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1-23
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La première moitié de ce chapitre
(vv. 1-23) nous fait passer insensiblement à
la mission orientée vers les païens: en
présence des Juifs venus de
Jérusalem, Jésus va contester le
fondement même du pharisaïsme.
provoquera ainsi une intensification de
l'opposition qui s'élève contre lui,
si bien qu'il devra (v. 24) quitter le territoire
juif.
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3
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La tradition des anciens était cet
ensemble de prescriptions et d'usages qui
constituait, à côté de la Loi
écrite, une véritable Loi orale. Elle
était apparue pour appliquer la Loi aux
situations nouvelles et imprévues et au
détail de la vie quotidienne. Les
sadducéens et les esséniens la
refusaient; sans la rejeter, Jésus
s'élève contre la confusion qui peut
s'établir quand on place au même
niveau la Parole de Dieu et son explication, la foi
en Dieu et sa formulation, le culte de Dieu et ses
expressions.
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4
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Les pharisiens avaient multiplié les
exigences de la pureté légale, dans
leur désir de préparer un peuple
sacerdotal (Ex 19,5-6).
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6
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« L'hypocrisie que critique
Jésus n'est pas nécessairement, n'est
même pas au départ une
'comédie' que l'on joue consciemment; elle
est avant tout une contradiction entre la
manière dont on se conduit devant les hommes
et l'attitude intérieure d'une personne,
telle que Dieu peut la juger » (R.
Schnackenburg). Jésus s'en prend d'abord
à une situation objectivement fausse.
Tout en se disant assoiffés de mener une vie
en accord avec la pensée de Dieu
(telle est la justice, en
définitive), les pharisiens mènent et
tentent de faire mener aux autres une vie qui,
de fait, ne respecte pas la volonté
de Dieu. -- C'est une telle
discordance que Jésus décrit
en citant Isaïe (29,13). Le début de
cette citation oppose les lèvres au
coeur. Jésus préférait
au légalisme, si préoccupé
d'observances extérieures, le régime
religieux où ce sont les dispositions du
coeur -- amour, oubli de soi, humilité,
pardon -- qui comptent d'abord et avant tout. Telle
devait être la nouvelle alliance
où Dieu déposerait ses directives
au fond des siens, les inscrirait dans
leur être (Jr 31,31-33).
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7-9
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Isaïe (29,13) oppose également au
culte -- louange des oeuvres et des qualités
de Dieu -- un ensemble de lois faites par
les hommes. La pensée des hommes se
substitue à celle de Dieu, et cela tout en
continuant le culte! Jésus invitait ainsi
les Juifs, non à supprimer le culte, mais
à faire naître de leur connaissance
de Dieu (qui inclut l'amour de Dieu) leur culte
et leur enseignement.
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10
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Ex 20,12; Dt 5,16. -- Ex 21,17; Lv 20,9.
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Déclarer ses biens qorban,
c'était faire voeu de les verser un jour
au Trésor du Temple. Réservés
pour des fins sacrées, ces biens ne
pouvaient plus servir à autre chose.
Le cas est
particulièrement odieux: l'amour de ses
parents est un sentiment naturel profond; Dieu en
fait un devoir dans le décalogue (Ex 20,12).
Jésus rappellera le primat de l'amour de
Dieu et du prochain (Mt 22,36-40), amour qui
« vaut mieux que tous les holocaustes et
sacrifices », comme un scribe le reconnut
un jour (Mc 12,33). D'ailleurs, « celui
qui n'aime pas son frère qu'il voit, ne peut
pas aimer Dieu qu'il ne voit pas » (1 Jn
4,20). Aussi l'on doit se réconcilier
avec son frère avant d'aller
présenter à Dieu un sacrifice qui
traduise un authentique amour de Dieu (Mt 5,23-24;
1 Jn 4,20). Le primat de l'amour serait
annulé par un homme qui dirait
qorban?
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15
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Il fallait aux chrétiens venus du
judaïsme une transformation profonde de leur
mentalité pour rejeter certains interdits du
monde religieux dont ils se dégageaient
péniblement. Que le fait de manger telle
nourriture, ou de manger avec des gens qui
n'étaient pas d'origine juive, n'affectait
en rien leur vie religieuse, ils ne pouvaient
aisément le comprendre. On le voit au
comportement de Pierre à Antioche (Ga
2,11-14). Il fallut saisir, par exemple, que
l'amour du prochain devait primer sur tous
les interdits qui diminuaient certains hommes.
Certains manuscrits
portent ici un v. 16: « Si quelqu'un a
des oreilles pour entendre, qu'il
entende. » Mais plusieurs manuscrits
anciens n'ont pas ces mots, ce qui laisse croire
qu'ils ont pu être ajoutés
tardivement.
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17
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La parabole: en réalité,
c'est plutôt par énigme qu'il
conviendrait de rendre ici ce mot.
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18
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Nous retrouvons le thème de
l'incompréhension des disciples (6,52 note).
C'est lentement que les premiers chrétiens
comprendront quelle ouverture le Christ a
apportée au sujet du système
pharisien et de la Loi juive en
général.
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19
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Jésus purifiait ainsi tous les
aliments: c'est un commentaire de Marc ou d'un
premier chrétien qui était aux prises
avec le problème que posaient aux
chrétiens les aliments qu'interdisait la Loi
juive.
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21-23
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Ce qui rend impur (v. 2),
c'est-à-dire qui éloigne de Dieu, ce
n'est pas la désobéissance aux
prescriptions humaines touchant des gestes
extérieurs à poser; c'est
plutôt la rupture multiforme (et
féconde en toutes sortes de crimes) que
l'homme entretient à l'intérieur de
lui-même avec cette suprême loi d'amour
que Dieu a mise en lui (Mt 22,36-40).
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24
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D'ici jusqu'à 9,29, Marc se situe aux
frontières de la Galilée Jésus
retourne chez les païens, mais cette fois
l'atmosphère est beaucoup plus positive
qu'en 5,1 (note). Le texte qui
précède (sur les questions de
pureté et d'impureté) a
préparé ce changement de climat.
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26
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Jésus vient de rencontrer et de rejeter
le légalisme de maîtres juifs venus
de Jérusalem, coeur du judaïsme
(7,1). Voici qu'il rencontre dans un pays
païen typique, celui de Tyr (v. 24; Mt
11,21; Jl 4,4; Za 9,2-4), une païenne
authentique (grecque, syro-phénicienne de
naissance) possédant une foi d'une telle
grandeur, d'une telle humilité (Mt
11,25-27), qu'il fera une exception à la
tâche qui était alors la sienne et
celle des Douze: aller aux seules brebis perdues
de la maison d'Israël (Mt 15,24;
10,5-6).
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27
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Dans le judaïsme, on désignait
volontiers les Juifs comme les fils ou les enfants
de Dieu, tandis que les païens étaient
parfois désignés avec mépris
comme des chiens. Cette parole dure montre que si
Jésus refuse certaines déviations du
judaïsme, il reconnaît l'élection
du peuple et les promesses de Dieu. Il
considère qu'il « est
bien » que Dieu réalise ses
promesses d'abord en faveur de ceux à qui il
les a faites. Le mot
« d'abord » suggère que
les païens seront aussi admis au Royaume par
leur foi, ce qui rejoint la situation des lecteurs
de Marc.
Il y aura un
« ensuite » où toutes
les nations auront accès au salut (Mt
8,11-13; 21,43; 28,19-20), qui avait d'abord
été offert aux fils des
prophètes et de l'Alliance (Ac 3,25-26;
5,31). Le présent épisode
préfigurait et justifierait le comportement
des missionnaires de la primitive Église,
Pierre (Ac 3,25-26) et Paul en particulier (Ac
13,46; 18,6; 26,20; 28,28).
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28
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La grande foi de la femme (Mt 15,28)
s'exprime dans une prostration (Mc 7,25), dans le
mot Seigneur (v. 28), dans le fait que sa
confiance ne se laisse pas rebuter par
l'humiliation (v. 28) et qu'elle croit tout de
suite à la libération
effectuée à distance par Jésus
(v. 29). À la foi était lié le
salut.
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31
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Cet itinéraire plutôt
invraisemblable veut rappeler que Jésus
circule toujours en territoire païen. Ce
récit de guérison, qui est propre
à Marc, montre l'action de Dieu en faveur
d'un païen. En Jésus s'unissent les
gestes des guérisseurs humains et la
confiance en Dieu (regard vers le ciel).
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On se rappellera Isaïe (35,4-6), qui liait
au salut que Dieu allait opérer la
guérison des sourds et des muets.
Jésus rappellera de telles guérisons
qu'il opérait, pour signifier qu'il
était bien celui qui doit venir,
c'est-à-dire le messie (Mt 11,3-6).
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34
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Jésus lève les yeux vers
Dieu, en les levant vers le ciel (Mt
14,19; Lc 18,13; Jn 17,1); car on regardait le ciel
comme la demeure de Dieu (Ps 2,4; Mt 5,34; Ac
7,49). Jésus implore donc et reçoit
de Dieu le pouvoir voulu pour opérer le
miracle. Il fait ainsi avant de multiplier les
pains (Mc 6,41) ou de ressusciter Lazare (Jn
11,41), par exemple.
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Sur la consigne du secret, voir 1,44 note. Le
sens profond des miracles ne se comprend
qu'à la lumière du miracle par
excellence qu'est la résurrection. La foi ne
pourra atteindre sa plénitude
qu'après avoir saisi cette action
décisive de Dieu.
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