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1
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Scribes et
pharisiens, voir 3,7. Ils viennent de
Jérusalem, ce qui donne un certain
caractère officiel à leur
démarche : c'est déjà, pour
Matthieu, le début de l'accusation
portée contre Jésus.
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2
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Voir Mc
7,3.11. Matthieu oppose clairement la tradition au
commandement, et les anciens à Dieu. Tout ce
récit reflète de vives discussions
vécues par les chrétiens au temps de
Matthieu (ce sont encore, comme en 9,14 et 12,2,
les disciples qui sont en cause) : on parle de
« votre tradition » (vv. 3.6),
comme on dit « leurs
synagogues » (4,23 note).
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4
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Citation de
Ex 20,12.
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5
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En
réalité, les pharisiens ne
recommandaient pas cette pratique, tout en
considérant qu'elle obligeait celui qui s'y
était livré. Jésus ne remet
pas en question toute loi et toute
interprétation de la loi. Il ramène
plutôt à ce qui est fondamental dans
la loi; il refuse toute interprétation qui
en affaiblirait la portée. Voir 19,3-9. 6
Jésus dénonce le drame profond du
judaîsme de son temps : des maîtres
spirituels qui devaient expliquer la parole de
Dieu qu'était la loi de Moîse ont
annulé la parole de Dieu pour y
substituer des vues humaines (préceptes
d'hommes, v. 9b).
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7
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Il y a
hypocrisie, c'est-à-dire tromperie
réelle, sinon voulue : les lèvres
de ces gens (dans le culte ou dans leur
enseignement, v. 9) laissent entendre qu'elles
s'adressent à Dieu ou parlent de lui; en
fait, dans leur vie intérieure (leur
cur, v. 8), ces gens-là vivent
d'un enseignement tout humain (v. 9b),
plutôt que de la pensée de Dieu (vv.
2.6.9).
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10
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En invitant
la foule à comprendre (14,1 note),
Jésus l'invite à entrer dans une
nouvelle mentalité. Il tente de l'arracher
à ses guides aveugles en se proposant comme
l'interprète autorisé de la
Loi.
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11
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Voir Mc 7,15
note.
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11-20
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Dans toute
cette section, les disciples reçoivent un
enseignement privilégié. Les
chrétiens ont accès à une
compréhension des réalités
légales juives qui est fermée aux
Juifs (5,17).
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12
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Scandalisés,
les pharisiens le sont apparemment par un
Jésus qui leur paraît mépriser
la tradition des anciens (v. 2) et ses
interprètes officiels.
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13
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Jésus
oppose de nouveau à Dieu les
prétendus interprètes de la Loi
divine. Il dénonce encore les mauvais fruits
que porte leur enseignement officiel en Israël
(v. 14).
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14
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Jésus
est sévère pour les pharisiens. Il
annonce leur condamnation en termes non
équivoques : ils seront
déracinés (v. 13b; voir Sg 4,3-5;
Ex 12,15-19; Mt 3,10-12). Jésus s'en prend
dès maintenant à leur leadership :
« Laissez-les! » (v. 14a). Ils
ont refusé la lumière (Mt 23,1-36).
Jésus se doit de dénoncer leur faux
enseignement. Paul assimilera à l'attitude
des pharisiens celle que l'ensemble d'Israël
adoptait à l'endroit du monde paîen :
« Toi qui es convaincu d'être le
guide des aveugles » (Rm 2,
19-24).
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17-18
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Jésus
s'en prend au choix des aliments, ainsi qu'à
l'ensemble des ablutions rituelles (Mc 7,3-4). La
pureté des sentiments qu'on nourrit à
l'endroit du prochain (Mt 25,31-46) importe
davantage.
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18
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Cette parole
ressemble à celle de 12,35. Pour
Jésus, l'homme est pécheur. C'est de
son coeur que sort tout ce qui nuit aux autres et
qui le sépare de ses frères (v. 19).
Le chrétien est un homme converti,
transformé, qui possède un
cur pur (5,8).
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19-20
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Il vaudrait
mieux se préoccuper de se purifier le
cur plutôt que les mains (v.
2). C'est la pureté de l'homme
entier (v. 20) corps et íme,
dirions-nous qui en serait
améliorée.
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21
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Deux
thèmes dominent cet épisode : il
s'agit d'une paîenne [noter la
région paîenne typique de Tyr et
Sidon (11,21; 15,21) d'où sort
cette femme (v. 22) qui n'est pas un enfant
de la maison d'Israël (vv. 26.24),
mais un petit chien en Israël];
une paîenne qui a la foi [noter
les expressions Fils de David, Seigneur (le
terme a facilement des connotations pascales) (vv.
22.27), grande est ta foi (v. 28)].
Après tant de scènes illustrant le
refus général que Jésus
reçoit d'Israël, la foi de cette
paîenne apparaît significative et
prophétique.
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23
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Ces disciples
qui, au jour de l'Ascension, demanderont encore
à Jésus quand viendra le royaume
pour Israël (Ac I,6) ne
réservent pas un accueil empressé
à cette paîenne qui vient vers
Jésus. Voir Mt 10,5-6.
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24
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Voir 10,5-6
note. Jésus veut faire comprendre qu'il
n'est pas un faiseur de miracles ambulant, mais que
son pouvoir est au service du projet de Dieu. Or ce
projet vise d'abord l'accomplissement des promesses
autrefois faites à Israël.
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26
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Voir Mc 7,27
note. La parole ressemble beaucoup à celle
de 7,6 et semble évoquer le problème
de la communion au même repas
eucharistique.
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27
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L'humilité
de la Cananéenne la rend accessible à
la foi (11,25-27; Jn 9,39-41).
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28
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Grande est
ta foi! Texte à rapprocher de 8,10. La
foi de la femme arrache le miracle, tandis
qu'à Nazareth le manque de foi avait
empêché le Christ de faire des
miracles (13,58). On retrouve ici un thème
familier à Matthieu, celui de l'ouverture de
l'Évangile aux non-Juifs.
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29-31
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Quand
Isaîe décrit une venue du Dieu
sauveur (Is 35,4), il dresse une liste des
malades qui seront guéris (Is 35,5-6). Elle
ressemble beaucoup à celle de Matthieu (v.
30). C'est encore une liste semblable que donne
Jésus, quand il répond à la
question des envoyés de Jean-Baptiste :
« Es-tu'celui qui doit
venir'? » c'est-à-dire le Messie
(11,3.5). L'activité de Jésus
thaumaturge aura une telle importance, dans
l'Église primitive, qu'elle
caractérisera la vie publique de
Jésus dans le discours que Pierre tiendra
à la maison de Corneille (Ac 10,38). Les
guérisons qu'opérait Jésus
attestaient qu'il était un envoyé de
Dieu (Ac 2,22); elles manifestaient aussi le sens
de sa venue : le Royaume de Dieu arrivait en lui
(Mt 12,28).
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32-39
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Le cercle
intime des disciples de Jésus tient peu de
place dans ces versets. Le récit est en
effet tout centré sur la personne de
Jésus. Le sentiment de
pitié qu'éprouve Jésus
est d'emblée mis en valeur (v. 32).
Jésus sut quels sacrifices ont dö
consentir les gens qui restent près de
lui; il les aime. b. C'est Jésus qui
prendra l'initiative de soulever le
problème que pose la faim des foules qui
l'ont suivi si longtemps dans un lieu
désert. c. Surtout, la puissance
extraordinaire de Jésus sera
soulignée par la réflexion des
apôtres (v. 33), par le petit nombre des
pains et des poissons utilisés, enfin par la
grande quantité des personnes nouées
(v. 38).
Les
Évangiles comptent six récits de
multiplication des pains (Mt 14,13-21; 15,32-39; Mc
6,32-44; 8,1-10; Lc 9,10-17; Jn 6,1-15). Un pareil
événement devait revêtir une
grande signification, pour que l'Église
primitive en transmette autant de récits.
Jésus rompait le pain aux foules (vv.
33.36) : « Bien qu'il ne soit pas
encore l'Eucharistie, ce pain miraculeux en est
évidemment la figure et la
préparation, ainsi que l'ont pensé
les Pères et déjà les
évangélistes eux-mêmes :
comparer les termes qui décrivent cette
distribution solennelle avec ceux de la Cène
(26,26), et voir Jn 6, qui rattache à ce
miracle le discours sur le Pain de Vie »
(P. Benoit). La célébration
régulière de l'Eucharistie dans
l'Église primitive (Ac 2,42; 20,7)
était une excellente occasion où
rappeler et transmettre les récits de
multiplication des pains.
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37
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L'insistance
sur le fait que tous furent rassasiés,
ainsi que l'emploi du chiffre sept, symbole
d'abondance et de plénitude, laissent
deviner la grandeur de la puissance qui vient de
s'exercer.
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38
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Le texte
parallèle de Mc 8,9 ne comportait pas ces
mots : sans compter les femmes et les enfants.
L'intention de Matthieu apparaît de
nouveau à ce détail qu'il ajoute au
récit reçu de la tradition : il veut
exalter la puissance de Jésus.
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