Les trois derniers chapitres de Marc sont les plus importants. C'est vers eux que le lecteur a été conduit; c'est ici que sera dévoilée la véritable identité de Jésus et que sera ouverte par la résurrection la voie de salut jusqu'ici annoncée aux disciples de Jésus. Ainsi, sous une apparence narrative, ces chapitres veulent montrer comment Dieu accomplit son projet de salut.

1

Au début du printemps, les Juifs célébraient une fête qui combinait deux rites très anciens. L'un -- celui de la Pâque -- demandait d'offrir et de consommer un agneau, et d'accomplir certains gestes avec son sang. L'autre rite -- celui des Pains sans levain -- demandait qu'on s'abstienne de pain fermenté. C'était la plus grande fête de l'année. Elle rappelait qu'Israël avait été libéré de l'oppression égyptienne au temps de Moïse. Les Juifs célèbrent encore cette fête au printemps; mais depuis la destruction du Temple de Jérusalem en l'an 70 de notre ère, les rites de l'agneau et du sang ont disparu (car il n'était permis d'immoler les victimes que dans le Temple).

3

Le nard est une huile parfumée. Dans l'Orient ancien, on versait volontiers de l'huile et du parfum sur la tête des convives pour embaumer la salle du banquet. Voir Ps 23,5.
     La femme exprime la très haute estime qu'elle a pour Jésus en lui versant un parfum dispendieux sur la tête. Elle donne sans compter, parce que sa vénération pour Jésus est sans limites. La générosité du geste est à la mesure de son profond amour pour Jésus.

4-8

Des disciples jugent exagérée une telle dépense. Il aurait mieux valu distribuer en aumône cet argent, pensent-ils. De fait, la piété juive appréciait l'aumône (Dt 14,28-29; 15,11; 16,11); le Nouveau Testament partagera ces vues (Mt 6,1-4; Ac 9,36; 10,4). On sait combien l'Église primitive pratiquait le partage des biens (Ac 4,32-5,11). -- Mais la dépense jugée exagérée prenait aux yeux de Jésus une valeur exceptionnelle. Sans le savoir, la femme collaborait à l'ensevelissement de Jésus (v. 8), qui allait mourir bientôt sans qu'on puisse l'embaumer comme les disciples l auraient désiré (16,1).

7

Cette parole n'est pas une prophétie qui rendrait inutile toute lutte contre la pauvreté dans le monde (« vous en aurez toujours »). Dans le contexte très précis où le geste de la femme a été interprété comme un gaspillage, Jésus dit: « Il sera toujours temps de vous occuper des pauvres; pour l'instant, c'est sur moi que doit se porter votre attention. »

8-9

Le geste d'amour ou de vénération de la femme devenait un acte de charité de première valeur: au-dessus de la pratique de l'aumône, la piété juive plaçait les oeuvres de charité où la personne mettait du sien; parmi ces oeuvres, l'ensevelissement des morts occupait le premier rang (Tobie 1, 17-18; 2,3-7). -- Jésus représentait en l'occurrence le pauvre par excellence à servir; les autres qui demeureraient après son départ, les disciples pourraient leur faire l'aumône autant qu'ils le voudraient (Dt 15, 11). -- Dans le contexte du complot organisé contre Jésus (Me 14, 1-2) et la trahison de Judas (14,10-11), le geste désintéressé de la femme revêtait une noblesse remarquable. Situé comme il l'est maintenant par Jésus dans le cours de sa Passion, le geste prend un sens prophétique sûrement insoupçonné de la femme.

10

Le complot amorcé aux vv. 1-2 reprend. Après avoir vu l'amour le plus généreux s'exprimer, on verra la méchanceté et la mesquinerie atteindre un degré incroyable. -- Parmi les douze que Jésus choisit pour qu'ils soient avec lui (3,14), Marc a mentionné Judas Iscarioth, celui qui livra Jésus » (3,19). Marc le nommera plusieurs fois l'un des Douze (14,10.20.43). Un intime de Jésus, destiné à devenir l'un des piliers de l'Église, le livrera (14,11).

12

Ce verset doit être rapproché du v. 1. Le récit qui a été intercalé a laissé entrevoir l'issue fatale en parlant d'ensevelissement (v. 8) et de trahison (vv. 10-11). Marc nous invite à voir dans le dernier repas de Jésus la signification que les Juifs donnaient au repas de la Pâque. Il veut nous faire partager la conviction que les événements de la mort et de la résurrection du Christ sont une nouvelle Pâque, une nouvelle libération effectuée par Dieu.

14-16

Le mot Pâque se lit quatre fois dans le bref épisode des vv. 12-16. C'est tout le drame de la Passion de Jésus qui se trouve mis sous le signe de la Pâque, c'est-à-dire du grand événement historique où Dieu, fidèle à son amour et aux promesses faites aux pères de la nation, avait délivré d'Égypte Israël en vue de se l'associer dans le cadre d'une alliance éternelle (Ex 12-15). -- Jésus s'apprête à délivrer de l'esclavage du péché tous les hommes. Son propre sang sera versé; il permettra aux siens d'échapper à la colère vengeresse du Dieu saint, comme l'avaient fait les Juifs grâce au sang de l'agneau immolé, sang appliqué sur le linteau et les deux montants de la porte (Ex 12,21-27). -- Le Christ, notre Pâque, a été immolé (1 Co 5,7). Les préparatifs du repas pascal nous acheminent vers cette signification de la mort-résurrection de Jésus.

17-21

Un intime de Jésus le trahira: le thème est accentué dans cet épisode. En effet, la mention des Douze (vv. 17.20) désigne les intimes de Jésus. Deux expressions montrent dans le traître un commensal de Jésus: un qui mange avec moi et celui qui plonge la main avec moi dans le plat (v. 20b). L'union de coeur qu'établit, surtout en Orient, le fait de manger ensemble se trouve brisée d'une manière révoltante. -- Le plan de Dieu se réalise: second thème majeur. Le commensal qui trahira Jésus accomplit le Ps 41,10, auquel se réfère le v. 18 de Marc. De plus, si Jésus sait quelle personne le trahira, c'est que Dieu le lui a révélé (Mc 14,18). Enfin, tout se passe selon ce qu'il est écrit du Fils de l'homme (v. 21a). Dieu a conçu un plan selon lequel s'opérera la pâque ou la libération de l'homme; Jésus le connaît (14,13-15) et le suit fidèlement.

21

Jésus unit de nouveau le titre Fils de l'homme à la souffrance qui vient vers lui (8,31; 9,31; 10,33). En Jésus s'uniront la figure du Fils de l'homme daniélique (Dn 7) et celle du serviteur souffrant (surtout Is 52,13-53,12). -- Bien que le geste de Judas contribue à réaliser le plan de Dieu, il demeure libre, porté au compte de son auteur. A travers l'exercice libre des volontés humaines, Dieu poursuit son dessein de salut.

22-25

Jésus reprend (pour leur donner un nouveau sens) les gestes du chef de famille juif qui, dans le repas pascal, bénissait le Dieu qui donne le pain et le vin, puis partageait avec les convives ces aliments. -- Dans le pain qu'il distribue, c'est son propre corps, c'est lui-même que Jésus donne à manger comme source de vie (l Co 10,16; 11,24-32). De même, le sang qu'il donne à boire, c'est son propre sang, sa propre vie (Lv 17,11-14) qu'il versera en mourant sur la croix (l Co 11,26). -- Comme au temps de Moïse (Ex 24,8), dans le sang de Jésus sera scellée une nouvelle alliance (Jr 31,31) où, d'abord, l'homme sera purifié grâce au sang de Jésus mourant pour expier les fautes de tous (He 2,17; 9,13-22; 1 Jn 2,2). -- L'Eucharistie annoncera la mort expiatrice de Jésus jusqu'à ce qu'il vienne (l Co 11,26) établir le Royaume où Dieu sera tout en tous (1 Co 15,28).

26

Le repas pascal se terminait par la seconde partie du Hallel (Ps 114 ou 115-118), qui célébrait les hauts faits du Dieu de l'histoire.
     Les événements tragiques qui seront présentés constituent un obstacle pour les disciples et les lecteurs encore incapables de comprendre que le Christ puisse rencontrer l'échec et la mort (8,33).

27

Za 13,7 et Os 6,1-2. -- Une fois de plus la prescience de Jésus étonne, chez Marc, le lecteur (11,2-6; 13,9; 14,13-15). Jésus appuie nettement sur l'Écriture, cette fois, l'annonce qu'il fait. Il rappelle qu'il mourra (Je frapperai, dit Dieu, v. 27b) et ressuscitera (v. 28: un passif qui renvoie à l'oeuvre de Dieu). Cela est déjà connu des disciples. Il y a deux nouveaux éléments: tous les disciples seront dispersés (v. 27b) et, par la suite, le pasteur les réunira (précéder signifie, dans le langage des bergers, conduire, réunir: 2 M 10, 1; Mi 2,12-13; voir Jn 10,4.27). -- Le fait de citer Za 13,7 laisse voir que même la défection des disciples était prévue dans le plan divin.

29

Pierre exprime avec vigueur (surtout au v. 31) son attachement à Jésus. Il présume de ses forces; mais il faut rappeler qu'il suivra encore Jésus (de loin, 14,54) quand tous les autres disciples auront fui (14,50).

30

La fermeté de la prescience de Jésus apparaît au luxe de précisions qu'il donne. -- Les reniements de Pierre seront si rapprochés que le coq n'aura pas le temps de chanter deux fois avant que l'apôtre ne renie Jésus trois fois.

31

La présomption de Pierre est manifeste. Sa triste aventure aura valeur d'exemple pour les croyants à venir.

32-42

Ce texte nous apprend beaucoup sur Jésus qui, d'abord, paraît près de nous: « Il a été éprouvé en tous points à notre ressemblance, mais sans pécher » (He 4,15). Comme nous, il a besoin de compagnons pour porter la frayeur et l'anxiété (Mc 14,33) qu'il éprouve à l'approche de l'épreuve. -- Il apparaît également très près de Dieu. Il a un amour tout filial à son endroit: « Abba! Père! » (v. 36). Son plus grand désir -- son unique désir, au fond -- est de faire la volonté de son Père (v. 36).

35

L'heure, comme la coupe (v. 36), désigne le moment décisif de la vie de Jésus, celui de sa Passion qui vient. Remarquons que la prière de Jésus au v. 36 reprend l'essentiel du Notre Père, que Marc ne nous a pas transmis ailleurs. À la suite de Jésus, le chrétien est appelé à se tenir devant Dieu comme un petit enfant confiant devant son père. Ce Dieu, il pourra l'appeler du nom affectueux de « papa » (c'est le sens du mot Abba; voir Rm 8,15 et Ga 4,6).

36-37

Le contenu de la prière de Jésus est exprimé: il confesse la toute-puissance de Dieu (10,27); il exprime le mouvement spontané de son être, qui répugne à souffrir; mais surtout il demande que la volonté de Dieu soit accomplie.

38

La tentation sera celle de quitter Jésus dans le malheur (14,50). Ici, la chair ne désigne pas l'aspect sexuel de l'homme. Selon les Juifs, l'homme était esprit en tant qu'il était à l'image et à la ressemblance de Dieu; il était chair en tant qu'il demeurait faible et porté à se rechercher plutôt qu'à s'en remettre à Dieu. Jésus rappelle cette expérience que nous connaissons tous: même si nous sommes ardents à vouloir faire la volonté de Dieu, nous n'en éprouvons pas moins des résistances profondes (Rm 7,14 24).

39

La prière est un thème central de cet épisode. Le mot vient souvent (vv. 32.35.38.39). Les paroles que Jésus prononce en priant sont rapportées (v. 36). Jésus est plusieurs fois décrit en train de prier (vv. 35-36.39). Il fait aux apôtres un devoir de prier pour ne pas entrer en tentation (c'est-à-dire, dans le cas présent, pour ne pas tomber, v. 27: ils tomberont en fuyant et, dans le cas de Pierre, en reniant leur maître, vv. 30.50). -- C'est dans la prière, incessante et répétant les mêmes paroles (vv. 35.39), que Jésus parvint à dominer les résistances qui se dressaient en lui. Il sort de la prière vigoureux et décidé (v. 42).

43-52

Avec la ruse ignoble de Judas et la violence du disciple qui tire l'épée, contrastent le calme et la dignité de Jésus qui s'enfonce dans une solitude profonde (v. 50).

43

Le récit, soucieux de rapporter des faits précis plutôt que d'enseigner, identifie d'abord les auteurs de l'arrestation de Jésus: Judas, encore mentionné comme l'un des Douze, pour que son rôle n'en apparaisse que plus odieux (14,10.20; 3,19); une troupe de gens armés, qui exécutent les ordres reçus; enfin les trois catégories des membres du sanhédrin (8,31; 11,27). L'énumération précise des composantes du sanhédrin, qui reviendra aussitôt (v. 53), est intentionnelle: on y trouve les vrais responsables de la Passion de Jésus qui suivra. -- La plus haute autorité juive, civile et religieuse, apparaît dressée contre Jésus; l'issue du drame est déjà scellée. On remarquera les grands prêtres mis en évidence en tête de liste (vv. 43.53).

44-45

Il ne serait pas aisé, pour la troupe de gens armés, d'identifier Jésus dans la nuit. C'est pourquoi Judas leur avait donné un signe qui leur faciliterait la chose. Ce sera par un baiser -- un long baiser -- que l'apôtre livrera à la mort celui qui l'avait introduit dans son intimité (3,14.19).

48-49

Jésus sait bien pourquoi ses adversaires ne l'avaient pas arrêté quand il prêchait au Temple: ils craignaient les réactions du peuple (11,18; 12,12; 14,2). Il est difficile de voir quels textes des Écritures Jésus voit s'accomplir lors de son arrestation. Bien des textes de l'Ancien Testament parlent de la ruse et de la violence des ennemis du juste (entre autres, Ps 37,14; 71,11; Jr 26,8; 37,13-14).

50

C'est dans un isolement complet que Jésus va se rendre au bout de son chemin. Il est vraiment le seul homme en qui Dieu ait pu reconnaître une fidélité parfaite. Par l'Esprit que nous vaut sa résurrection, nous sommes cependant tous appelés à notre tour à suivre le Christ jusqu'au bout de la fidélité.
     Le v. 50 signale nettement combien la prédiction que Jésus avait faite (14,27), et contre laquelle tous avaient protesté (v. 31), s'est réalisée: tous l'abandonnèrent.

53

Il y aura une réunion de tout le sanhédrin durant la nuit. Elle se tiendra à la résidence du grand prêtre, vu que le Temple est fermé la nuit. Sera ce le début d'un vrai procès, ou seulement un interrogatoire au cours duquel on prendra connaissance du cas à présenter devant Pilate? La chose est difficile à préciser.

54

Le cadre du reniement de Pierre est déjà construit (vv. 30.72). Jésus comparaissait près de là, devant le sanhédrin (v. 53). Il lui suffira de se retourner pour voir Pierre (Lc 22,61).

55

Jésus comparaît devant le grand conseil des Juifs. Selon la loi juive, il fallait le témoignage concordant d'au moins deux personnes pour établir la culpabilité d'un accusé. La tradition rapporte cette scène en détail pour montrer que ce ne sera pas sur un faux témoignage, mais sur l'affirmation de sa véritable identité, que Jésus sera condamné.
     Le sanhédrin avait pris sa décision avant que ne s'ouvrent les interrogatoires. Il fera deux tentatives pour la justifier apparemment: a. on recueillera de faux témoignages (vv. 56.57); b. le grand prêtre fera son propre interrogatoire (v. 61).

56-60

Des nombreux faux témoignages portés contre Jésus (v. 56a), un seul est rapporté. Il a pour objet une parole de Jésus qui était, dans sa pensée, une annonce du signe que serait sa propre résurrection (Jn 2,18-22). Jésus aurait ainsi critiqué le Temple en le regardant comme fait de main d'homme (ce qui était déjà dépréciatif. voir Septante, Lv 26,1; Is 16,12; 46,6) et en annonçant sa destruction. Ce Temple est de si peu de valeur, comprit-on, qu'il doit être détruit. À sa place, aurait dit Jésus, j'en construirai un autre qui sera l'oeuvre admirable de Dieu. C'était s'attribuer la construction du Temple messianique attendu pour la fin des temps. Ainsi, Jésus se serait rendu coupable d'outrage au Temple et de prétentions messianiques intolérables (v. 58).

61

Jésus déclarera qu'il est bien « le Christ, le Fils de Dieu » (1,1). En effet, quand le grand prêtre dit « le Béni », il parle de Dieu. Il en est ainsi quand Jésus dit « la Puissance » (v. 62; 11,30 note). En reprenant les termes de la Bible (Dn 7,13 et Ps 110, 1), Jésus se reconnaît des fonctions divines, celle du jugement, par exemple. Voici donc en très clair la réponse à la question que Marc avait posée à son lecteur: « Qui est Jésus? » Mystérieusement, ce n'est que sous les traits d'un accusé et d'un condamné qu'il sera reconnu sans équivoque!

63-64

Pourquoi accuser Jésus de blasphème? Il n'a pas prononcé, encore moins maudit le nom de Dieu (Lv 24,10-16; Nb 15,30-31). Toutefois, des prétentions de Jésus pouvaient être considérées comme blasphématoires, sans qu'on puisse l'établir nettement. Il s'est attribué une proximité de Dieu inacceptable (à la droite de la Puissance, v. 62); il viendrait avec les nuées du ciel juger les hommes (8,38; 13,26): c'était s'octroyer une fonction divine (voir Me 2,7). -- De plus, il était sûrement blessant pour le sanhédrin qu'un accusé qui attendait devant lui sa condamnation proclamât avec une telle assurance que Dieu le justifierait en le faisant asseoir à sa droite et que lui-même, Jésus, serait le juge eschatologique de ses propres juges. -- En entendant le blasphème de Jésus que constituait sa confession (v. 62), le grand prêtre devait déchirer ses habits (2 R 18,37-19, 1).

65

Jésus est insulté comme devait l'être le Serviteur souffrant (Is 50,5-6; 53,3-5).

66-72

Marc aime ménager des contrastes. À l'intérieur de l'épisode qui montrait à l'oeuvre, dans le complot de Judas et des grands prêtres, la haine et la mesquinerie (14,1-2.10-11), il insérait l'onction de Béthanie, où s'exprimait l'amour le plus généreux (vv. 3-9). De même, entre l'annonce et la réalisation du reniement de Pierre (vv. 26-31.66-72), se trouvent racontés l'épisode de Gethsémani et la comparution de Jésus devant le sanhédrin (vv. 32-52.53-65). Ainsi, au témoignage fidèle et courageux que rend Jésus (v. 62), se trouve opposée la défection lamentable de Pierre.-- Le lecteur voit celui-ci intensifier progressivement son rejet de Jésus. À la première intervention de la servante, Pierre répond par une ignorance feinte: à la manière d'un homme étranger au drame qui se passe tout près, il ne comprend pas ce que veut dire la femme (v. 68). À la deuxième réflexion de la servante: « Celui-là en est! » Pierre répond par un reniement ferme (v. 70a). Le rejet devient total quand Pierre appuie par un serment et des jurons son affirmation: cet homme-là, dont il semble ne pas connaître même le nom, Pierre l'ignore tout à fait (v. 71). À la croissance des soupçons qu'expriment les gens (jusqu'à dire « sûrement », v. 70), correspond un reniement croissant de la part de Pierre.

72

La prédiction de Jésus s'est réalisée (v. 30); Marc le souligne en rappelant les paroles mêmes de Jésus (voir 11,6.21). -- Les pleurs de Pierre montrent qu'il n'était pas mauvais, mais faible. Il aurait dû prier en se rappelant que l'esprit est ardent, mais la chair est faible (14,38). Les disciples qui avaient tous protesté de leur fidélité à Jésus l'avaient abandonné (vv. 31b.50). Pierre de même (vv. 31a.66-72).