|
Des Syriens, au cours d’une expédition en terre d’Israël, avaient fait prisonnière une fillette qui fut mise au service de la femme de Naaman. Elle dit à sa maîtresse : « Ah! si mon maître s’adressait au prophète qui est à Samarie, celui-ci le délivrerait de sa lèpre » 2 Rois 5, 2-3.
Naaman, général de l’armée syrienne, sera effectivement guéri de la lèpre grâce à l’intervention du prophète Élisée. Et cela, parce qu’il aura suivi le conseil d’une fillette, servante de sa femme. Quand on y regarde de plus près, quelque chose d’un peu troublant se dégage de cette mise en scène. En effet, la jeune fille en question avait été faite prisonnière dans son pays, emmenée en terre étrangère et contrainte de se mettre au service de madame. À sa place, si j’apprenais que celui en partie responsable de ma condition servile avait la lèpre, je me dirais probablement dit : « Qu’il crève ! » Eh bien non : la petite passe discrètement par sa maîtresse pour tenter de sauver le mari de celle-ci. On peut toujours supposer que la fillette était bien traitée. Peut-être venait-elle d’un milieu défavorisé et que se retrouver dans l’entourage d’un personnage de haut rang social n’était pas une catastrophe après tout. N’empêche que le fait est là : elle vient au secours d’un homme qui s’en est déjà pris à son peuple et qui la garde captive depuis. C’est peut-être une façon de dire que Dieu, par l’entremise de son peuple (la servante étant une fille d’Abraham), arrive à faire du bien là où on s’y attendrait le moins et en faveur de gens qui ne devraient pas mériter ses bénédictions. Quand Jésus a recommandé à ses disciples d’aimer ses ennemis, il avait peut-être une précurseure en la personne de la fillette au service de « madame la générale ».

Réflexion précédente :
Réflexion du 18 mars 2014
|