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1
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Marc a regroupé dans ce chapitre 4 des
paraboles de Jésus. Comparaisons
empruntées à la nature ou à la
vie quotidienne, les paraboles (Mt 13,3 note)
étaient un mode d'enseignement courant
à l'époque de Jésus. Courte ou
développée, la parabole a un
enseignement unique; il ne faut accorder
d'importance aux détails du récit que
dans la mesure où ils aident à saisir
cet enseignement. -- « Les paraboles
apparaissent comme une médiation
nécessaire pour que la raison s'ouvre
à la foi: plus le croyant
pénètre le mystère
révélé, plus il entre dans
l'intelligence des paraboles » (D.
Sesboué).
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3
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La prédication de Jésus ne rallie
pas tout le monde: les uns croient, les autres
restent distants, doutent ou font opposition. Si
Jésus continue son oeuvre, c'est qu'il est
comme le semeur qui sème le plus possible
pour récolter le plus possible. La parabole
vaut encore de l'Église qui poursuit la
mission du Christ, sans se laisser
décourager par l'accueil inégal
qu'elle reçoit.
En Palestine, on
semait avant de labourer. On semait à des
endroits apparemment peu féconds; le labour
qui viendrait pourrait améliorer la
situation.
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4-7
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Le fait central est que Dieu sème.
Le Royaume de Dieu est venu (1,14-15); Jésus
le proclame à tout venant; sa parole
s'adresse à tout homme. Telle est la mission
qu'il a conscience d'accomplir en
prêchant.
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8
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Diverses dispositions des auditeurs expliquent
les nombreux échecs actuels. Mais, un jour,
la semence donnera jusqu'à du cent pour
un. C'est une telle fécondité de
sa parole que Jésus veut d'abord affirmer.
Il consent à subir les échecs
actuels, en songeant à la
fécondité de sa parole -- celle de
Dieu (v. 11) -- qui ne peut que porter fruit (Is
55,10-11). L'Église, elle en prendra
conscience en lisant ces paroles de Jésus,
sera le terrain où se déploiera le
dynamisme de la Parole lancée à tout
vent par Jésus.
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9
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Cet appel à écouter, qui
encadre la parabole (vv. 3.9), laisse
soupçonner la richesse d'enseignement que
contiennent ces mots de Jésus.
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10-12
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Ces versets reviennent sur les échecs de
la parole. En les lisant, il faudra se rappeler que
les vv. 4-8 parlaient nettement des conditions
du sol (voir Jn 3,20-21). Dieu, lui, ne
désire que la croissance et le salut (Jn
3,16-19).
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11
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Une des paroles les plus obscures des
évangiles. Reprenant Isaïe 6,9-10, les
premiers chrétiens ont cherché
à expliquer que la majorité des Juifs
aient refusé le Christ. Ils nous disent que
le plan de Dieu rencontre souvent opposition,
endurcissement ou résistance, si bien que
les paraboles qui devaient faire voir le sens du
message deviennent une source d'obscurité
pour beaucoup d'auditeurs. Le texte montre aussi
que la communauté chrétienne se
perçoit comme un groupe
privilégié: elle a reçu la
grâce de Dieu qui permet de reconnaître
en Jésus l'accomplissement du plan de
Dieu.
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12
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Is 6,9-10.
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13-20
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Cette interprétation porte la marque de
la communauté primitive. Elle déplace
l'accent de la parabole: ce qui est ici au centre,
ce n'est plus le semeur, ce sont les terrains
différents. L'interprétation est
allégorique; on constate qu'elle donne une
signification à chaque détail (voir
4,2). L'enseignement fourni par ces versets
reflète bien les situations de vie des
chrétiens; il laisse la perspective
eschatologique pour attirer l'attention sur
l'histoire présente de l'Église.
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15
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La parole désignera, dans
l'Église primitive, la prédication
apostolique qui continue celle de Jésus
(1 Th 1,6; Ga 6,6; Col. 4,3; Ac 4,4; 6,4; 2 Tm
4,2). --Cette prédication est l'objet d'un
drame. Elle se heurte à l'Adversaire (2 Th
2,4; 1 Tm 5,14), qui refuse de laisser au
Règne de Dieu (Mc 1,14-15; 4,11) la place
qu'il occupe (Lc 4,6). Au coeur de l'homme,
également, la prédication rencontre
maintes fois abandon, conflit ou
résistance.
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16-17
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Certains auditeurs acceptent le message
évangélique avec joie (Ac 8,8;
16,34; 1 Th 1,6): l'Évangile leur
paraît combler leurs désirs,
répondre à de grandes aspirations du
coeur. Mais une certaine
légèreté ou
superficialité vient à l'emporter;
ils ne s'enracinent pas dans le Christ (Col 2,7) ou
dans l'amour (Ep 3,17). Ils ne résistent pas
à la mise à l'épreuve de leur
foi. On pensera aux persécutions que
subissait l'Église primitive (1 Th 1,6).
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18-19
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Une autre classe d'auditeurs est celle des gens
partagés. Ils ne rejettent pas
l'Évangile lui-même. Mais ils sont
très préoccupés
d'accroître leur richesse; ils y mettent leur
confiance (Lc 12,19); ils voudraient servir Dieu et
Mammon (Mt 6,24; Lc 16,11). Or, l'Évangile
demande à respirer, à croître
pour transformer l'homme au point de le
refaire à l'image de Dieu (1 Th 2,13; Col
3,10).
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20
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Enfin, l'Église connaît de ces
croyants qui sans cesse entendent la parole:
ils l'accueillent dans tout leur être.
Transformés jusque dans leur intelligence,
ils discernent ce qui est volonté de Dieu
(Rm 12,2) et « portent des fruits pour
Dieu » (Rm 7,4). Ils
« mènent une vie digne du
Seigneur » (Col 1,10); ils ont entrepris
de « servir sous le régime nouveau
de l'Esprit » (Rm 7,6).
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21-25
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Les versets 21-24 regroupent des paroles de
Jésus qui existaient isolément dans
la tradition antérieure à la
rédaction de l'évangile. Dans leur
contexte actuel, elles attirent l'attention sur
l'importance des dispositions de l'homme qui entend
la révélation de Jésus. Le v.
25 propose sous la forme d'une énigme un
enseignement semblable: celui qui est bien
disposé et accueillant recevra de plus en
plus la lumière de la
révélation de Dieu; celui qui ne
nourrit pas en lui de telles dispositions sera de
plus en plus dans l'obscurité et comprendra
de moins en moins.
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24-25
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Jésus invite à bien écouter
sa parole. Plus l'auditeur l'accueillera, la fera
sienne et l'approfondira, plus il recevra quand le
Royaume viendra (4,11). Quant à celui qui
rejette la parole ou l'entend distraitement, il
perdra tout (v. 25). L'attitude actuelle de
l'auditeur devant la parole entendue commandera son
sort ultime (Jn 3,18-21).
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26-29
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Cette parabole qu'on ne trouve que chez Marc
exprime la confiance de Jésus et des
premiers chrétiens en l'oeuvre de Dieu qui
fait arriver son Règne. Rien ne pourra
s'opposer à sa lente réalisation. Les
chrétiens de tous les temps sont
encouragés à partager cette confiance
C'est aussi l'enseignement de la parabole de la
graine de moutarde (v. 31): le caractère
fragile des débuts ne doit pas refroidir
l'ardeur des témoins de
l'Évangile.
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27
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L'homme a fait sa part (v. 26). Maintenant, la
croissance ne dépend plus de lui. Des forces
mystérieuses commandent la croissance de la
semence.
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28
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D'elle-même la terre féconde
la semence. L'homme (v. 26) n'a qu'à
attendre dans la confiance et la
sérénité que la croissance
suive toutes les étapes normales. Ainsi,
l'apôtre doit compter sur Dieu; il ne lui
suffit pas de travailler, encore moins de
s'agiter!
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30-32
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L'élément essentiel de cette
parabole est la disproportion
évidente qu'on voit entre l'état
originel et le plein épanouissement d'un
grain de moutarde, c'est-à-dire entre le
ministère de Jésus où le
Royaume de Dieu commence à être
annoncé et réalisé (1,14-15;
3,26), puis le moment où il s'étendra
à tous les peuples. Les espoirs
d'Israël furent déçus par la
carrière de Jésus; un jour viendra
où tous les peuples entreront dans le
Royaume inauguré par ce Jésus (Ez
17,22-24, 31 5-6 Dn 4,7-10.17-19). -- En plus du
contraste entre deux états de la
mémé semence, c'est la
continuité qu'il faut voir en cette
croissance. -- La parabole visait à nourrir
la foi et l'espérance des disciples de
Jésus le Royaume de Dieu leur était
donné (Mc 4,11); il grandirait
sûrement, bien qu'on ne sache pas comment
(4,27).
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33
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Les paraboles de Jésus font
connaître sa pensée. Elles ont
pour but de révéler le message
évangélique. Mais l'intelligence que
les auditeurs ont de ces paraboles varie
selon leurs dispositions personnelles. Seule
toutefois une explication fournie par
Jésus pouvait donner une pleine intelligence
de la parabole (v. 34). Voir Mt 13,3 note.
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34
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Chez Marc, les disciples vont occuper une place
de plus en plus importante. Ils représentent
tous ceux qui accueillent Jésus avec de
bonnes dispositions et qui vont
pénétrer son mystère. --
Jésus sera ainsi conduit à donner aux
disciples un enseignement nouveau sur les
voies de Dieu, sa propre personne et le Royaume
qu'il inaugure.
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35
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Après avoir regroupé des paraboles
de Jésus, Marc rapporte ici des miracles de
Jésus qu'il situe autour du lac de
Tibériade (ou mer de Galilée). Ces
miracles servent à révéler
davantage qui est Jésus.
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36-41
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Ce récit est inspiré par Jon 1 et
Ps 107,23-31. Jésus accomplira un
« miracle en haute mer »
semblable à ceux que Dieu faisait (Ps
107,24). « La mer se tiendra immobile,
calmée de sa fureur », comme
l'avait vue Jonas (Jon 1,15). Maintenant, c'est
toutefois Jésus lui-même qui
réduit au silence la mer et le vent (Mc
4,39). Si bien que le lecteur ne peut que
s'écrier: « Ici, il y a plus que
Jonas » (Mt 12,41; Lc 11,32). On sera
saisi d'une grande crainte (Mc 4,41) en
découvrant que Jésus dispose de la
puissance divine qui domine les
éléments
déchaînés. -- Marc
décrit la scène comme un
exorcisme. On pourra relire à ce
sujet Mc 1,23-28: en employant le même verbe,
Jésus menace le démon et le
vent (1,25; 4,39); même appel au
silence (1,25b; 4,39); même
réaction des témoins de la
scène (1,27; 4,41).
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41
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Chez les Juifs, la mer
représentait une force mauvaise. Les
psaumes (77,17-20; 89,10; 93,3-4; 104,6-9) font de
la victoire sur la mer un signe de la puissance de
Dieu. Ce récit est composé comme
celui de 1,23-27. Chez Marc, la puissance de
Jésus sert à relancer la question sur
sa véritable identité (v. 41). Chez
les premiers chrétiens, soumis à
toutes sortes de difficultés et de
tentations (comme l'arrière-plan des
paraboles le laissait entendre), le récit
est un appel à la foi et à la
confiance malgré ces oppositions, car le
Seigneur est toujours présent à sa
communauté.
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