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Le verset du jour

 

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réflexion du 13 décembre 2016
 

 « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » (Mt 11, 2-11)

 

L’évangile selon Matthieu présente la rencontre du Baptiste avec Jésus dès le chapitre 3. Jésus vient en effet se faire baptiser par Jean qui lui refuse de prime abord le baptême, ayant conscience que Jésus est celui qui devrait le baptiser, d’un baptême d’esprit, voire de feu (Mt 3, 11). Si la déclaration prophétique du Baptiste est visionnaire, le narrateur ne précise pas le degré de compréhension du prophète. En effet, que sait Jean au sujet de Jésus? Au début du récit, pas grand-chose, si ce n’est la perception prophétique d’un baptême à venir. Cependant, à la fin de l’épisode, Jean a entendu – tout comme la foule – une voix venant du ciel déclarant Jésus fils de Dieu : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur (Mt 3, 17).

Le narrateur montre ensuite à son lecteur la tentation de Jésus au désert où le diable remet en question son affiliation : Si tu es Fils de Dieu (Mt 4, 3). Le reste du récit a alors pour objectif de valider cette affirmation en montrant les miracles et discours de Jésus. Cependant, Jean est en dehors de cette narration et en sait moins que le lecteur. Il n’est pas témoin de ces nombreux miracles et discours qui forment la trame du récit.

C’est au chapitre onze du même évangile que Jean entend dans sa prison parler des œuvres du Christ. D’un point de vue narratologique, le narrateur met en scène Jean le Baptiste pour questionner son lecteur sur sa propre réception du message. Dans un effet de mise en abyme, le lecteur est invité à se poser la même question que Jean : est-ce que Jésus est réellement celui qui devait venir ? (Mt 11, 3). La réponse de Jésus à Jean est aussi la réponse du narrateur à son lecteur : Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres (Mt 11, 4-5).

Le lecteur entend non seulement la réponse de Jésus, mais a aussi a vu les aveugles recouvrer la vue, le boiteux marcher, les lépreux être purifié, etc. Le doute de Jean au sujet de Jésus est donc légitime. Le lecteur comme vous et moi peut lui aussi douter et se questionner. Cependant, les paroles et les œuvres miraculeuses opérées par Jésus confirment qu’il est réellement Fils de Dieu. La preuve ultime de sa messianité se trouve ainsi dans ces actes miraculeux de guérisons et de résurrection qui valident l’annonce d’une bonne nouvelle pour les pauvres.

Si un prophète comme Jean peut douter et se questionner, le disciple/chrétien de tous âges peut lui être autorisé à douter. La réponse est cependant universelle : c’est en considérant les œuvres du Christ que le doute se lève et que la foi est affermie.

 

Jonathan Bersot, pasteur

 

Réflexion précédente :

Réflexion du 6 décembre 2016