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1-11
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Dans ce récit de la tentation, Matthieu
met en relief deux points de vue sur le Christ.
D'abord, il a été fidèle
là où le peuple d'Israël a
flanché. Les citations du Deutéronome
mises dans la bouche de Jésus
évoquent des tentations auxquelles
Israël a succombé au désert.
Pour Matthieu, Jésus reprend l'histoire au
moment où elle était engagée
dans une impasse et il va la récrire (voir
2,13). I1 ouvrira un chemin sur lequel il nous
invitera à le suivre (4,20.22.25). Matthieu
montre aussi que Jésus ne fut pas le Messie
juge et vengeur que certains espéraient, ni
le roi et le libérateur que d'autres
attendaient. I1 ne s'est imposé ni par la
puissance ni par le merveilleux. I1 a choisi
d'obéir humblement à Dieu et de tout
attendre de lui.
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1
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Pour la tradition évangélique, le
diable est celui qui s'oppose au plan de Dieu et
qui cherche à l'entraver. C'est donc contre
l'adversaire principal que l'Esprit envoie
Jésus mener le combat.
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4
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Voir Dt 8,3.
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5
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La Ville sainte est Jérusalem,
comme les musulmans l'appellent encore aujourd'hui.
C'est la présence du Temple (sanctuaire) qui
lui vaut ce nom.
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6-7
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Le diable propose à Jésus de poser
un geste spectaculaire, qui établirait hors
de tout doute qu'il est Fils de Dieu. Jésus
aurait chance de se gagner ainsi des disciples! Le
diable se situe sur le terrain de la foi en citant
les Écritures (Ps 91,11-12). Accepter la
suggestion du diable, ce serait de la part de
Jésus utiliser pour soi le pouvoir de Dieu;
ce serait mettre à l'épreuve le
Seigneur (Dt 6,16), que de le forcer à
prouver qu'il est fidèle à sa
promesse de secours.
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8
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L'affrontement des deux rois (2,2 note) conduit
à l'affrontement des deux royaumes. Le
thème du Royaume des cieux est le
thème majeur de l'évangile de
Matthieu (voir v. 17). On comprend pourquoi la
décision que Jésus réclamera
des hommes ne peut se faire sans une conversion qui
soit une véritable rupture.
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9-10
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Jésus est devant un choix radical
à faire : demeurer fidèle à la
volonté de son Père, ou se soumettre
à Satan en choisissant la puissance
impressionnante de la richesse ou du pouvoir
politique. Ce monde (v. 8) n'est pas mauvais
de soi; mais le diable en a fait son royaume
provisoire. Le diable propose à Jésus
de changer sa mission, et surtout les moyens de la
remplir. Voir Dt 6,13.
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11
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Ce service des anges concerne sans doute la
nourriture (le verbe grec employé
désigne ordinairement le service des
tables). Selon Matthieu, ce n'est donc pas en
provoquant Dieu, mais en lui obéissant,
qu'on obtient la réalisation de sa promesse
(v. 6).
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12
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Souvent, chez Matthieu, Jésus se retire
quand on lui annonce certaines nouvelles (12,15;
14,13; 15,21; 16,4; déjà
2,14.22).
Le Baptiste voit
sa mission terminée; Jésus commence
aussitôt sa prédication, qui poursuit
celle du Baptiste. Jésus laisse le petit
village juif de Nazareth pour aller
évangéliser la grande ville de
Capharnaüm en terre païenne. Ces
indications géographiques introduiront la
citation des vv. 15-16 (Is 9,1-2) qui
précisera aussitôt le sens de la
démarche de Jésus.
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13-16
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L'orientation missionnaire ou universaliste de
Matthieu (déjà visible en 4,15-16)
apparaît ici : c'est à la terre
entière (voir 10,34; 24,30), au
monde, qu'il faut porter l'Évangile.
L'apostolat premier des disciples sera celui du bon
exemple (les bonnes actions : 5,16). Ils
s'en acquitteront avec une pureté de
cur qui contrastera avec l'hypocrisie des
pharisiens (voir Mt 23). Une menace de jugement
terrible pèse contre le chrétien qui
ne pratique pas un tel apostolat (5,13); il s'agit
d'un devoir strict, qui concerne d'ailleurs tout
chrétien. La suite du texte de Matthieu
montrera quelles sont les « bonnes
actions » (5,16) qu'il faut faire.
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15
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En appelant
cette région Galilée des
paîens, Matthieu lui donne une
signification symbolique. C'est là que
Jésus se manifeste comme sauveur universel;
c'est de là que partira la mission
chrétienne pour aller dans le monde entier
(28,16-20).
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17
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S'il y a
continuité plutôt que rupture entre la
prédication de Jean et celle de Jésus
(voir 3,2), il reste que Jésus est
présenté comme différent et
supérieur. Il a des disciples qui le suivent
(vv. 19.20.22.25), et les gens viennent de partout,
non seulement de Judée (vv. 24-25; voir
3,5).
Le Royaume des cieux, expression qui revient
cinquante fois chez Matthieu, est ce qu'il y a de
plus central dans la prédication de
Jésus. C'est l'objet de la foi et de
l'espérance des Juifs. Dieu règne
dans le ciel (voir plusieurs psaumes); mais chez
les hommes, le Règne de Dieu est compromis
par le péché. Dieu doit donc faire
venir son Règne, l'établir.
Voilà que, en Jésus-Christ, le
Règne de Dieu s'est fait plus proche;
déjà, par les miracles, le mal recule
et la souffrance fait place à la vie. C'est
un début réel qui fonde
l'espérance en une réalisation
parfaite qui sera évoquée par des
images traditionnelles, celle d'un arbre (13,32),
d'un repas (8,11) ou d'une noce (22,2).
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19
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Ceux que
Jésus appelle ne seront pas seulement des
disciples chargés d'assimiler et de
répéter un enseignement: ils seront
de véritables coopérateurs. Comme
Jésus, c'est des hommes qu'ils s'occuperont
désormais.Jésus appelle comme un
prophète (1 R 19,19-21). Les rabbins
attachaient leurs disciples à l'étude
de la Loi; Jésus attache à
lui-même ceux qu'il appelle (Mc
3,14).
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20
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Matthieu
insiste sur le fait que les
«appelés» suivent
aussitôt Jésus (vv. 20.22). Il
reviendra sur le sujet (9,9). Une telle promptitude
est d'autant plus notable dans notre texte, que les
appelés ne connaissaient pas
Jésus. On remarquera aussi que Jacques et
Jean rompent les liens les plus forts en laissant
leur père (vv. 21-22). Voir
10,37.
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23
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On trouve
souvent chez Matthieu l'expression «leurs
synagogues». Elle manifeste l'antipathie qui
sépare les groupes juifs et la
communauté chrétienne pour laquelle
Matthieu écrit son évangile. Au
début des années 80, en effet, les
autorités pharisiennes avaient introduit
dans la liturgie une prière contre les
hérétiques, c'est-à-dire les
chrétiens. Ainsi, les chrétiens se
trouvèrent exclus de la synagogue, lieu de
rassemblement des Juifs. Ce verset est un
résumé de toute l'activité de
Jésus: enseignement (chapitres 5-7) et
guérisons (chapitres 8-9); nous le
retrouverons à la fin de cette section
(9,35). C'est un «sommaire», qui
généralise des faits particuliers. On
le comprend à lire des expressions telles
que celles-ci: «toute la Galilée...,
toutes maladies..., toutes infirmités...,
toute la Syrie».
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24
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La
Syrie est mentionnée en premier lieu,
probablement parce que la communauté
à laquelle s'adresse Matthieu appartient
à ce pays. Les lunatiques sont ceux
que nous appelons aujourd'hui épileptiques:
on croyait que cette maladie était
causée par l'influence de la
lune.
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