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1-37
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Marc réunit en un long discours un lot
d'enseignements de Jésus qui touchent la fin
des temps. La tradition apocalyptique juive y est
mise à profit.
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1
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Vers l'an 520 avant le Christ, au retour de
l'exil, Israël commença à
reconstruire un Temple modeste (Esdras 3).
Mais Hérode le Grand reprit ce travail, en
l'an 20 avant le Christ, pour faire du Temple un
édifice d'une splendeur incroyable. Les
travaux durèrent plus de 80 ans. Ils
étaient en cours durant la vie de
Jésus.
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2
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Jésus prédisait la destruction du
Temple -- incendié et rasé -- qui
aurait lieu sous Titus, en l'an 70. Sa
prédiction deviendrait une accusation
portée contre lui, au cours de sa Passion
(14,58; 15,29).
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3-8
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Depuis le IIe siècle avant J.-C. (voir le
livre de Daniel), il était apparu chez les
Juifs plusieurs écrits qui mettaient dans la
bouche d'un grand personnage biblique des paroles
touchant la fin de ce monde et l'apparition d'un
monde nouveau, événements
présentés sous la forme d'une
intervention et d'un jugement de Dieu. On les
appelle écrits apocalyptiques (le mot
grec apocalypse signifie
« révélation »).
Le chapitre 13 de Marc appartient à ce genre
apocalyptique; il est inspiré par les vues
et les images qui ont cours dans la
littérature de ce type-là. C'est
pourquoi la lecture de ce chapitre est difficile.
Elle l'est aussi parce que le texte parle à
la fois de la destruction de Jérusalem,
survenue en 70 après J.-C., et de la fin du
monde, vue comme la naissance d'un monde nouveau,
sans qu'on puisse toujours préciser quel
aspect est mis à l'avant-plan.
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5
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La parousie sera
précédée d'un temps où
la puissance d'égarement tentera de
séduire les gens. De faux prophètes
diront représenter Jésus ou ses
apôtres (2 Th 2,1-12).
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8
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Pour les auteurs d'écrits apocalyptiques,
l'apparition du monde nouveau suppose de profonds
bouleversements et l'éclatement du
« vieux monde ». Les
événements malheureux et les
faiblesses de tout ordre qui se présentent
dans le monde peuvent nourrir l'espérance
que viendra un monde nouveau, plus conforme que le
monde actuel aux désirs de Dieu.
Jésus comparera ces bouleversements aux
douleurs de la femme qui enfante (voir Jn
16,20-22).
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9
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Ce verset rappelle bien l'expérience que
les disciples du Christ ont vécue entre la
mort de leur maître et la rédaction de
l'évangile. Encore aujourd'hui, un grand
nombre de chrétiens sont emprisonnés
parce qu'ils ont voulu être fidèles
aux exigences évangéliques en
sacrifiant, au besoin, tous leurs biens, même
leur vie (8,34-38).
Jésus
prévient et réconforte les siens:
vous serez persécutés par les Juifs
et par les païens, dans votre famille comme
devant les tribunaux (vv. 9.12). Ne vous
inquiétez pas; l'Esprit Saint
vous soutiendra (v. 11; Lc 12,11-12; 21,14-15; Mt
10,19-20). Le salut est acquis par de telles
épreuves (Mc 13,13). -- La comparution
devant gouverneurs et rois est un
témoignage, c'est-à-dire une
prédication de l'Évangile (10,29:
moi et l'Évangile) (v. 9b; 1,44;
6,11). Ainsi l'Évangile parviendra
à toutes les nations (v. 10;
11,17).
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12
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Huit cents ans plus tôt, le
prophète Michée écrivait:
« Le fils traite son père de fou;
la fille se dresse contre sa mère, la
belle-fille contre sa belle-mère, si bien
qu'on a pour ennemis les gens de sa propre
parenté » (7,6). En reprenant ces
formules, Marc montre que la
méchanceté de la dernière
génération se traduira par la
persécution des fidèles de Dieu et
que cette opposition sera plus forte que les liens
naturels eux-mêmes, qui atténuent
généralement les rivalités.
C'est un thème classique dans les
écrits apocalyptiques.
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14
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L'odieux dévastateur:
empruntée au livre de Daniel (9,27; 11,31;
12,11), l'expression évoque l'autel
consacré à une divinité
païenne, qui avait été
dressé dans le Temple de Jérusalem
sur l'emplacement où s'élevait
l'autel du Dieu d'Israël (voir 1 M 1,54).
Cette expression évoque la présence
d'un ennemi disposé à tout
détruire; mais il suscite aussi
l'espérance que Dieu interviendra
bientôt et définitivement en faveur
des siens, car il ne pourra supporter cette
profanation de son Temple saint. -- Traduction
littérale: l'abomination de la
désolation.-- Sur la fuite dans les
montagnes, voir 1 M 2,28.
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17
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La grossesse et la période de
l'allaitement ne permettent pas une fuite rapide,
non plus que les pluies de l'hiver qui rendent les
chemins de Palestine impraticables.
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19
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Allusion à Dn 12,1. -- Les consignes
données par les vv. 14b-18 ont laissé
voir le caractère urgent et
désespéré de la situation.
Située dans le temps, la détresse
décrite apparaît sans pareille (Ex
9,18; Jl 2,2; Ap 16,18). A la lumière de la
guerre juive du deuxième siècle avant
notre ère, ainsi que du sac de
Jérusalem qu'il annonce, Jésus
évoque la période pénible qui
précédera la fin des temps.
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20
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Autre thème fréquent des
écrits apocalyptiques. Les bouleversements
font partie du plan de Dieu: ils ne conduisent pas
à la destruction, mais ils contribuent
à faire apparaître un monde nouveau
pour tous ceux que Dieu aime.
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21-23
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Jésus avait introduit le thème de
l'égarement des esprits (13,5-6); il
le reprend en 13,21, après avoir longuement
décrit la suite des guerres,
persécutions et douleurs qui fondraient sur
les hommes (vv. 7-20). -- Ce serait pour
l'Église une grande épreuve que de se
voir assaillie par les faux prophètes
(Mc 13,22). La primitive Église dut tout
examiner avec discernement (1 Th 5,21), apprendre
à distinguer les soi-disant
prophètes (Ac 13,6) qui, de fait,
essayèrent de tromper les croyants (2 P 2,
1; 1 Jn 4, 1; Ap 2,20; 16,13, etc.). -- On pouvait
s'attendre également à ce que se
présentent de faux messies, des
esprits illuminés ou en mal de
popularité qui tenteraient d'entraîner
le peuple dans des aventures d'exaltés. Le
pharisien Gamaliel rappelait les mouvements
messianiques d'un Theudas et d'un Judas le
Galiléen qui avaient déjà
lamentablement avorté (Ac 5,34-37). --
L'Église aura toujours à discerner
ceux à qui Dieu a vraiment parlé (1 R
22,14; voir Dt 13,3-6; Jr 28,8-9).
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24-25
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Cette description réunit un lot de traits
qu'employaient des prophètes de l'Ancien
Testament pour décrire le jour où il
y aurait une transformation radicale de
l'univers entier (Is 13,10; 34,4; Ez 32,7-8;
Jl 2,10; 3,3; 4,15). Cette description du cosmos
prépare l'annonce de la venue du Fils de
l'homme.
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26-27
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Le Fils de l'homme est un être
céleste qui, porté par les nuages --
donc visible de partout et par tous --, vient juger
les hommes ou, du moins, réunir les
élus qu'il introduira dans le monde
céleste d'où il était venu (Dn
7,13-27), où il partagera avec eux sa
royauté universelle (Dn 7,18.27). -
Jésus se désignera souvent comme
Fils de l'homme (Mc 8,31; 9,31; 10,33;
surtout 8,38). Paul décrira aux
Thessaloniciens le retour du Seigneur
Jésus qui réalisera la venue
glorieuse et salvatrice du Fils de l'homme
pour le bénéfice de tous les hommes,
morts ou vivants (1 Th 4,16-17;
5,9-10). L'épître aux Romains ira plus
loin: alors, la création tout
entière participera à la gloire des
enfants de Dieu (Rm 8,19-22). -- C'est un de
ces événements à propos
desquels il ne faut pas sous-estimer la
puissance de Dieu (Mc 12,24).
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28-32
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On revient à la question soulevée
en 13,4. Jésus enseigne que sûrement
la parousie du Fils de l'homme viendra (ce
sera la parousie du Seigneur Jésus: 1
Th 4,13-18; 5, 1-11). Les premiers chrétiens
désiraient pour très tôt cette
venue (Maranatha! 1 Co 16,22; Ap
22,20; Didachè 10,6). Mais personne
-- même le Fils -- ne sait
quand le Fils de l'homme viendra (1 Th 5,
1-11; Mt 24,42; 2 P 3,7-13).
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30
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L'imminence de ces événements est
une des caractéristiques des écrits
apocalyptiques. Certaines sectes modernes en font
un élément essentiel de leur message.
En fait, ces affirmations expriment à leur
manière la certitude chrétienne que
Dieu accomplira ce qu'il a promis.
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31
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Cette certitude est ici traduite par une
impossibilité. Il est aussi impossible que
l'espérance des chrétiens soit
déçue, qu'il l'est que le ciel et la
terre disparaissent.
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32
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Ici encore, tout se passe comme dans les
apocalypses juives: Dieu seul choisit le moment
où il réalisera ses promesses et fera
venir son Règne. Marc veut couper court aux
spéculations inquiètes que nourriront
indéfiniment certains esprits en essayant de
prédire l'année, voire le jour exact,
où se produira la transformation ultime du
monde.
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33-37
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La vigilance à laquelle Jésus
invite avec insistance (quatre fois en cinq
versets) n'a rien à voir avec la crainte, la
tension ou l'angoisse. Elle s'exprime plutôt
par une vie qui n'a d'autre préoccupation
que celle de faire la volonté de Dieu et de
témoigner des interventions par lesquelles
il nous sauve.
Ces versets
révèlent l'intention qu'avait Marc en
écrivant le chapitre 13: il avait le regard
tourné vers le présent de la vie
chrétienne; il voulait exhorter à
vivre actuellement d'une manière
sainte, pour qu'on soit prêt à
recevoir le Fils de l'homme. C'est l'urgence
de la conversion et de la vie de foi authentique
qu'il veut enseigner, et cela pour tous les
croyants (v. 37b). -- Ce texte rappelle à
l'homme certains aspects de sa condition
réelle: il n'est qu'un administrateur
des biens de Dieu; sa propre vie est
fragile: elle peut cesser le soir ou au
milieu de la nuit (v. 35b). Une attitude sage
est donc de vivre comme un fils du jour,
dans la foi, l'espérance et l'amour
(1 Th 5,5.8).
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