Un certain discours contemporain interprète le plus grand commandement, « tu aimeras ton prochain comme toi-même », de la façon suivante : il faut d’abord s’aimer soi-même avant d’aimer les autres. Cette interprétation est fausse, marquée par le fort accent mis sur l’estime de soi et la valorisation du moi propres à notre époque, et étrangère à la mentalité de l’époque biblique. Au contraire, pour suivre Jésus, il faut faire passer l’autre avant soi et ses intérêts. Ce désintéressement, cette abnégation, voie vers le vrai bonheur et la vie de plénitude promis par le Christ, ne signifient pas pour autant que nous devions nous dévaloriser. Rien ne nous empêche de reconnaître que chaque être humain, y compris soi-même, est une créature merveilleuse et de rendre tous les jours grâce à Dieu d’être ce que nous sommes. S’aimer aussi, pas avant d’aimer les autres, mais tout en aimant les autres.