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Les deux premiers chapitres de l'évangile
de Matthieu condensent l'essentiel de tout
l'évangile (qui commencera réellement
au chapitre 3), en nous présentant
Jésus comme le Messie d'Israël,
rejeté par son peuple et accueilli par les
païens.
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1-17
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Chez les Juifs, les généalogies
servaient à justifier des titres et des
droits. Celle que Matthieu propose visera moins
à nous informer avec exactitude sur les
ancêtres de Jésus qu'à nous
dire qui il est. Dès ce premier verset,
Matthieu le dit clairement : Jésus est le
Christ, c'est-à-dire le Messie,
l'envoyé de Dieu qui vient apporter à
son peuple libération et paix.
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3-6
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Les quatres premières femmes
mentionnées dans la généalogie
(Thamar, Rahab, Ruth, la femme d'Urie) sont des
étrangères pour Israël, ou des
femmes qui ont eu des enfants d'une façon
irrégulière (deux par la
prostitution, une par l'adultère). Matthieu
veut déjà montrer à quel point
Jésus est solidaire de l'humanité,
non seulement dans ce qu'elle a de plus glorieux
(comme les rois), mais aussi dans ce qu'elle a de
plus faible.
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5
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Rahab était une
prostituée de Jéricho qui sauva la
vie à deux espions envoyés par
Josué (Jos 2,1-21). Elle fut
épargnée quand les Hébreux
détruisirent Jéricho (Jos
6,17.22-25).
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6
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Matthieu précise que David est roi, et
c'est en reprenant la liste des rois de
Jérusalem qu'il nous conduira à
Jésus. Il reprendra plus tard pour
Jésus le titre de roi des Juifs
(2,2 ; 21,5 ; 27,11).
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8
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Asa fut le troisième roi du
royaume de Juda, des années 913 à 873
avant le Christ. Il fut un excellent roi, qui lutta
contre les cultes païens qui avaient envahi le
pays.
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10
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Amon et son père
Manassé laissèrent un
mauvais souvenir dans l'Écriture. Amon
consacra les deux années de son règne
à propager l'idolâtrie. Il ne suivit
pas Manassé dans son retour au Dieu des
pères. « Ses serviteurs
conspirèrent contre lui et le mirent
à mort dans sa maison » (2 Ch
33,24).
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11
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Josias fut un des grands rois du
royaume de Juda. Il monta sur le trône
à l'âge de huit ans et régna
durant 31 ans (2 Ch 34). Contrairement à son
père Amon, « il fit ce qui est
droit aux yeux du Seigneur et il suivit les voies
de David, son père » (2 Ch 34,2).
Il purifia le culte en Juda. Sous son règne
fut redécouvert le « livre de la
Loi », qui allait devenir la base d'une
grande réforme religieuse dans le pays.
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Dans la succession des rois dont Matthieu
rappelle le souvenir, on voit combien Jésus
connut des ancêtres de diverses valeurs.
C'est à travers des
générations bonnes ou mauvaises, par
l'intermédiaire de descendants de David plus
ou moins dignes de leur mission, que Dieu
conduisait l'histoire jusqu'à la naissance
de Jésus.
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12
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La déportation à
Babylone. Le troisième grand jalon (v.
17) de la généalogie de Jésus
se présente. Les deux premiers
étaient Abraham (v. 2) et
David (v. 6). --- Le Nouveau
Testament relie étroitement l'histoire de
Jésus à celle de son peuple. Comme
Abraham, Jésus donnera naissance
à un Israël (renouvelé : 4,1-11
; 21,43 ; Ga 6,16). Il réalisera en
qualité de messie (c'est le sens du
titre Christ, v. 17) les espérances
qu'Israël avait mises en David et
dans ses descendants (le titre de Fils de
David sera important chez Matthieu : 1,1 ;
9,27 ; 12,23 ; 15,22 ; 20,30-31 ; 21,9.15). Enfin,
à ce peuple qui avait perdu le Temple et sa
terre, lorsqu'il était parti pour l'exil
à Babylone, Jésus offre le vrai
culte en esprit et en vérité
(Jn 4, 23-24) dans un temple intérieur, un
repos qui sera la vraie terre
promise (He 3, 7 - 4, 11), enfin une
authentique libération de la
servitude de la Loi, du péché et de
la mort (Rm 7,3-6 ; 6,18-22 ; 8,2-3 ; Ga 2,4 ;
5,1.13).
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16
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En brisant le rythme suivi depuis le
début. Matthieu laisse entendre ici que
Joseph n'est pas le père de Jésus, si
ce n'est légalement (v. 18). La
cinquième femme de la
généalogie, Marie, enfantera, elle
aussi, d'une façon irrégulière
(1,18), mais ce sera sans péché.
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17
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Ce verset laisse voir le caractère
artificiel de la généalogie. Pour
arriver à trois fois quatorze, Matthieu a
supprimé de la liste trois rois ; il a
encore compté deux fois Jéchonias.
Pourquoi Matthieu a-t-il fait cela ? Bien des
réponses ont été
données à cette question ;
signalons-en deux seulement. a. Les Juifs
ne désignaient pas les nombres par des
signes spéciaux, mais par des lettres de
l'alphabet. Chaque lettre recevait une valeur
numérique. Si on additionne la valeur
numérique des lettres du mot David, on
arrive à quatorze. En reprenant trois fois
ce nombre, Matthieu voudrait signifier que
Jésus est Fils de David d'une manière
éminente. b. On peut aussi
comprendre ce calcul de Matthieu comme
représentant Jésus arrivant au
début d'une septième série de
sept générations : à cause de
la valeur symbolique du chiffre sept chez les Juifs
(il représente la perfection, la
totalité), Matthieu voudrait dire que
l'histoire d'Israël va trouver en Jésus
son accomplissement et son apogée.
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18
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Les fiançailles constituaient un
engagement véritable, qui ne pouvait
être rompu que par une répudiation en
bonne et due forme (v. 19 note). La grossesse de
Marie est affirmée ici comme un fait qui
n'exige ni d'être expliqué ni
d'être établi. Ce verset fournit une
mise en scène à la
révélation qui suit dans les vv.
20-21.
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19
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D'après la Loi, Joseph devait renoncer
à son projet de mariage. S'il l'avait fait,
Jésus n'aurait pas été
« fils de David ». Inutile de
chercher à analyser ici les tourments
psychologiques de Joseph. Matthieu veut
plutôt nous amener à reconnaître
chez Joseph l'obéissance d'un croyant.
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20
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Dans la Bible, l'Ange du Seigneur intervint pour
révéler le sens d'un
évènement. Par lui, c'est Dieu
lui-même qui fait connaître ses
intentions et sa volonté. Gn 16,7 ; 21,17-19
; Jg 6,11.14 ; Ac 5,19.
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21
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En hébreu,
« Jésus » signifie
« Yahvé (le Seigneur)
sauve ». La mission de Jésus
était d'accomplir, dans le domaine spirituel
toutefois, l'attente messianique d'un
sauveur.
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22
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Cette formule revient comme un refrain chez
Matthieu. Elle ne veut pas dire que les choses se
passent exactement telles qu'elles avaient
été prévues ou
annoncées autrefois. Elle permet
plutôt de situer les événements
à l'intérieur du plan de Dieu. Ce
plan de Dieu sera parfaitement
réalisé par Jésus.
Généralement, cette formule-refrain
parle de « la parole du
prophète » (par exemple en
2,5.17.23) ; Matthieu ajoute ici (comme en 2,15)
qu'il s'agit de la parole du Seigneur. Or, dans les
deux textes, il s'agit d'un fils. C'est pour
Matthieu une manière discrète de
souligner que Jésus est fils du Seigneur,
donc fils de Dieu. Le titre de fils de David sera
dépassé (voir 22,41-46).
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23
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Toute la révélation biblique fait
connaître un Dieu proche des hommes, un Dieu
présent qui secourt et soutient. Les
derniers mots de l'évangile montreront que,
dans le Christ ressuscité, cette
présence se poursuit toujours (28,20 note).
Voir Is 7,14 (Septante) ; 8,8.10.
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Ce verset indique que Joseph n'eut rien à
voir dans la naissance de Jésus, qui fut un
pur don de Dieu aux hommes.
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