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Les textes
qui précèdent posaient à
propos de Jésus la question « Qui
est-il? » (8,27). Le chapitre qui
commence invite à répondre dans
là foi, en reconnaissant en Jésus le
Fils de l'homme qui remet les péchés,
le médecin de l'humanité,
l'Époux qui ouvre la fête dans le
monde des hommes, et celui qui donne la vie au
monde. Mais ce chapitre montre aussi que certains
refusent de croire, et s'enferment ainsi dans un
tragique aveuglement.
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1
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Sa ville,
c'est-à-dire Capharnaäm
(4,13).
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2
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La foi des
porteurs et du malade apparaît dans leur
démarche dans leur attente de secours. La
réponse de Jésus était
inattendue : au lieu de guérir la paralysie,
il pardonne les péchés du
paralytique. Il allait ainsi à la racine de
toute maladie, le péché. Il secourait
le malheureux dans sa détresse la plus
profonde.
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5
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La solution
de la controverse viendra avec le miracle physique,
qu'on peut contrôler plus aisément que
le pardon des péchés. Le
miracle ne fera pas changer d'idée aux
scribes : leurs dispositions mauvaises les
empêcheront de voir (« Vous dites
'nous voyons' : votre péché
demeure », Jn 9,41).
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6
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Tout ce
récit a pour thème central la
question du pouvoir (v. 6) de Jésus Sa
prétention de remettre les
péchés est-elle une atteinte à
la majesté divine (un blasphème, v.
3), ou la révélation de son
être profond? La question est importante pour
Matthieu et ses contemporains, car il y avait sans
doute dans leur communauté des hommes qui
remettaient les péchés avec
l'autorité de Jésus (v.
8).
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8
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Il s'agit
surtout du pouvoir de pardonner les
péchés. Le miracle physique
devient comme un gage que Jésus a mis en
marche le processus de salut, où le pardon
des péchés tient une place si
importante.
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9
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Cet appel qui
reçoit une réponse aussi rapide
manifeste encore l'autorité de la parole du
Christ. Des scribes peuvent refuser de
répondre et de croire (v. 3), des
pécheurs accueilleront l'appel (21,28 32).
Ils connaîtront alors une communion intime
avec Jésus (pensons aux repas pris avec
lui). Il n'est pas assuré que le Matthieu
dont il est ici question soit le rédacteur
de l'évangile.
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10
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Un repas
est, dans le monde oriental, le moment
où s'exprime la communion la plus intime
entre des personnes. Jésus mange avec
beaucoup de collecteurs d'impôts : il
est comme submergé par les pécheurs
par excellence que sont ces gens (ils doivent
être durs; ils sont les collaborateurs des
occupants romains, ces paîens avec lesquels
ils ont beaucoup de relations).
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11
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Les
pharisiens accusent plutôt qu'ils ne
s'informent.
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12
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Jésus
reconnaît que ses hôtes sont des
malades sur le plan spirituel; il vient les
guérir. En même temps, Jésus
condamne à demeurer dans leur
péché ces pharisiens qui se regardent
comme bien portants.
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13
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Matthieu
éclaire par une parole biblique le
comportement que Jésus et les
chrétiens du temps de Matthieu
adoptèrent devant la tradition des
pharisiens. Aux yeux de Dieu, l'amour du prochain
passe en premier lieu. Plus loin, Jésus dira
que l'amour résume toute la Loi (22,34-40).
Voir Os 6,6. Plusieurs fois Jésus rappelle
à ses adversaires qu'ils ne comprennent pas
les Écritures (12,5; 21,16; Jn 5,39.45-46).
Jésus révèle quelle est sa
mission.
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14
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La question
porte sur l'attitude des disciples : elle est un
reflet des discussions qui opposèrent les
chrétiens des années 80 aux
représentants du judaîsme et aux
groupes qui se réclamaient de Jean-Baptiste.
Voir encore Mc 2,20 note.
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15
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Jésus
juge inconvenant de jeöner quand sa venue qui
est celle du messie devrait susciter la joie
(22,1-14). Pharisiens et disciples du Baptiste ne
distinguaient pas encore en Jésus le messie
eschatologique. Jésus sera enlevé
aux siens lors de sa Passion qu'il voit
venir.
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16
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Voir Mc 2,22.
Les chapitres 5-7 ont montré comment ce
n'est pas en ajoutant des pratiques
supplémentaires de piété que
le Christ renouvelle le judaîsme en
profondeur.
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17
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Dans le
présent contexte, où il ne supprime
pas le jeöne comme tel (v. 15b),
Jésus ne rejette pas toutes les institutions
antérieures à sa venue. Il offre un
vin nouveau, certes; il enseigne une
doctrine nouvelle à bien des égards.
Cependant, elle pourra donner à certaines
vues anciennes une nouvelle valeur : il faut partir
de l'Évangile pour donner a l Ancien
Testament toute sa valeur permanente (2 Co
3,14-18).
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18-26
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Matthieu
concentre sur le rôle de la foi l'attention
du lecteur. La foi du notable qui vient vers
Jésus est très grande, car cet homme
sait que sa fille est déjà morte
(voir 5,35; Jn 11,32.39-40). Jésus
précise à l'hémorroîsse
que c'est la foi présente en elle, et non le
fait d'avoir touché le vêtement du
thaumaturge, qui expliquera la guérison. La
triple mention du salut dans les vv. 21-22
laisse voir que la foi jouera dans l'obtention du
salut total le même rôle que dans la
guérison qui s'effectuera.
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19
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Jésus
répond à l'invitation du notable
(v. 18) avec la même simplicité et
la même promptitude, dirions-nous, qu'il
exigera de ceux qu'il appellera.
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20
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L'hémorroaisse
avait une conception plutôt magique de la
guérison qu'elle sollicitait. Jésus
ira, au-delà de ces vues qu'il ne partage
pas, au cur de la femme, où il
découvrira une foi de grande
valeur.
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22
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Matthieu
souligne le lien étroit qui existe entre la
foi et la guérison. Il reprend une
expression chère aux premiers
chrétiens, et qui était
peut-être rattachée au rite du
baptême : « Ta foi t'a
sauvé(e) ». Ce verbe peut
signifier la guérison; mais il peut aussi
avoir un sens plus profond et désigner la
réconciliation totale avec Dieu. Matthieu
conserve le terme sans en préciser le sens.
Pour lui, le Christ est un sauveur (1,21; 8,17;
9,12-13).
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24-26
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La fillette
est vraiment morte : son père l'a
constaté (v. 18); l'organisation du deuil en
témoigne également (v. 24). Mais
cette mort n'est qu'un sommeil aux yeux de
Jésus; la jeune fille n'est pas
entrée dans le royaume des morts d'où
personne ne remontait (Jb 10,21-22), dont Dieu
lui-même semblait oublier les occupants (Ps
88,6). Ainsi, pour le disciple du Christ, la vie ne
sera pas enlevée, mais changée, au
moment de la mort corporelle (1 Th 5,10; Rm 6,5.8).
Comme dans le cas de l'hémorroîsse (v.
22), c'est par un geste personnel et volontaire que
Jésus opère le miracle.
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27
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Le titre
Fils de David, ou descendant de David
(1,17.20), désigne Jésus comme Messie
d'Israël (1,1). Mais il a une saveur
politique. C'est sans doute la raison pour laquelle
il n'a pas été longtemps retenu par
la tradition chrétienne (voir
22,41-46).
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28
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Le titre
Fils de David (v. 27) que les aveugles
avaient déjà donné à
Jésus était une profession de foi :
en Jésus apparaissait le descendant de David
qui inaugurerait les temps messianiques,
caractérisés en particulier par la
guérison des aveugles (Is 29,18; 35,5;
42,7). Voir Mt 11,2-6. Jésus demande une
profession de foi plus explicite (v.
28b).
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31
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Les aveugles
guéris avaient reçu l'ordre de ne pas
divulguer le fait de leur guérison (v. 30).
En apprenant de tels faits, les Juifs auraient pu
reconnaître en Jésus le messie
attendu; une fièvre messianique mal contenue
aurait pu compromettre sa mission. Aussi le
verra-t-on interdire à ses disciples de dire
qu'il est le messie (16,20); ou encore il
fuira dans la montagne, de crainte que la foule,
qui attendait comme messie un chef politique, ne le
couronne roi (Jn 6,15).
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33
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La section
commencée en 4,23 va se terminer (9,35).
Elle a présenté Jésus comme un
maître qui renouvelle le judaîsme en
profondeur, par son enseignement et ses gestes
remplis d'autorité. Deux réactions
sont possibles : croire qu'il vient de Dieu, comme
le chapitre 9 l'a proposé et comme
« les foules » sont
prêtes à l'accepter, ou refuser de
croire que cette autorité vient de Dieu,
comme le font les pharisiens (v. 34).
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34
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Un miracle ne
convertit pas nécessairement les
témoins. À cause de leurs mauvaises
dispositions à l'endroit de Jésus,
les pharisiens refusent l'appel à la foi
(12,22-24; 21,14-16).
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36
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Ici,
Jésus n'est pas affligé par la
misère physique ou la vie immorale du
peuple, mais par l'absence de guides spirituels :
les brebis s'épuisent à marcher dans
une mauvaise direction. Moîse suppliait
Yahvé de « désigner un
homme qui serait à la tête de la
communauté, qui sortirait et rentrerait
devant elle » (Nb 27,17; 1 R
22,17).
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37
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La moisson
représente chez les Juifs le jugement final
de l'humanité (voir 13,30; Lc 3,17).
Jésus veut que ses disciples partent en
grand nombre annoncer que le Royaume vient et
qu'ils invitent les gens à une conversion
qui porte du fruit (3,8).
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