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1-11
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Les onze
premiers versets de ce chapitre rassemblent des
enseignements de Jésus, dont il est
difficile d'établir l'unité. Ne
jugez pas : voir Luc 6,37 note. Chez Matthieu,
le terme « juger » signifie
presque
« condamner ».
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1-2
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Jésus
ne demande pas à ses disciples de n'avoir
aucune idée sur le comportement de
leur prochain. Il demande d'être indulgent,
de pardonner. Comme chacun aura besoin du
pardon de Dieu, car tous les hommes sont
pécheurs (Rm 3,23), tous ceux qui condamnent
leur prochain seront eux-mêmes
condamnés. Voir 6,12.
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3-4
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Les images de
la poutre et de la paille laissent deviner le
ridicule de tant de circonstances où
celui qui juge est pire que celui qu'il condamne.
L'inconscience ou l'aveuglement sur soi-même
déprécie celui qui juge. Le lecteur
est renvoyé au proverbe de la sagesse
antique : « Connais-toi
toi-même! » La justesse du
jugement devient douteuse : comment celui qui porte
une poutre dans son il pourrait-il bien
distinguer et retirer de l'il de son
frère la paille qui s'y trouve',
L'hypocrite (v. 5) est celui qui se trompe
sur lui-même.
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6
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Les viandes
offertes durant les sacrifices étaient
sacrées. Aucun profane, encore
moins des animaux, ne pouvait les consommer (Ex
29,33; Lv 2,3; 22,10-16; Nb 8,8-10). L'annonce du
Royaume qui vient avec Jésus, ainsi que tout
l'enseignement de Jésus, appartiennent au
sacré. Le judaîsme assimilait
aisément les paîens de l'empire romain
aux animaux impurs, tels le chien et le
porc. Les apostats de la foi
chrétienne sont comparés à ces
bêtes en 2 P 2,20-22.
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7-11
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Voir Lc 11,9.
L'enseignement insiste sur le fait de demander
(le mot revient cinq fois en autant de
versets).
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9-10
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Une
ressemblance dans la forme des objets explique sans
doute les accouplements pierre-pain,
serpent-poisson. Le serpent était un symbole
de méchanceté (Mt 10,16;
12,34).
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11b
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De nouveau
Matthieu cherche à fonder sur l'amour
paternel de Dieu la confiance des croyants. La
présentation de Dieu comme Père,
qui se rencontre dès le chapitre 5, est
omniprésente dans le chapitre 6 (vv.
1.4.6.8.9.15.18.26.32). La prière du
Pater énumérait un certain
nombre de bonnes choses à demander
à Dieu (6,9-13).
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12
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C'est ici que
Matthieu amorce la conclusion du discours. Elle
consiste en une sévère mise en garde
contre l'illusion qui consisterait à
interpréter les enseignements de
Jésus comme quelque chose de purement
intérieur. Onze fois, entre les vv. 12 et
26, on rencontrera le verbe
« faire ». Dès le
début, nous sommes prévenus qu'il est
insuffisant de ne pas faire de tort à son
frère (5,20). Parce que le chrétien a
pris Dieu comme modèle à imiter
(5,48), il doit, comme Dieu, prendre les devants et
faire du bien aux autres.
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13-14
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Pour dissiper
toute interprétation atténuant les
exigences de l'enseignement du Christ, Matthieu
accumule de nouveau (voir 6,19) des oppositions qui
montrent qu'il n'y a qu'une manière
authentique de comprendre et de vivre la nouvelle
« justice » (5,20) : il faut
choisir entre les deux voies, les deux
genres de prophètes (7,15-20), les deux
manières d'être disciple (7,21-23),
les deux manières de construire sa maison
(7,24-27). Jésus parle du Royaume où
se trouve la vie (Mc 9,43-47; Mt 7,14.21) comme
d'une ville vers laquelle semblent conduire deux
chemins. De fait, seule la voie des exigences
morales et du renoncement permet d'entrer dans
la ville.
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15-20
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Les
prophètes, qui interprétaient
les événements et guidaient la
communauté, ont joué un rôle
très important dans les premières
décennies du christianisme. Il devint
rapidement urgent d'établir des
critères pour savoir à qui on pouvait
se fier comme à un vrai prophète. Le
critère ici présenté est l'un
des plus classiques dans la tradition biblique. On
s'en servira pour dénoncer les scribes et
les pharisiens (23,3).
Le
v. 15 définit un faux prophète :
il se présente comme un membre de la
communauté; mais il vient en fait la briser.
Les loups rapaces, ce sont de mauvais guides
de la communauté (Ez 22,27-28; Pr 28,15),
des « hommes aux paroles
perverses » (Ac 20,29-30) qui se disent
envoyés de Dieu, mais qui parlent en leur
propre nom (Jr 14,14-15; 27,15; Ez 13,3). Comment
les discerner des vrais prophètes? À
leurs fruits, c'est-à-dire à leurs
actions. L'agir d'un homme manifeste ce
qu'il est. Paul donnera un précieux
critère de discernement quand il exaltera la
charité au-delà de tout
charisme (1 Co 13), ou quand il décrira le
fruit authentique de l'Esprit (Ga
5,22-23).
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21
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La foi
chrétienne invite d'abord à
l'obéissance (Rm 1,5; 16,26). On
croit en Dieu pour le servir (1 Th 1,9). Les
plus belles paroles ne valent rien, sans la
pratique de la charité (1 Co 13,2). Dieu
regarde au comportement de l'homme, plutôt
qu'à ses discours.
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22
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Beaucoup
de chrétiens, au temps de Matthieu tout
comme aujourd'hui, sont portés à
donner une grande importance aux dons spirituels
qui ont des effets plus visibles ou plus
spectaculaires. Matthieu le rappelle : ce qui
comptera lors du jugement sera le service rendu aux
frères (25,35-40) et l'accomplissement de la
volonté de Dieu.
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24-27
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La pointe de
cette parabole est la nécessité de
mettre en pratique les paroles de
Jésus. Des chrétiens peuvent adopter
le comportement qui était celui des
pharisiens devant la Loi de Moïse :
« Ils disent et ne font pas »
(23,3). La foi, contenue et transmise dans des
paroles, appelle à un renouvellement de la
vie : la Parole de Dieu est une puissance
qui est à l'oeuvre dans le
croyant (1 Th 1,5; 2,13).
La
parole à mettre en pratique est celle de
Jésus. C'est lui, le nouveau
Moîse qui formule la Loi nouvelle. Il a une
conscience claire de son autorité.
L'annonce de la ruine complète
à laquelle s'expose celui qui ne met
pas en pratique (vv. 26.27) la parole de
Jésus constitue un avertissement
prophétique : le jugement dernier est en
vue; Jésus formule une menace eschatologique
sans équivoque.
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28
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Nous
rencontrons pour la première fois, au
début de ce verset, la formule par laquelle
Matthieu marque la fin des grands discours de
Jésus (voir encore 11,1; 13,53; 19,1;
26,1).
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29
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Le Christ
propose une interprétation toute nouvelle de
la loi juive et des relations à
établir avec Dieu et avec ses frères.
Cette interprétation contraste vivement avec
celle des pharisiens. Pour Matthieu, le Christ est
le Seigneur de la communauté; il a
reçu de Dieu toute autorité pour
proposer cette autre voie (28,18). Cette opposition
des points de vue est soulignée par
l'expression « leurs » scribes
(voir « leurs » synagogues,
4,23).
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