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La naissance
de Jésus à Bethléem est
historiquement bien attestée. L'indication
fournie par Matthieu permet de la situer quelque
temps avant la mort d'Hérode le Grand,
survenue dans l'année 4 avant
Jésus-Christ. Si Jésus est ainsi
né « avant
Jésus-Christ » selon notre
calendrier, c'est qu'il y eut des erreurs de calcul
dans l'établissement de ce calendrier.
Les mages dont il s'agit sont probablement
des astrologues. Le texte de Matthieu ne
précise pas qu'ils étaient des rois,
ni qu'ils étaient au nombre de
trois.
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Le titre de
roi des Juifs sera l'objet du procès
qui se déroulera devant Pilate. Ce titre
sera affiché sur la croix (27,11 note,
29.37). Il provoque déjà la
persécution de la part des autorités
de Jérusalem. Le titre de roi donné
à Hérode au v. 3 montre que, pour
Matthieu, le problème est de savoir qui est
vraiment roi des Juifs. La question ne sera
tranchée que par la résurrection du
Seigneur.
Il
ne faut pas chercher à identifier
l'étoile de ce texte (vv. 2.7.9),
mais comprendre que Matthieu veut nous dire que des
païens, qui n'ont pour se guider que des
signes ambigus, cherchent dans la joie et
reconnaissent en Jésus un roi, fils de
David; pendant ce temps, les Juifs qui ont la
parole prophétique comme guide
assuré, non seulement ne reconnaissent pas
leur Messie (v. 3), mais ils le rejettent et ils
cherchent à le faire mourir (vv. 13.16).
Matthieu a derrière lui la douloureuse
expérience d'une Église,
formée en majorité de païens,
qui est persécutée par les
Juifs.
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Avec les
« anciens », grands
prêtres et scribes forment le
sanhédrin (voir Mc 8,31 et 2,6
note).
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Tout comme il
avait retravaillé la
généalogie de Jésus (1,17),
Matthieu retouche le texte de Michée en lui
ajoutant des éléments pris au 2e
livre de Samuel. Il le fait avec l'intention de
nous dire que Jésus est bien celui qui avait
été promis à Israël, et
qu'il est le vrai chef du peuple de
Dieu.
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Voir Mi 5,1.
Matthieu utilise un texte du prophète
Michée en le modifiant. Il accentue
l'importance de Bethléem en ajoutant les
mots « tu n'es certainement pas... »
La foi de Matthieu lui fait voir l'importance que
prend la ville où naît Jésus.
Surtout, Matthieu unit au texte de Michée
une citation du livre de Samuel (2 S 5,2) où
toutes les tribus d'Israël viennent rappeler
à David les vues du Seigneur:
« Le Seigneur t'a dit: 'C'est toi qui
feras paître Israël mon peuple et c'est
toi qui seras le chef d'Israël'. » Ainsi,
Jésus apparaît comme le fils de
David (Mt 1,1). Ce sont les grands
prêtres et les scribes du peuple (v.
4) qui annoncent si bien la mission du Messie
que sera Jésus. Une situation semblable se
retrouvera dans l'évangile de Jean,
où c'est le grand prêtre
Caïphe qui proclame à propos de
Jésus: « Votre
avantage », dit-il aux grands
prêtres et aux pharisiens réunis,
« c'est qu'un seul homme meure pour le
peuple et que la nation ne périsse pas tout
entière » (Jn 11,50). Un ennemi du
Christ exprimait ainsi quel rôle
rédempteur le Christ jouerait.
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9-10
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En faisant
réapparaître l'astre, Dieu rassurait
les mages: ils étaient sur la bonne voie qui
conduisait vers l'enfant.
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Les
présents qu'offrent les mages sont des
produits étrangers en provenance d'Arabie.
En se prosternant devant Jésus, puis
en lui présentant des cadeaux, les
mages accomplissent ce qui était
annoncé dans un psaume prophétique de
l'Ancien Testament (Ps 72) où se trouve un
portrait détaillé du roi idéal
de l'avenir, du roi messianique qui, de fait, sera
Jésus. On pourra lire aussi le chapitre 60
d'Isaïe, où les nations d'Arabie
« apportent de l'or et de l'encens, et
chantent les louanges de Yahvé »
(Is 60,6), alors que Jérusalem connait une
éclatante résurrection.
Dans l'épisode des mages, Matthieu ne veut
pas seulement montrer en Jésus le messie
royal issu de David (v. 2); il présente
aussi des païens venant rendre hommage
à Jésus. Chez Luc (2,8), ce sont des
Juifs, des bergers de la campagne de
Bethléem, qui viennent les premiers voir
Jésus. La venue des mages de l'Orient
(Mt 2,1) est chez Matthieu l'annonce
prophétique de ce qui se passera durant la
vie de Jésus et dans la primitive
Église: les Juifs seront indifférents
ou hostiles à Jésus, alors que les
païens accueilleront l'Évangile
en grand nombre.
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Le même
messager céleste (1,20; 2,19) manifeste la
volonté de Dieu. Le récit qui
commence établit un rapprochement entre
Jésus et Moïse sauvé de la mort,
ainsi qu'entre Jésus et l'ensemble
d'Israël persécuté en
Égypte. Matthieu laisse entendre que c'est
toute l'histoire d'Israël qui recommence avec
la venue de Jésus.
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Voir Os
11,1.Matthieu appliquait à Jésus un
texte qui, chez le prophète Osée,
parlait de la sortie d'Égypte
qu'Israël avait connue. L'histoire du
peuple sera vécue de nouveau par
Jésus, mais avec une parfaite
obéissance à Dieu (Mt 4,1-11 note).
Le nouveau peuple du Royaume de Dieu (21,43)
naîtra de ce petit reste d'Israël
qu'était Jésus (Ga 3,16).
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16-18
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Même si
la violence de l'événement n'a rien
d'invraisemblable quand on connait ce que les
historiens du temps disent d'Hérode, ce
n'est pas tant l'événement comme tel
qui compte pour Matthieu. Les chrétiens,
surtout ceux d'origine juive, ont été
fortement impressionnés par la destruction
de Jérusalem en 70. Ils ont très
tôt établi un lien entre cette
catastrophe et le rejet du Christ par les Juifs
(voir 22,7 note). Pour situer
l'événement de 70 à
l'intérieur du plan de Dieu, et pour dire sa
conviction que la persécution menée
contre Jésus et ses disciples entraîne
le malheur des Juifs (27,25 note), Matthieu reprend
un texte de Jérémie. Ce texte se
situe après la première destruction
de Jérusalem alors que Rama fut le lieu
où les survivants furent rassemblés
avant dé partir pour l'exil. Le v. 18 cite
Jr 31,15.
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Les songes,
ou les rêves, se présentent
parfois dans l'Ancien et dans le Nouveau Testament
comme un mode de révélation que Dieu
emploie. Il éclaira parfois dans des songes
les patriarches (Gn 15,12-21; 20,3-6; 28,11-22) ou
d'autres chefs du peuple, tels Gédéon
(Jg 6,25-26), Samuel (1 S 3) et même Salomon
(1 R 3,5-14). Au temps où Yahvé
« répandra son Esprit sur toute
chair », les anciens d'Israël
« auront des songes » (Jl 3,1).
Le Nouveau Testament voit dans certains songes
« une révélation
destinée à éclairer un
individu (et parfois un païen). Celle-ci est
(pour le Nouveau Testament) subordonnée
à la Parole qui s'adresse à toute
l'Église et se manifeste par excellence en
Jésus-Christ » (Augustin
George).
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Archélaüs
régna sur la Judée de l'an 4 avant
J.-C. jusqu'à l'an 6 après J.-C. Il
fut aussi violent que son père, au point que
l'empereur romain dut l'exiler. C'est à
partir de ce moment que la Judée fut sous le
contrôle direct d'un gouverneur romain. Nous
sommes déjà situés pour la
Passion de Jésus.
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Aucun texte
biblique précis n'est cité.
L'expression « une parole des
prophètes » est vague. Matthieu
veut nous dire comment Jésus, bien qu'il
soit né à Bethléem de
Judée, peut être celui que la
tradition ancienne appelle Jésus de Nazareth
en Galilée, ou Jésus le
Nazaréen. Il veut aussi situer ce fait
à l'intérieur du plan de Dieu, pour
répondre à l'objection des Juifs dont
Jean nous a gardé un écho:
« Ce n'est pas de la Galilée que
surgit le prophète » (Jn 7,52;
voir Jn 1,46; 7,41-42). Voir Jg 13,5-7; Is 11,1;
53,2.
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