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Jésus
veut révéler sa grandeur aux
disciples qui le verront, lors de son agonie,
éprouver comme un pauvre homme
« de la tristesse et de
l'anxiété » (26,37). Il les
prémunit contre le doute que fera
naître en eux la Passion. Le rappel de cette
scène leur facilitera du moins le retour
à la confiance qu'ils avaient mise en
Jésus.
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2
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Voir Mc 9,2
note. Cette mise en scène, qui emprunte tant
d'éléments aux récits des
rencontres de Dieu avec Moîse sur le
Sinaî, veut, entre autres choses,
présenter Jésus comme le Nouveau
Moîse (voir 2,13 note) qui est le seul (v. 8)
maître de la nouvelle
communauté.
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3
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C'est par
Moîse que Dieu avait établi une
alliance avec son peuple. Les Juifs croyaient
qu'Élie devait venir à la fin de
l'histoire juive pour préparer le jugement
final et la victoire définitive du peuple
sur tous ses ennemis. Les deux personnages sont
rapprochés dans l'oracle du prophète
Malachie auquel le v. 10 fait allusion. Ils
représentent ici le début et la fin
de l'histoire de l'alliance juive,
c'est-à-dire la totalité de cette
histoire.
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4
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Pierre fait
le geste de politesse qui s'impose en cette
circonstance, où des visiteurs se
présentent. Comme les autres disciples,
Pierre ne comprendra qu'après la
résurrection de Jésus tout le sens de
la rencontre à laquelle il
assiste.
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5
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Le nuage
lumineux évoque la présence de
Dieu, tout comme au Sinaî où Dieu
donne la Loi à Moîse (Ex 19,9;
24,15-16). Au lieu d'une Loi, c'est la personne
de Jésus qu'une voix
révèle : cet homme est le fils de
Dieu par nature, unique (voir dans la
Septante Jg 11,34; Tb 3,15; Ps 21,21; 34,17; Am
8,10 au sujet de cette traduction
« unique »). Dieu se
complaît en lui comme en son serviteur (Is
42,1); il faudra l'écouter, car
il est le second Moîse déjà
annoncé (Dt 18,15) et le
révélateur parfait (He
1,1-4).
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9
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Texte
à rapprocher de 16,20. La mort de
Jésus aura alors éliminé toute
possibilité d'interpréter sa
dignité messianique dans un sens politique
ou nationaliste.
La
résurrection de Jésus manifestera
avec éclat la gloire que la Transfiguration
avait permis d'entrevoir un instant. Le sens de la
Transfiguration sera alors manifesté. Un
fait éclairera l'autre.
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Doit,
selon le projet de Dieu (voir 16,21). L'attente
d'Élie était fondée sur cette
parole de Malachie (3,23) : « Voici que
je vais vous envoyer Élie le prophète
avant que n'arrive le jour du Seigneur, jour grand
et redoutable. » Les présents
versets de Matthieu sont un écho des
discussions que les chrétiens de son temps
devaient avoir avec les Juifs qui objectaient :
comment pouvez-vous dire que Jésus est le
Messie, puisque Élie n'est pas
venu?
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Voir Mc 9,11
note. Matthieu souligne encore que le rejet de
Jean-Baptiste annonce celui de Jésus (voir
11,16-19; 14,1-12; 21,23-27). Ceux qui avaient
rejeté le précurseur du messie ne
pouvaient tolérer que ce prétendu
messie acquière de l'emprise sur le peuple.
Aussi les scribes (v. 10) rejettent-ils le Baptiste
et Jésus.
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Il n'est pas
sûr toutefois que les disciples comprirent
cette nouvelle annonce de la Passion (voir
16,21-23).
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14
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L'homme
supplie Jésus, plutôt qu'il ne l'adore
ou qu'il ne manifeste une foi exceptionnelle. Il
demande à Jésus ce qu'il a
déjà demandé à ses
disciples : la guérison de son fils (v.
16).
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15
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Voir Mc 9,17.
Lunatique : voir 4,24.
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16
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Le Juif pieux
sait que Dieu est le maître de la vie (Si
38,9-14). Il recourt à son Dieu
« qui rend la santé »
(Ex 15,26) par l'intermédiaire de ses
prêtres (Lv 13,49-59) ou de ses
prophètes (1 R 14,1-13; 2 R 4,21; 8,7-8),
par exemple. Sur Jésus prophète,
voir Mt 16,14; 23,37.
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Tout le
récit est centré sur le thème
de la foi : il oppose aux gens qui refusent de
croire, ou dont la foi est faible, les croyants qui
peuvent, gríce à leur foi,
déplacer les montagnes. Le
« nous » du v. 19 donne
à entendre que les disciples, à
l'époque de Matthieu, se trouvaient souvent
incapables d'opérer des guérisons,
tout en sachant que cette tíche faisait
partie de leur mission (voir 10,1.8). Matthieu
fournit l'explication de leur impuissance : ils
manquent de foi.
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18
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La puissance
de Jésus apparaît nettement : d'un mot
il chasse le démon, alors que les disciples
n'ont pu le faire (v. 19). La maladie
disparaît en même temps que le
démon.
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20
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Le v. 21 que
nous omettons se lit ainsi dans de nombreux
manuscrits : « Quant à cette
espèce, on ne la fait sortir que par la
prière et le jeöne. » Il
s'agit probablement d'un texte que des copistes ont
emprunté à Mc 9,29 pour l'introduire
dans le présent passage de Matthieu; les
manuscrits les plus sörs ne l'ont pas. Dieu
vit dans le croyant et lui communique sa puissance
(Is 40,4). La foi implique le partage de la vie
divine. Sur le peu de foi des disciples
de Jésus, voir Mt 6,30; 8,26; 14,31;
16,8.
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Le verbe grec
traduit par l'expression « est sur le
point de » comporte l'idée de
certitude : cela va sörement arriver. Il peut
encore signifier que cela arrivera
bientôt. Dans les deux cas, on voit
combien la perspective de la mort de Jésus
se précise et sur quel point la foi
éprouve des difficultés.
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Jésus
sait quelle sera sa destinée. Il aura beau
l'annoncer trois fois aux disciples (16,21;
17,22-23; 20,17-19); ils n'en seront pas moins
« scandalisés » (voir
11,6). L'annonce de la résurrection de
Jésus impressionne peu les disciples. Elle
les laisse attristés.
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24
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Le
didrachme (deux drachmes) était le
montant que chaque Juif devait verser annuellement
pour contribuer à la construction comme
à l'entretien du Temple de
Jérusalem.
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Jésus
sait de quoi Pierre a parlé avec le
percepteur d'impôts. Il fait allusion sans
doute à la coutume romaine, en particulier,
de ne pas imposer aux citoyens de l'Empire la
taxation. Rome taxait les nations alliées,
ses provinces et tous les royaumes qui gravitaient
autour d'elle.
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Comme
Jésus est plus grand que le Temple (12,6),
lui et les siens ne sont pas tenus de verser cet
impôt. Ils le feront cependant pour
éviter de scandaliser, ce qui correspond
bien à la délicatesse de Matthieu. Le
contexte historique de cette parole est celui d'un
pays occupé par une puissance
étrangère, où l'impôt
est signe de sujétion. Les disciples de
Jésus sont les fils du Royaume. A ce
titre-là, ils jouissent d'une entière
liberté à l'endroit de la Loi;
l'obligation de vivre d'amour leur tient lieu de
loi (Ga 5,13). Voir Ga 4,4-7.
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Le
statère équivaut à
quatre drachmes, donc à l'impôt annuel
de deux personnes. L'épisode met en relief
la personne de Pierre, qui bénéficie
du même secours divin que Jésus
lui-même.
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