Les paroles de l’évangile selon Jean, proposées à la méditation de chacun en ce dimanche du Saint Sacrement, ne sont pas faciles à comprendre, d’autant que l’évan-géliste propose plusieurs expressions. Une première affirmation : Moi, je suis le pain de la vie…(v. 35); puis le verset de ce jour présente Jésus comme le pain vivant qu’il faut manger, avec un renchérissement de l’expression qui devient (v. 54) « manger mon corps et boire mon sang ». L’auditoire de Jésus murmure son incompréhension et, parmi eux beaucoup d’hommes et de femmes d’aujourd’hui, devenus allergiques à ce langage. Alors, comment comprendre ?
Dès les débuts de son histoire, les premiers chrétiens, disciples de Jésus, éprouvent la nécessité de se rassembler autour d’un signe particulier. Chaque premier jour de la semaine – devenu « le jour du Seigneur » ou le dimanche – ils méditent la Parole entendue dans le témoignage des apôtres, et vivent un rituel, la fraction du pain. Ils éprouvent la nécessité de « faire mémoire » ou de se souvenir de tout ce que Jésus a fait et dit et d’en nourrir leur propre vie. Dans ce « faire mémoire » vécu avec foi et dans le prière, ils retrouvent la présence du Ressuscité qui leur donne son Esprit d’amour, de force et de joie. Comme la samaritaine, ils viennent boire à « la source d’eau vive » (
Jn 4) ou comme Pierre, ils éprouvent le sentiment d’avoir trouvé en Jésus « les paroles de la vie éternelle » (
Jn 6, 65). En vivant régulièrement le signe de « la fraction du pain » et en entrant dans la dynamique de vie qu’il contient, le croyant découvre que vraiment : Jésus Christ est pour lui, aujourd’hui encore, «
source de la vie par excellence ».
Il ne suffit pas de le savoir et de le proclamer; il faut en vivre soi-même. La participation occasionnelle à une célébration eucharistique risque de nous laisser anémiés. Pour vivre de cette vie mystérieuse qu’il propose, il faut « manger et boire » ou assimiler activement ce que furent sa vie et ses paroles, permettre à son Esprit de pénétrer nos vies et de les inspirer.