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1-5
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Aux grands prêtres
déchaînés (vv. 3-4.11) est
opposé un Jésus silencieux: ses
paroles ne pourraient apaiser la haine des
accusateurs; d'autre part, il accepte volontiers
son sort (14,36).
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1
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C'est le gouverneur romain qui exerçait
l'autorité suprême (voir Mt 27,2
note). Il n'est plus question, dans cette
scène, d'un Jésus vu comme
Christ et Fils de Dieu; tout va
plutôt tourner autour du titre ambigu de
Roi des Juifs (vv. 2.9.12.18.26.32). Marc,
qui écrit à Rome, cherche avec
insistance à atténuer la
responsabilité de Pilate (vv. 3.10-11.31).
Il accentue du coup celle des grands prêtres
juifs.
Il ne suffisait pas
au sanhédrin de prononcer contre
Jésus la peine de mort (14,64); il fallait
que l'autorité romaine la ratifiât
pour qu'elle soit mise à exécution
(Jn 18,31-32). -- L'énumération des
membres du sanhédrin (suivie curieusement de
l'indication et tout le sanhédrin)
laisse voir le caractère officiel de la
démarche entreprise auprès de Pilate.
-- Comme Jésus l'avait prédit (9,31;
10,33), les autorités juives livrent
Jésus aux païens.
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2
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Es-tu le roi des Juifs? C'était
reprendre en termes païens (ou civils,
politiques) la question que le grand prêtre
avait posée à Jésus:
«Es-tu le Messie?» (14,61). Le
pseudo-messie du grand prêtre prenait figure
de dangereux prétendant à la
royauté politique (15,32). Jésus
pourrait être jugé coupable de
rébellion politique par Pilate. -- Le sens
de la réponse de Jésus ne peut
être déterminé avec
netteté. Elle peut signifier autant une
affirmation (partielle ou totale) qu'une
négation. Si Jésus semblait, au
jugement de Pilate, accepter à demi ou
même rejeter la royauté en
question, l'on comprendrait que les grands
prêtres multiplient aussitôt les griefs
(v. 3), pour étayer le mieux possible leur
première accusation que Jésus aurait
plus ou moins rejetée.
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4-5
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Pilate apparaît plus objectif que le
sanhédrin, plus soucieux de connaître
les vrais torts de l'accusé. D'autre part,
le silence de Jésus est très
significatif: c'est l'attitude du juste
accablé de fausses accusations par ses
ennemis (Ps 38,14-15.21; 39,10; 109,4; Is 53,7.12).
Un tel silence étonne Pilate (voir Is
52,15).
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10
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Le sanhédrin n'a pas trompé Pilate
sur les motifs de sa démarche. Pilate a
découvert la jalousie des grands
prêtres, dont le rôle devient de plus
en plus antipathique (15,1.3.10.11).
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13
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La mise en croix était un supplice
romain, un supplice tellement cruel que les
citoyens romains condamnés à mort ne
devaient pas y être soumis. Il fut
très souvent employé en Palestine. Il
était généralement
précédé de la flagellation (v.
15), dont le but était d'affaiblir le
condamné pour que son agonie ne se prolonge
pas sur la croix. C'est pour la même raison
qu'on offrait au condamné une boisson (v.
23) qui devait le plonger dans une certaine torpeur
et qui constituait une sorte
d'analgésique.
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14-15
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Pilate voulait vraiment libérer
Jésus. Mais il fut aussi malhabile que
lâche. Il reconnaissait implicitement la
culpabilité de Jésus en proposant de
le libérer à l'occasion d'une
amnistie. Si la foule faisait
bénéficier de l'amnistie pascale un
autre que Jésus (le choix dépendait
de la foule, v. 6b), celui-ci serait clairement un
condamné dont la sentence devait
dorénavant suivre son cours. Pilate qui,
jusque-là, n'avait pas osé contrarier
les grands prêtres accusateurs, sera alors
trop lâche pour imposer son jugement sur
l'innocence de Jésus (15,10.14). Celui-ci
apparaît comme le juste innocent et souffrant
(Is 53,9; Ps 38,20-21; 109,5).
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16
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Dans le langage juridique romain, le
prétoire était le lieu
où siégeait le préteur,
c'est-à-dire celui qui exerce la
justice.
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17-20a
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Entre la condamnation de Jésus (v. 15) et
sa crucifixion (v. 24), se place chez Marc une
scène où les soldats romains
s'amusent de Jésus (v. 20a). On le disait
roi des Juifs? Les soldats lui rendront donc
les honneurs royaux! La pourpre dont on le
revêt désigne probablement l'un de ces
manteaux écarlates que portaient les soldats
de l'armée romaine. À même les
buissons épineux des environs, les soldats
eurent tôt fait de tresser une
couronne (v. 17). Le roseau dont on
frappera Jésus devait lui tenir lieu de
sceptre. Les génuflexions que les soldats
faisaient devant Jésus ainsi affublé
faisaient partie du culte rendu à
l'empereur, dont on reconnaissait ainsi qu'il
appartenait à une sphère surhumaine.
-- À la moquerie furent joints les mauvais
traitements: les coups de roseau et les crachats
exprimèrent le mépris qu'avaient pour
Jésus les soldats. -- Avant ses disciples,
Jésus était haï; il leur
indiquait comment se comporter devant la haine des
hommes.
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20b
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Ils font sortir Jésus. Le droit
juif et romain exigeait que les exécutions
capitales soient faites hors des murs d'une ville.
L'épître aux Hébreux rappelle
que «les corps des animaux dont le grand
prêtre porte le sang dans le sanctuaire pour
l'expiation du péché sont
brûlés hors du camp» (He 13,11;
voir Lv 16,27). C'est pourquoi «Jésus,
pour sanctifier le peuple par son propre sang, a
souffert en dehors de la porte» (He 13,12).
Déjà nous lisions dans la parabole
des vignerons meurtriers qu'ils tuèrent le
fils bien-aimé (Mc 12,6) et le
jetèrent hors de la vigne (12,8). La
mission expiatrice que Jésus accomplira par
sa mort se trouvait donc signifiée par la
sortie de Jérusalem (Mc 15,20b).
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21
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Le mot Golgotha est la transcription d'un
mot araméen. Il désignait une colline
sur laquelle fut construite plus tard
l'église du Saint-Sépulcre.
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24
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Les vêtements du condamné
revenaient à ceux qui avaient
exécuté la condamnation. La tradition
chrétienne vit dans ce partage un
accomplissement du psaume 22,19 (voir Mt 27,35
note). C'est ainsi que, mystérieusement et
malgré les apparences, Dieu est à
l'oeuvre.
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25
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En mentionnant nettement dans son récit
les trois grandes heures de la prière juive
(voir vv. 33.34), Marc suggère que la mort
du Christ est la vraie prière et le vrai
culte à rendre à Dieu, le culte qui
remplacera la liturgie du Temple. Le
déchirement du voile du Temple (v. 38) aura
un sens semblable. La tradition chrétienne a
maintenu la prière aux trois heures
principales où s'élevait la
prière juive. À la lumière de
la tradition évangélique, ces heures
évoquent désormais la mort du
Christ.
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27
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Les principaux manuscrits anciens ne connaissent
pas le v. 28 qu'on lit dans la traduction latine et
d'autres manuscrits: «C'est ainsi que
s'accomplit l'Écriture qui déclare:
Il a été considéré
comme un criminel. » Ce verset s'inspire de Lc
22,37, qui reprend lui-même Isaïe
53,12.
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29
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Jésus est insulté tout le long de
ces vv. 27-32. Le fait qu'il soit escorté
par deux bandits n'est pas déjà
très honorable (v. 27). Tous l'insulteront
ou se moqueront de lui: les passants (v. 29), les
grands prêtres et les scribes (v. 31), enfin
les bandits crucifiés avec lui (v. 32b). On
se moque de ses prétentions: celles de
pouvoir rebâtir en trois jours le Sanctuaire
(v. 29), d'avoir sauvé d'autres personnes
(v. 31b), d'être le messie et le roi
d'Israël (v. 32). -- De fait, Jésus
rebâtira en trois jours le sanctuaire
de son corps (Jn 2,18-22); il sera sauvé en
ressuscitant, mais pour en sauver d'autres
(1 Co 15). La moquerie deviendra
réalité.
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30
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Sauve-toi! (vv. 30.31). C'est le salut de
tous les hommes que Jésus obtient: il
accomplit son service (Mc 10,45).
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32
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Qu'il descende de la croix! Une telle
demande nous reporte à la scène
où le tentateur suggère à
Jésus de mettre à son service la
puissance céleste, pour établir hors
de tout doute qu'il est fils de Dieu (Mt 4,
1-11). Jésus avait déjà promis
aux mêmes moqueurs un seul signe, celui de sa
propre résurrection (Mt 12,38-39). Le
signe ne porte aucun fruit, si le coeur
n'est pas disposé à l'accueillir
humblement (Me 6,5-6; voir 2,5; 5,34; 10,52).
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34
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Jésus prie avec les mots du psaume 22 (Mt
27,35 note), psaume du juste
persécuté qui met sa confiance en son
Dieu: sûrement, lui dit la foi, Dieu le
sauvera.
C'est le Ps 22 tout
entier qu'il faut lire pour connaître les
sentiments de Jésus en croix. Contrairement
à ce que pourraient laisser entendre ces
premiers mots du Ps 22 que cite Me 15,34, c'est une
confiance invincible en Dieu qu'exprime
l'ensemble du psaume: le juste souffrant s'appuie
sur l'histoire où Dieu a montré sa
fidélité (Ps 22,5-6), pour le
supplier d'intervenir de nouveau (vv. 20-22) et
pour proclamer qu'il est déjà
exaucé: «Tu m'as répondu!... Il
n'a pas rejeté ni réprouvé un
malheureux dans la misère ... » (vv.
22c-27). Enfin, le juste entrevoit, dans un regard
prophétique, que «toutes les familles
des nations se prosterneront devant la face (du
Seigneur)» (vv. 28-32; voir Mc 11,17).
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35-36
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Le début de la prière de
Jésus est interprété
malicieusement. -- Élie devait revenir (Ml
3,1.23; Mc 9, 11) consoler le juste souffrant (Si
48,1-11).
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38
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Voir 15,25 note. Sur le voile
déchiré, voir Lc 23,45 note.
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39
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Pour Marc, qui écrit probablement
à Rome (15,1 note), il n'est pas
indifférent que ce cri de la foi
chrétienne soit sur les lèvres de
l'officier romain, tout comme le titre de
Christ avait été sur les
lèvres de Pierre (8,29). Ainsi, les lecteurs
sont parvenus à la reconnaissance de la
véritable identité de Jésus,
qui ne se révèle sans
équivoque et dans tout son mystère
que sur la croix et dans la mort.
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40
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Marc se devait d'introduire ici ces personnages
nouveaux, car c'est par leur témoignage que
commençait la tradition qu'il va nous
rapporter sur la résurrection du Christ.
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41
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Ces femmes font le pont entre la vie publique de
Jésus et les lendemains de sa
résurrection (Mc 16,1-13). -- Il n'est pas
sans intérêt de remarquer que des
femmes, que Jésus s'était
associées au cours de sa prédication
(Mt 27,55; Lc 8,2) et auxquelles il avait reconnu
une dignité bien plus grande que ne leur en
reconnaissait jusque-là le monde juif (Jn
4,27 en est un écho), le suivirent
jusqu'à la fin, alors que les disciples
intimes de Jésus avaient tous fui (Mc
14,50). Des femmes, c'est-à-dire des
personnes auxquelles le droit juif du temps ne
reconnaissait pas le droit de servir de
témoins, seraient les témoins de la
crucifixion de Jésus, de son ensevelissement
et de la découverte du tombeau vide (Mc
15,40.47; 16,5-6) dans l'Église
primitive.
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43
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Les disciples ont abandonné Jésus
(14,50); ce sont les Juifs qui s'occuperont
d'enterrer le condamné (voir Ac 13,29).
Ensevelir les morts était un des actes de
religion les plus importants du judaïsme.
Joseph d'Arimathie
n'était pas nécessairement membre du
sanhédrin. Il sympathisait avec
l'enseignement de Jésus, sans être un
de ses disciples (voir Mc 12,34): il attendait le
Royaume de Dieu qui, selon Mc 1,15, était
l'objet de la prédication de Jésus.
-- Il était courageux de réclamer
auprès de Pilate le corps de Jésus.
En effet, Joseph risquait d'être
regardé comme sympathisant d'un
prétendant royal, comme ami d'un homme
rejeté par le peuple (qui avait
demandé sa crucifixion). Sa démarche
auprès de Pilate risquait surtout
d'être connue des autorités juives.
Cet homme voulait épargner à
Jésus la pire des malédictions, celle
d'être abandonné sans sépulture
(Dt 21,22-23; Jr 16,4; 25,33; Ez 29,5): on ne
pouvait alors «être réuni
à ses pères».
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45
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Jésus est donc vraiment mort: Pilate l'a
fait vérifier.
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46-47
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Comme les femmes connaissent l'emplacement
précis du sépulcre de Jésus,
elles pourront y revenir, au lendemain du sabbat,
compléter la toilette funéraire. Elle
retrouveront le linceul et la pierre
mentionnés au v. 46.
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