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La
démarche commune des pharisiens et des
sadducéens souligne d'autant plus la
responsabilité des chefs du peuple que les
deux groupes étaient de tendances tout
à fait opposées. Ils veulent
mettre Jésus à l'épreuve,
expression qui deviendra de plus en plus
fréquente à l'approche de la Passion.
Voir Mc 8,12. Ils demandent un signe (12,39
note).
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Sur les
signes voir Lc 12,54 note. Pour Matthieu,
les signes sont déjà donnés
(11,3-5); mais seuls les disciples les ont
« compris » (14,1
note).
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4
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Jésus
les plante là; c'est une rupture.
Désormais, l'évangile ne parlera que
de Jésus et de ses disciples. Les
adversaires ne réapparaîtront qu'aux
approches de Jérusalem (19,3).
Les
responsables de la rupture sont les dirigeants
juifs eux-mêmes : ils interrogent
Jésus pour lui tendre des pièges (v.
1). Jésus ne discerne dans leur cur
aucune disposition d'accueil. Il serait dès
lors inutile de poursuivre le dialogue. Le Nouveau
Testament regarde comme un adultère
le comportement du peuple infidèle
à son Dieu (Mt 12,39; Mc 8,38; Jc 4,4; Ap
2,22; voir Ez 16,15-34; Os 2-3).
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Le levain
représente l'influence que des chefs
exercent sur leur milieu. Jésus met en garde
contre l'influence de ces leaders qui sont des
« aveugles guidant des
aveugles » (15,14). L'expression
« Méfiez-vous » peut
laisser entendre que des chrétiens auxquels
Matthieu s'adresse étaient
vulnérables à cette influence
pharisienne (6,1 note).
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7-10
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L'interprétation
des disciples (v. 7) révèle à
la fois leurs préoccupations et leur
inintelligence. « S'ils avaient
compris la portée du débat
entre leur maître et ses adversaires, ils
parleraient entre eux d'autre chose que de
pique-nique », remarque avec humour un
commentateur (P. Bonnard). Jésus juge
inconvenant que ses disciples se soucient de pain
à ce point-là : leur foi (v. 8) ou
leur confiance en Jésus n'a pas suffisamment
grandi lors des multiplications des pains
(14,13-21; 15,32-39). Marc sera plus
sévère encore pour les disciples qui
ont un « cur endurci »
(Mc 8,17). Seul Matthieu porte le verset qui
souligne que les disciples comprirent ce que
signifiait le levain des pharisiens (vv.
6.12). Matthieu grandit ainsi les disciples, tout
en précisant, lui le pédagogue, la
pensée exacte de Jésus
(17,13).
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Ce sont de
vrais disciples à partir du moment où
ils comprennent (14,1 note). La suite de ce
chapitre montrera combien il est cependant
difficile de comprendre de l'intérieur le
mystère du Christ, puis de I
accepter.
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Matthieu a
présenté jusqu'ici bien des
scènes où l'on se demande qui est
Jésus : le démon (4,3), les
disciples (8,27), le Baptiste (11,3), les foules
(12,23), les gens de Nazareth (13,54) se sont
posé la même question en termes
différents. Pour la première fois,
c'est Jésus qui soulève le
problème de sa véritable
identité.
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Derrière
ces trois rapprochements de Jésus avec de
grandes figures de l'histoire spirituelle
d'Israël, on découvre l'image populaire
de Jésus, celle d'un homme spirituel,
exceptionnel, dont l'enseignement rappelait le
courage et la pureté des prophètes de
l'Ancien Testament. On voyait en lui un
envoyé de Dieu de première
valeur.
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Voir Mc 8,29
note. Déjà les disciples avaient
reconnu en Jésus le « Fils de
Dieu » (14,33). La Bible applique ce
titre au roi, aux juges ou même à
toute personne pieuse attachée à
Dieu. Dans certains psaumes, l'expression le Messie
(voir Mt 3,17). Placée dans la bouche de
Pierre par Matthieu, elle a sans doute ici la
portée profonde que lui donnera la foi
chrétienne après la
Résurrection : Jésus est à un
titre unique dans une relation très intime
avec Dieu, que nous pouvons désigner en
faisant appel à l'une des relations les plus
profondes de l'expérience humaine : celle
qui unit un père et son fils.
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Dieu seul
(voir 11,25) peut faire reconnaître en
Jésus le fils par lequel s'accomplit son
projet. Personne ne peut y arriver par ses propres
forces. Cela ne concerne pas seulement Pierre, mais
tout croyant.
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18
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Le mot
pierre n'avait jamais été
utilisé auparavant comme prénom. La
fraîcheur originale de l'intention du Christ
pourrait être retrouvée si nous
pouvions traduire en français « Tu
es Roch, et sur ce roc je bítirai mon
Église. » Ce n'est pas Pierre,
mais le Christ qui bítit ce
rassemblement de ses disciples. Il bítit
cependant sur Pierre, et d'abord sur sa foi. Le
ministère du chef des apôtres, dont la
primauté est affirmée dans cette
parole solennelle que prononce Jésus, sera
un « service » touchant la foi
de toute l'Église (voir Lc 22,32). Enfer
désigne ici le séjour des morts,
non le lieu du chítiment. Le Christ promet
à Pierre que la mort ne refermera pas ses
portes sur l'Église, c'est-à-dire que
les forces du mal n'en viendront jamais à
bout.
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L'image des
clés représente
l'autorité, celle d'ouvrir et de fermer,
traduite ici par des termes familiers aux rabbins
juifs : lier et délier,
c'est-à-dire « permettre et
interdire ». Il s'agit donc d'une
autorité disciplinaire et doctrinale qui
s'exerce dans la communauté. Ce que Pierre
liera, Dieu le liera (c'est le sens de
« sera lié dans les
ciel », voir 3,2; 6,1).
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Pas plus que
l'ensemble des gens, d'ailleurs, les disciples
de Jésus ne comprendront avant la
résurrection en quel sens il est Christ
et Fils de Dieu (Jn 16,13; Ac
1,5.8).
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Voir Mc 8,31
note. La phrase débute comme en 4,17. Nous
sommes à un tournant important de
l'évangile. Désormais, Jésus
parle beaucoup moins du Règne de Dieu et il
le fait moins connaître par des miracles; il
s'attachera plutôt à instruire ses
disciples. Il tíchera de leur faire
comprendre que sa passion et sa mort font partie du
plan de Dieu. C'est ce que signifie le verbe
« falloir » qu'on trouve ici et
qui deviendra un des points les plus importants de
l'évangile de Luc (voir Lc 2,49;
4,43).
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22
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Voir Mc 8,33
note. « Comprendre et faire comprendre la
nécessité divine de la passion,
c'est-à-dire la faire entrer dans une
conception globale de la révélation,
fut sans doute la tíche la plus ardue de la
prédication chrétienne au premier
siècle » (P. Bonnard).
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23
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Les vues de
Pierre ne sont pas celles de Dieu; il ressemble au
diable qui, lors des tentations subies au
désert, proposait à Jésus un
type de messianisme différent de celui que
le Père avait assigné à
Jésus. On s'étonne de voir la foi de
Pierre si peu lucide, alors qu'il confessait
tantôt « le Christ, le Fils du Dieu
vivant » (v. 16). La foi des disciples
progressera; l'Esprit de la Pentecôte
l'éclairera et l'affermira pour de
bon.
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24
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Jésus
s'adresse à tout disciple qui voudra le
suivre. Qu'il se renonce! Le renoncement est
radical : qui suit Jésus ne s'appartient
plus; il ne décide plus lui-même de la
voie à prendre; il s'abandonne au
maître qu'il a accepté de suivre
(4,19; 9,9; 19,21; voir Jn 5,19.30). La vie de foi
sera une obéissance de tout l'homme
à Dieu (Rm 1,5; 16,26). Prendre sa croix,
ce sera en définitive accepter de faire
sienne la destinée du Christ, qui est
caractérisée d'abord par la mise
à mort sur la croix (v. 21; 1 Co
1,23).
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24-28
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Ce passage
montre clairement ce qu'implique l'expression
« dire » (c'est-à-dire
reconnaître pour soi, 16,13) que Jésus
est le Messie : c'est vivre comme lui, partager sa
vision des choses qui n'est pas celle des hommes,
mais celle de Dieu (v. 23), chercher le
Règne de Dieu avant ses propres
intérêts (voir 6,33 note; 10,34
note).
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28
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L'ultime
venue du Fils de l'homme sera celle de la
parousie (25,31). Mais la résurrection
pascale, la Pentecôte, la destruction de
Jérusalem en 70 devaient être autant
de venues du Fils de l'homme. Il demeure
difficile de déterminer à laquelle de
ces venues Jésus songe ici. Voir Mc 9,1
note.
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