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1-5
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Le temps du silence commencera bientôt
(26,63; 27,14). Jésus confirmera son message
par les gestes de sa passion-résurrection.
Il reste à la semence à tomber en
terre (Jn 12,24).
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1
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Ces disciples à qui Jésus
s'adresse et qui « savent » ce
qui va arriver, n'ont rien compris à la
Pâque déjà
annoncée (20,18-19). Dans la
présentation de la Passion, Matthieu
insistera sur la liberté du Christ. Il
enseignera aussi que la Passion du Christ sera une
occasion de chute (v. 31) pour ses disciples. Il
laissera voir que l'échec apparent accomplit
en réalité le projet de Dieu, celui
que les Écritures annonçaient
déjà (voir 16,22 note).
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2
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Par cette annonce, comme par la parole
« Mon temps est proche » (v.
18), Jésus ouvre lui-même le drame.
« Alors » (v. 3) seulement les
autres personnages peuvent entrer en
scène.
Le rapprochement
de la Pâque juive (v. 1) et de la mort
du Fils de l'homme deviendra significatif.
La vraie Pâque sera accomplie en
Jésus; le sacrifice pascal de Jésus
mourant en croix accomplira très
bientôt les sacrifices qu'Israël
s'apprêtait à
célébrer.
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3-5
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Les responsables du crucifiement (v. 2) entrent
en scène. Bien que Jésus connaisse
à l'avance leur plan, ils ne le
conçoivent pas moins en toute
liberté. Ces chefs spirituels n'apparaissent
pas sous un jour favorable : le recours à la
ruse (v. 4) révèle leur peu de
courage; leur crainte du peuple
révèle qu'eux, les leaders, avaient
les premiers rejeté Jésus.
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6-13
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Les disciples « jugent et
condamnent la femme qui, par son geste gratuit, a
su pourtant découvrir le vrai chemin de
l'attention aux pauvres. Désormais, la voie
la plus directe vers les
déshérités passe par
Jésus, car en l'atteignant, lui, chacun se
trouve renvoyé « au plus petit
d'entre ses frères » (25,40.45)
auquel il s'identifie. L'action caritative, la
justice économique et politique,
apparaissent dès lors comme le signe qui
authentifie l'accueil du Pauvre, du Petit qui est
Jésus » (J. Radermakers).
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10
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Le Christ rappelle à ses disciples une
conviction des Juifs de l'époque : certaines
bonnes oeuvres (comme celles qui sont
mentionnées en 25,35-36 ou comme celle
d'ensevelir les morts) étaient
supérieures à l'aumône. Mais
l'épisode est raconté surtout pour
annoncer d'une manière voilée le
drame qui vient de commencer (v. 12). Jésus
lui-même en révèle le sens.
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11
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Voir Mc 14,7 note.
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12
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Tel est le sens prophétique que
Jésus donne au geste de la femme. C'est le
corps de Jésus et non seulement sa
tête (v. 7) qui se trouve oint, comme on le
fait lors d'un embaumement.
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13
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Après le tableau où l'on voit les
chefs religieux comploter la mort de Jésus
(vv. 3-5), vient la scène où une
femme son amour touchant, d'une parfaite
gratuité, avec un
désintéressement que font ressortir
les calculs « charitables » des
disciples (vv. 8-9). L'épisode
raconté (vv. 14-16) montre que le soin des
pauvres n'était pas la seule
préoccupation de tous les disciples
(v. 8).
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14
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Matthieu désigne d'abord comme l'un
des Douze le traître qui livrerait
Jésus : un disciple qui avait vécu
dans l'intimité de Jésus et qui avait
reçu son enseignement prenait l'initiative
de le livrer à des assassins pour une somme
d'argent dérisoire.
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15
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Trente pièces d'argent. Telle
était l'amende que devait verser un paysan
quand son boeuf avait encorné « un
esclave ou une servante,'(Ex 21,32). Voir Za 11,12.
Judas tenait la bourse pour le groupe des Douze (Jn
13,29); il était voleur, selon Jean (12,6),
et dérobait ce qu'on mettait dans la bourse.
Il connaîtra une fin tragique (Mt 27,3-10; Ac
1,16-20).
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16
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En livrant Jésus, Judas pose un
geste honteux dont il est responsable (Mt 26,24).
Au-delà du geste de Judas, il faudra voir
toutefois Dieu qui livre son Fils pour nous
tous (Rm 8,32), et Jésus qui librement
et par amour, se livre à la mort (Ga
2,20).
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17
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Le premier jour des pains sans levain,
littéralement « le premier jour
des Azymes », c'est-à-dire le
premier jour de la semaine durant laquelle on
fête la Pâque (Mc 14,1 note) et durant
laquelle on mange des pains non levés
(azymes). Matthieu prend soin de montrer
Jésus au milieu de ses disciples;
Jésus réclamera leur présence
jusqu'à la fin (« avec
moi », vv. 38.40).
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18
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Mon temps est proche. Il s'agit sans
doute du moment où Jésus ira vers la
mort, puis la résurrection, le moment
où les croyants connaîtront la vraie
libération. On sait que la fête
agraire de la Pâque juive en était
venue à commémorer la
libération d'Égypte (Ex 23,15; 34,18;
Dt 16,3). Le père de famille
réunissait ses enfants, les serviteurs et
les servantes pour célébrer la
Pâque. Jésus désire en faire
autant avec ses disciples, qui constituent
sa vraie famille (Mt 12,49-50).
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19
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Ce sera donc dans le cadre d'un repas pascal
juif que, selon Matthieu, Jésus instituera
l'Eucharistie (26,26-29).
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20
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Le cadre de l'épisode est celui d'un
repas, circonstance où s'exprimait dans le
partage de la nourriture l'union des coeurs. Un
commensal était un ami.
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21
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Jésus interrompt le cours normal du repas
en annonçant la chose invraisemblable qu'un
commensal le livrera à ses ennemis.
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22
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Les apôtres « ne sont plus
sûrs de rien; ils craignent que des
puissances maléfiques s'emparent
d'eux » (P. Bonnard).
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23
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La réponse de Jésus ne dit pas
plus que l'annonce de tantôt (v. 21) : le
traître sera l'un d'entre vous qui plongez la
main dans le plat commun pour y puiser votre
nourriture.
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24
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Voir Mc 14,21 note.
Par cette
déclaration, Jésus souligne la
liberté avec laquelle il entre dans sa
Passion (26,1 note). Il le fera encore aux vv. 50
et 52.
L'expression
« ce qui est écrit lui »
renvoie les Douze aux Écritures où
Dieu avait esquissé le plan de salut auquel
Jésus se soumet. Plusieurs fois Matthieuet
plus souvent Lucdira qu'il faut que telle
chose soit ainsi : il se réfère alors
au plan du Dieu qui conduit les
événements (16,21.23; 24,6). Les
personnes qui, dans le cours de l'histoire,
réalisent le plan de Dieu (fût-ce
à leur insu, Jn 11,50) le font toutefois en
toute liberté et responsabilité.
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26-29
|
Les paroles que Jésus prononce sur le
pain et le vin servent d'abord à
révéler le sens de sa mort. Le
lecteur est ainsi invité à
dépasser le scandale (v. 31) pour
découvrir la valeur de salut qui s'y cache
(« Pour la rémission des
péchés », v. 28). Mais ces
paroles invitent aussi les disciples et les
lecteurs à communier à ce
sacré que le Christ fait de sa vie, et,
comme lui, à le faire en rendant
grâces (« Eucharistie »,
v. 27).
Durant ce repas
pascal, Jésus établit la nouvelle
alliance (Jr 31,31-34) en évoquant
l'ancienne (Ex 24,4-8). La nouvelle alliance a
plusieurs caractéristiques : a) les
péchés y sont vraiment
pardonnés (v. 28; He 9,12-14); b) une vie
nouvelle est accordée dans la communion au
corps et au sang de Jésus (Lv
17,11-14; Jn 6,53), vie qui unira les
chrétiens avec le Christ et entre eux (1 Co
10,16-17); c) c'est pour la multitude,
c'est-à-dire pour tous (Is 53,4-12; Mt
20,28), pour toutes les nations (Mt 28,19),
que la nouvelle alliance est établie.
L'union au Christ (« avec
vous », v. 29) sera consommée dans
l'ère nouvelle qu'il ouvrira lors de
son retour, à la parousie (1 Co 11,26).
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30
|
À la fin des repas solennels de la
Pâque, on récitait les psaumes 113
à 118.
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31
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Littéralement : vous serez
scandalisés. Le scandale de la croix (1
Co 1,23) fera tomber les apôtres, et bien
d'autres hommes par la suite. Jésus
connaîtra l'abandon total : son échec
sera manifeste. Citation de Za 13,7.
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32
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Jésus a beau annoncer sa
résurrection, elle ne provoque aucune
réaction chez les disciples (voir 16,21;
17,22-23; 20,17-19). On dirait qu'ils ne
comprennent pas de quoi il s'agit (Mc 9,10).
Au-delà de la pire déception luit
déjà l'espérance (v. 29).
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34
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Jésus prévoit les
événements (21,2; 26,2.18.25). Il
obéit en toute lucidité au plan
conçu par Dieu.
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35
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La défection du disciple sur lequel
serait l'Église (16,18) laissera voir une
fois de plus que Dieu choisit les faibles
pour réaliser ses grandes oeuvres.
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36-46
|
Jésus découvre étonnamment,
à Gethsémani, ses mouvements
intérieurs de frayeur et de soumission. Il
connaît la volonté de Dieu, qui
désire établir une nouvelle
Alliance dans le sang de son Fils (26,28).
L'amour conduira Jésus à faire sienne
cette volonté.
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36
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Le récit qui suit est orienté
autant vers le chrétien qui connaît
des épreuves, que vers le Christ à
admirer. Jésus est un modèle qu'on
imitera. C'est dans la prière (vv.
36.41.42.44) qu'il triomphe des résistances
qui s'élèvent en lui à
l'approche de la Passion.
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37-38
|
Jésus apparaît très humain :
il éprouve une profonde tristesse; il a
besoin de la compagnie d'autres hommes
(« Veillez avec moi », vv.
38.40). Il apprendra vraiment par ses souffrances
l'obéissance (He 5,8). Les trois disciples
qui l'avaient vu transfiguré un moment (Mt
17,1-8) le voient maintenant brisé par la
souffrance intérieure.
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39
|
En rappelant cette prière qui, au v. 42,
rejoint le Notre Père (6,10.13),
Matthieu continue de nous livrer le sens
caché de la Passion : Jésus y
« fait » la volonté de
son Père (voir 21,31).
Jésus vit
dans une disposition fondamentale
d'obéissance. Mais il est effrayé par
cette coupe que le Père lui tend, la
« coupe de la fureur divine »
ou la « coupe du vertige » (Is
51,17.22; Jr 25,15-29). L'expression
« s'il est possible » traduit
un état de soumission, sans que soit
supprimée pour autant la douleur qu'il
éprouve.
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41
|
Voir Mc 14,38 note.
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42
|
Il s'éloigna. L'expression vient
plusieurs fois (vv. 39.42.44). Tout en ressentant
le besoin d'une sympathie humaine, Jésus
sait qu'il faut créer autour de lui la
solitude où il dialoguera avec son
Père. Le Père est dans le secret
(6,6). Une telle solitude traduit également
l'état psychologique où se trouve
Jésus : aucun disciple ne peut
alléger son fardeau ou dissiper sa tension
intérieure; d'ailleurs, aucun des disciples
choisis (v. 37) ne semble saisir la gravité
de la situation : ils donnent (vv. 40.43.45).
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44
|
lI pria pour la troisième fois.
Jésus livre un dur combat dans la
prière. Il approfondit son
obéissance. Rien de stoïque ou de
raide; aucune bravade en lui. Il ne va pas du refus
à l'acceptation. Il essaie simplement, mais
douloureusement, de faire taire en lui l'effroi qui
engendre tristesse et anxiété
(v. 37).
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45
|
Aux mains des pécheurs. Ceux qui
conduiront Jésus vers la mort
représentent tous les pécheurs
pour lesquels il « donnera sa vie en
rançon » (20,28; 26,28).
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46
|
Partons! Le combat est terminé.
Jésus accomplira ce qui est écrit
de lui (v. 24).
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47
|
Les événements se
précipitent. C'est l'arrestation officielle
de Jésus, commandée par les chefs du
peuple. Matthieu présente encore Judas comme
l'un des Douze (vv. 14.47); il souligne
ainsi l'odieux de la trahison.
|
|
48
|
Il était probablement difficile, pour la
troupe qui venait l'arrêter, de distinguer
Jésus parmi ses disciples,
particulièrement à cause de la nuit
(vv. 40-45). Le baiser de Judas était
d'abord un signe, un salut solennel qui
permettrait d'identifier Jésus.
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49
|
Chez Matthieu, seul Judas appelle Jésus
Rabbi! Judas prenait-il ainsi ses distances
à l'endroit de Jésus (voir Mt
26,22.25)?
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50
|
Rapprochée de la lâcheté de
Judas, la noblesse de Jésus ressortira
davantage. Aucun sentiment de révolte ne se
dessine dans son attitude. Littéralement :
Ami, ce pour quoi tu es ici! Le sens serait
: Fais ce pour quoi... », ou bien
: « Que soit fait ce pour
quoi... »
|
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51
|
On comprendra qu'en pleine nuit ce groupe de
disciples de Jésus, qui se savent
traqués par les gens en place, aient eu des
armes.
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52
|
Autre parole qui montre la liberté de
Jésus et son obéissance au
Père. La deuxième partie du verset
manifeste un parti pris de non-violence qui
illustre l'enseignement du Sermon sur la montagne
(5,38-42). À chaque époque, des
chrétiens ont renoué avec cet
idéal qui brise en sa racine « la
spirale de la violence ».
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54
|
Ici encore, comme au v. 56, Matthieu souligne
que loin d'être l'échec du projet de
Dieu, ce qui arrive en est la mystérieuse
réalisation.
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55
|
Les paroles que Jésus adresse à la
troupe qui vient l'arrêter amènent le
lecteur de l'Évangile à s'interroger
sur le courage de ces gens armés, ainsi que
sur les motifs de l'arrestation. Si l'on avait de
justes raisons d'arrêter Jésus,
pourquoi ne le faisait-on pas quand il était
si facile de l'arrêter chaque jour? La
démarche nocturne qu'ont entreprise les
ennemis de Jésus montre qu'ils redoutaient
le peuple, alors sympathique à Jésus
(vv. 4-5).
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|
56
|
Il faut que s'accomplissent les
Écritures (v. 54), les écrits
des prophètes où Dieu exprime sa
volonté (vv. 39.42). Seul Matthieu
précise que ceux qui abandonnèrent
tous Jésus étaient ses
disciples. Matthieu met ainsi en
évidence un fait pénible : ceux qui
avaient partagé la vie de Jésus, ceux
qu'il avait particulièrement instruits des
mystères du Royaume (13,11),
l'abandonnèrent tous. L'échec de
Jésus se trouve souligné; sa solitude
est parfaite.
|
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57
|
Les autorités juives qui s'étaient
concertées pour arrêter
Jésus par ruse et le tuer (26,4) avaient
réussi à capturer leur victime. Le
grand prêtre jouissait d'un grand
pouvoir civil et religieux; il présidait le
sanhédrin. 59), ce collège de
71 membres qui agissait comme cour suprême
quand un Juif était accusé de
délit contre la Loi. Le Sanhédrin
pouvait condamner à mort; mais il devait
alors faire ratifier son verdict par les
autorités romaines. Les scribes
étaient les spécialistes officiels
dans l'interprétation des Écritures.
Les anciens constituaient une
« aristocratie laïque »
qui veillait surtout au maintien des
traditions.
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59
|
Voir Mc 14,55 note. Dans son récit,
Matthieu est dur à l'endroit des chefs juifs
du temps de Jésus. Il les accuse
d'être de mauvaise foi, puisqu'il s'agit de
« faux témoignages ».
Chez lui, le procès de Jésus sera le
moment où les dirigeants d'Israël
rejetteront Jésus (21,38).
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|
60
|
Le sanhédrin ne cherche pas à
connaître la vérité. La Loi
exigeait deux témoignages concordants pour
qu'une accusation soit fondée (Dt 17,6;
19,15; Mc 14,56; Jn 8,17).
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61
|
La parole prêtée à
Jésus sera interprétée en Jn
2,19. Il apparaissait blasphématoire, dans
le monde juif, de s'en prendre de quelque
façon à la demeure de Dieu (Jr
26,1-19; Ac 6,13-14).
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|
62
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L'accord de deux témoins (v. 60)
donne du poids à l'accusation
rapportée dans le v. 61 (Dt 17,6;
19,15).
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63
|
Le grand prêtre pose-t-il une question
qu'il portait déjà en son esprit, ou
donne-t-il un sens messianique à la parole
qu'on vient de prêter à Jésus?
Au temps de Matthieu, les Juifs attendaient que le
Messie vienne reconstruire le Temple détruit
en l'an 70.
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64
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Le Tout-Puissant, littéralement :
« La Puissance », qui est une
autre manière juive de dire
« Dieu sans le nommer (3,2 note).
Le blasphème de Jésus fut, selon les
dirigeants juifs, de s'être associé
aussi étroitement à la vie de Dieu
(à sa droite), en se reconnaissant
les titres de Messie et de Fils de Dieu (vv.
63-64). Il s'identifiait également, au moins
d'une manière implicite, au Fils de l'homme
venant du ciel (voir Mc 8,31 note). Même si
Jésus avait tenu des propos
blasphématoires, il n'était pas
passible de mort avant d'avoir prononcé le
nom de Dieu (traité
Sanhédrin). Jésus cite Ps
110,1 et Dn 7,13.
Jésus
décrit sa vraie condition messianique : il
partagera la condition de Dieu (Ps 110,1); comme le
Fils de l'homme daniélique, il recevra une
seigneurie universelle (Dn 7,13-14) et, comme le
croyait la littérature intertestamentaire,
il sera le juge universel (1 Hénoch,
ch. 37-71).
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68
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En reprenant ces moqueries, Matthieu propose
à ses lecteurs de reconnaître dans la
foi que Jésus est le Messie et un
prophète. Ainsi, la Passion met en
évidence la personnalité profonde de
Jésus et le rôle unique qu'il tint
dans la réalisation du projet de Dieu.
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69-75
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Tout au long de l'évangile, Pierre
personnifie le disciple du Christ qui connaît
des enthousiasmes et des difficultés
à croire. Pierre recule devant les risques
qu'il courrait en proclamant sa solidarité
avec le Christ. C'est l'un des douze apôtres
qui reniera Jésus par trois fois. Pierre
était le premier disciple que Jésus
s'était attaché (4,18). Il
apparaît en tête de la liste des
douze apôtres (10,2). Jésus
l'avait choisi comme témoin de sa
Transfiguration (17,1) et de l'agonie à
Gethsémani (26,37). Celui qui avait
proclamé que Jésus était
« le Christ, le Fils du Dieu
vivant », celui sur lequel Jésus
bâtira son Église (16,16.18) allait
renier le Maître.
Matthieu montre un
Pierre qui rejette de plus en plus vigoureusement
Jésus. Ce sont d'abord deux servantes qui
interviennent l'une après l'autre, puis un
groupe de personnes (vv. 69.71.73). Ces gens le
font avec une vigueur croissante : le
Galiléen (v. 69) devient
Jésus le Nazôréen (v.
71), puis certains affirment tout net à
Pierre : Sûrement tu es des
leurs! » et donnent la preuve des
parentés dialectales (v. 73). D'autre part,
Pierre ne comprend pas, dans un premier reniement,
ce que l'on veut dire en parlant de Jésus
le Galiléen (v. 70). Le deuxième
reniement l'amène à se dissocier de
la personne en question (v. 72). Enfin, au
serment déjà joint à ce
reniement s'ajoutent les imprécations
(v. 74). On dirait d'un enlisement sans fin, de la
part de celui qui se disait prêt à
mourir avec Jésus plutôt que de le
renier (v. 35).
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