combat le mal et celui par qui Dieu fonde son
Règne. Déjà Jésus
commence à lier l'homme fort (3,27)
pour délivrer ceux que la maladie tenait
prisonniers. -Si toute la ville ou tout
le monde (v. 37) cherche Jésus, c'est
d'abord pour obtenir la guérison des malades
et des démoniaques. La foule
s'interrogera plus tard sur la personne de
Jésus; les démons, eux, savent
déjà qui est Jésus (vv.
24.34).
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35
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Ce bref épisode est typique. Il laisse
deviner les principales activités qui
prenaient Jésus au cours de sa vie publique:
il priait (v. 35), prêchait l'Évangile
(v. 38), chassait les démons (v. 39),
guérissait les malades (vv. 40-45). Dans la
prière, début de sa
journée de prédicateur, Jésus
converse avec son Père (voir 14, 32-42).
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36-38
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Les compagnons de Jésus veulent le rendre
à la foule (toute la ville, v. 33)
qui le cherche encore, sans doute pour faire
guérir les malades (v. 34). Le succès
et la popularité sont là, à
portée de la main; il faut y aller!
Jésus est conscient, toutefois, que sa
mission l'oriente ailleurs et vers une autre
activité que celle de guérisseur: il
a d'abord été envoyé (Lc 4,43)
pour prêcher l'Évangile au plus grand
nombre d'hommes possible: les villages
voisins (Mc 1,38), puis toute la
Galilée (v. 39) doivent entendre sa
prédication. Cette tâche l'emporte
à ses yeux sur toute recherche du triomphe
populaire (v. 37). Voir 1 Co 9,16.
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39
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Ce sommaire marque la fin d'une première
étape de l'activité de Jésus
à travers toute la Galilée.
Jésus introduit sa prédication dans
la vie liturgique de ses concitoyens et montre, par
les victoires qu'il remporte sur les démons,
qu'effectivement le Royaume de Dieu s'est
approché (1,15).
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40-45
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Ce récit de guérison joue un
double rôle. D'une part, il accentue l'image
d'un Jésus qui libère de tout mal, y
compris le mal qui exclut un homme de la vie
sociale et religieuse de son peuple. Telle
était la situation du lépreux.
D'autre part, le récit nous présente
Jésus comme respectueux de la Loi juive:
Marc prépare ainsi le chapitre deux
où Jésus sera pris à partie
à propos de certaines observances et
pratiques juives.
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44
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La législation ancienne (Lv 14,2-32)
avait été formulée à
une époque où le prêtre
était le principal personnage de la vie
sociale et religieuse. C'était à lui,
par conséquent, qu'il revenait de
reconnaître qu'un malade exclu de la
communauté était guéri et
pouvait donc y rentrer. Pour la première
fois, nous voyons apparaître ici l'ordre de
garder secrète une action de Jésus.
Même si cette consigne du secret était
une habitude réelle de Jésus, on peut
dire que l'insistance avec laquelle Marc en parle
révèle qu'il y attache une importance
particulière. Voulait-il éviter chez
les témoins un acte de foi trop facile, sous
l'effet de l'enthousiasme suscité par un
miracle? On ne pourra dire en toute
vérité qui est Jésus
qu'après l'avoir accompagné jusqu'au
bout, dans le scandale de sa souffrance et de sa
mort éclairées par sa
résurrection.
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45
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Telle est la mission de l'Église: comme
l'homme que le Christ a transformé, elle
annoncera partout les gestes de Jésus, si
bien que, de toute la terre, on viendra vers le
Christ.
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