1-8

Un ange vient annoncer à des femmes que Jésus est ressuscité Telle est la donnée centrale de ce récit. L'ange explique le sens du fait que le tombeau soit vide. La résurrection de Jésus est présentée avec une extrême sobriété comme un fait passé (v. 6). Elle est reliée à la vie antérieure de Jésus (v. 6), comme aux événements qui suivront bientôt; elle entre dans la trame de la vie de Jésus.

2

Aucune tradition contenue dans le Nouveau Testament ne présente Jésus en train de ressusciter. Les images de bouleversement et d'intervention céleste présentées par Matthieu en accord avec sa sensibilité Juive attirent notre attention sur le tombeau vide. Nous avons déjà rencontré « l'Ange du Seigneur » (1,20) : il révèle encore ici le sens des événements et il confie une mission à laquelle on obéit sans tarder. Voir Mc 16,5.

4-5

L'ange ne s'occupe pas des gardes. Par contre, il révélera aux disciples de Jésus qu'étaient les deux femmes (27,61) la résurrection du Christ. Une telle révélation est réservée aux intimes de Jésus; eux seuls peuvent comprendre l'annonce. L'ange unit au crucifiement (v. 5) la résurrection (v. 6) : la même personne a connu les deux expériences.

6

Voir Mc 16,6 note. Le cri de la foi chrétienne disait que Dieu a ressuscité Jésus : c'est la raison pour laquelle le tombeau est vide. Plus loin, Matthieu écartera une autre interprétation du fait que le tombeau du Christ soit vide (vv. 11-15).

7

Sur la Galilée, voir 4,15 note. Cette parole rappelle 26,32 C'est ainsi que Matthieu affirme l'identité entre le Ressuscité et Jésus de Nazareth. L'événement concerne les disciples, c'est-à-dire, au-delà des Onze, tous ceux qui croiront en Jésus-Christ.

8

La grande joie qui surgit à la nouvelle que Jésus est retrouvé correspond à celle des mages qui retrouvent l'étoile (2,10).

9

Elles se prosternèrent. Ce geste, que l'évangile interprète le plus souvent comme un geste de supplication, devient une attitude d'adoration et de vénération. Il en est de même au v. 17.

10

Les disciples sont appelés frères de Jésus, comme en 12,49.

     Marc et Matthieu situent en Galilée toutes les apparitions de Jésus; Luc et Jean ne s'intéressent qu'aux apparitions de Judée. Lors de ces rencontres, Jésus raffermira les liens entre les disciples dispersés puis il les instruira (Ac 1,3).

11-15

Comme les deux autres épisodes de la Passion propres à Matthieu, celui-ci est d'une origine bien « jérusalémite » : il rapporte avec précision des faits locaux significatifs, où les responsables de la mort de Jésus donnent leur mesure.

12

Une préoccupation de Matthieu inspire encore ce passage : montrer l'obstination avec laquelle les chefs religieux du peuple refusèrent Jésus et trompèrent le peuple par tous les moyens possibles. Devant le récit de tout ce qui était arrivé au tombeau de Jésus, grands prêtres et anciens ne semblent pas s'être interrogés sur l'attitude qu'ils avaient prise à l'endroit de Jésus. Aucun souci de connaître et de respecter la vérité ne se décèle chez eux.

13-14

Pour une bonne somme d'argent (v. 12), les soldats acceptent de risquer que leur réputation soit compromise auprès du peuple et des autorités dont ils dépendent. Judas avait également trahi pour une somme d'argent (26,15).

15

Comme l'importance donnée aux chefs religieux du peuple juif, cette indication sur ce que pensent les Juifs jusqu'à ce jour laisse soupçonner le milieu judéo-chrétien où Matthieu rédigea son évangile.

16

Il ne faut pas chercher à identifier géographiquement cette montagne, pas plus que les autres de l'évangile (4,8; 5,1; 17,1) Pour Matthieu, c'est un lieu où quelque chose d'important sera révélé sur Jésus.

17-20

Jésus réunit les onze, comme il l'avait promis (26,32). Ils se prosternèrent devant lui, comme ils l'avaient fait lors d'une tempête (14,33); maintenant, ce n'est pas seulement le maître des vents, mais le Seigneur de l'univers qui leur dit : « Tout pouvoir m'a été donné », non seulement celui de remettre les péchés (9,6) ou d'enseigner (21 23). Que tous les hommes deviennent ses disciples, tel est son ultime désir que les onze auront pour tâche de réaliser.

17

Certains eurent des doutes... La foi en la résurrection de Jésus eut le la peine à s'imposer clans l'esprit de ces Juifs qui, sans cesse, demandaient des signes (1 Co 1,22). Il faudra que la puissance de l'Esprit les affermisse dans la foi au ressuscité, pour qu'ils soient jusqu'aux extrémités de la terre les témoins de la résurrection (Ac 1,8.22).

18

Dans cette déclaration solennelle, Matthieu suit le schéma qu'utilisait souvent l'Ancien Testament quand Dieu donnait une mission (révélation de lui-même, ordre de mission, affirmation de sa présence active). Matthieu y rassemble les éléments principaux de l'évangile : le pouvoir (autorité) de Jésus (7,29; 8,2.16), l'ouverture nations (10,5; 21,31.41-43; 22,3-10), l'enseignement (4,23; 5,2; 7,28-29; 11,1; 13,54 etc.) et la présence du Christ (1,23; 8,17; 18,20). La formulation s'inspire beaucoup de la traduction grecque du texte de Daniel (7,14) : « Il lui fut donné (au Fils de l'homme) le pouvoir (autorité)... et toutes les nations de la terre... » Nous aurions ici la première réalisation de la prophétie formulée en Mt 26,64.

19

Le disciple n'est pas seulement celui qui apprend des choses ou qui fait sien un credo; c'est d'abord celui qui a fait sien le point de vue dé Dieu révélé par Jésus-Christ et qui accorde sa vie à cette révélation (12,49 note).

     Au début de l'Église, on baptisait « au nom de Jésus ». L'expression « au nom de » manifeste qu'un lien personnel est établi entre celui qui invoque et celui qui est invoqué. Le baptisé, dans le cas présent, devient la propriété de celui au nom duquel il est baptisé. La formule trinitaire encore utilisée dans les rites du baptême reflète une prise de conscience plus vive du mystère de Dieu révélé en Jésus-Christ.

20

Cette présence du Christ est une présence active qui est force et puissance. Chez saint Luc et saint Jean, elle se manifeste par le don de l'Esprit Saint. Le dernier verset de Matthieu révèle le sens du temps qui s'écoule entre la résurrection du Seigneur et sa manifestation glorieuse prévue pour la fin des temps (24,14).