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1-13
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Tout comme la précédente, cette
parabole évoque l'enseignement positif que
Matthieu présente à sa
communauté troublée par les faux
prophètes alors que l'Époux
tarde (v. 5). Comme dans les autres paraboles,
il ne faut pas prêter d'attention aux
détails de l'histoire, mais à
l'enseignement principal qui s'y trouve. La
présente parabole signifie d'abord : c'est
maintenant qu'il faut se préparer. Au jour
de la manifestation du Christ, il sera trop tard.
La suite du chapitre indiquera en quoi consiste
cette préparation.
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1
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Le sens du verset est celui-ci : « Il
en sera des hommes, lorsque s'ouvrira le banquet
eschatologique qu'évoquent les noces (v. 10;
Is 25,6; Mt 9,15; 22,1-14; Jn 3,29), comme il en
est de dix jeunes filles... » Les unes
sont prévoyantes; les autres ne le sont pas.
Le lecteur songe à la maison qu'un homme
s'apprête à construire (Mt 7,24-27; Lc
6,47-49).
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5
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Le moment où viendra l'époux
n'était pas précisé : c'est
pourquoi il était sage d'avoir beaucoup
d'huile. L'époux tarde, comme le
maître de la parabole
précédente (24,48). Ainsi le Fils de
l'homme viendra quand il le voudra bien
(24,44).
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6
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L'époux : Yahvé
était l'époux d'Israël (Is
54,4-8; 62,5; Jr 2; Ez 16). Le Nouveau Testament
donne le même nom à Jésus (Mt
9,15; 2 Co 11,2; Ep 5,23-25).
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9
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Les jeunes filles furent prudentes en apportant
de l'huile dans des fioles (v. 4). Elles semblent
donner maintenant un autre signe de sagesse. En
partageant l'huile, elles courraient le risque
qu'aucune des dix jeunes filles n'ait assez d'huile
pour le trajet qu'il restait à parcourir.
Les jeunes filles prudentes auraient ainsi
risqué de ne pouvoir elles-mêmes
entrer dans la salle des noces.
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11
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Ce verset rappelle un autre texte qui oppose le
cri « Seigneur, Seigneur » et
le comportement de celui qui « fait la
volonté de mon Père qui est aux
cieux » (7,21). L'expression
« Je ne vous connais pas »
(7,23; 25,12) exprime un rejet très dur de
la part de l'époux.
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13
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Cette parole reprend 24,36.42.44. Elle se
présente comme une conclusion. Les deux
sections qui suivent précisent en quoi
consiste la vigilance. Elles terminent ainsi le
cinquième discours et, d'une certaine
manière, l'ensemble de la
catéchèse que Matthieu entendait
donner à son Église pour
régler la vie de la communauté.
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14-30
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Cette parabole comme les deux
précédentes, parle d'une longue
absence (vv. 14. 19). Par elle, Matthieu continue
de nous instruire sur ce qu'il entend par
vigilance : un engagement actif des
disciples du Christ.
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15
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Cinq talents représentent une
somme très importante.
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16-17
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Les deux premiers serviteurs ont compris que
leur maître voulait voir fructifier ses
biens. On ne sait pas ce que firent ces serviteurs;
mais leur initiative fructueuse est
soulignée. Lors du jugement qui
viendra, les comptes seront rigoureux : il
ne suffira pas d'avoir conservé les biens
reçus en gérance; il faudra qu'ils
aient fructifié.
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18
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Le troisième serviteur ne fait pas d'acte
mauvais. La peur du maître (v. 25) le
conduit à prendre une attitude
« prudente » qui s'apparente
à la paresse. Il oublie le désir du
maître : voir croître ses biens.
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19
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Le jugement a lieu. On y voit s'exercer la
justice rigoureuse qui rend à chacun
selon ses uvres (16,27), mais
également la
générosité du
maître qui introduira dans son
intimité (dans sa joie, vv. 21.23)
les serviteurs bons et fidèles. Les
deux aspects sont complémentaires. Le texte
y insiste, il ne suffira pas d'avoir
confessé de bouche le Seigneur pour
être récompensé,
c'est-à-dire sauvé; il faudra avoir
accompli des uvres à la mesure de
ses capacités (v. 15) ou des dons
reçus. Chez le croyant, la Parole de Dieu
n'est pas qu'un dépôt : elle
agit (1 Th 2,13) et transforme le
croyant (Rm 12,2; 2 Co 3,18). Elle appelle à
l'obéissance dynamique (Rm 1,5;
16,26; 2 Th 1,8). Le troisième serviteur de
la parabole n'a pas une foi bien active (1
Th 1,3; Jc 2,17-26).
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22-23
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L'opposition nette et
répétée entre les expressions
peu de choses et beaucoup
(vv. 21.23) révèle chez le
maître une certaine grandeur d'âme
capable de générosité. Elle
laisse entendre aussi qu'il n'y a pas de
proportion rigoureuse entre le service rendu
et la récompense accordée. Paul parle
du poids éternel de gloire,
incomparable avec le léger moment
d'affliction actuel, que Dieu réserve
à l'homme intérieur qui se
renouvelle de jour en jour (2 Co 4,16-17; voir
Ep 1,18).
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24-25
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L'opposition nette et
répétée entre les expressions
peu de choses et beaucoup 21.23)
révèle chez le maître une
certaine grandeur d'âme capable de
générosité. Elle laisse
entendre aussi qu'il n'y a pas de proportion
rigoureuse entre le service rendu et la
récompense accordée. Paul parle du
poids éternel de gloire, incomparable avec
le léger moment d'affliction actuel, que
Dieu réserve à l'homme
intérieur qui se renouvelle de jour en jour
(2 Co 4,16-17; voir Ep 1,18).
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26
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C'est ici le sommet de la parabole. Le temps qui
nous sépare de la manifestation glorieuse du
Christ est un temps de mission et d'engagement au
service des hommes (voir 25,31-46). Une
Église qui, par crainte de perdre ce qu'elle
a reçu, se replierait sur elle-même,
une Église qui craindrait de prendre
certains risques, ou qui se représenterait
la foi comme une affaire tout individuelle,
encourrait les reproches du Christ.
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27
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Tel est probablement le minimum que pouvait
faire le serviteur pour que fructifie le talent
reçu. Si exigeant qu'il soit (v. 26), le
maître aurait récompensé une
fructification
« minimale ».
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28-29
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Une « justice » aussi
rigoureuse et déroutante montre combien le
maître tient à voir fructifier ses
biens. Le jugement sera sans appel et
définitif. L'attitude de l'homme influence
la bienveillance divine. « Aux âmes
bien disposées comme celles des disciples,
on ajoutera à leur acquis de l'Ancienne
Alliance le perfectionnement de la Nouvelle (cf.
5,17.20); aux âmes mal disposées comme
celles des Pharisiens, qui n'ont pas la bonne
volonté requise, on ôtera même
ce qu'elles ont, c'est-à-dire cette Loi
juive qui, sans les perfectionnements
apportés par le Christ, va devenir
caduque » (P. Benoit). Voir Mt 10,39;
13,12; Lc 17,33.
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31-45
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Cette grandiose scène finale a pour
centre les versets 40 et 45. Elle ne veut pas
décrire en détail comment le jugement
de Dieu se déroulera alors; elle veut
plutôt ouvrir les yeux du lecteur sur ce qui
se passe présentement. C'est en effet dans
les gestes les plus ordinaires de chaque jour que
se joue la destinée de tout homme. Il s'agit
de savoir si l'on fait la volonté de Dieu.
C'est là un point sur lequel Matthieu est
souvent revenu (5,19; 7,12.21.24.26; 12,50;
21,31).
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32
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Le jugement dont il est question concerne
l'humanité tout entière, non
seulement les disciples du Christ.
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34
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Ce qu'une parabole désignait en termes
d'ivraie et de blé (13, 24-30) se
présente ici sous la catégorie des
bénis de mon Père (v. 34) ou
des justes (v. 37), puis sous celle des
maudits (v. 41). Le temps de la
moisson (13,30) viendra (25,32). Le Fils de
l'homme qui devait mourir humilié (17,22;
20,18) exercera dans sa gloire (v. 31) la
fonction de juge. Paul parlera du Christ devenu,
lors de sa résurrection, Seigneur (Rm
10,9) et, par le fait même, juge des vivants
et des morts (Rm 14,9-10). Le Fils de l'homme
introduit dans le Royaume ceux à qui
le Père accorde ses faveurs parce qu'ils ont
fait sa volonté. On sait que, dans le
judaïsme, l'on parlait d'un Royaume du messie
qui aurait été préparé
dès avant la fondation du monde.
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35-36
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C'était toutes les nations que le
Fils de l'homme jugerait (v. 32); c'est maintenant
avec tous les petits ou malheureux de la
terre (v. 40) et non seulement avec ceux
d'Israël ou avec les bien
disposés que le Fils de l'homme
s'identifie. De plus, c'est dans le soulagement
apporté aux misères les plus
élémentaires (manque de
nourriture, de vêtement, de gîte, de
santé ou de liberté) que les
bénis du Père ont
exercé leur amour. Jésus
récompensera tout acte fait par
amour, si modeste soit-il. Tout homme qui
vit d'amour appartient déjà de
quelque façon à Jésus.
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40
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Même si les petits désignent
parfois les chrétiens (voir 10,41-42 ou
18,6), le contexte du chapitre nous invite à
mettre au nombre des petits dont il est
question toute personne qui souffre. Le sort de ces
petits ressemble à celui qu'aura
bientôt Jésus. Il se reconnaît
en eux; il s'identifie avec eux.
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41
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L'exercice de la charité
fraternelle décide, à lui seul,
du sort des justes et des maudits (vv. 37.41). Il
ne faudrait pas s'appuyer sur ce passage pour
minimiser l'importance des vertus qui ont Dieu pour
objet (foi, espérance, etc.). Plus un homme
vivra de ces vertus, mieux il servira le
Christ avec une conscience plus claire de la
portée de ses gestes dans la personne des
petits qui sont frères du
Christ (v. 40b). La charité fraternelle est
le signe évident qu'un homme vit de
Dieu, « puisque Dieu est
amour » (1 Jn 4,8). La charité
fraternelle devient la garantie de
l'authentique amour de Dieu (1 Jn 4,20). La
pratique de la charité fraternelle
révèle qu'un homme « est
né de Dieu » (1 Jn 4,7).
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44
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L'exercice de la charité fraternelle
décide, à lui seul, du sort des
justes et des maudits (vv. 37.41). Il ne faudrait
pas s'appuyer sur ce passage pour minimiser
l'importance des vertus qui ont Dieu pour objet
(foi, espérance, etc.). Plus un homme vivra
de ces vertus, mieux il servira le Christ avec une
conscience plus claire de la portée de ses
gestes dans la personne des petits qui sont
frères du Christ (v. 40b). La charité
fraternelle est le signe évident qu'un homme
vit de Dieu, « puisque Dieu est
amour » (1 Jn 4,8). La charité
fraternelle devient la garantie de l'authentique
amour de Dieu (1 Jn 4,20). La pratique de la
charité fraternelle révèle
qu'un homme « est né de
Dieu » (1 Jn 4,7).
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45
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Voilà sans doute l'aspect le plus
troublant du jugement : il punira l'homme moins
à cause du mal qu'il a fait qu'à
cause du bien qu'il a refusé de faire. On
comprend alors comment le chrétien vigilant
n'a rien d'un homme passif et replié sur
lui-même, comme l'ont montré
d'ailleurs les paraboles qui
précèdent. Voir 5,20.
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