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1
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Le Conseil ne pouvait siéger validement
que de jour (Lc 22,66).
On notera le
but de la réunion : faire mettre
à mort Jésus, non pas instituer
un procès normal (26,4.59).
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2
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Ponce Pilate a été gouverneur de
Judée de 26 à 36. Il résidait
normalement à Césarée, sur les
bords de la Méditerranée : mais il
demeurait à Jérusalem à
l'occasion des grandes fêtes juives qui
réunissaient des foules
considérables. Il semble que les Juifs,
comme les autres peuples de l'empire, devaient
obtenir des autorités romaines une
autorisation pour exécuter les personnes
qu'ils avaient condamnées à mort.
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3-10
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Matthieu met en relief dans ce récit
l'innocence de Jésus (v. 4), thème
qui reviendra dans le chapitre (vv. 18.19.23).
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4
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Le remords de Judas (v. 3) n'est pas
à confondre avec le repentir ou la
conversion. Le traître se rend compte qu'il a
mal fait; mais il ne recourt pas à la
miséricorde de Dieu : le péché
le conduit à la mort (Rm 5,12). C'est ton
affaire! Pilate emploiera la même formule
pour se dissocier lâchement des accusateurs
de Jésus (Mt 27,24).
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6
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Les grands prêtres insensibles au remords
de Judas, comme à l'innocence de
celui qu'ils vont tuer (v. 4), observeront avec
scrupule une prescription légale. Cet argent
devenu impur en étant relié à
la mort de Jésus servira à l'achat
d'un endroit impur (un cimetière)
destiné aux impurs que seront les
étrangers païens morts à
Jérusalem (v. 7). Sur l'emploi de l'argent,
voir Dt 23,19.
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8
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Situé dans la vallée de la
Géhenne, au sud de Jérusalem (5,22
note), ce terrain servait déjà de
lieu de sépulture. Il conservera cette
fonction jusqu'à l'époque des
Croisades. Cette tradition ancienne
intéresse Matthieu, parce qu'elle lui permet
de citer un texte du prophète Zacharie avec
des éléments empruntés au
prophète Jérémie. Rappelons
que Matthieu veut montrer, à l'aide de
l'Écriture, que la Passion du Christ
s'inscrit dans le projet de Dieu.
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9-10
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Matthieu cite un passage de Zacharie (11,13),
qu'il mêle à des
éléments empruntés à
divers passages de Jérémie (18,2-3,
19,1-2; 32,7.9), où le prophète parle
de l'achat d'un champ et de la visite qu'il fit
dans le champ d'un potier.
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11
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Plus que les titres religieux de Messie et de
Fils de Dieu, celui de Roi des Juifs
intéresse Pilate, car le titre est
susceptible de recevoir un contenu politique :
Matthieu fait de ce titre le thème central
du chapitre, pour montrer que c'est par son
peuple que le Christ est rejeté (2,2
note).
Les mages avaient
demandé, en arrivant à
Jérusalem : « Où est le
roi des Juifs » (2,2); le roi
Hérode en avait été
troublé, « et tout
Jérusalem avec lui » (2,3). La
question de Pilate avait une grande portée.
Les zélotes du temps attendaient un
« roi des Juifs » qui les
libérerait du pouvoir étranger.
Jésus précisera, dans le récit
de Jean, de quelle nature est sa royauté (Jn
18,36; voir Jn 1,49.51).
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12-14
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Après une réponse évasive
(v. 11b), Jésus gardera le silence, comme le
Serviteur d'Isaïe (53,7; Ac 8,32-35).
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14
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Pilate est sans doute plus embarrassé
qu'étonné. Jésus accomplissait
par son silence la prophétie du Serviteur
(Is 53,7).
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15-16
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Le cadre de l'épisode est bien
décrit : une coutume sera respectée;
les acteurs (sauf les grands prêtres et les
anciens, v. 20) sont présentés.
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17
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Barabbas était impliqué dans une
affaire de sédition et de meurtre (Mc 15,7).
Son nom signifiait « fils du
père ».
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17-23
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Matthieu disculpe autant que possible
Pilate : il est prêt à
relâcher Jésus (v. 17); il fait une
seconde tentative (aussi gauche que la
première, il est vrai) pour libérer
Jésus (v. 22); il rappelle par deux fois le
titre de Messie (vv. 17.22), probablement
pour suggérer à la foule d'être
conséquente avec son admiration d'hier pour
Jésus (21,8-9); plutôt que d'accuser
Jésus. Pilate interprète justement
l'attitude des chefs juifs, qu'il sait
jaloux de l'influence de Jésus (v.
18); la femme de Pilate vient le confirmer dans ses
intuitions, en découvrant en Jésus un
juste, c'est-à-dire un homme de bien (v.
19). Par contre, Matthieu souligne fortement la
responsabilité des grands
prêtres et des anciens, qui
soufflent aux gens les deux réponses qu'il
faut crier à Pilate : libérer
Barabbas, puis faire périr Jésus (v.
20). Matthieu montre enfin une foule juive
déchaînée. Quand Pilate lui
demande quels torts pèsent contre
Jésus, la foule ne sait que crier :
« Qu'il soit crucifié! »
(v. 23).
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18
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« Par la jalousie du diable la mort
est entrée dans le monde » (Sg
2,24). La jalousie jouera de nouveau le même
rôle.
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22
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Par deux fois Pilate donne à Jésus
le titre de Messie (v. 17.22). Israël
rejettera donc consciemment Jésus comme
Messie.
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23
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La sentence est prononcée de fait par la
foule, non par Pilate, qui se contentera
d'exécuter la volonté de la foule.
Matthieu souligne l'unanimité du verdict
populaire : « Ils répondirent
tous... (v. 22); tout le peuple
répondit... » (v. 25).
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24
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Pilate voit ses tentatives pour libérer
Jésus vouées à l'échec.
Il se dissocie des accusateurs et des
événements qui suivront, en se lavant
les mains (Dt 21,6; Ps 26,6; 73,13). C'est votre
affaire! Pilate prononce la même phrase
que les grands prêtres et les anciens avaient
dite quand Judas était venu confesser devant
eux qu'il avait livré un sang innocent
(27,4). Pour des motifs différents, Pilate
et les chefs juifs adoptent la même
attitude.
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25
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Que son sang, voir 23,35 note. C'est
parce que Matthieu appartient à une
communauté en vive lutte contre le
judaïsme pharisien de son temps, qu'il
reproduit une parole si dure. On né saurait
s'en servir pour justifier une idée jadis
largement répandue, selon laquelle les Juifs
de tous les temps devraient être
considérés responsables de la mort du
Christ.
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26
|
Les Romains infligeaient
régulièrement le fouet au
condamné qui allait être
crucifié.
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27
|
Chez les Romains, le prétoire
désigne ce qu'on appellerait aujourd'hui une
salle d'audience ou un bureau du gouverneur.
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28
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On disposait sans doute de ces grands
manteaux écarlates que portaient les
soldats romains (v. 27), ainsi que des branches
d'épines qui alimentaient le feu (Mc 14,67;
Lc 22,56).
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29
|
Alors que la scène d'outrages de 26,68
était dominée par les titres juifs de
Christ et de prophète, celle-ci l'est par
celui de Roi des Juifs. Le roseau
représente le sceptre, symbole de la
puissance du roi. La Passion continue donc
d'être pour Matthieu l'occasion
d'énumérer les titres que la foi
chrétienne donne à Jésus (voir
8,1 note; 12,1 note).
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30-31
|
Cette scène renvoie au serviteur qui,
« méprisé » (Is
53,3), « n'ouvre pas la
bouche » (Is 53,7) : « Ce sont
nos maladies qu'il portait, nos douleurs dont il
prenait la charge » (Is 53,4). Celui qui
n'avait pas refusé le titre de roi des
Juifs que Pilate lui avait octroyé
(27,113 est ridiculisé comme un roi de
parade. Il fera bénéficier de sa
royauté spirituelle même ces
païens qui se moquent de lui (20,28;
26,28).
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32
|
Comme ils sortaient (de la ville). Le
corps des animaux dont on offrait le sang pour
expier le péché était
brûlé hors du camp (Lv 16,27).
Le but de la mort de Jésus se trouvait
indiqué (He 13,11-13). La
Cyrénaïque correspond en gros à
la Libye actuelle.
Aucun disciple de
Jésus ne se trouve là pour porter
sa croix (16,24). Le Nouveau Testament garde le
souvenir de deux fils de Simon de Cyrène,
Alexandre et Rufus (Mc 15,21), peut-être
devenus chrétiens (Ac 19,33; Rm 16,13).
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33-37
|
Le texte ne s'attarde pas à la
crucifixion même, aux douleurs ou aux
sentiments de celui qu'on crucifie. Il suffit d'un
participe (v. 35a) pour
« raconter » la crucifixion.
Matthieu insiste par contre sur les railleries dont
Jésus fut l'objet (vv. 33-47).
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34
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Matthieu change la myrrhe de la tradition
(Mc 15,23; 15,13 note) pour le fiel, qui est
la bile des animaux. Ce qui était boisson
d'apaisement devient donc boisson de
cruauté. C'est cependant moins pour noircir
les bourreaux de Jésus que pour faire un
rapprochement avec le psaume 69,22, que Matthieu
s'exprime ainsi. Le psaume disait : « Ils
ont mis du poison dans ma nourriture; quand j'ai
soif, ils me font boire du
vinaigre. »
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35
|
Le récit est construit de telle sorte que
le lecteur qui connaît l'Ancien Testament y
voit se réaliser le psaume 22. Voici des
passages de ce psaume (nous indiquons entre
parenthèses des versets du présent
chapitre 27 de Matthieu) : « Mon Dieu,
mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné? (v.
46). Tous ceux qui me voient me raillent, ils
ricanent et hochent la tête (v. 39). Il s'est
remis au Seigneur, qu'il le délivre! Qu'il
le libère, puisqu'il est son ami! (v. 43).
Ils partagent entre eux mes habits et tirent au
sort mon vêtement (v. 35). »
Matthieu continue ainsi de suggérer la
signification profonde de la Passion et de la mort
de Jésus.
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40
|
Ces paroles laissent soupçonner les
questions ou les doutes que la croix devait
éveiller chez les adversaires des
chrétiens : « Comment pouvait-il
être crucifié, si ce Jésus
était vraiment le Fils de Dieu, comme disent
les chrétiens? Comment peut-il jouer le
rôle de sauveur, lui qui n'a pas pu se sauver
lui-même? Était-il vraiment roi
d'Israël? Comment croire en lui (v.
42)? » Sur cette difficulté
d'accepter la révélation du Christ
telle qu'elle s'est présentée, voir
4,3; 11,6; 13,11.
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41
|
Beaucoup de gens s'unissent dans la moquerie :
les soldats romains (27,27-31), les passants (v.
39), les autorités juives (v. 41), les
bandits (v. 44). À la douleur physique du
crucifiement, si peu soulignée (v. 35a),
s'ajoute la souffrance morale, sans aucun secours
(26,56b).
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42-43
|
On se rappellera les tentations du
désert : « Si tu es Fils de
Dieu... » (4,3.6), disait le
diable (4,5.8), en invitant Jésus
à faire des prodiges qui établiraient
sa véritable identité! Jésus
lit de nombreux miracles (Mt 11,5), qui montraient
en lui l'envoyé de Dieu (Ac 2,22; 10,38).
Les Juifs n'en continuèrent pas moins de
réclamer des signes (Mt 12,38; 1 Co 1,22).
Ils attribuèrent au chef des démons
les merveilles que Jésus accomplit (Mt
12,24). Les miracles n'opèrent pas la
conversion comme par magie, là où
l'enseignement de Moïse et des
prophètes (Lc 16,29) ou encore du Christa
été rejeté ou
déformé.
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45
|
Cette obscurité symbolise le jugement de
Dieu. C'est pour le jour du jugement de Dieu, que
le prophète Amos avait annoncé :
« Je ferai coucher le soleil en plein
midi, et j'obscurcirai la terre en plein jour
parole du Seigneur » (8,9). Ainsi, chez
Matthieu, même l'univers matériel
proclame que la mort de Jésus s'inscrit dans
le projet de Dieu (voir v. 51).
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46
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La neuvième heure : vers trois
heures de l'après-midi. Voir Ps 22,2.
À la lumière de tout le psaume, le
cri de Jésus apparaît comme un cri de
profonde douleur, mais pas de désespoir. Le
juste du Ps 22 n'attend du secours que de Dieu; le
psaume s'achève sur un cri de confiance (vv.
23-32). Voir Mt 27,35 note.
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47
|
En hébreu, « Mon
Dieu » sonne comme
« Élie ». Ce
prophète devait revenir avant le Messie. Il
consolait, croyait-on, les justes.
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48
|
Il s'agit d'un vin des pauvres qui,
mêlé d'eau, n'était pas
désagréable. Les soldats en buvaient
probablement. Voir Ps 69,22.
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51
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Ces signes d'un bouleversement radical
révèlent la signification de la mort
de Jésus : comme le chante la liturgie de
Pâques, « par sa mort il a vaincu
la mort », ce que signifient les tombeaux
ouverts et les résurrections. Quand il offre
le sacrifice parfait, en versant son propre sang
pour établir une alliance universelle
(26,28), le Christ met fin aux formes du culte juif
(voile du Temple déchiré); il ouvre
le salut aux païens (confession de foi du
soldat romain).
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53
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Matthieu souligne la portée cosmique et
universelle de la mort de Jésus, qui ouvre
les derniers temps. a) Un tremblement
terre (vv. 51-54) devait marquer la visite de
Dieu lors du jugement (Jg 5,4; Za 14,4-5; Jr
51,29). b) Une résurrection des morts
accompagnerait la renaissance eschatologique
d'Israël (Is 26,15-19; Ez 37,1-14). c) Les
saints qui, au tombeau, attendaient la venue
du sauveur pour entrer dans la Jérusalem
céleste » (He 12,22; Ap 21,1-22,5;
Ga 4,26) y pénètrent à sa
suite (v. 53).
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54
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Alors que les Juifs contemporains de
Jésus l'ont rejeté, les
défunts (v. 52)
bénéficient de sa mort, des
païens prononcent une confession
chrétienne, comme tant de païens le
feront bientôt (28,19-20; voir 1 Th 1,9b; Ac
8,14). La mort de Jésus commençait
déjà à porter ses fruits.
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56
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Marie-Madeleine : Littéralement,
il faudrait traduire « Marie la
Magdaléenne », c'est-à-dire
venant de Magdala, petit village de Galilée
situé sur la rive ouest du lac de
Tibériade.
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57
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Selon Dt 21,23, « un cadavre ne
passera pas la nuit sur l'arbre, mais tu devras
l'enterrer le jour même ».
Arimathie était située
à une trentaine de kilomètres au
nord-ouest de Jérusalem. Aucun des Douze ne
se trouve là pour ensevelir
Jésus.
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59
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L'ensevelissement de Jésus sera digne :
roulé dans un linceul propre,
déposé dans un tombeau tout
neuf qu'un riche avait fait tailler dans le
roc, Jésus fut enseveli avec soin.
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60
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Une grosse pierre ronde était souvent
roulée devant l'entrée du tombeau,
pour que les voleurs n'y pénètrent
pas aisément. Voir Mc 16,3.
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61
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Non seulement l'ensevelissement rendit manifeste
la mort de Jésus; mais l'endroit où
se trouvait le tombeau fut bien identifié
par les deux femmes qui reviendront sur le
même site. Elles pourront y constater que le
tombeau était vide (28,1.6). Beaucoup de
femmes regardaient de loin Jésus pendu
à la croix (v. 55). Ce sont encore des
femmes qui, seules représentantes des
disciples de Jésus, mis à part Joseph
d'Arimathie, assistent à l'ensevelissement
de Jésus.
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62-66
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Ce récit prépare 28,11-15. Les
deux morceaux s'en prennent à un argument
soutenu par les adversaires juifs de
l'Église : le corps du Christ a
été volé, disaient-ils.
Matthieu leur rétorque : « Votre
explication du fait que le tombeau soit vide est
une histoire que vous inventez de toutes
pièces, puisqu'il y avait une pierre
scellée devant l'entrée du tombeau et
des gardes postés à cet
endroit. »
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62
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La veille du sabbat, l'on faisait des
préparatifs en vue de la journée
chômée qu'était le sabbat. En
particulier, l'on préparait les repas.
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64
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Grands prêtres et pharisiens (v.
62) connaissaient donc l'annonce que Jésus
avait faite de sa résurrection (16,21;
17,22-23; 20,17-19), et ces propos les
inquiétaient maintenant. Les circonstances
exceptionnelles de la mort de Jésus
(27,45-54) avaient peut-être donné
plus de poids à cette annonce. La crainte
des chefs juifs était dérisoire : les
disciples de Jésus qui avaient tous fui au
début de la Passion (26,56), les disciples
dont le chef avait trahi publiquement Jésus
(26,69-75) auraient maintenant assez d'attachement
pour lui, et de courage également, pour
venir dérober son cadavre? La
première imposture est probablement
l'ensemble de l'enseignement de Jésus. Les
chefs religieux craignent que le peuple ne
soit de nouveau séduit par Jésus
(26,4-5). Cet épisode présuppose que
les chrétiens et leurs ennemis s'entendaient
pour reconnaître que, de fait, le
tombeau avait été trouvé
vide.
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