Chaque fois qu’une tension naît chez les croyants à propos des prescriptions qui viendraient de Dieu lui-même, des camps se forment entre les puristes et les relativistes. Les puristes ne s’autorisent aucun écart, du moins en face des autres. Ils affirment respecter scrupuleusement les commandements de Dieu et s’attendent naturellement à ce que tous les autres fassent comme eux en leur imposant. Ce sont des puristes qui condamnent la délinquance de Jésus et ses disciples. Les relativistes, de leur côté, aiment bien citer le verset choisi chaque fois que la pression légaliste leur semble trop forte. Ainsi donc, ils pensent pouvoir échapper au joug d’une législation trop sévère. Entre les deux camps, très peu de convergences possibles, au point où il est à se demander s’ils sont tous de la même Église !
Or, l’Alliance entre Dieu et les Hébreux en est une qui met au premier plan la dignité de l’être humain et sa capacité d’engager sa liberté dans des choix qu’il est en mesure de pouvoir assumer. Si la dignité et la liberté ne sont pas au rendez-vous, il ne peut y avoir d’alliance, mais seulement la domination ou la dictature, qu’elle soit divine ou autre. Ainsi donc, celui qui se plaît à s’appeler le Fils de l’homme, pour bien montrer que la dignité humaine fait l’objet d’une reconnaissance divine, se permet aussi de rappeler que même l’obligation du repos, le sabbat, ne peut s’imposer juridiquement devant des impératifs liés à la dignité humaine. Les besoins de base des hommes, des femmes et des enfants en font partie. Lorsqu’une loi, qu’elle soit divine ou humaine, aurait pour effet d’empêcher la solidarité agissante avec ceux qui ont faim, qui ont soif, qui sont sans abri, qui sont nus et qui ont froid, Jésus déclare qu’elle doit passer en second et pas l’inverse. Ainsi donc, le Dieu de Jésus n’est pas un puissant qui écrase de tout son poids ses créatures, il est plutôt celui qui répond avec compassion aux besoins des humains en acceptant même que sa propre loi soit mise en attente...